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Mai 2003
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Conseil Municipal
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91 - QOC 2003-392 Question de M. Philippe GOUJON à M. le Maire de Paris sur le retour de l'urbanisme des tours à Paris.QOC 2003-372 Question de Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE à M. le Maire de Paris à propos du projet de reprise des constructions de tours dans Paris

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous abordons maintenant une question posée par M. GOUJON concernant le retour de l'urbanisme des tours à Paris, question 392 qui s'adresse à M. CAFFET.
La réponse de M. CAFFET concerne aussi la question 372 posée par Mme de CLERMONT-TONNERRE.
M. GOUJON a la parole.
M. Philippe GOUJON. - Monsieur le Maire, le Maire de Paris a choisi le journal "Libération" où il donnait une interview pour évoquer, de façon assez curieuse et nouvelle, le retour de l'urbanisme des tours dans la Capitale, en insistant d'ailleurs sur le fait que l'architecture, selon lui, avait fait assez de progrès aujourd'hui pour pouvoir bâtir haut et beau à la fois et en considérant en même temps qu'avec l'élaboration à venir du P.L.U., la question de la hauteur des bâtiments devait être posée.
Je rappelle simplement qu'un tel sujet, pourtant fort important, n'a jamais été débattu dans notre Conseil. J'aimerais donc savoir si le Maire confirme devant notre Assemblée ses déclarations en vue de ce nouvel urbanisme vertical et plus particulièrement, puisque nous avons entendu des rumeurs dans cet arrondissement, concernant la réalisation d'une nouvelle tour dans le 15e sur le Front de Seine qui a été évoquée, il y a quelques mois encore, ou encore dans le quartier de la Porte de Versailles ?
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à M. Jean-Pierre CAFFET.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
Je vais essayer de répondre à M. GOUJON même s'il s'agit d'un article de presse dont il est question dans cette question orale.
Je voudrais dire tout d'abord à M. GOUJON que le Conseil de Paris a été amené, en octobre 2001, à fixer les objectifs de la révision du Plan local d'urbanisme ; je veux parler des objectifs généraux. Par ailleurs, nous avons également, en janvier dernier, eu un débat sur un document qui s'appelle le P.A.D.D., c'est-à-dire le Plan d'aménagement et de développement durable, sur lequel reposent les principales orientations du futur Plan local d'urbanisme de Paris.
Je voudrais rappeler à M. GOUJON que, dans ce document d'orientation qui résume les principales visions de la Municipalité sur le futur P.L.U., il était indiqué que le paysage parisien ne devait pas être figé, que Paris devait pouvoir se renouveler en maîtrisant sa densité - c'est une question fondamentale à Paris - et qu'il convenait - je cite le document - d'articuler soigneusement les possibilités de constructions et de paysage urbain.
L'affirmation de la diversité du paysage de Paris dans le respect, bien évidemment, de son patrimoine bâti était recommandée dans cette perspective.
Ce document soulignait parallèlement la nécessité de trouver place pour satisfaire aux demandes des habitants, notamment en matière d'équipements, et répondre à la situation préoccupante de l'emploi dans une ville fortement occupée.
C'est dans le droit fil de ces orientations que le Maire de Paris, au cours d'un récent entretien dans le journal "Libération", a estimé que la question de la hauteur des bâtiments à Paris devait être posée. Le Maire indiquait en effet que les Parisiens souhaitaient plus d'espaces verts, plus d'équipements publics, plus de logements, plus d'emplois, et tout ceci sur un territoire de 105 kilomètres carrés, et donc que l'on pouvait se poser, ici et là, la question de la hauteur des bâtiments.
Cette réflexion doit naturellement s'appuyer sur une analyse du paysage et de la silhouette de Paris. Mais je veux dire à M. GOUJON que, dans l'esprit de la Municipalité et du Maire de Paris, cette question ne peut concerner que la périphérie de Paris, à certains endroits précis, et qu'elle devra nécessairement s'inscrire dans le cadre d'opérations qui seront étroitement contrôlées par la Ville de Paris. Autrement dit, il n'est pas question bien évidemment, dans le futur P.L.U., de déplafonner la hauteur des constructions partout et de pouvoir installer des tours sur l'ensemble du territoire de Paris.
Voilà quel est l'état de la question, aujourd'hui très largement ouverte. Elle sera approfondie au cours de la mise au point progressive du P.L.U. Elle est abordée dans les groupes thématiques du P.L.U. et le sera très prochainement avec les mairies d'arrondissement et les conseils de quartier. C'est d'ailleurs dans ce cadre aussi que des positions s'expriment et que des suggestions sont formulées par des concepteurs sur tel ou tel site.
Pour résumer, je pense que tous ces échanges sont de nature à enrichir la réflexion sur un véritable sujet d'urbanisme qui mérite un débat serein, argumenté, ouvert, qui n'est pas tranché et qui devra l'être après concertation. Ce n'est qu'à l'issue de cette démarche, lors de l'arrêt du P.L.U. au début de l'année 2004, que les options retenues seront soumises au Conseil de Paris.
Voilà ce que je voulais dire et, de ce point de vue, les rumeurs dont fait état M. GOUJON dans le 15e arrondissement ne peuvent bien évidemment que s'inscrire dans le cadre de cette démarche et de cette réflexion. Pour ma part, je ne fais pas plus état de rumeurs dans le 15e que dans le 13e ou dans un autre arrondissement parisien.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.