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Septembre 2018
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2018 DICOM 34 - Convention relative à la retransmission de la demi-finale de la Coupe du monde de football.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DICOM 34 : convention relative à la retransmission de la demi-finale de la Coupe du monde de football.

La parole est à David BELLIARD.

M. David BELLIARD. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, la diffusion sur écran géant de la demi-finale de la Coupe du monde sur le parvis de l?Hôtel de Ville a été l?occasion pour notre Ville de, je cite, "concourir à l?enthousiasme citoyen ou encore d?offrir l?opportunité de promouvoir le sport, d?affirmer l?image d?une capitale sportive, ce qui participe à son rayonnement mondiale à l?approche des Jeux olympiques de 2024".

C?est sous ce prétexte que l?on nous demande aujourd?hui d?entériner ce que nous pouvons qualifier de bradage de l?espace public en approuvant la mise à disposition d?espaces de la Ville de Paris, le parvis de notre Hôtel de Ville, au profit de la société "Havas".

Ainsi, Havas a pu encore, je cite, "bénéficier de la mise à disposition d?espaces pour permettre la présence de ses partenaires sur les bannières déployées à cette occasion pour présenter l?événement". Ainsi, le géant de l?industrie du soda américain, dont nous avons parlé précédemment, premier dans les championnats du monde de diabète surtout et de l?augmentation de l?obésité, a pu déployer ses couleurs aux fenêtres de l?Hôtel de Ville. En d?autres termes, nous avons réussi à sortir "Coca Cola" de "Paris Plage" mais nous le réinvitons au c?ur même de notre ville, là sous les fenêtres de ce magnifique bâtiment.

Alors on se félicite d?un travail supplémentaire fait par les agents de la Ville. Nous avions demandé dans notre groupe la mise en place de "fan zone" écoresponsables zéro déchet exempte de plastique. Or, ce sont bien les bouteilles et les gobelets de "Coca Cola" qui jonchaient le sol. Ce sont aussi les emballages de toutes ces marques de grande distribution que nous, élus et citoyens, sommes allés ramasser pendant le Word CleanUp Day. C?est le modèle : toujours plus de P.I.B., toujours plus de consommation, toujours plus de déchets. Et c?est ce modèle que nous dénonçons.

Encore une fois, avec ce projet de délibération, notre Ville accepte des publicités qui sont invasives et soutient des compagnies qui ne concourent en rien à l?encouragement de la pratique sportive ou à un quelconque rayonnement mondial à l?approche des J.O. Ces fanions se sont ajoutés aux plus de 500 à 3.000 messages publicitaires que nous subissons chaque jour. Cette publicité intempestive et sournoise ne fait qu?encourager des désirs superflus qui nous font miroiter le bonheur par la seule consommation. Sur le fond, cette publicité ne prône que la surconsommation, l?individualisme, l?immédiateté, l?apparence ou encore le gaspillage.

Ensuite, pour revenir sur le fond, "Havas" est reconnu pour son lobbying et promiscuité auprès des pouvoirs politiques. Même si cela est passé inaperçu pendant cet été, "Le Canard enchaîné" a quand même relevé que Muriel PÉNICAUD est de nouveau soupçonnée de favoritisme à l?égard de la société "Havas" sur un contrat de plus de 13 millions d?euros, à l?époque où elle dirigeait "Business France".

Et surtout que dire de la redevance très basse demandée par la Ville ? 37.000 euros payés par "Havas" pour 10 heures d?occupation du parvis de l?Hôtel de Ville alors que leur chiffre d?affaires s?élève bien sûr au global à 97 millions d?euros pour 2017 et aussi revendu à "Coca Cola" qui se porte mieux avec un chiffre d?affaires de 46 milliards d?euros pour l?ensemble de son activité de 2014. Autant dire qu?ici on peut parler avec ces 37.000 euros de véritable bradage de l?espace public à des mastodontes qui pourtant ont un chiffre d?affaires et des bénéfices considérables.

Pour toutes ces raisons, mes chers collègues, notre groupe votera bien entendu contre ce projet de délibération.

Je vous remercie.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BELLIARD.

Pour vous répondre, la parole est à M. Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Monsieur le Président BELLIARD, il y a plusieurs points de votre intervention que je pourrais partager, mais je me suis retrouvé dans la retransmission de cette Coupe du Monde face à diverses impossibilités.

La première, Monsieur BELLIARD, est que si cette zone de retransmission n?était pas financée par le concours des sponsors, je crains que votre groupe, par exemple, ne m?ait pas donné les moyens de prendre l?argent sur le sport amateur pour organiser des retransmissions de football. Vous vous y seriez opposés.

Non, Monsieur BELLIARD, vous vous seriez opposés. Dans un contexte budgétaire contraint que vous connaissez, vous auriez été le premier à refuser que je prenne de l?argent du sport amateur pour payer des retransmissions de football professionnel. Je dois donc bien, y compris pour répondre à l?enthousiasme des Parisiens face à ce parcours magnifique de l?équipe de France, trouver des moyens de concourir à notre budget afin de ne pas refuser aux Parisiens l'envie qui est la leur de partager, dans un élan collectif, la victoire de leur équipe nationale de football. C'est la première impossibilité face à laquelle j'étais.

La deuxième, qui a conduit à devoir amener ce projet de délibération désormais, je le regrette, j'aurais aimé une "fan zone" dès le départ en maîtrise publique intégrale, ce que nous avions pensé, réfléchi, jusqu'à ce que le Ministre de l'Intérieur nous envoie un message disant : il n'y aura pas de "fan zone" en France.

La position s'est petit à petit assouplie au fur et à mesure que la Coupe du monde avançait, nous mettant cependant dans des délais de réalisation et d'opération qui nous ont compliqué la chose et ont fait qu'à l'issue du quart de final victorieux par l'équipe de France, la société "Havas" pour le nom effectivement de son client "Coca-Cola", est venue nous voir en disant avoir une proposition d'organisation et d'éléments avec l'ensemble de ce que cela pouvait permettre de concourir et nous aider sur une dimension opérationnelle qui n'avait été malheureusement pas assez anticipée au gré du contexte national que je viens d'évoquer.

Malheureusement, l'occupation de cette nature quelques jours avant le délai qui reste entre un quart de finale et une demi-finale de Coupe du monde, soit 5 jours, au milieu desquels il y avait un week-end, nous avons cependant fait le bon choix de prendre les partenaires, les acteurs qui étaient là et disponibles dans un délai contraint et dans un moment où je préfère effectivement que cet argent vienne de "Coca-Cola" que du budget que nous aurions supprimé aux clubs amateurs, qui en souffrent déjà. Nous avons une divergence sur ce point, mais je veux que vous compreniez nos contraintes, tout en respectant votre position, Monsieur BELLIARD.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur MARTINS.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DICOM 34.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DICOM 34).