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Mai 2003
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Conseil Municipal
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148 - 2003, DVD 219 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer 3 conventions pour la mise à disposition d'emplacements de stationnement pour autocars dans les parcs "Carrousel-Louvre", "Georges-Pompidou" et "Saint-Emilion" dans le cadre de la création d'un forfait de stationnement pour autocars. - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant n° 2 à la convention de concession du parc de stationnement "Parc de Bercy" dans le cadre de la création d'un forfait de stationnement pour autocars

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous examinons à présent un projet de délibération DVD 219 qui concerne une autorisation à M. le Maire de Paris de signer trois conventions pour la mise à disposition d'emplacements de stationnement pour autocars dans les parcs "Carrousel-Louvre", "Georges-Pompidou" et "Saint-Emilion" dans le cadre de la création d'un forfait de stationnement pour autocars et une autorisation accordée à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant à la convention de concession du parc de stationnement "Parc de Bercy" dans le cadre de la création d'un forfait de stationnement pour autocars.
La parole est à Sylvain GAREL.
M. Sylvain GAREL. - Merci, Madame la Maire.
Bien entendu, nous soutenons ce projet de délibération qui est l'une des solutions pour éviter l'invasion de Paris par les autocars de tourisme.
Je voudrais profiter de ce projet de délibération pour souligner combien les premiers travaux, qui ont bien débuté sur le boulevard de Clichy, ont déjà changé l'atmosphère du quartier. Cet aménagement majeur a permis non seulement la baisse du nombre d'autocars d'une façon importante, grâce aussi aux interventions répétées de la police qui a verbalisé nombre d'autocars qui sont encore stationnés parfois illégalement, mais surtout il a permis à l'atmosphère de commencer à changer à partir du moment où les premiers bancs ont été placés sur cette partie du boulevard de Clichy, dont le terre-plein vient d'être rénové, ce qui est de bonne augure pour la suite.
Par contre, l'aménagement, toujours dans le but non unique mais principal d'empêcher le stationnement des autocars de la place Blanche, est insuffisant et l'on voit déjà des autocars profiter de l'espace encore trop grand laissé à la circulation pour stationner aux abords de cette place Blanche.
On voit d'ailleurs aussi, je tiens à le souligner, que la demi-lune faite place Blanche n'empêche pas les voitures de rouler dessus. Je ne sais pas s'il est prévu d'y mettre des poteaux mais, pour l'instant, certaines voitures ne la contournent pas et passent par dessus. Je pense que, là, il y a un petit problème d'aménagement qu'il faudra régler.
Bien entendu, cette première phase de lutte contre le stationnement des autocars boulevards de Clichy et de Rochechouart n'est pas sans conséquences sur les alentours. Comme souvent, lorsqu'on règle un problème dans un endroit il se déplace.
Cette fois il y a deux conséquences, l'une qui concerne les autocars, l'autre qui concerne la circulation automobile.
Celle qui concerne les autocars, c'est que ces derniers, voyant que le stationnement devient de plus en plus difficile et de plus en plus risqué sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart, vont se stationner dans les rues aux alentours, en particulier rue Caulaincourt et dans les rues qui vont de la place Clichy à la gare Saint-Lazare et là, je dois dire que, pour l'instant, les services de police sont beaucoup plus timorés dans cette partie de Paris que dans le boulevard de Clichy et le boulevard de Rochechouart.
Je pense qu'il faudrait que la répression s'applique aussi sur ces rues parce que, sinon, le problème va se déplacer et le mécontentement des riverains -j'en ai eu quelques échos- va se déplacer lui aussi.
Rue de Caulaincourt, l'existence du futur, et j'espère rapide, Mobilien pour le bus 80 pourrait résoudre le problème puisque, s'il y avait une voie de plus en site protégé sur cette partie de la rue de Caulaincourt, le stationnement deviendrait quasiment impossible pour les voitures, et encore davantage pour les autobus.
