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2018 DVD 101 - Expérimentation pour réutiliser des places de stationnement à d'autres usages. Subvention à l'association Dédale.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération DVD 101 relatif à l'expérimentation pour réutiliser des places de stationnement à d'autres usages, avec un projet de subvention à l'association Dédale.

Marie-Laure HAREL que je ne vois pas? Je donne la parole à Julie BOILLOT qui est là. Merci.

Mme Julie BOILLOT. - Merci Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, j'avoue d'abord avoir été surprise par le montant de cette subvention d'investissement annuel - 200.000 euros quand même - alors que nous sommes dans un contexte budgétaire très tendu et qu'il est compliqué d'arriver à faire desserrer les cordons de la bourse, même pour des associations de proximité et qui justifient d'une expérience locale et solide.

J'ai regardé très attentivement la convention et le projet de délibération. Sur la forme, quelque chose me gêne. Je n'ai pas lu une seule fois les mots mairie d'arrondissement et conseil de quartier dans aucun des documents. On nous parle de participation citoyenne, de création d'espaces de convivialité définis en lien avec les associations d'usagers, soit, mais pas un mot pour les élus d'arrondissement, ni pour les instances participatives locales.

Naïvement, je pose la question : qui sont ces associations d'usagers qui seront associées prioritairement à cette expérimentation ? Je ne parle que de ce que je connais. Dans le 16e arrondissement, par exemple, je ne connais aucune association d'usagers qui sera plus légitime que les membres des six conseils de quartier tirés au sort, qui sont de véritables caisses de résonance de nos quartiers. J'aimerais vraiment que l'on nous dise qui sont ces associations qui seront associées à ce projet.

Ce n'est pas un détail de rédiger ainsi le projet de délibération et la convention, c'est un état d'esprit récurrent de cet Exécutif. C'est vraiment vous, les élus d'arrondissement, vous, les locaux, circulez, il n'y a rien à voir, dormez tranquillement, braves gens. La mairie de Paris s'occupe de tout. Je dis que c'est profondément dérangeant et, pour moi, c'est dévoyer le concept de participation citoyenne.

Sur le fond maintenant, le principal fait d'armes de Dédale, c'est l'organisation du "Parking Day", qui est somme toute encore un événement très confidentiel et dont les contours sont encore flous. Peu d'entre nous savent, par exemple, que le "Parking Day" 2018 a eu lieu vendredi et les manifestations organisées sont somme toute surprenantes.

Je vous donne quelques exemples. Il y en a eu sept en tout. Dans le 12e arrondissement, nous avons eu l'installation d'une bibliothèque militante participative des jeunes écologistes d'Ile-de-France ; dans le 14e, une exposition sur le thème "Femmes dans l'immigration - dialogue intergénérationnel", dans le 9e, un atelier de jardinage, et dans le 11e, Europe Ecologie - Les verts a organisé une conférence sur le sursaut écologiste.

Sur sept événements organisés et répertoriés sur un site dédié que vous pouvez aller voir sur Internet, un seul événement, "Parklets", a été organisé dans le 1er arrondissement.

Donc, là aujourd'hui, nous allons voter 200.000 euros de subvention à cette association pour qu?elle installe des "Parklets" alors que, lorsqu'elle organise les "Parkings Day", c'est quelque chose de très minime dans l'organisation de cet événement.

Certes, il faut réfléchir à une nouvelle et à une meilleure répartition de l'espace public, mais je vais devoir jouer les rabat-joie. Oui, les Parisiens réclament des aménagements de piétons, et la marche est partie intégrante dans la stratégie de mobilité, mais la première obligation qui est la nôtre, vis-à-vis de cet objectif, est quand même d'entretenir les trottoirs.

Donc, 200.000 euros dépensés dans une expérimentation, j'ai juste envie de vous dire que j'aimerais que la Mairie de Paris investisse avec autant d'enthousiasme pour réparer, entretenir, voire créer de nouveaux trottoirs, car ce sont des trottoirs et ça le restera. C'est l'espace d'expression favori, premier et essentiel du piéton.

C'est sûr que combler des ornières, il y a peu de chance que vous ayez un effet "waouh", mais enfin il me semble que c'est quand même la base d'une bonne gestion de l'espace public.

