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Septembre 2018
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Conseil Municipal
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2018 DU 160 - Convention de financement avec le Forum métropolitain du Grand Paris pour une consultation internationale sur le devenir des autoroutes, du boulevard périphérique du Grand Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous examinons le projet de délibération DU 160, projet très important. Il s'agit d'une convention de financement avec le Forum métropolitain du Grand Paris pour une consultation internationale sur le devenir des autoroutes et du boulevard périphérique du Grand Paris, projet auquel nous tenons beaucoup, auquel je tiens beaucoup, et je veux vraiment remercier Jean-Louis MISSIKA pour le travail remarquable qu'il fait au sein du Forum métropolitain.

Je veux saluer aussi le travail de Stéphane BEAUDET, vice-président de la Région Ile-de-France, mais qui porte vraiment, avec Jean-Louis MISSIKA, cette réflexion au sein du Forum métropolitain.

Je donne la parole à M. Alexandre VESPERINI pour le groupe PPCI? Donc, à M. LAURET, pour le groupe DP.

M. Thomas LAURET. - Merci, Madame la Maire, chers collègues.

Il est difficile de ne pas être favorable à cette consultation qui a l'intérêt d'embrasser toute la Métropole.

Je vais être très court. Ce qui nous importe en termes d'objectifs se résume en trois axes principaux : que les règles d'usage permettent une accélération de la transformation du parc automobile vers les véhicules propres avec des voies réservées aux véhicules propres plus co-voiturage et véhicules autonomes qui vont se développer - on le voit avec l'expérimentation qui a été faite hier à Paris - que l'insertion soit évidemment améliorée avec des murs antibruit, couvertures, parois végétalisées et revêtement antibruit qui ont un succès certain sur le périphérique ; et enfin que des parkings relais soient prévus, envisagés en lien avec notamment le réseau du Grand Paris Express. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

Madame SIMONNET, vous avez la parole.

Mme Danielle SIMONNET. - Je n'ai rien de plus. Il me semble que c'est un débat qui est essentiel de toute façon. Je pense que tout le monde est convaincu que le débat n'est pas de savoir s'il faudra ou pas qu'il n'y ait plus de voitures qui soient sur ces autoroutes urbaines, mais le débat est plutôt de savoir comment est-ce qu'on fait la transition de nos villes afin de leur permettre de se passer de ces autoroutes urbaines pour l'aberration anti écologique qu'elles incarnent, donc aussi la nécessité de repenser l'aménagement du territoire, nos modes de déplacement. Il me semble que cette convention de financement avec le Forum métropolitain pour permettre une consultation internationale sur la transformation des autoroutes, et dans ce cadre-là du boulevard périphérique, comme d'autres voies rapides et structurantes du Grand Paris, est une nécessité pour voir aussi comment d'autres grandes villes engagent leur transition.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

J'avais une inscription de M. BONNET-OULALDJ. Est-ce que quelqu'un dans son groupe? ? Non. Une inscription de M. Eric AZIÈRE, président du groupe UDI-MODEM.

Je vous donne la parole.

M. Eric AZIÈRE. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

Je voulais dire moi aussi que les travaux menés par le Forum métropolitain sur le devenir des axes viaires s'annoncent absolument passionnants et déterminants pour les habitants d'Ile-de-France.

Le Forum va en effet travailler et faire travailler quatre cabinets d'architectes et d'urbanismes internationaux afin de repenser l'avenir de ces infrastructures viaires structurantes en Ile-de-France, et notamment le périphérique. Comment repenser le périphérique sans tout l'environnement viaire ? Repenser l'évolution de leurs usages et, à l'aube de la révolution technologique en matière de mobilité, il n'y a qu'à voir la une du "Parisien" ce matin, de nouveaux services comme le Grand Paris Express et des impératifs environnementaux et climatiques, notamment les objectifs de réduction de gaz à effet de serre et neutralité carbone. Tout ceci pour rappeler l'importance de ce travail.

