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2018 DEVE 155 - Désignation du directeur de l'école Du Breuil.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DEVE 155 relatif à la désignation du directeur de l'école Du Breuil.

La parole est à M. VESPERINI, pour 5 minutes.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Madame la Maire et chers collègues.

C'est un projet de délibération important, c'est un beau projet de délibération, puisqu'il a trait, plus que d'habitude, à la modernisation d'une institution majeure de la formation municipale, qui est l'école Du Breuil. C'est un projet de délibération qui va dans la suite et constitue l'ultime étape de cette modernisation, que le groupe PPCI avait soutenue au mois de juillet lorsqu'il avait fallu faire évoluer son organisation et son statut.

Pourquoi fallait-il engager cette organisation ?

Parce que l'école Du Breuil était une référence mondiale, internationale pour toutes les villes du monde qui s'intéressaient à l'horticulture, au jardinage et au verdissement urbain. C'était une référence à partir de 1867, puisqu'il a fallu le caractère visionnaire de l'?uvre haussmannienne pour envisager que les horticulteurs soient formés de manière académique, qu'il y ait une formation initiale puis une formation permanente comme aujourd'hui. C'est une institution âgée, qui à un moment donné devait se moderniser. C'est une institution, qui depuis 2014 devait se moderniser notamment en lien avec l'Ecole des ingénieurs de la Ville de Paris comme évoqué.

Malheureusement, cette modernisation avait un peu du plomb dans l'aile. Trois directions en quatre ans, cela ne rend pas facile la définition d'un projet pédagogique stratégique pour les dix prochaines années. Il fallait engager cette évolution.

Maintenant, il nous est soumis ce projet de délibération qui vise à nommer dans le nouveau cadre statutaire un directeur général de la régie personnalisée de l'école Du Breuil. Je crois que le nom que vous avez proposé est tout à fait à propos, parce que le profil du nouveau directeur, s'il est adopté, nous permettra de compter sur lui, sur sa connaissance des services de la Ville de Paris puisqu'il y a passé une grande partie de sa carrière, mais également sur sa connaissance de la formation professionnelle, puisqu'il a passé un certain nombre d'années à la région Occitanie.

Ce CV, ces deux connaissances, d'une part la Mairie de Paris, les services de la Ville et son univers syndical, et d'autre part, la connaissance de la formation professionnelle à l'heure de la réforme votée il y a quelques mois par le Parlement, ce CV correspond tout à fait à ce que l'on doit attendre de l'école Du Breuil.

Il faut que cette institution scolaire soit à la hauteur de l'horticulture de demain. Il y a des défis très importants auxquels ce secteur est confronté. C'est un marché très dynamique. Je me suis renseigné un peu pour voir dans quel état il était. Son objectif est aussi de permettre à des gens de gagner des emplois dans l'horticulture. Il en a été question il y a quelques jours. C'est un marché en plein essor, avec 25.000 personnes, dont 16.000 salariés, et surtout un marché qui fait appel à des profils de plus en plus qualifiés. Cette école sera toujours très utile, puisque j'ai constaté que 57 % des offres de recrutement se font à Bac + 2, et 35 % à Bac + 5.

Pourquoi les offres demandent-elles des qualifications plus importantes ?

Parce que l'horticulture évolue, notamment l'horticulture urbaine doit s'adapter à l'évolution climatique, à la régulation climatique, à de nouvelles technologies qui doivent être maîtrisées par ces nouveaux professionnels que nous allons former à l'école Du Breuil.

Cette modernisation doit se poursuivre, je me réjouis de voir ce projet de délibération adopté rapidement, surtout que nous avons voté l'évolution statutaire au mois de juillet. Le Conseil de la rentrée nous soumet l'arrivée d'un nouveau professionnel pour diriger cette institution. Je tenais à dire à l'Exécutif qu'il pouvait compter sur l'appui du groupe des Constructifs et Indépendants sur ce sujet, car c'est un sujet très important. Si Paris veut rester une ville pionnière dans le domaine de l'excellence horticole, il va falloir s'appuyer sur cette école en lui redonnant un nouveau souffle. Voilà ce que je voulais dire sur ce sujet.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à Raphaëlle PRIMET.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Vous sollicitez le vote de notre Conseil pour pourvoir l'emploi de directeur général de l'école Du Breuil. La rédaction de la fiche de poste par la D.R.H. a dû être un sacré casse-tête. C'est peu de dire que ce directeur aura fort à faire. Pour commencer, il conviendra de nouer le dialogue avec les personnels chez qui le changement de statut de l'école a fait naître de nombreuses craintes et inquiétudes dont on vous a déjà parlé ici.

