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Septembre 2018
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Conseil Municipal
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relatif à un monument aux animaux de guerre morts sur les champs de bataille de la première guerre mondiale. Vœu déposé par M. LECOQ, Mme de SARNEZ et M. VESPERINI relatif à un monument en hommage aux animaux tués au cours des conflits du XXe siècle. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à un hommage aux animaux de guerre (7e). Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à la création d'un monument aux animaux morts sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous passons maintenant à l?examen de v?ux non rattachés. Nous allons examiner les v?ux nos 137, 138, 139, 140 et 140 bis relatifs à un hommage aux animaux de guerre.

Je donne d?abord la parole pour deux minutes à M. BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Madame la Maire, en juillet dernier, le groupe Ecologiste avait déjà déposé un v?u pour la création d?un monument en hommage aux animaux morts pendant la Première Guerre mondiale, à l?approche du centenaire de l?Armistice de cette Grande Guerre.

Les travaux de recherche consacrés à la présence des animaux dans la Seconde Guerre mondiale dénombrent 11 millions de victimes non humaines tombées pour la France. Par exemple, un quart des chevaux français a été réquisitionné pour les besoins du front. Des animaux stressés, entassés dans les cales, les wagons, effrayés des détonations, épuisés de porter, tirer, usés, anémiés, exposés à diverses épidémies.

Ces animaux ont largement participé à la victoire de l?armée française. Les poilus ont témoigné de la place particulière de ces auxiliaires à poil ou à plume de l?armée française. L?armée française elle-même a décoré et cité à l?ordre de la Nation le pigeon Vaillant pour avoir transporté un message important au travers des fumées de tirs ennemis.

Au-delà de cette dimension utilitaire, ces animaux ont aidé par leur présence les soldats à survivre dans l?enfer de la guerre industrielle, leur apportant réconfort. Leur rendre hommage, ce n?est pas nier le mérite des soldats, c?est au contraire valoriser la vie sous toutes ses formes et reconnaître le rôle particulier de ces animaux lors des conflits armés.

D?autres capitales et villes de taille moyenne ont consacré des monuments aux animaux morts pour la patrie : Ottawa, Bruxelles, Canberra, Londres, Lille par exemple. Une prise de conscience a eu lieu ces derniers mois. Les conseils d?arrondissement des 6e, 7e et 14e arrondissements ont adopté des v?ux en ce sens.

C?est la raison pour laquelle je redépose ce v?u à l?approche du centenaire de l?Armistice du 11 novembre 1918 qui a mis fin à la Première Guerre mondiale. Rendre hommage aux humains aussi bien qu?à leurs auxiliaires de combat honorerait notre Assemblée. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BOUTAULT. Deux minutes, Monsieur VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Je ne ferai pas de redite après ce qui vient d?être dit par le maire du 2e arrondissement de Paris. Il s?agit d?un v?u qui a été déposé et porté par Jean-Pierre LECOQ en tant que maire du 6e arrondissement et auquel se sont associés Marielle de SARNEZ et moi-même en tant que Conseiller de Paris du 6e arrondissement.

Il s?agit tout simplement par ce v?u d?engager la Ville de Paris à reconnaître davantage et pleinement le rôle qui a pu être joué par les animaux pendant toutes les guerres d?ailleurs et pas seulement pendant la Première Guerre mondiale. Il faut aussi que l?on élargisse tout cela. Il n?y a pas que la Première Guerre mondiale qui a vu le sacrifice animalier le plus impressionnant. Il y a aussi d?autres guerres. Je pense aux guerres napoléoniennes qui ont vu énormément de chevaux transformés en héros mais aussi en victimes, en chair à canon comme les nombreux hommes qui ont servi sous les drapeaux, parfois dans des guerres utiles mais parfois dans des guerres inutiles. Je ne veux pas lancer le débat sur ce sujet.

Il faut aussi évidemment tenir compte à travers ce v?u du bien-être animal, de la dignité animale, ce qui fait qu?un animal n?est pas une chose. Cette dignité animale qui, de plus en plus, est reconnue dans la société, dans l?opinion et qui fait débat. Nous devons nous en réjouir et c?est la raison pour laquelle nous avons déposé ce v?u.

