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2018 SG 45 - Subventions à des organismes afin de soutenir des études relatives à l'accueil et à l'organisation de grands événements sportifs internationaux.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération SG 45 : subventions à des organismes pour soutenir des études relatives à l'accueil et à l'organisation des grands événements sportifs internationaux. La parole est à Jacques BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Chers collègues, Madame la Maire, la Ville de Paris, en sa qualité de ville organisatrice des Jeux olympiques 2024, porte une responsabilité majeure en ce qui concerne les futurs impacts sociologiques, urbanistiques et environnementaux de ce grand événement.

Il s'agit donc d'optimiser les conséquences de l'organisation des Jeux olympiques.

Deux projets, l'un porté par l'Observatoire pour la recherche sur les méga événements - l'O.R.M.E. -, et "Urbanistes du monde", vont porter des perspectives intéressantes pour mieux connaître la façon dont les Jeux olympiques vont s'inscrire dans notre environnement, de notre ville et au-delà.

L'O.R.M.E. se propose d'objectiver les données de l'héritage des Jeux au regard de l'aménagement urbain, du développement durable, de l'éducation, de la santé et des retombées économiques et touristiques, tandis que "Urbanistes du monde" souhaite analyser l'attractivité touristique au regard de la satisfaction des résidentes et résidents à proximité des infrastructures des Jeux.

Ces deux projets, à notre sens, pour présenter un intérêt, devraient aussi prendre en compte les coûts cachés en termes d'impact social sur les populations, et notamment se questionner sur les conséquences du travail des milliers de bénévoles qui vont participer à ces Jeux, sans être rémunérés comme leur nom l'indique.

Nous devons aussi veiller particulièrement aux coûts sociaux engendrés par ces grands événements de manière générale, puisque la loi olympique autorise des dérogations au Code du travail, mais aussi aux Règlements de publicité.

C'est la raison pour laquelle nous soutiendrons ce projet de délibération, qui va aider ces organismes à procéder à ces études, mais nous souhaitons deux choses. D'une part, que ces études fassent l'objet d'un suivi, c'est-à-dire qu'actuellement les études vont être réalisées avant l'organisation des Jeux, ce sera une photographie avant. Il serait très utile que nous ayons, à partir de ces données objectivées, une photographie après, et d'autre part, nous souhaitons que ces études préalables aux Jeux olympiques, une fois réalisées par ces deux organismes, soient présentées aux conseillers de Paris, ou en 7e Commission.

Je vous remercie.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Mme SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Je voterai pour ce projet de délibération, parce que nous ne pouvons être que favorables à la réalisation d'études relatives à l'organisation et préparation des Jeux olympiques et paralympiques de 2014, car on ne peut être que pour qu?on analyse et réfléchisse vraiment avec des données objectives sur l'impact.

Mais je vais vous dire une chose : ces études, on aurait dû les avoir avant que Paris ne prenne la décision de se lancer dans ces Jeux olympiques.

Or, quand Paris a annoncé sa candidature pour les Jeux olympiques de 2024, vous avez asséné des vérités comme des vérités révélées, comme quoi forcément les Jeux olympiques allaient générer de l'emploi. Forcément, les Jeux olympiques seraient un moteur pour le développement économique, l'attractivité du territoire, de la Capitale et de la Métropole. Forcément, il y aurait tout à fait une maîtrise à la fois des coûts et de l'impact écologique de l'organisation de ces Jeux, sans faire réellement, je trouve, d'études.

Ces études auraient été bien avant.

Maintenant que la Ville de Paris s'est engagée dans les Jeux olympiques, même si je continue, comme Jacques BOUTAULT, et comme de plus en plus de citoyens, à me mobiliser contre l'organisation de ces Jeux olympiques parce qu'ils sont totalement faramineux et n'auront pas d'impact positif sur l'emploi de façon durable, car ils auront au contraire un impact terrible anti écologique, et également un impact social négatif, il est d'autant plus important d'avoir des études en amont de l'organisation des Jeux pour bien objectiver, mais comme cela a été dit précédemment, des études aussi pendant et après la réalisation de ces Jeux.

Souvenez-vous des Jeux olympiques de Londres, avec le recul, des études d'économistes ont montré que l'impact sur l'emploi n'était pas un impact positif pérenne, mais que l'organisation des Jeux olympiques avait provoqué une accélération de la gentrification du c?ur de Londres et une aggravation de la gentrification des abords du c?ur de Londres. Les impacts écologiques commencent de plus en plus sur l'ensemble de ces grands événements sportifs, à être enfin mis en lumière. J'espère que la conscience écologique des peuples permettra de secouer et se faire entendre de ceux qui dirigent pour que ces logiques politiques cessent. Je vous remercie.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci, Madame SIMONNET.