Les équipes ont besoin d'être ressoudées, entendues, et réellement associées aux décisions prises par et pour l'école.

Ce nouveau directeur aura ensuite la lourde tâche de s'assurer que les objectifs et moyens donnés à l'école sont bien à la hauteur des ambitions de notre collectivité.

Nous attendons avec impatience le contrat d'objectifs et de moyens qui déterminera réellement les conditions de travail des personnels et les moyens alloués à la réussite des élèves de l'école.

Enfin, ce directeur devra trouver comment faire vivre et rayonner cette école sans pouvoir effectuer rapidement des travaux pourtant si urgents et si nécessaires.

Nous pensons toujours que c'est par là que nous aurions dû commencer. Commencer par moderniser et sécuriser les bâtiments pour rendre l'école attractive et adaptée à une pédagogie moderne et innovante.

Commencer par s'assurer de l'adhésion de ceux et celles qui travaillent pour cette école et en font la richesse.

Commencer par donner à l'école les moyens d'accomplir sa mission, mission si importante pour notre ville au regard des enjeux environnementaux qui nous sont posés.

Nous ne connaissons pas celui que vous nous proposez de désigner comme directeur de l'école Du Breuil. Nous espérons donc qu'il aura les compétences nécessaires pour le bien de l'école, mais ne pouvant en juger, nous nous abstiendrons sur ce projet de délibération.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à Mme Joëlle MOREL.

Mme Joëlle MOREL. - Les délibérations relatives au changement de statut de l'école Du Breuil ont animé plusieurs Conseils de Paris depuis plusieurs mois. Le groupe Ecologiste a fait part encore au Conseil de juillet, de ses doutes, et a continué à faire des propositions qui malheureusement n'ont pas été prises en considération.

En juillet dernier, le changement de statut a été voté. La création de la régie personnalisée sera effective à partir du 1er janvier 2019 et sera dotée d'une autonomie morale et financière.

Nous réaffirmons que l'école Du Breuil doit rester une école prestigieuse de la Ville de Paris, fondée il y a plus de 150 ans pour former les jardiniers de la Ville, une école qui accueille désormais plus de 200 élèves, 100 apprentis, et de très nombreux professionnels en formation continue. Tous et toutes viennent pour recevoir une formation de qualité sur le sujet du végétal dans l'espace urbain. Toutes et tous viennent car l'ensemble du personnel de l'école a su préserver une école à taille humaine.

Je souhaite réaffirmer la nécessité absolue d'engager un processus de concertation avec l'ensemble des personnels qui a beaucoup souffert, ces dernières années, et bien évidemment avec les organisations syndicales. Le projet de délibération nous invite à désigner le directeur de l'école Du Breuil, suite à un appel à candidature qui a été lancé de manière anticipée par la DRH de la Ville.

Nous regrettons que les partis politiques n'aient pas été associés au processus du choix du directeur et nous déplorons que des représentants des salariés de l'école Du Breuil n'aient pas été invités à participer à ce choix.

C'est la raison pour laquelle le groupe Ecologiste s'abstiendra. Toutefois, une nouvelle étape commence, puisque nous serons amenés à participer au prochain conseil d'administration qui est programmé le lundi 1er octobre. Le groupe Ecologiste de Paris souhaite recevoir la composition de ce conseil, et la liste des membres qui y participeront.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à Mme SIMONNET, pour 5 minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, comme vous le savez, j'étais opposée à ce changement de statut à plus d'une reprise, dans cette Assemblée, dès 2017, par le biais d'un bon nombre de v?ux et suivie par d'autres groupes. Nous avons été beaucoup d'élus à alerter et à dire que non, ce changement de statut n'est pas une modernisation de l'école, c'est potentiellement une mise en danger de l'école, que ce qui était urgent pour cette école, c'était d'assumer les travaux nécessaires, moult fois promis et non réalisés, et de bien renforcer les moyens à cette école, parce que cette école joue un rôle déterminant.