Deuxième conséquence, qui concerne la circulation automobile et qu'on avait un petit peu prévue, c'est le fait que la circulation sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart est difficile à cause des travaux, et va être encore plus difficile parce qu'il n'y aura plus qu'une voie de circulation, ce qui est une très bonne chose. De ce fait la Butte Montmartre subit une circulation de transit parce que les gens ne veulent plus passer par la place de Clichy et contournent en passant par la Butte Montmartre.
Il faut donc absolument prendre deux mesures. La première : accélérer la mise en place du quartier vert pour réaménager le sens de circulation et dissuader les gens d'utiliser la Butte Montmartre comme itinéraire malin et mettre en place rapidement l'opération "Paris-Respire" pour éviter que, le dimanche, cette circulation de transit, gêne les gens qui veulent circuler dans les rues commerçantes et touristiques de Montmartre.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Madame KUSTER, vous avez la parole.
Mme Brigitte KUSTER. - Je m'exprime au nom de Florence BERTHOUT.
Ce projet de délibération, qui autorise le Maire de Paris à signer trois conventions de mise à disposition d'emplacements de stationnement pour autocars dans les parkings "Carroussel-Louvre", "Georges-Pompidou" et "Saint-Emilion", s'inscrit dans le prolongement de la création d'un forfait de stationnement pour autocars qui avait été approuvé ici même en avril 2003.
Pour que les autocars détenteurs de ce forfait puissent occuper les parkings qui ne sont pas gérés par la Ville, celle-ci doit signer une convention avec chacun des exploitants de parkings, en l'espèce pour le "Carroussel-Louvre", "Georges-Pompidou" et "Saint-Emilion", le parking Bercy également visé par le projet de délibération étant dans une situation un peu différente puisqu'il s'agit de passer un avenant à la convention de concession qui lie, depuis 1994, la Ville avec la S.A.E.M.E.S., société d'économie mixte qui gère le parking de Bercy.
Ces conventions posent en fait la question de savoir si elles contribuent à maîtriser la présence dans la Ville des autocars de tourisme et à inciter les chauffeurs à utiliser les parkings de stationnement et, si possible, les parkings en sous-sol.
Premier constat :
Ces parkings sont, dans une large mesure, sous-occupés aujourd'hui, une des causes en étant la signalisation très insuffisante, pour ne pas dire parfois inexistante, à proximité même des parkings, ainsi que le peu d'information diffusée à cet effet dans les brochures distribuées aux agences de tourisme et aux touristes.
Conséquence de ces déficiences : alors que certains parkings, comme le "Carroussel-Louvre", sont à moitié vides, d'autres s'installent en surface, parfois - comble du scandale - en plein site historique. C'est l'exemple du parking installé place de la Concorde. A la demande du maire du 8e arrondissement, M. LEBEL, M. BAUPIN s'est rendu sur place, mais n'a pas encore jugé bon de faire des propositions concrètes en dépit de ses engagements.
C'est cette absence de réelle volonté politique de maîtriser la présence des autocars que l'on retrouve dans le présent projet de délibération qui ne laisse aucune place à aucune information et à une communication dynamique en la matière.
Deuxième constat :
La durée de ces conventions et le mode de rémunération des concessionnaires sont tout sauf incitatifs. En témoigne la déconnexion de la redevance d'exploitation, pour l'essentiel fixe, avec le taux de remplissage du parking et en particulier des autocars.
Pour toutes ces raisons, à l'initiative du maire du 1er arrondissement, le Conseil du 1er arrondissement a adopté un v?u demandant, d'une part, que les conventions soient signées pour un an, année au terme de laquelle une analyse serait établie et communiquée aux élus, d'autre part, que le mode de calcul de la redevance (entre sa part fixe et sa part variable) permette de garantir le remplissage des parkings et qu'enfin, une information digne de ce nom soit adressée aux professionnels du tourisme.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Alain LE GARREC, vous avez la parole.
M. Alain LE GARREC. - Effectivement, lors de notre dernier Conseil de Paris, nous avons voté la redevance de 700.000 euros de compensation pour les concessionnaires de parkings qui participent aux forfaits de stationnement des autocars.
