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Novembre 2018
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Subventions (95.988 euros) et conventions avec 11 structures dans le cadre de la politique de prévention de la délinquance et de lutte contre la récidive de la Ville de Paris. Vœu déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif à la politique de prévention et de jeunesse.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DPSP 10 relatif à l'attribution de subventions et de conventions avec 11 structures dans le cadre de la politique de prévention de la délinquance et de lutte contre la récidive de la Ville de Paris, sur lequel le v?u référencé n° 151 a été déposé.

La parole est à Mme Danièle PREMEL.

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, la jeunesse n?est qu?un mot, selon Bourdieu, mais pour nous, à Paris, elle est sûrement multiple. Jeunesse en tant que tranche d?âge, les jeunes des quartiers prioritaires, les jeunes en insertion, les jeunes dans la rue. Cette réalité complexe a multiplié les projets Jeunesse, les axes prioritaires et les plans, remis à plusieurs directions, les politiques Jeunesse à travers la jeunesse et les sports, la prévention, la sécurité, l?éducation et l?emploi, a augmenté les associations souhaitant intervenir sur la jeunesse, tout en multipliant pour un porteur donné plusieurs projets sur l?ensemble des axes de travail et, pour complexifier le tout, des financements qui émergent sur le Département ou la Ville.

Les derniers événements dramatiques, impliquant les jeunes malgré les efforts importants de Paris, nous obligent à nous interroger sur notre politique Jeunesse. La Ville de Paris, en lien avec les travailleurs sociaux, la police et la justice, s?emploie à développer et soutenir des dispositifs qui visent à prévenir le basculement des jeunes dans des trajectoires délinquantes.

La politique Jeunesse de Paris atteste de la mise en place de nombreux projets en faveur des jeunes. Je pense particulièrement au contrat jeunesse d?arrondissement, au Plan parisien pour l?autonomie des jeunes qui énonce les mesures prises localement pour le bien-être, l?intégration et l?émancipation des jeunes.

L?actualité nous alerte pourtant et nous rappelle à rester vigilants et à être constamment en recherche de nouvelles solutions pour que ces jeunes trouvent leur place au sein de notre société et cessent ces bagarres meurtrières.

Le 3 octobre, la Maire de Paris avec la Préfecture de police, le Parquet de Paris et le Rectorat, a lancé les Etats généraux pour la prévention des risques à Paris, dans le but d?élaborer une stratégie efficace de prévention. La Ville de Paris doit mettre en ?uvre des actions qui prennent en compte les différentes trajectoires juvéniles de plus en plus diversifiées.

Permettez-moi de souligner à ce propos que la dernière étude parisienne de la jeunesse, réalisée par l?APUR, me semble-t-il, est de 2012. Peut-être faudrait-il l?actualiser.

En fin de compte, compte tenu du rajeunissement des jeunes impliqués aujourd?hui dans les situations marginales et de violence, il faut se demander si les tranches d?âges habituelles des actions pour les jeunes ne doivent pas être repensées pour intervenir sur des publics de plus en plus jeunes.

Reconnaissons que malgré un financement important, l?implication des directions et des services et l?engagement des associations, il nous faut aller plus loin en intégrant davantage les habitants avec les professionnels, et par là s?inscrire dans une démarche de convergence territoriale et d?éducation populaire, et non porteur par porteur.

C?est toutes ces questions que notre v?u souhaite initier. Si nous demandons une mission Jeunesse, ce n?est pas bien entendu dans le sens de doubler la mission Jeunesse qui existe au sein des direction, mais bien un groupe de travail, un diagnostic renforcé et des réflexions pour renforcer les synergies entre les politiques de la Ville concernant la jeunesse, les articulations entre les différentes approches liées aux objectifs visés, jeunes, prévention, délinquance, etc. C?est travailler sur la visibilité des demandes des associations, et pouvoir se prononcer en maîtrisant la cohérence des actions et leur complémentarité. C?est réfléchir sur des nouveaux créneaux d?intervention, comme par exemple l?âge des publics concernés. C?est revoir le cadre des indicateurs et des critères d?évaluation et revisiter les méthodes d?intervention.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Danièle PREMEL.

Puis-je considérer que vous avez présenté de fait le v?u n° 151 ?