Si j?ai bien compris, il y a un v?u de l?Exécutif qui fait suite à notre initiative. Naturellement, Jean-Pierre LECOQ est d?accord pour retirer son v?u si le v?u de l?Exécutif nous permet d?avancer concrètement sur la reconnaissance du sacrifice animalier. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur VESPERINI.

Je donne la parole à Mme DAUVERGNE toujours pour deux minutes.

Mme Emmanuelle DAUVERGNE. - Madame la Maire, mes chers collègues, les cérémonies qui ont marqué le centenaire de la Première Guerre mondiale ont mis à l?honneur l?utilisation des animaux pendant le conflit. Les récentes recherches historiques dédiées à ce sujet font apparaître que pas moins de 11 millions d?animaux, dont des chevaux, des chiens, des pigeons, ont été utilisés pour soutenir, informer, appuyer ou secourir nos troupes.

Ce secours, cette compagnie offerte aux soldats fait déjà l?objet d?hommages rendus dans plusieurs villes de France. Le 7e arrondissement, qui compte aujourd?hui le plus de chiens rapportés au nombre d?habitants, est très sensible à ces enjeux. C?est d?ailleurs sur le boulevard Raspail que le chien Vitrier, rattaché au 26e bataillon de chasseurs cyclistes, a été retrouvé après avoir parcouru plusieurs centaines de kilomètres depuis le front.

C?est aussi dans le 7e que furent installés deux sites majeurs de réquisition des équidés : l?ancienne caserne de La Tour-Maubourg située aux Invalides et l?ancien Magic Cabaret qui était situé à l?angle de l?avenue Bosquet et du quai d?Orsay.

Forts de ces sites historiques dans la mobilisation des animaux qui sont partis au front, nous souhaitons que la Ville s?empare de ce sujet et rende hommage aux animaux de guerre, et notamment au chien Vitrier retrouvé dans le 7e arrondissement.

Par ailleurs, il nous semble aujourd?hui pertinent, à la lumière des derniers travaux de recherche, d?installer un panneau Histoire de Paris à l?emplacement du Magic Cabaret détruit en 1920 et dans l?ancienne caserne La-Tour-Maubourg, lieu de réquisition des équidés.

Il ne s?agit en aucune manière de mettre sur le même pied les animaux et les soldats, et encore moins de réduire le travail de mémoire dû aux soldats, mais bien de rendre un juste hommage à leurs compagnons.

Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je donne la parole à Mme SIMONNET pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, je crois que l?on peut se féliciter qu?il y ait justement aujourd?hui autant de v?ux qui convergent sur ce sujet : la nécessité de créer à Paris un monument aux animaux morts sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale.

Je voudrais commencer par remercier tout particulièrement l?association "Paris Animaux Zoopolis", qui nous a toutes et tous alertés sur le sujet. Remercier également "Le Souvenir français" qui nous a aussi aidés à mieux appréhender et comprendre toute l?importance qu?ont pu jouer les 11 millions de chevaux, ânes, mulets, ainsi que les centaines de milliers de chiens et pigeons morts au combat pendant la Grande Guerre.

Tous ces animaux, qui ont joué un rôle extrêmement important, qu?il s?agisse du secours qu?ils ont pu apporter aux soldats ou bien les aidant à survivre dans l?enfer de la guerre industrielle, et à occuper leur temps en les accompagnant, en jouant un rôle déterminant au niveau du moral. Je pense que c?est vraiment important de prendre conscience à la fois de ce sujet de la souffrance animale qui exige de nous cette reconnaissance.

Comme cela a été dit par d?autres collègues, il ne s?agit absolument pas de mettre sur le même plan les êtres humains et les animaux, mais de comprendre qu?il faut aussi rendre hommage à l?histoire des animaux de guerre et de leur rôle pendant la Première Guerre mondiale. D?ailleurs nombre de témoignages de poilus eux-mêmes en parlent. Mes collègues ont avant moi cité nombre d?exemples déterminants.

Il y avait jusqu?ici une absence sur le territoire de Paris, capitale de la France, de monument mémoriel élevant hommage aux animaux morts de la guerre. Il fallait absolument rectifier, à la différence de Londres, Bruxelles, Ottawa ou encore Canberra qui en ont déjà un.