En tant qu'élu du 1er arrondissement, je me suis intéressé au parc de stationnement du Louvre et au stationnement des autocars dans le 1er arrondissement, que ce soit rue Saint-Honoré, rue des Pyramides, avenue de l'Opéra et, plus ennuyeux, sur le Pont Neuf.
Les autocars vont assez peu au parc de stationnement du Louvre qui comporte 80 places.
L'objectif, et je le partage, est de trouver une solution simple permettant aux chauffeurs d'aller stationner leurs véhicules sous le Louvre leur offrant la possibilité d'un forfait de stationnement.
Si les concessionnaires de parking ont intérêt à installer des dispositifs permettant cette mise en ?uvre, je ne vois pas pourquoi les autocars iraient dans les parkings au lieu de tenter leur chance dans certaines rues. Ce système, je crois, ne fonctionnera que si nous avons la certitude que les forces de police verbalisent quand le stationnement est interdit.
Je me permets d'interroger le Représentant du Préfet de police pour savoir si les instructions particulières vont ou ont été données aux agents de la Préfecture de police dans les quartiers considérés.
Je crois que les concessionnaires de parking ne devraient recevoir paiement de la redevance que si un minimum des emplacements de parking pour cars est quotidiennement rempli.
Je souhaite suggérer, comme le v?u du 1er arrondissement, que nous fassions un point statistique dans un an et que nous adoptions, via une délibération, les mesures préconisées.
Sept cent mille euros, c'est une somme annuelle déboursée par la Ville non négligeable. Il est important de s'assurer dans un an qu'elle a effectivement servi à ce qui était prévu, c'est-à-dire l'utilisation des emplacements réservés aux autocars par les autocars.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je donne la parole à Denis BAUPIN pour répondre.
M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Merci, Madame la Maire.
Je suis content d'entendre tout l'intérêt que les uns et les autres portent à ces propositions. Et je constate une fois de plus l'avalanche de critiques faites par avance aux propositions qui essaient de trouver des réponses après des années d'immobilisme. Jusqu'à présent, personne n'avait pensé faire quoi que ce soit. Mais quand les initiatives sont prises, que beaucoup de choses sont lancées, alors là beaucoup de gens trouvent qu'il faut tenir mieux compte des professionnels et faire une information "digne de ce nom" - il faudra qu'on m'explique ce que signifie "digne de ce nom" - et par démagogie, on est prêt à dire qu'il faut évaluer dès un an après la mise en place de ce système, sans même prendre en compte un minimum de durabilité des dispositifs.
(M. Eric FERRAND, adjoint, remplace Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au fauteuil de la présidence).
C'est la raison pour laquelle, en négociation avec les professionnels, nous avons mis en place ce système et l'évaluation sera faite au bout d'un an et demi, fin 2004, au bout d'une année complète de fonctionnement avec les professionnels, dans les conditions qui leur auront permis d'anticiper ; le système sera mis en place pour une période suffisamment longue pour mesurer les conséquences.
On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, vouloir la concertation et ne pas pendre en compte ce que souhaiteraient les professionnels de tourisme si l'on veut que progressivement, nous puisions trouver un système qui fonctionne.
En ce qui concerne le parking "Concorde", Madame KUSTER, excusez-moi de privilégier la discussion avec le maire d'arrondissement. Vous estimez que je n'ai pas jugé bon de faire des propositions, vous interrogerez M. LEBEL, vous vérifierez avant de faire des déclarations péremptoires.
Nous travaillons avec M. LEBEL et la mise en place du dispositif devrait intervenir au plus tard dans la deuxième quinzaine du mois de juin. C'est, en la matière, quelque chose de relativement rapide par rapport à l'immobilisme qui prévalait.
En ce qui concerne les questions posées par M. GAREL sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart, je voudrais dire combien nous avons apprécié le travail mené avec le milieu associatif, avec les élus locaux et les services de la Ville pour réaliser le projet sur les boulevards de Clichy et de Rochechouart ; cela nous a permis, je crois, d'aboutir à un compromis, entre les attentes des associations, qui évidemment étaient des attentes très fortes en terme de réaménagement, et la nécessité de conserver un certain nombre d'activités sur ces boulevards. En l'occurrence, vous regrettez que l'aménagement de la place Blanche ne supprime pas totalement la possibilité pour les autocars de stationner. Le problème est que les lignes de bus tournent également au niveau de la place Blanche : nous avons été obligés de garder des gabarits suffisamment importants pour que les bus de la R.A.T.P. puissent tourner ; alors il est possible que notamment aux horaires où les bus fonctionnent moins, il y ait un risque que les autocars continuent d'y trouver de l'espace.
Cet espace sur la place Blanche fera une large différence avec la situation pré-existante et nous comptons bien, en relation avec la Préfecture de police, faire en sorte que même sur la place Blanche, évidemment, la réglementation soit respectée et que les autocars ne puissent y stationner.
J'ai bien noté vos remarques en ce qui concerne le report du stationnement des autocars dans des rues adjacentes.
C'est un point sur lequel nous devons continuer à travailler. Les problèmes que nous rencontrons vis-à-vis des autocars ne trouveront pas leur réponse en un jour, c'est évident. Les risques de report existent. Tout cela constitue un ensemble relativement complexe.
C'est la raison pour laquelle, avec M. Jean-Bernard BROS, nous travaillons avec les professionnels du tourisme sur l'avenir, sur l'organisation plus globale du transport de tourisme dans la Capitale. Des questions comme celle-là ne peuvent pas trouver leur réponse en un jour. Face à l'urgence, à l'attente très forte des riverains des boulevards de Clichy et de Rochechouart nous n'avons pas attendu d'avoir trouvé une solution globale avant de mettre en place les solutions concernant ces boulevards.
En ce qui concerne les reports de circulation, nous devons être attentifs sur ce point également. J'ai bien noté votre souci en ce qui concerne le quartier vert de la Butte Montmartre. Nous souhaitons que, comme pour tous les autres quartiers verts, la concertation puisse permettre de déboucher sur des propositions les plus consensuelles possibles en termes de réaménagements et qu'elles ne tardent pas à partir du moment où la concertation aura eu lieu. De ce côté, je ne doute pas de votre capacité à faire en sorte qu'elle se déroule vu vos responsabilités au sein du quartier concerné.
A M. LE GARREC, je confirme que la verbalisation et le travail avec la Préfecture de police est l'un des aspects essentiels de la réussite de ce dispositif comme beaucoup des dispositifs que nous mettons en ?uvre au niveau de la voirie et des déplacements dans la Capitale. La compétence du respect de la réglementation appartient à la Préfecture de police.
En ce qui concerne la redevance, une bonne nouvelle : le chiffre que nous avions indiqué de 700.000 euros était une enveloppe globale que nous avons pré-évaluée. Aujourd'hui, au niveau du travail qui a pu être mené avec les professionnels des parkings, il est plus probable que le montant que nous aurons à dépenser en la matière sur l'année 2003 sera de l'ordre de 500.000 euros. Cette somme moins importante sera largement compensée par les recettes apportées par le forfait stationnement, s'il fonctionne bien. Je voudrais insister par rapport à ce dispositif comme par rapport à beaucoup d'autres que nous lançons en la matière : nous restons pragmatiques, nous tentons des choses, nous allons voir si elles fonctionnent. Cela existe dans d'autres villes. Nous avons tendance à penser que ce qui peut exister à Rome, Berlin ou dans d'autres capitales peut fonctionner à Paris. Il faut un minimum de patience quand on lance un dispositif. On ignore quel sera le répondant des professionnels, le temps qu'il faudra et comment tout cela va s'organiser.
Un peu de pragmatisme et de patience donc, et nous verrons le résultat de l'évaluation que nous ferons en 2004.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 219.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DVD 219).