Mme Danièle PREMEL. - Oui.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Je voulais que vous me le confirmiez.

Je donne la parole à Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci beaucoup, Danièle PREMEL.

Permettez-moi un mot avant de vous répondre car votre propos était beaucoup plus large et le v?u est beaucoup plus large que le projet de délibération auquel il est rattaché. C?est un projet de délibération classique dans sa forme sur les projets de prévention de la délinquance et de prévention de la récidive, et cela me permet de signaler à M. HONORÉ que nous avons fait le choix, avec Eric LEJOINDRE et Anne HIDALGO, de compléter le programme en matière de prévention de la délinquance que nous avions déjà initié sur le ramassage des encombrants à la Goutte d'Or.

Nous élargissons les associations au-delà du club de prévention avec lequel nous travaillons. Cette opération de ramassage des encombrants à la Goutte d'Or, dans le cadre d'un processus d'insertion des jeunes du 18e arrondissement, aura donc maintenant lieu toutes les semaines. Cela me permettait de continuer sur l'intervention précédente.

Revenons à nos moutons et à vos propos, Madame PREMEL. Vous l'avez dit, la mission Jeunesse existe déjà, et le sens de votre intervention et de votre v?u n'est pas celui-là.

Les structures de coordination ont été mises en place, auxquelles participent les élus d'arrondissement, les directions, dont évidemment la Direction de la Jeunesse et des Sports ainsi que le secteur associatif et les équipements publics locaux.

Je donne juste un exemple concret. Par exemple, "Synergie 18-19", qui a été initiée notamment en matière de prévention des rixes entre le 18e et le 19e a permis ces mises en lien, ces réflexions et des projets communs. On voit bien que ce type d'initiative peut fonctionner dans les arrondissements ou en inter-arrondissements.

Par ailleurs et en parallèle, de nouvelles mesures de prévention et d'accompagnement des jeunes impliqués ont été mises en place. La Direction de la Jeunesse et des Sports est évidemment partie prenante de ce travail.

Les référents Jeunesse de territoire contribuent à faire remonter des informations de terrain et s'impliquent dans les réunions d'acteurs locaux et les enjeux de prévention sont évoqués dans plusieurs contrats Jeunesse d'arrondissement. On y a d'ailleurs fait référence ce matin même avec les élus du 11e arrondissement. Et vous y avez fait allusion, les équipements Jeunesse gérés par les acteurs de l'éducation populaire, parfois très fortement impactés, déploient des actions de prévention et d'éducation auprès des jeunes et permettez-moi de saluer et d'associer Pauline VÉRON, la M.J.C. Merc?ur dans le 11e arrondissement, ce sont des gens formidables.

Merci Pauline, et merci la M.J.C. Merc?ur.

Pour autant, tout ceci existe mais tout ceci nécessite certainement, et c'est comme cela que je comprends et que nous avons compris avec Pauline VÉRON votre interpellation, tout ceci nécessite certainement d'être reposé pour y donner du sens.

C'est la raison pour laquelle Pauline VÉRON réunira prochainement les élus Jeunesse d'arrondissement comme elle le fait régulièrement, mais en y associant les groupes politiques, pour faire le point sur la politique Jeunesse de la Ville, refaire commun et du coup de redonner du sens.

En tout cas, je vous rejoins pleinement sur le besoin de renforcer le rôle de la prévention primaire. A la fin de ce Conseil, lorsque nous aurons tout voté, nous aurons également accompagné des projets autour de la prévention de la délinquance, de la prévention de la récidive, du soutien aux associations qui travaillent dans les quartiers populaires. Je crois que ce soutien doit également venir de l'Etat. Je me permets donc de faire un petit clin d'?il sur la question du Fonds interministériel de prévention de la délinquance parce que, de nouveau, ensemble, nous serons plus forts.

Je donnerai évidemment un avis favorable au v?u, mais au-delà de cet avis favorable, vous pouvez compter sur ma collègue Pauline VÉRON et moi-même pour que nous veillions à organiser les bons cadres de travail afin de donner du sens à toutes ces actions. Merci de votre interpellation.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Colombe BROSSEL.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 597).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPSP 10.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2018, DPSP 10). V?u déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche