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Mai 2003
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Conseil Municipal
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129 - QOC 2003-430 Question de M. Didier BARIANI et des membres du groupe Union pour la démocratie française à M. le Maire de Paris relative à la généralisation de la vidéosurveillance

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2003


Libellé de la question :
"Il a été procédé en mars à des tests de vidéosurveillance dans les couloirs de bus porte de Bagnolet, dans le 20e arrondissement. L'essai ayant été jugé réussi, 35 caméras homologuées seront installées sur la voie publique, et ce dans un premier temps.
La R.A.T.P., elle-même, réfléchit à un système de caméras ou d'appareils photos embarqués à bord des autobus qui se chargeront de contrôler les stationnements interdits dans les couloirs.
Le Maire de Lyon a généralisé lui aussi la caméra de vidéosurveillance afin de lutter contre les délinquances dans des zones considérées comme "sensibles".
M. Didier BARIANI et les membres du groupe Union pour la démocratie française constatent que l'Exécutif ne semble pas avoir choisi la voie d'une police municipale permettant une surveillance de proximité, et emploie ainsi de plus en plus de sociétés privées de surveillance notamment pour les opérations "Paris-plage" et "Nuit-blanche" ou dans nos H.L.M. Ne devrait-on pas aller au bout de cette logique en généralisant la vidéosurveillance dans les quartiers difficiles ?"
Réponse (M. Christophe CARESCHE, adjoint) :
"Par dérogation au droit commun, la sécurité des personnes et des biens relève, dans la Capitale, d'une compétence de l'Etat représenté par le Préfet de police.
Le Maire de Paris a préféré la mise en place d'une politique partenariale avec la Préfecture de police, plutôt que de chercher à s'opposer sur ce terrain avec l'Etat. Le Maire a toujours rappelé sa confiance dans la Police nationale pour assurer la sécurité des Parisiens.
Le Maire de Paris n'a donc pas à décider de la mise en place de systèmes de vidéosurveillance (dont aucune étude scientifique en France n'a d'ailleurs, à ce jour, encore démontré l'efficacité) dans les quartiers sensibles de la Capitale.
Lors des grandes manifestations comme "Nuit-blanche" et "Paris-plage", la Ville a certes recours à des sociétés privées de surveillance, mais davantage pour assurer le gardiennage des matériels nécessaires à l'organisation que pour lutter contre la délinquance de voie publique qui incombe au représentant de l'Etat.
Quoi qu'il en soit, la pertinence de cette nouvelle technologie pour régler les problèmes d'insécurité dans les centre villes reste à prouver : à défaut d'éradiquer la délinquance, elle a tendance à la déplacer vers les quartiers périphériques ou les communes voisines qui, elles, n'ont pas forcément les moyens d'investir dans de tels dispositifs dont les coûts sont très onéreux.
De même, l'installation des caméras de vidéosurveillance dans les entrées d'immeubles et dans les parkings semble faire migrer les jeunes qui les occupaient vers d'autres lieux de rassemblement notamment dans les étages.
Cependant, la présence de caméras peut s'avérer dissuasive si elle s'accompagne de mesures préventives telles que le renforcement des effectifs de police, la limitation de la circulation automobile, le renforcement des éclairages, etc.
Des résultats sont encore possibles quand le dispositif cherche à répondre à un problème ponctuel sur un site précis.
Toutefois, cette question pourra être réexaminée quand on aura davantage de recul sur l'utilisation de cet outil, notamment dans les sites sociaux difficiles, où seule, pour l'instant, la présence humaine parvient à résoudre les conflits."