Enfin je terminerai par une dernière remarque. La Mairie de Paris trouve le moyen d'installer sur des places de stationnement des mobiliers innovants de détente. Il serait peut-être temps qu?elle expérimente aussi l'innovation en matière de stationnement sécurisé pour les vélos notamment, comme les "vélos box", parce qu'à ce jour et malgré les demandes répétées des associations de cyclistes, aucune expérimentation n'est prévue.

Pour toutes ces raisons, notre groupe s'abstiendra sur ce projet de délibération.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour le groupe Ecologiste de Paris, la parole est à Mme Fatoumata KONÉ.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Chers collègues, la lutte contre le dérèglement climatique et l'amélioration du bien-être de tous passent nécessairement par la démotorisation de la ville et la réduction de la voiture.

La Ville de Paris mène des actions déterminantes en ce sens depuis le début de la mandature. Nous pouvons citer, à titre d'exemples, la mise en place de la journée sans voiture qui, cette année, en libérant l'hyper centre de la circulation pendant une journée, a entraîné une baisse de moitié de la pollution sonore et de près de 30 % de dioxyde d'azote présent dans l'air, comparativement à un dimanche habituel.

Cette prise de conscience environnementale doit nous encourager à des changements de pratique et d'appréhension de l'espace public. L'espace public est encore trop largement organisé autour de l'automobile, ce qui n'est ni en phase avec nos objectifs, ni en phase avec les comportements des usagers.

A Paris, il a été calculé fin 2016 que la moitié environ de l'espace public est occupée par la voirie et les places de stationnement, alors que les déplacements motorisés de particuliers ne représentent que 13 % des déplacements des Parisiens. Ce parc automobile reste immobile et stationné, notamment le long des trottoirs pour plus de 94 % du temps.

L'espace public est donc envahi par une minorité d'entre nous, car rappelons que seuls 37 % des Parisiens possèdent une voiture.

De plus, avec ses 10.539 hectares, soit près de neuf fois moins que Berlin et quatorze fois moins que Londres, Paris est une toute petite capitale qui n'en n'est pourtant pas moins dense car, avec 21.000 habitants par kilomètre carré, elle est la 6e ville la plus dense du monde.

Il est donc impératif de repenser notre usage de l'espace public. Les Parisiens veulent des espaces ouverts à tous, des espaces de respiration investis par la nature, et pourquoi pas l'art.

L'occupation de l'espace public par la voiture génère également des pollutions visuelles, dégrade l'environnement de nos rues. Il existe bien des rues fermées aux voitures et débarrassées des automobiles stationnées, et ce sont les plus agréables à vivre. Malheureusement, ces dernières se concentrent dans tous les arrondissements centraux où l'espace public est le plus soigné, contrairement aux quartiers périphériques de la ville.

L'association Dédale nous interpelle, résidents et élus, à rouvrir le débat sur la fabrique d'une ville créative et attentive à la place de tous les habitants, en nous interrogeant sur la place de la nature en ville, sur la qualité de notre cadre de vie.

Elle organise l'évènement "Parking Day", chaque année depuis 2010, sur le territoire parisien, et plus largement français. Il s'agit d'un événement mondial, organisé chaque troisième weekend de septembre, visant à occuper temporairement des places de stationnement payant pour les transformer en espaces de convivialité.

Cet événement encourage les citoyens à se réapproprier l'espace public en détournant des endroits habituellement destinés aux voitures.

La subvention que nous votons ici permet de financer le projet "Urban Folies" qui vise à expérimenter la pose de "Parklets", mobilier urbain innovant en bois, sur des places de stationnement afin de répondre à de nouveaux usages de l'espace public.

Dans ce but, l'association va analyser les besoins en lien avec des associations d'usagers, concevoir le projet et organiser la fabrication de six "Parklets" ainsi que leur maintenance et leur animation.

Grâce à Dédale, les places de stationnement deviennent des espaces de détente, de pique-nique, des galeries d'art accessibles gratuitement. Ces "Parklets" permettent aux riverains, aux passants ou aux touristes de profiter de l'ambiance de la ville, dans des endroits où les mobiliers urbains peuvent faire défaut, ou lorsque la largeur des trottoirs ne permet pas d'accueillir ce genre d'activité.

Ces dispositifs peuvent être considérés comme des espaces publics de proximité destinés au stationnement piéton, se substituant ainsi au stationnement automobile.