Je tiens à saluer le v?u de l?Exécutif qui va rendre possible, par le biais de la mise en place d?un groupe de travail, le fait qu?enfin on va pouvoir avoir une forme de stèle dédiée aux animaux morts au combat et travailler à cela.

Je pense que l?on peut s?en féliciter. Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Pour vous répondre pour deux minutes Mme VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Comme j?avais eu l?occasion de l?exprimer dans ma réponse aux deux v?ux du groupe Ecologiste et de Danielle SIMONNET au Conseil de Paris, ce n?est pas une opposition à un hommage aux animaux tués lors des conflits humains que nous avions opposée. D?ailleurs, si cela avait été le cas, nous n?aurions pas pensé depuis plus d?un an, donc bien avant que ce sujet ne se présente à notre hémicycle, à un événement spécifique évoquant notamment les chevaux de guerre dans le cadre des 25 événements culturels et mémoriels autour du centenaire de l?armistice, qui vont se dérouler dans les mois à venir.

Je vous invite d?ailleurs à venir à la projection du documentaire de Serge TIGNÈRES, "Cheval de guerre, une histoire française", le 23 octobre prochain à l?Auditorium de la Ville de Paris à 18 heures. C?est un très important documentaire qui parle justement de la souffrance des animaux sur le front.

Les réserves que j?avais formulées concernaient surtout la méthode et la forme. A de nombreuses reprises, sur des sujets divers qui concernent ma délégation, j?ai eu l?occasion de rappeler que sur des sujets très importants, il faut prendre le temps de la concertation, de la réflexion, pour ne pas faire les choses dans la précipitation. Nous pouvons considérer aujourd?hui que c?est chose faite.

Au-delà de la demande portée par les associations de défense animale, je me suis entretenue avec les différentes associations mémorielles et d?anciens combattants, concernés par le sujet et au premier rang desquels le Souvenir français. Dans la mesure où cette demande ne leur paraît pas de nature à introduire une confusion entre la mémoire des hommes et celle des animaux, j?estime en effet que les conditions sont réunies pour que nous pensions à un hommage aux animaux tués lors des conflits humains. Je dis bien tous les conflits humains, pas uniquement la Grande Guerre, et je l?avais souligné d?ailleurs lors de mes précédentes interventions. Les animaux ont toujours été mobilisés dans les conflits qui ont traversé les siècles et il est donc important de penser à un hommage qui ne soit restrictif, ni dans le temps, ni dans l?espace.

Vos v?ux le démontrent d?ailleurs fort bien, plusieurs lieux pourraient accueillir cette mémoire animale. Nous ne pouvons raisonnablement démultiplier les hommages, alors que nous nous inscrivons précisément dans une démarche inverse, avec le monument aux morts des Parisiens, par exemple, de rassemblement.

C'est pourquoi, à la lumière de tous ces v?ux différents, des arguments développés et des explications que je viens de fournir, je vous propose de retirer vos v?ux au profit d'un v?u de l'Exécutif qui soutient la création d'un groupe de travail auquel tous les groupes politiques seront associés, pour étudier la forme de la stèle dédiée aux animaux morts au combat, le libellé du texte qui leur portera reconnaissance et le choix du lieu qui l'accueillera à Paris. Cette première réunion de travail, je propose qu'elle arrive très vite, dans les semaines qui viennent, pour que nous fassions diligence sur ce sujet.

Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je vais demander au groupe Ecologiste s'il maintient son v?u.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - J'ai bien écouté les explications de Catherine VIEU-CHARIER.

Le v?u sera retiré puisque le v?u de l'Exécutif acte, de fait, la création d'un monument à Paris, et qu?il met en place une méthode pour y arriver.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.

Monsieur VESPERINI, j'ai cru comprendre qu'il était retiré.

Le v?u n° 139 du groupe les Républicains est retiré également ? Oui. Madame SIMONNET ?

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, et je remercie Catherine VIEU-CHARIER pour ce v?u de l'Exécutif.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Les v?ux nos 137, 138, 139 et 140 sont donc retirés.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 140 bis de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2018, V. 499).

Je vous remercie.