Je voudrais dire une chose en tant que rapporteur de la jeune M.I.E. sur le périphérique. Evidemment, je me suis posé la question de savoir si la M.I.E. allait avoir une réelle utilité, comment elle devait exister, pourquoi il fallait qu'elle existe à côté du Forum métropolitain. Et évidemment, les deux approches ne sont pas concurrentes mais bien complémentaires. Je voulais le redire ici. Ce n'est pas parce que le Forum métropolitain étudie la question de l'avenir des axes viaires et du périphérique qu'il faut priver les Parisiens d'apporter leur propre regard sur cet équipement majeur qui constitue, comme on le sait, plus qu'une barrière physique ou une blessure urbaine, mais aussi une barrière quelquefois culturelle et politique. Je crois aussi que la M.I.E., c'est l'occasion de restaurer une qualité de dialogue nourri avec nos concitoyens, nous, Parisiens, de l'autre côté du périphérique, et de parler à leurs élus et aux maires des collectivités parisiennes. En tout cas, je suis honoré et heureux, avec la M.I.E. et avec mes collègues au sein de la M.I.E., d'avoir l'occasion de mesurer les enjeux, la complexité, les évolutions, d'ouvrir et nourrir notre approche et notre compréhension à celle des architectes bien plus compétents que nous, urbanistes, ingénieurs, sociologues, et bien sûr les maires de la première couronne que je n'oublie pas. J'espère que nous aurons, avec Jean-Louis MISSIKA, c'est prévu, des échanges nombreux et aussi avec le Forum métropolitain, parce que ce travail veut s'inscrire aussi comme un apport et une contribution de la Ville de Paris à ce Forum. Ce sont deux travaux complémentaires qui seront utiles au futur de l'urbanisme parisien.

Voilà ce que je voulais dire.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup pour votre contribution.

Je donne la parole à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, président du groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, excusez-moi du retard, j'étais en discussion à côté.

Depuis les années 60, le culte de l'automobile en France, lié au boom du crédit et du mythe de la voiture pour tous, a durablement modifié le paysage urbain.

La ville avait été alors conçue pour la voiture, et les voies sur berges et le périphérique sont des scories de cet ancien monde. Je ne redirai pas ici tout ce qui doit changer dans nos modes de déplacement, mais la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique nous mettent devant des responsabilités inédites.

A la vue et au bruit s'ajoute la pollution. La pollution tue et les riverains du périphérique en sont les premières victimes, alors qu?elles sont majoritairement issues des catégories populaires. Tout ce qui pourrait favoriser la résorption de ces autoroutes urbaines dans les années à venir aura notre assentiment.

Nous soutenons les travaux de la M.I.E. sur l?avenir du périphérique, à laquelle je participe, à l?initiative de notre collègue Laurence GOLDGRAB que je remercie et Eric AZIÈRE qui sera rapporteur et que je remercie aussi, comme les travaux du Forum métropolitain du Grand Paris qui viennent de lancer une consultation internationale sur le sujet.

Au cours de la première réunion de la M.I.E., nous nous sommes félicités de la concomitance de la réflexion de ces deux instances. Cela permettra de sensibiliser nos concitoyens à la nécessaire modification des habitudes de déplacement. Nous attendons tous les résultats sur ces travaux.

Cela dit deux questions sur le sujet :

- La première est le montant de cette étude : 2,6 millions d?euros pour le Forum dont 1 million à la charge de Paris. Sommes-nous dans la norme ou bien peut-on considérer qu?il s?agit d?une somme extravagante ?

- La seconde est qu?il serait souhaitable que les membres de la M.I.E. soient auditionnés par le Forum métropolitain, afin que nos travaux se nourrissent l?un et l?autre. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

J?avais une inscription avec M. BELLIARD, mais désolée. Je donne la parole à Jean-Louis MISSIKA pour vous répondre.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Mes chers collègues, merci pour vos interventions.

Madame SIMONNET, si j?ai bien compris la tonalité de votre intervention, vous allez voter en faveur du projet de délibération ? Vous n?avez pas osé le dire et c?est peut-être de la pudeur.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est la fête. Champagne !

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Cette consultation, qui fait l?objet du présent projet de délibération, est la suite logique des v?ux déjà adoptés par cette Assemblée pour poursuivre et élargir la réflexion sur l?avenir du boulevard périphérique.

En juin 2016, à l?occasion de l?adoption du P.L.U. ainsi qu?en novembre 2017, j?avais déjà expliqué avec mon collègue Christophe NAJDOVSKI pourquoi nous avions choisi de travailler avec le Forum métropolitain du Grand Paris. Il est impossible de réfléchir sur l?avenir du périphérique si l?on ne prend pas en compte l?ensemble du réseau viaire qui conduit les voitures vers le périphérique.