Il est proposé d'octroyer à Dédale une subvention d'investissement d'un montant de 200.000 euros permettant la conception technique, le prototypage et la mise en place de ces six "Parklets".

C'est en accompagnant des structures comme Dédale que nous pouvons mener à bien notre volonté commune de transformer nos mobilités et notre occupation de l'espace public, afin qu?il soit plus vertueux, responsable, écologique et qu'il profite au plus grand nombre.

Nous invitons Dédale et les associations engagées dans de telles actions à intensifier leur activité, mais aussi nous interpellons notre ville sur la nécessité d'axer davantage sa politique d'aménagement de l'espace public, afin de développer des projets similaires ou avec les mêmes objectifs dans les quartiers qui ne disposent pas ou peu d'espaces verts de loisirs.

Simplement pour terminer et répondre à l'intervention précédente, notre groupe a déjà déposé des v?ux sur des vélos box, par exemple, et nous souhaitons éviter la contradiction ou la confrontation entre les piétons et les cyclistes. On pense qu'effectivement, ce type de projet pourrait encourager ce type de manifestation et l'occupation d'espace public des piétons et des cyclistes, pourquoi pas. Effectivement, les "vélos-box" sont d'un autre type d'usage.

Merci.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Madame SIMONNET, vous avez la parole.

Mme Danielle SIMONNET. - Plusieurs choses à dire sur ce projet de délibération. Nous allons verser, avec ce projet de délibération, 200.000 euros à l'association Dédale pour la fabrication de mobilier urbain innovant, "Urban Follies", pour expérimenter la transformation de places de stationnement en places de détente et de respiration, nommées les "parklets". Première réaction : il y a 50 % de l'espace public qui est dédié aux voitures alors que les transports motorisés - voitures, deux ou trois roues - ne représentent pas plus de 13 % des modes de déplacement.

Donc, oui, il y a un enjeu de pouvoir réduire l'espace public qui est alloué au stationnement et permettre aux piétons de pouvoir se réapproprier l'espace public pour d'autres usages qui ont été jusqu'ici privatisés par la voiture. Ce n'est pas simplement un enjeu concret pour pouvoir notamment végétaliser et pour pouvoir aussi créer plus de calme, de rencontres, de pacification de cet espace public, mais c'est aussi tout un symbole dans la bataille culturelle pour donner à voir une ville sans voitures, où l?on se réapproprie cet espace.

Néanmoins, il ne faut pas tomber dans certains travers. Premier travers : on voit bien, à travers le développement du mobilier urbain ces dernières années, qu'il y a une certaine obsession à faire du mobilier urbain anti-S.D.F. et anti-jeunes. La pacification de l'espace public et le fait que l?on récupère des espaces contre la voiture, cela veut dire que l'on assume, que l'on organise des lieux de rencontres gratuits et que, tant nos politiques, hélas, provoquent l'ensemble des inégalités sociales qu'elles provoquent jusqu'à présent, des hommes et des femmes qui sont sans domicile fixe vont aussi s'approprier ces espaces. Au contraire, pensons-les en solidarité.

Deuxième écueil : attention à ne pas plaquer par une association qui travaillerait et réfléchirait dans son coin un mobilier tout fait pour des usages tout faits, décrétés, qui seraient utiles pour une poignée. Il y a donc une nécessité localement, dans les quartiers, de co-élaborer les futurs usages avec les acteurs de ce quartier, qu'il s'agisse de conseils de quartier là où il n'y a pas une vitalité en termes de vie associative et d'éducation populaire, ou dans nos quartiers populaires, Madame l'élue des Républicains. On a des centres sociaux où l?on a plein d'habitants très impliqués. Cela peut être aussi un outil fabuleux à mobiliser. Evidemment que ce serait totalement aberrant que, tout à coup, cette association plaque, là où l?on a un conseil de quartier hyper-dynamique qui pourrait réfléchir avec les habitants sur la localisation de stationnements à se réapproprier, les usages à y développer, ou là où l?on a une association ou un centre social extrêmement dynamique. Il ne faut donc pas plaquer.

