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Septembre 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le GEP relatif à la privatisation du groupe "A.D.P.".

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen des v?ux non rattachés. Le v?u n° 111 est relatif à la privatisation du groupe "A.D.P.".

La parole est à M. Jacques BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Madame la Maire, c'est un v?u qui a été adopté par le Conseil du 2e arrondissement à l?initiative de Maxime des GAYETS, élu régional d?Ile-de-France et Président de la Commission finances de l?Ile-de-France. Il voulait attirer notre attention sur le projet de loi Pacte qui prévoit la cession par l'Etat de sa participation majoritaire dans "Aéroports de Paris", qui a suscité l'opposition ferme d'élus des communes limitrophes et aussi des salariés d?A.D.P. qui se sont prononcés à 87 % contre cette cession. Mais le Gouvernement a refusé toute discussion préalable à la présentation de son projet de loi, ce que nous regrettons.

A.D.P. gère les aéroports franciliens d?Orly et de Roissy, dont l'impact sur notre ville en termes environnementaux, sociaux et économiques est évident. Ce sont quelque 80 millions de passagers qui, chaque jour, y sont accueillis. Ce sont 160.000 emplois directs et indirects qui dépendent de ces aéroports. Pour ces raisons, auxquelles s'ajoutent d'autres raisons évidentes, notamment de sécurité, perdre la maîtrise publique de cet outil stratégique essentiel pour notre pays, notre région et notre ville n'est pas acceptable.

D'ailleurs, pour ces mêmes raisons, notamment des raisons de sécurité, les Etats-Unis et l'Allemagne ont refusé la privatisation de leurs infrastructures aéroportuaires. Le Président du Conseil départemental des Hauts-de-Seine, M. DEVEDJIAN, s'est dit opposé à cette privatisation pour cette même raison.

Cette décision est aussi une aberration économique pour céder un outil. Pourquoi céder un outil dont le rendement annuel rapporte au budget de l'Etat 200 millions d'euros sous forme de dividendes ? Transformer "Aéroports de Paris" en "Aéroports de Vinci", c?est reproduire la même erreur qu'en 2005 avec la privatisation des autoroutes.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - J'avais encore beaucoup d'arguments à fournir démontrant l'absurdité de cette privatisation, mais je termine en regrettant cette vision courtermiste de l'Etat. Cette privatisation n'est pas une bonne affaire ! Ce n?est pas une bonne affaire, ni pour les finances publiques, ni pour les Parisiennes et les Parisiens. C'est la raison pour laquelle je vous appelle à adopter ce v?u.

Je vous remercie.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci.

M. Jean-François MARTINS pour répondre.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Merci, Monsieur le Maire du 2e arrondissement.

Ce v?u vient alors que notre Assemblée a déjà adopté un v?u sur la situation d'"Aéroports de Paris" au Conseil de Paris du mois de juillet dernier. Ce v?u rappelait quels étaient les enjeux en tant que Ville de Paris. Chacun peut, en tant qu?élu et militant, avoir des positions nationales sur ce que nous pensons de l?actionnariat public et de ce que l'Etat fait de ses participations, puis il y a les intérêts de la Ville. Quels sont nos intérêts en tant que Ville de Paris ?

Le premier, maintenir la connectivité aérienne de Paris. L'une des forces de notre attractivité économique et touristique - c'est pour cela que c?est moi qui vous réponds - c?est que nous sommes l?un des aéroports les mieux connectés au monde et que cette connectivité dépend des conditions économiques d?exploitation de l'aéroport, des redevances aéroportuaires, du modèle économique qu'on fait vivre à cet aéroport. Pour nous, en tant que collectivité locale, c'est un enjeu majeur.

Quel est le deuxième enjeu pour la Ville de Paris sur l?ensemble de sa plateforme aéroportuaire ? Evidemment, la question de la pollution de l'environnement parce que - je le rappelle et Célia BLAUEL me le rappelle régulièrement - la question aéroportuaire fait partie de notre bilan carbone en tant que ville, et donc, nous avons des intérêts manifestes à nous en soucier.

Evidemment, c'est un grand pourvoyeur d'emplois, y compris de Parisiens, avec l'ensemble de la strate d'emplois qualifiés et non qualifiés. Nous sommes donc légitimes à avoir un point de vue sur l'avenir de nos aéroports, tant pour leur connectivité, leur impact environnemental et social et leur impact sur l'emploi. Cependant, est-ce à la Ville de Paris d'avoir un avis sur son actionnariat public ? La question, c?est que nous devons avoir - c?était le sens du v?u de juillet dernier - un avis sur la régulation publique.

Aujourd'hui, la question de la régulation aéroportuaire doit préserver les intérêts locaux en mettant les collectivités territoriales aux "boards" et aux conseils de surveillance des différentes instances, en permettant aux collectivités locales de préserver les stratégies de connectivité internationale pour favoriser les vols et les destinations qui sont les plus stratégiques pour nous.

Cependant, cela ne dépend pas de l'actionnariat strictement public. C'est un point de vue politique national qui, en tant que ville, ne nous concerne pas. Ce dont nous avons besoin c'est d'une régulation aéroportuaire forte, une D.G.A.C. qui fait respecter. Ce que nous pouvons reprocher dans le processus d'actionnariat?

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Monsieur MARTINS, cela traîne.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Ce que dit M. DEVEDJIAN est en fait assez semblable, c'est-à-dire qu?à aucun moment les collectivités n'ont été interrogées sur leur éventuel intérêt à devenir actionnaire, ce sur quoi nous aurions regardé sans idéologie.

Donc, devant un v?u sur lequel vous n'allez pas plus loin que ce que l'on a dit en juillet, mais apportez une position nationale, je ferai confiance à la sagesse des conseillers de Paris.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Votre avis, s'il vous plaît ?

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Je ferai confiance à la sagesse des conseillers de Paris.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Très bien.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 111 du groupe Ecologiste de Paris.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Tout le monde n'a pas levé la main, donc je recommence. Vous levez la main s'il vous plaît.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2018, V. 485).