Pas simplement parce que c'est une école qui a 150 ans et qui forme les jardiniers de la Ville en formation continue, qui est l'offre essentielle en termes de formation initiale pour de nombreux jeunes aux différents métiers de jardinerie et d'horticulture, mais parce que nous avons vocation, au niveau de Paris, et le projet de délibération dont nous débattions tout à l'heure en témoigne, nous devons repenser la ville, une ville qui ne soit pas minérale, qui doit repenser au contraire le refus de l'artificialisation des sols, de revenir aux pleines terres, de développer le végétal dans l'urbain, que ce soit l'agriculture urbaine, les toitures et les murs végétalisés, que ce soit aussi toute la problématique de la préservation de la biodiversité en milieu urbain.

Il faut former, rechercher, développer à tous les niveaux de formation qualifiante. Vous savez que la voie professionnelle permet vraiment à ce que les formations aux métiers sciences pratique au plus haut niveau puissent être dispensées, et on a besoin pour cela d'une belle et grande école. Hélas, je ne pense pas que le forcing sur le changement de statut, qui a fortement inquiété la quasi-totalité des membres de l'équipe professionnelle sur place, soit la solution. Maintenant, on nous fait voter sur le directeur, écoutez, je n'ai pas d'avis sur ce directeur, je ne le connais pas. Mon vote n'est pas lié à sa personne. Je lui souhaite sincèrement bon courage, parce que je pense que l'on doit tous être attachés à cette école, et je souhaite donc que la nouvelle équipe néanmoins puisse réussir, malgré tout ce que je viens de dire sur mon désaccord sur ce statut. Evidemment, je ne prendrai pas part au vote. Je pense que cela n'a pas de sens. J'en profite, par ailleurs, pour vous signaler que j'ai appris qu'il manquait une assistante de bibliothèque puisqu'elle n'a pas été remplacée. On a donc déjà là des problèmes de renouvellement d'équipe. Attention, il ne faudra pas traîner. Il faudra que les moyens et le renouvellement, pour que l'équipe soit toujours au complet et se développe, soient bien assurés.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, la parole est à Mme Pénélope KOMITÈS.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - Merci aux différents intervenants pour leurs propos.

Peut-être vous dire, Madame MOREL, que, comme dans tous les recrutements de la Ville, c'est un recrutement classique, qui a vu émerger un certain nombre de candidatures. C'est à la direction hiérarchique qu'il revient de proposer un recrutement. C'est comme cela que cela se passe pour tous les recrutements dans cette Ville.

Comme l'a dit M. VESPERINI, le parcours de M. HENNEKINNE, qui connaît bien la Ville, qui connaît bien le milieu de la formation, qui connaît bien en plus les métiers de l'agriculture, tant au niveau secondaire qu'au niveau supérieur, est la bonne personne.

Il aura la mission de mener à son terme la transformation de l'école, mais comme l'ont rappelé les différents intervenants, bien évidemment, de mettre en place la stabilité, la sérénité dont cette école a besoin, d'engager les travaux d'urgence que le nouveau budget déployé pour 2019, comme nous l'avons voté, va permettre de réaliser, et de préparer la rénovation de l'école sur la base de l'étude du programmiste, dont nous vous avons parlé, et qui sera finalisée dans les délais prévus.

Vous dire quand même que la rentrée 2018 donne un signal très encourageant, puisque nous avons ouvert une classe de brevet professionnel agricole qui avait dû être fermée les années précédentes. Il y a une nette augmentation des effectifs. Nous avons largement anticipé, dès le début de l'été, les renouvellements de contrat et les décisions de maintien de tous les enseignants, des emplois du temps, des affectations de salle.

Le nouveau conseil d'administration qui se réunira, pour la première fois, le 1er octobre, va, je n'en doute pas, continuer dans cette dynamique positive. Madame MOREL, de mémoire, je pense que la liste était dans le projet de délibération du mois de juillet, mais on va vous le retransmettre. Je pense qu'elle était annexée au projet de délibération de juillet.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 155.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DEVE 155). Je vous remercie.