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Conseil Municipal
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2018 DASES 234 G - Subvention (10.000 euros) et convention avec l'association "Réseau Environnement Santé" (10e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DASES 234 G : subvention de 10.000 euros et convention afférente avec l'association "Réseau Environnement Santé".

La parole est à Fatoumata KONÉ, pour 5 minutes.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, nous nous réjouissons que sous l'impulsion des écologistes et en particulier de ses adjoints, Paris s'inscrive à la pointe de la lutte contre les perturbateurs endocriniens.

Déjà, sous la précédente mandature, alors adjoint en charge de la petite enfance, Christophe NAJDOVSKI avait fait supprimer dans les crèches les biberons contenant du bisphénol A, avant la suspension de leur commercialisation en France, puis dans toute l'Europe.

En 2015, sous l'impulsion de Bernard JOMIER, sénateur de Paris adjoint à la santé jusqu'en octobre 2017, la Ville s'est dotée d'un plan de santé environnementale, qui vise à réduire l'exposition des Parisiens aux perturbateurs endocriniens.

Anne SOUYRIS, qui lui a succédé à ce poste, poursuit la mise en ?uvre de ce plan.

Le groupe écologiste continue à être mobilisé sur ce sujet. Pour preuve, notre v?u adopté en décembre 2017 relatif à l'exposition aux perturbateurs endocriniens et demandant que Paris adhère à la charte "Villes & Territoire sans perturbateurs endocriniens" de l'association "Réseau Environnement Santé", ou encore notre v?u adopté en mai 2018 engageant la Ville de Paris à supprimer le plastique de ses cantines à l'horizon 2022.

Le Réseau Environnement Santé est donc un appui précieux, notamment grâce à sa charte "Villes & Territoires sans perturbateurs endocriniens". Paris a d'ailleurs été la première ville à signer la charte de ce réseau qui demande notamment la mise en place d'un plan comportant l'interdiction des produits phytosanitaires et biocides contenant des P.E. sur leur territoire, la réduction de l'exposition aux P.E. dans l'alimentation, la mise en place des critères d'éco conditionnalité interdisant les P.E. dans les contrats et les achats publics, ou encore l'information annuelle des citoyens sur l'avancement des engagements pris.

A ce titre, l'association "Réseau Environnement Santé" organise la 2e rencontre européenne de l'appel de Wingspread à l'appel de Paris. Elle aura lieu le 29 septembre prochain, en clôture des Journées parisiennes de la santé environnementale qui seront consacrées à la réduction de l'exposition des populations aux pollutions en lien avec la qualité de l'air et les perturbateurs endocriniens.

En attendant, ce mardi matin, plusieurs élus de notre Assemblée ont sacrifié quelque centimètre de leurs cheveux pour y étudier la présence de phtalates, un composant très utilisé dans les plastiques pour ses propriétés de flexibilité. Associés à d'autres perturbateurs endocriniens, les phtalates participent à un effet cocktail aux conséquences imprévisibles, telles que des risques d'obésité, de diabète, de maladie cardiovasculaire, de troubles de la reproduction ou encore de troubles du comportement.

Les analyses déjà faites en février 2017 par l'O.N.G. "Générations futures" sur les cheveux de sept personnalités, comme Isabelle AUTISSIER, José BOVÉ ou encore Delphine BATHO, ont montré que leurs cheveux contenaient entre 8 et 11 phtalates, ce qui démontre bien que, même quand on fait attention dans son comportement quotidien, la contamination est générale, sans doute ancienne, et ne peut pas être évitée.

Ces quelques centimètres de cheveux, que certains élus ont sacrifiés ce matin, permettent de faire concrètement la promotion du projet de la campagne "Zéro phtalates", dosage des phtalates dans les cheveux. L'objectif de ce projet est de proposer une bio surveillance des principaux phtalates dans les cheveux et ainsi de sensibiliser la population sur l'existence des substances toxiques pour soutenir la mise en place de politiques pour un environnement plus sain pour tous et toutes.

