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Mai 2003
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Conseil Municipal
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29 - II - Question d'actualité du groupe "Les Verts" à M. le Maire de Paris relative à la cohérence des politiques de développement économique et d'urbanisme menées par la Ville de Paris dans le Faubourg Saint-Antoine

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Olivier PAGÈS pour la question dont il est le premier signataire.
M. Olivier PAGÈS. - Merci, Monsieur le Maire.
La question que nous vous posons concerne la cohérence des politiques de développement économique et d'urbanisme menée par la Ville de Paris dans le Faubourg Saint-Antoine. D'une part, nous constatons le risque de démantèlement imminent d'un ensemble dévolu depuis 1852 à l'artisanat et, d'autre part, nous assistons à la finalisation du projet de construction d'un nouvel hôtel artisanal.
Dans le 11e arrondissement, malgré la succession des engagements concernant le devenir des cours artisanales situées au 37 bis, rue de Montreuil, le processus de démantèlement d'un ensemble parfaitement adapté à la production artisanale est en train d'aboutir.
Pourtant, le 19 décembre 2001, lors d'une visite avec M. Patrick BLOCHE, député de la circonscription et président du groupe socialiste au Conseil de Paris, vous avez affirmé votre volonté de sauver ce lieu autant au nom de l'intérêt historique que de la pérennité de l'artisanat et du développement économique du Faubourg Saint-Antoine.
Suite à cet engagement, la Ville de Paris a entamé une procédure de préemption qui n'a pas abouti pour des motifs sur lesquels nous ne reviendrons pas.
Le 8 juillet 2002, le Conseil Paris a demandé, par un v?u voté à l'unanimité, d'agir pour que l'ensemble immobilier du 37 bis, rue de Montreuil, soit préservé dans son intégralité et reste exclusivement dédié aux activités artisanales et artistiques dans les termes actuels et dans le maintien de l'existant. M. Jean-Pierre CAFFET a assuré que la Ville restait particulièrement vigilante au devenir de ce lieu, autant sur le plan architectural que sur son occupation. Le 11 juillet, lors d'une rencontre avec l'association des Artisans des Cours de l'Industrie (A.C.I.), Mme COHEN-SOLAL s'est engagée dans le même sens. Ces engagements sont restés sans aucun début d'effet à ce jour. Heureusement, le 6 septembre 2002, un arrêté de péril émis par le Préfet de police a permis l'arrêt momentané du processus de démantèlement.
Aujourd'hui, après la levée de cet arrêté, la spéculation immobilière est à nouveau en marche.
Parallèlement, dans le 12e arrondissement, sur l'îlot Brûlon-Citeaux, un projet coûteux d'hôtel artisanal, enclenché précipitamment dans les derniers mois de la précédente mandature, continue inéxorablement sa route malgré l'opposition unanime et très argumentée des artisans, des Conseils et des associations de quartier, des riverains et d'élus de la majorité municipale.
Monsieur le Maire, nous vous demandons votre avis sur ce sujet ainsi que sur les moyens que vous comptez mettre en oeuvre pour retrouver une politique cohérente en matière de développement économique, culturel et d'urbanisme du Faubourg-Saint-Antoine.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - En plus, c'est une question passionnante et vaste mais Lyne COHEN SOLAL va y répondre brièvement.
Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Oui, Monsieur le Maire.
D'abord, permettez-moi de remercier le groupe "Les Verts" pour cette question car c'est, pour nous, l'occasion de faire un point d'information sur le 37 bis, rue de Montreuil et sur l'hôtel artisanal Brûlon-Citeaux, et d'éclairer la politique que la Ville mène en faveur de l'artisanat et des métiers d'art et la cohérence qui la sous-tend.
S'agissant du devenir des ateliers et commerces artisanaux situés au 37 bis, rue de Montreuil dans le 11e arrondissement, sachez que leur préservation et le maintien sur place des artistes et des artisans qui y travaillent est un sujet qui nous tient tout particulièrement à coeur. Je ne suis pas aussi pessimiste que vous.
Comme vous avez bien voulu le rappeler j'ai, le 11 juillet dernier, assuré au nom de la Ville, les intéressés de mon soutien plein et entier dans le combat qu'ils mènent pour la préservation sur place de leurs activités.
Comme vous le savez également la Ville, en son temps, n'a pas pu mettre en mouvement la procédure de préemption du 37 bis, rue de Montreuil, afin d'y maintenir et d'y développer les activités artisanales qui y sont présentes.
