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Mai 2003
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Conseil Municipal
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140 - Vœu déposé par M. Sylvain GAREL et les membres du groupe "Les Verts" visant à rendre hommage à Carlos Giuliani

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons au v?u n° 21 du fascicule. Celui-ci a été déposé par le groupe "Les Verts".
Je donne la parole à Sylvain GAREL.
M. Sylvain GAREL. - Merci, Madame la Maire.
Comme je le disais tout à l'heure, il va y avoir à Evian, la semaine prochaine, un G8 et il y aura, comme lors des précédentes réunions de cette instance, que nous considérons comme illégitime, de nombreuses manifestations de protestation, manifestations que nous voulons, bien entendu, pacifistes et non violentes.
Cela étant, nous avons eu des informations inquiétantes venant d'Italie où s'est déroulé, en juillet 2001, un G8 qui a suscité de très grosses manifestations dans des rues de Gênes.
Je pense que tout le monde, ici, se souvient de la violence policière qui a déferlé sur les manifestants, violence policière qui a culminé le 20 juillet avec la mort de Carlo Giuliani qui a été abattu par un carabinier d'un coup de pistolet avant d'être écrasé par une jeep militaire.
La mort de ce jeune homme a provoqué des protestations et des manifestations dans le monde entier, y compris à Paris. Nous étions plusieurs centaines, le lendemain, à défiler près de l'ambassade d'Italie pour dénoncer la violence de la police de ce pays.
Ce qui vient d'arriver, il y a quelques semaines maintenant, c'est que la justice italienne a décidé d'archiver ce crime c'est-à-dire de le classer sans suite, ce qui veut dire que ni le carabinier qui a tué Carlo Giuliani mais, surtout, ni les responsables policiers et politiques du maintien de l'ordre ne seront jugés ni inquiétés.
Cette décision a, bien sûr, provoqué une immense protestation en Italie mais aussi dans tous les milieux de l'altermondialisation, qui suivent de très près ce qui peut se passer dans les différents pays où ont eu lieu des manifestations, précédemment.
La mère de Carlo Giuliani, qui depuis ce crime se bat avec un courage et une lucidité qui font l'admiration de tous, a écrit : "Mon fils, je l'ai vu mourir une infinité de fois. Je m'accroche encore à une dernière espérance, celle de ne pas le voir mourir une fois de plus, enterré par un archivage".
Je pense que nous devons écouter l'appel de cette mère mais aussi l'appel de tous ceux qui souhaitent que la police respecte le droit de manifester, et de tous ceux qui souhaitent que les prochaines manifestations altermondialistes puissent se dérouler dans le calme et sans provocation.
C'est pour cela que nous proposons que la Mairie de Paris fasse un geste, la Mairie de Paris qui a des liens privilégiés avec l'Italie puisque, comme vous le savez, elle a un jumelage unique avec la Ville de Rome.
C'est pour cela que nous proposons deux choses : que les parents de Carlo Giuliani soient reçus officiellement à l'Hôtel de Ville - la mère de Carlo Giuliani va venir, le 7 juin, à Paris pour présenter un film sur son fils, qui sort en salle le 4 juin, un très beau film de Francesca COMENCINI - et aussi que la Mairie de Paris écrive à l'ambassadeur d'Italie pour lui rappeler l'intérêt que nous portons aux circonstances de la mort de ce jeune altermondialiste et que cette décision d'archivage, qui n'est pas encore définitive, soit revue et qu'enfin on puisse savoir pourquoi et comment est mort ce jeune manifestant.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - M. SCHAPIRA pour répondre.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - J'ai bien entendu la question de Sylvain GAREL. Effectivement, les violences policières qui ont provoqué la mort du jeune Carlo Guiliani lors des manifestations dénonçant la tenue à Gênes du G8, en juillet 2001, ont soulevé tristesse et indignation dans le monde entier. Les Parisiennes et les Parisiens ne peuvent rester indifférents à cette tragédie et nous ne pouvons que regretter que la justice italienne ait, apparemment, renoncé à établir les responsabilités de cette tragédie. Mais ceci est l'affaire des Italiens.
Je m'associe donc au v?u de Sylvain GAREL et des élus du groupe "Les Verts" pour rendre hommage à la mémoire de Carlo Giuliani et rappeler que le droit de manifester est une des libertés fondamentales des démocraties.
Nous, élus de Paris, nous ne pouvons, en effet, que condamner les actes de violence, comme nous l'avons fait d'ailleurs plusieurs fois, notamment à Paris, il n'y a pas si longtemps, quand des jeunes ont été tabassés parce qu'ils appartenaient à un mouvement indésirable dans une manifestation.
Nous condamnons donc les actes de violence, d'où qu'ils viennent, et souhaitons que cette tragédie, la disparition de Carlo Giuliani, ne soit jamais oubliée.
Je m'engage à écrire à l'ambassadeur d'Italie pour lui rappeler l'intérêt que nous portons à l'éclaircissement des circonstances de la mort de ce jeune altermondialiste et propose, au nom du Conseil de Paris, que les parents de Carlo Giuliani, qui viendront à Paris la semaine prochaine, soient effectivement reçus à l'Hôtel de Ville pour leur manifester notre solidarité.
J'aimerais dire à Sylvain GAREL que je suis prêt à les recevoir, en sa présence s'il le souhaite évidemment. Je recevrai la mère de Carlo Giuliani.
Merci.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Pierre SCHAPIRA.
Donc un avis favorable de l'Exécutif.
Je mets aux voix, à main levée, ce voeu.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le v?u est adopté. (2003, V. 79).