Conformément à ce dernier v?u, nous avons initié l?idée de mettre autour de la table toutes les parties prenantes publiques concernées dans le cadre du Forum métropolitain. Je crois que cela vaut la peine que je fasse la liste de tous ceux qui participent à ce projet parce qu?elle est vraiment impressionnante : l?Etat, la Région, la Métropole du Grand Paris, trois départements (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val-d?Oise), 8 E.P.T. et E.P.C.I. (Est Ensemble, Grand-Orly Seine Bièvre, Paris Est Marne & Bois, Paris-Saclay, Paris Terres d?Envol, Plaine Commune, Roissy Pays de France) ainsi bien sûr que l'A.M.I.F. présidée par Stéphane BEAUDET.

Je pense que c?est important d?insister sur le nombre de territoires et de collectivités qui participent à ce projet, parce qu?il est clair que c?est sur la base d?un consensus, d?une discussion et d?une conversation approfondie que nous arriverons à transformer véritablement le paysage routier et autoroutier de l?Ile-de-France, et donc que nous arriverons à transformer le périphérique.

Sur un budget total de 2,7 millions d?euros, la Ville a proposé d?apporter une subvention de 1 million d?euros. La Région Ile-de-France a répondu à cette proposition en mettant la même somme sur la table. Quant à l?Etat, il mettra 200.000 euros, mais vous savez que l?Etat est particulièrement impécunieux en ce moment.

Une vingtaine de candidats ont répondu à cette consultation. L?analyse des offres s?est faite au cours de l?été dans le cadre d?un partage du travail entre services des différentes collectivités et de l?Etat, avec le soutien de l?expertise de l?APUR et de l?I.A.U.

Les équipes retenues par la commission d?appel d?offres, présidée par Jean-Yves LE BOUILLONNEC, ont été dévoilées jeudi dernier : il s?agit de quatre groupements rassemblant urbanistes, spécialistes de la mobilité et des infrastructures routières, paysagistes et bureaux d?études environnementaux.

Les mandataires des quatre groupements sont respectivement : Devillers Associés, Richez Associés, Rogers Partners et Cera Architectes.

Ces équipes conduiront des travaux de prospective approfondie pour pousser différentes hypothèses de transformation technologique et comportementale dans les mobilités, en tenant compte des interactions entre le boulevard périphérique et le reste du réseau routier francilien. Elles réaliseront également, et j?y tiens beaucoup, des approfondissements urbanistiques sur des focus territoriaux, dont les principaux échangeurs du boulevard périphérique avec l?A1, l?A3, l?A4 et l?A6. Pour répondre aux remarques d?Éric AZIÈRE, bien évidemment la M.I.E. sur le périphérique doit travailler en étroite coopération avec cette initiative du Forum métropolitain. Je pense même que la M.I.E. devrait auditionner les quatre équipes sélectionnées par le Forum métropolitain, peut-être pas tout de suite mais lorsqu?elles auront entamé suffisamment leur travail. Je crois qu?il y a une véritable complémentarité entre cette initiative du Forum métropolitain soutenue par la Ville de Paris et la mission d?information, parce que l?avenir du périphérique est aussi l?avenir du Grand Paris, l?avenir de la relation entre Paris et les territoires voisins. Nous devons travailler tous ensemble, dans un esprit constructif, pour pouvoir aller bien sûr vers ce que nous souhaitons tous, c?est-à-dire la transformation d?une autoroute urbaine, dans un premier temps en tout cas en boulevard urbain, et peut-être un peu plus, plus tard. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Et plus si affinités !

En tous les cas, je pense que le calendrier et l?agenda, à la fois du travail du Forum métropolitain et de la M.I.E., sont tout à fait en concordance. On aura une base très solide pour pouvoir d?abord être éclairés puis faire les débats et les choix que nous aurons à faire sur l?avenir de cette voie de circulation pour Paris et la Métropole, mais aussi au-delà parce que c?était très important d?élargir, comme vient de l?expliquer Jean-Louis MISSIKA, à l?ensemble du réseau autoroutier qui converge vers le périphérique.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 160 avec peut-être une unanimité.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2018, DU 160).

Merci, cher Jean-Louis MISSIKA.