Cette situation a profité à un homme d'affaires dont le projet avoué est de vider les lieux de leurs occupants pour reconvertir cet ensemble de bâtiments en logements de standing.
C'est pourquoi depuis maintenant plusieurs mois, c'est mon collègue M. Jean-Pierre CAFFET qui, avec les services de la Direction de l'Urbanisme, mène avec l'intéressé les négociations en vue d'empêcher le départ des artisans comme le changement de vocation de ces locaux, d'envisager enfin le possible rachat par la Ville de ce site historiquement voué aux activités artistiques et artisanales.
C'est un combat de longue haleine qui se mène dans la discrétion et se gagne dans la durée. La Ville s'engage à ce que tout, vraiment tout, soit mis en oeuvre pour préserver ce patrimoine architectural et surtout artisanal.
Ainsi veillerons-nous à ce que le Plan local d'urbanisme, que la Ville est actuellement en train d'élaborer, et qui sera adopté dans quelques mois, notifie expressément la vocation d'ateliers artistiques et artisanaux dans l'ensemble des cours situées au 37 bis, rue de Montreuil.
Pour ce qui concerne maintenant le projet de création d'un hôtel artisanal dans le quartier Brûlon-Citeaux, situé dans le 12e arrondissement, sachez que si cette mandature poursuit dans son esprit, ce projet qui avait été envisagé par la précédente, c'est tout simplement parce qu'elle le juge nécessaire pour l'emploi.
D'ailleurs, que ce projet soit discuté depuis maintenant près de trois ans, invalide du même coût le reproche de précipitation que vous lui faites. Quant au projet lui-même dois-je vous rappeler qu'initialement conçu comme devant être constitué de deux parties distinctes mais complémentaires, un hôtel artisanal d'une part, et une cité artisanale de l'autre, ce projet, suite à une concertation initiée par la mairie du 12e arrondissement, a déjà été réduit de 750 mètres carrés par l'abandon de la cité artisanale au profit de la création d'un espace vert.
Abandon auquel j'ai donné par écrit mon accord à Mme Michèle BLUMENTHAL, maire du 12e arrondissement, le 10 février dernier, sous l'expresse condition que soit conservé, dans son intégralité, l'hôtel artisanal.
Le coût de ce projet se trouve donc réduit et le gigantisme ne saurait désormais lui être reproché, même si c'est au détriment de son efficacité en termes de créations d'emplois.
Cet hôtel artisanal, qui offrira 3.200 mètres carrés d'ateliers aux artisans parisiens, sera donc mis en chantier dans les tous prochains mois pour voir le jour, je l'espère, le plus vite possible tant il est vrai que le manque de locaux d'activités pour les artisans, et peut-être plus encore pour les jeunes créateurs est cruel dans notre Capitale.
Ainsi se dessine, sur les 11e et 12e arrondissements de Paris, une politique d'ensemble en faveur de l'artisanat et des métiers d'art, dont je tiens ici à souligner la cohérence : au nord, les cours artisanales du 37 bis, rue de Montreuil et les artisans présents rue du Faubourg-Saint-Antoine ; au Sud, l'hôtel artisanal Brûlon-Citeaux et le Viaduc des arts de l'avenue Daumesnil.
C'est pourquoi, et ce sera ma conclusion, permettez-moi de m'étonner de la légère contradiction qui sous-tend l'exposé même de votre question : d'une part, vous nous demandez, à juste raison, de défendre et de préserver l'artisanat rue de Montreuil et ce, alors même que d'autre part vous nous reprochez de vouloir l'implanter dans le quartier Brûlon-Citeaux. C'est là, je dois l'avouer, une logique qui m'échappe.
Si le besoin de locaux artisanaux se faisait sentir en 1852 à Paris, date de construction du 37 bis, rue de Montreuil, sachez qu'il n'est pas moindre, bien au contraire, aujourd'hui.
Dans un contexte qui a vu le chômage augmenter de 20 % en un an à Paris, chacun sait que ce sont les P.M.E. et les P.M.I., dont procèdent les entreprises artisanales qui sont aujourd'hui les principaux générateurs d'emplois. Dès lors, la défense d'un artisanat, qui participe du patrimoine vivant de la Capitale, et la promotion d'une création, qui constitue l'un des principaux atouts de Paris dans le monde, participent pleinement et puissamment à la bataille pour l'emploi dont le Maire a clairement annoncé qu'elle constituait pour nous la première des priorités.
Voilà, mes chers collègues, ce que je voulais vous donner comme information sur ce sujet.
Je vous remercie, mes chers collègues.