Ensuite, je voudrais réagir à la problématique : est-ce que l?on fait des "parklets" ou des boxes-vélos ? J'ai envie de dire : il ne faut pas opposer les deux. Mais enfin, pour l'instant, on n'a pas prévu 200.000 euros pour faire des boxes-vélos. C'est cela que je trouve hallucinant. Il n?y a pas 200.000 euros équivalents. Si vous me dites qu'il y a une somme équivalente : 200.000 euros ? Non, il n'y a pas 200.000 euros, pour l?instant, qui ont été alloués à des boxes-vélos. Or, là, il y a une priorité. Si l?on veut absolument que la pratique du vélo devienne une évidence, il faut lever l?un des freins essentiels qui est le fait que les gens ont peur que leur vélo se fasse voler. Il faut donc développer les parcs de stationnement pour vélos sous différentes formes, que ce soit les U, les boxes qui permettent une certaine privatisation de l'usage du stationnement de vélos en bas de là où l?on habite, quand il n'y a pas de boxe-vélo dans son habitation.

J'aurais préféré, en termes de priorité, que l'on donne d?abord 200.000 euros pour des boxes-vélos et qu'ensuite, on commence l'expérimentation sur certains quartiers. Pourquoi le faire d'emblée avec 200.000 euros alors que l'on n?arrête pas de me dire que, sur d'autres projets, il faut absolument respecter l'austérité budgétaire ?

Je pense avoir tout dit sur ce que m'inspirait ce projet de délibération, que je voterai néanmoins.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Monsieur NAJDOVSKI ?

J'aurais donné volontiers la parole à Mme HAREL, mais elle n'est toujours pas arrivée. Donc, Monsieur NAJDOVSKI, vous avez la parole, et nous passerons au vote.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Depuis 2010, l'association Dédale organise chaque année l?événement "Parking Day" sur le territoire parisien et plus largement français. Il s'agit d'un événement mondial organisé chaque troisième week-end de septembre, comme cela a été rappelé par notre collègue Fatoumata KONÉ. Il vise à transformer temporairement des emplacements de stationnement en espaces de convivialité. Le projet de délibération dont nous débattons aujourd'hui vise à accorder une subvention afin de financer le projet "Urban Follies", lequel vise à expérimenter la pose de "parklets" sur des places de stationnement afin de répondre à de nouveaux usages de l'espace public.

Ce faisant, ce projet s'inscrit dans notre politique en faveur d'un espace public mieux partagé et au profit des piétons, puisque ces "parklets" constituent un mobilier urbain qui est déployé sur une place de stationnement et qu'il offre aux piétons des assises. Ils peuvent également servir de supports de végétalisation. Plusieurs villes qui jouxtent Paris ou sont situées ailleurs en France ou dans le monde, déploient déjà ce type de mobilier urbain. A cette fin, l'association va analyser les besoins en lien avec des associations d'usagers. Elle va concevoir le projet, organiser la fabrication de ces six "parklets" ainsi que leur maintenance et leur animation. La subvention d?investissement d?un montant de 200.000 euros doit donc permettre à l'association Dédale de réaliser la conception technique, le prototypage, c'est-à-dire la fabrication, et la mise en place, c'est-à-dire l'animation, de ces six "parklets".

Ce projet pourra débuter en 2018 avec la phase de conception technique et se poursuivre en 2019 au regard des délais de fabrication et de mobilisation des acteurs associatifs. Je tiens à préciser que la localisation de ces six "parklets" n'est pas encore arrêtée puisque nous ouvrons le débat sur la question. Les mairies d'arrondissement qui seront volontaires seront associées aux choix d'emplacement de ces "parklets". Enfin, dernière précision, je précise que ces "parklets" ont pour objet unique d'augmenter les espaces publics dévolus aux piétons et qu'ils n'ont aucune vocation commerciale. Je vous remercie de bien vouloir voter ce projet de délibération qui pourra nous permettre cette expérimentation qui vise à donner davantage d'espaces de convivialité dans la rue et en particulier aux piétons.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour une explication de vote rapide, Monsieur LECOQ, vous avez la parole.

M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

La fin de l'intervention de M. NAJDOVSKI m'a rassuré puisque cela ne figurait pas dans le projet de délibération, c'est-à-dire que les mairies d'arrondissement étaient encore passées sous silence dans le projet de délibération. J'observe que ce sera possible si les mairies d'arrondissement sont volontaires. En gros : "as you want". C'est très bien. C'était encore mieux de l'écrire.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Cela a été dit, donc c'est bien.

M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Cela a été dit, donc c?est écrit. Merci.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 101.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DVD 101).

Je vous remercie.