Pour vous répondre, la parole est à Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Madame la Maire, je dois vous dire ma satisfaction d'entendre M. BOUTAULT et Mme SIMONNET apporter leur soutien à un projet de délibération concernant les Jeux olympiques et paralympiques à Paris, et je veux leur redire qu'au-delà de leur opposition de principe, que je respecte, aux Jeux olympiques en tant qu'événement, je les invite à se soucier de la question des Jeux olympiques à Paris, tels qu'ils sont conçus à Paris, et de regarder que leurs craintes eu égard aux éditions précédentes puissent éventuellement avoir été prises en compte dans la conception des Jeux de Paris, qui ne seront ni les Jeux de Sotchi, Pékin ou de Londres, mais ceux de Paris tels que nous les avons conçus.

Nous sommes très fiers de ce projet de délibération qui soutient deux organismes. Le premier, l'O.R.M.E., un regroupement de chercheurs universitaires dont l'indépendance est absolument garantie, et c'est pourquoi je comprends votre empressement, mais à ce stade on leur a demandé une revue de la littérature, un état de l'art de l'ensemble des publications scientifiques qui ont été produites depuis des décennies sur les Jeux, sur leur impact, pour avoir une photographie des enjeux, des échecs, des réussites en matière d'héritage sur l'ensemble des Jeux olympiques et de la littérature scientifique et universitaire. C'est sur la base de ce premier état de l'art, de cette première revue de la littérature qu'on choisira avec eux les thèmes qui méritent d'être poussés "ex ante" et pas évidemment "ex post".

Par ailleurs, il y a dans le travail mené avec le comité d'organisation et en particulier avec l'Etat, un travail sur l'évaluation déjà engagé, en particulier avec l'O.C.D.E. sur l'évaluation économique et sociale de ces Jeux olympiques qui commencera dès maintenant et ira après les Jeux olympiques et paralympiques.

Je ne peux que vous dire que sur la partie O.R.M.E., le travail universitaire est une première subvention, j'espère qu'il y en aura d'autres, mais la discussion que nous avons eue avec le groupement de chercheurs était : prenons le temps d'abord de se dire les sujets, et ensuite on fera sans doute quelque chose de plus structuré et pluriannuel.

Sur "Urbanistes du monde", c'est un projet de travail sur site sur lequel ils sont allés à Rio, à Pékin, pour aller rencontrer d?un point de vue urbanistique les acteurs et les habitants, et tirer, là encore, une étude indépendante des organes olympiques pour comprendre vraiment l?utilité d'un certain nombre d'aménagements, qu'il s'agisse du B.R.T., le bus à haut niveau de service à Rio, ou des aménagements du quartier de Stratford à Londres, qui ont transformé les villes. Est-ce que ces transformations ont été favorables ?

Un point de divergence avec Mme SIMONNET, cependant. Vous ne pouvez pas dire qu'on est rentré dans cette candidature olympique sans études. Il y en a eu au moins deux très significatives. La première, c?est l'étude d'opportunités produite par le C.F.S.I. qui nous a permis d'avoir les premiers éléments nous garantissant que nous pourrions faire à Paris des Jeux en utilisant le maximum d'équipements existants, en créant le moins d'équipements nouveaux, et donc, de faire des Jeux le plus sobre possible.

Puis, une fois cette décision de candidature prise, l'évaluation des emplois et de l'impact économique n'a pas été faite par moi-même, dans mon bureau, au doigt mouillé. Elle a été faite, une fois de plus, par un laboratoire universitaire, le Centre de l'économie du sport de Limoges, laboratoire reconnu à l'échelle mondiale qui a publié ces données scientifiques sur l'impact attendu de ces Jeux olympiques. Cela n?empêche pas qu?évidemment ce premier travail d'évaluation que nous menons, il faudra l'élargir et en particulier l?élargir au sujet d'héritage aux politiques que nous allons mener pendant six ans et, une fois que nous aurons fixé ces politiques d'héritage, nous fixerons avec vous, conseillers de Paris, la manière de les évaluer.

Mais, évidemment, un avis favorable sur la demande qui a été faite de remettre le compte rendu de ces travaux aux conseillers de Paris. Je le dis avec un peu de malice, Monsieur BOUTAULT. Par exemple, à la Commission des élus Jeux olympiques, que je m'étais engagé à réunir régulièrement, ce que je fais, en l'absence systématique d'élus écologistes, je souhaiterais que vous y soyez pour que je puisse partager avec vous ces études.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur MARTINS.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 45.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, SG 45).