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Septembre 2018
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Conseil Municipal
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I - Question d'actualité posée par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants à M. le Préfet de police relative au marché de Noël au Jardin des Tuileries.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La première question d'actualité est posée par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

Madame Laurence GOLDGRAB, vous avez la parole.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci, Madame la Maire.

Monsieur le Préfet de Paris, nous avons tous dans cet hémicycle découvert avec effroi dimanche, dans le "JDD", les ignobles propos homophobes de Marcel CAMPION qui aime se définir comme le roi des forains, où il diffame directement notre collègue Bruno JULLIARD, où il attaque plus largement les conseillers de Paris, notamment le groupe Ecologiste; mais aussi la communauté gay.

Ces attaques, comme les insinuations qu'il profère, sont indignes, et nous les condamnons avec la plus grande fermeté. Avant même ces propos, la Ville de Paris avait décidé, en 2017, de mettre un terme à la collaboration entre la Ville et ce chef d'entreprise qui se considère au-dessus des lois et du droit.

Faut-il rappeler les raisons qui ont conduit la Ville et les conseillers de Paris à voter la fin de ce marché ? Travail dissimulé et agressions d'un agent de l'Urssaf, faits pour lesquels il a été condamné en justice, piètre qualité des produits fabriqués en Chine vendus lors des marchés de Noël des Champs-Elysées.

Notre groupe soutient pleinement l'esprit festif à Paris. Mais encore faut-il que la fête se fasse dans le respect des droits. Quand l'Etat a décidé d'accepter la tenue de cet événement aux Tuileries, n'avait-il pas connaissance de ces pratiques ? Ne trouvez-vous pas qu'une concertation avec la Ville aurait été nécessaire, en amont de cette décision compte tenu de la situation ?

Nous nous posons légitimement la question et souhaitons connaître les principaux termes contractuels qui lient l'entreprise de M. CAMPION au musée du Louvre, lui permettant d'organiser son marché de Noël. Des clauses concernant la qualité et l'origine des produits vendus sont-elles prévues ?

Monsieur le Préfet, nous considérons que nous pouvons légitimement interroger l'Etat par votre intermédiaire. Surtout, la donne a changé. Désormais, nous souhaiterions connaître les suites que l'Etat va donner aux propos de Marcel CAMPION.

Noël est une fête familiale qui se veut un moment de réunion et de partage. Un homme qui tient de tels propos abjects peut-il être aux manettes de l'organisation d'une fête populaire qui se veut être un symbole de Noël à Paris ? Paris est une ville tolérante et accueillante. Jean-François MARTINS l'a rappelé dans un courrier adressé hier au directeur du musée du Louvre pour faire part de la volonté municipale de voir cet événement annulé.

Pouvez-vous, Monsieur le Préfet, nous indiquer la volonté de l'Etat à ce sujet, vous qui représentez l'Etat à Paris ? Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame GOLDGRAB.

M. le Préfet de police ne représente pas l'Etat au Conseil de Paris. Je propose que nous en convenions tous et je pense que c'est de meilleure gestion politique que de l'accepter, mais pour autant bien sûr, puisque M. le Préfet de police est interpellé, évidemment je lui donne tout de suite la parole.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Madame la Maire de Paris et Madame la Conseillère. Mesdames et Messieurs les Conseillers.

En démarrant votre question, vous avez dit "M. le Préfet de Paris" mais ce n'est pas moi, je ne suis que le Préfet de police.

Quoi qu'il en soit, deux mots si vous le permettez. D'abord, ce n'est effectivement pas dans la compétence du Préfet de police que d'intervenir sur cette mise à disposition des Tuileries. Sur le fond et la position de l'Etat, je vous renvoie aux déclarations qui ont été faites hier par le porte-parole du Gouvernement.

Ensuite, il y a les propos qui ont été tenus par le sieur CAMPION. Ils ont donné lieu à saisine du Parquet par le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie, c'est son rôle, et il va de soi que je m'associe sans réserve à cette démarche.

Je me permets d'ajouter que le principe fondamental sur lequel repose la République française est l'égalité, qui signifie la lutte contre toutes les formes de discrimination, y compris liée à l'orientation sexuelle, c'est dans les textes.

Je souligne le fait que les services de police parisiens sont extrêmement attentifs et mobilisés sur ces sujets. On le montre à différentes reprises par des interpellations, par des élucidations, par la manière dont nous accompagnons, par exemple, chaque année la manifestation dite "Marche des fiertés".

J'ajoute aussi qu'au sein de la police judiciaire parisienne, il y a une brigade spécialisée qui s'appelle la Brigade de la répression de la délinquance aux personnes qui traite plus particulièrement de ces sujets.

Le Parquet est saisi. Il lui appartient d'ouvrir une enquête et si cette enquête est confiée aux services parisiens, je peux vous assurer de la mobilisation extrêmement forte qui sera la leur.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet.

Du côté de la Ville, nous regardons toutes les possibilités liées au soutien juridique aux élus concernés, mais aussi la Ville diffamée. Il se trouve que cela m'est arrivé souvent avec cette personne, je suis donc particulièrement habituée à cela. Mais nous regardons si la Ville peut aussi aller sur le terrain du droit pénal qui est, vous le savez, d'interprétation stricte. Donc une analyse juridique est en cours.

Madame la Présidente, souhaitez-vous reprendre la parole ?

Mme Laurence GOLDGRAB. - Je vous remercie de ces propos extrêmement rassurants dont je ne doutais pas, mais qui font du bien à entendre.

Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.