L'Organisation mondiale de la santé, le programme des Nations Unies pour l'environnement ou encore "Endocrine Society" ont tous publié des rapports scientifiques démontrant la menace réelle des perturbateurs endocriniens sur notre organisme. Pourtant, pendant longtemps, le lobby industriel a fait jeu égal avec les études scientifiques.

Nous devons donc, en tant que collectivité, nous inscrire pleinement dans la défense du principe de précaution pour protéger les citoyens. Je me réjouis de constater que c'est l'orientation opérée par notre Ville.

Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, la parole est à Anne SOUYRIS, qui nous a tous fait avoir une mèche de cheveux en moins ce matin.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - Merci, Madame la Maire, et merci, Madame KONÉ, de votre intervention, et merci à tous d'avoir participé à l'opération de ce matin parce qu'on a été un peu victime de notre succès parce que tout le monde avait envie de participer, sauf ceux qui font l'objet d'une petite discrimination vu le peu de cheveux qu'ils ont. Néanmoins, cela aurait été avec plaisir que nous aurions opéré ce test sur tout le monde.

En tout cas, c'est très important à trois titres d'avoir fait cette opération. D'abord, d'un point de vue de sensibilisation, de se rendre compte pour soi-même qu'il y a un sujet, que même si on est attentif à soi, nous avons tous des phtalates. Je pense qu'il n'y aura pas beaucoup de surprises dans les résultats.

Oui, il y aura certainement des phtalates dans vos résultats, et c'est important d'y être sensibilisés pour pouvoir aussi le transmettre en tant qu?élu, à la fois dans les quartiers où vous êtes, mais aussi en tant qu?élu, pour avoir une vraie politique publique sur ce sujet.

C'est ce que nous avons commencé à faire depuis des années, mais que nous continuons de manière beaucoup plus intense depuis un an, en particulier, depuis que nous avons décidé de signer la charte "Villes & Territoires sans perturbateurs endocriniens", qui nous permet de pouvoir passer un cap en particulier en termes de marchés publics, mais notre dynamique était déjà commencée. Je vous rappelle quand même, de la même manière que Fatoumata KONÉ vous l'a dit, que dès 2009 - peut-être vous avez la date exacte - Christophe NAJDOVSKI avait proposé et obtenu le fait qu'il n'y ait plus de biberons avec biphénol A dans les crèches. Cela a été avant même que la loi passe sur cette question. Je pense que Paris a été novatrice, que nous le sommes toujours. Nous avons décidé de nous engager dans des marchés qui permettraient de ne plus avoir en particulier de perturbateurs endocriniens, surtout pour la première étape dans les endroits où il y a des petits enfants et puis après, évidemment, y aller petit à petit sur tous les marchés publics de la Ville. C'est ce sur quoi nous nous engageons en signant cette charte. Il y a également l'information, la sensibilisation du grand public et des professionnels, mais aussi des décideurs publics que nous sommes sur les risques des perturbateurs endocriniens. Enfin, et c'est très important, nous interpellons le Gouvernement pour qu?il mette en place une stratégie nationale et ambitieuse à la hauteur des enjeux. Vous savez qu'il y a des groupes de travail sur cette question et vous savez aussi peut-être que cette stratégie nationale devrait sortir dans les semaines ou mois à venir, mais qu'il y a quelques inquiétudes à avoir sur le fait qu'il n'y a pas de contrainte sur la question des perturbateurs endocriniens et qu'il n'y a pas non plus de contrainte, par exemple, pour avoir un étiquetage qui permettrait de pouvoir aller plus loin. Bref, je ne vous parlerai pas des questions nationales plus en avant, mais vous voyez que ces enjeux sont importants. Ici, nous allons voter sur une subvention de 10.000 euros et une convention avec le Réseau Environnement Santé grâce auquel nous avons pu faire le travail de ce matin autour de la charte. Enfin, je vous invite à venir les 28 et 29 septembre prochains, puisque nous organisons deux jours sur la question des perturbateurs endocriniens et de la qualité de l'air, deux jours durant lesquels il y aura non seulement la signature officielle avec les autres villes qui vont signer avec nous sur cette charte, mais également de nombreux ateliers et de nombreux débats qui vous permettront d'être informés sur la question.

Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame SOUYRIS.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 234 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASES 234 G).