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Novembre 2018
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Conseil Municipal
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relatif à la sensibilisation des Parisiens face aux pickpockets.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous passons au v?u référencé n° 153 relatif à la sensibilisation des Parisiens face aux pickpockets.

La parole est à M. Buon Huong TAN, pour le présenter.

M. Buon Huong TAN. - Ce v?u part de trois constats. D'abord, une recrudescence de ces actes, faut-t-il rappeler que depuis le début de l'année ce sont près de 1.500 personnes qui ont été arrêtées dans le métro.

Ensuite, l'existence de techniques toujours plus diverses pour subtiliser nos biens. Enfin, du désarroi dans lequel ils plongent les victimes qui se retrouvent démunies de leurs papiers, clés et moyens de communication.

Plus que de dénoncer, comme certains aiment le faire, un climat d'insécurité à Paris, le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants fait le choix de se pencher sur les victimes qui sont aussi bien des locaux que des touristes venant visiter notre ville lumière. En ce sens, il nous est apparu nécessaire de remettre le sujet au goût du jour et d'informer les Parisiens et les Parisiennes, mais aussi les touristes, sur les moyens de se prémunir contre ces actes.

Tout le monde sait que les pickpockets existent, mais nous nous pensons toujours trop souvent à l?abri de ceux-ci, croyant parfois, avec un peu de dédain, que seuls les touristes peuvent en être victimes. Pourtant, on connaît tous une personne dont le téléphone a disparu d'une poche, le portefeuille a été dérobé, ou encore le sac a été arraché, quand nous n'en sommes pas nous-mêmes les victimes.

Cet été, une campagne a été menée dans les rues de Strasbourg, où des policiers en civil sont allés à la rencontre des Strasbourgeois et des touristes pour leur montrer qu?ils avaient, sans le savoir, des comportements à risques. Ne pourrait-on pas envisager la même chose à Paris ? Nous savons communiquer avec originalité sur la propreté et le respect des règles de civisme. Pourquoi ne pas transposer ce savoir sur la sécurité ? On pourrait envisager une campagne en partenariat avec les parcs parisiens, les lieux touristiques et la R.A.T.P., par exemple. Je le dis, certes, avec un peu de légèreté, mais c?est un sujet grave qu'il n'est jamais inutile de rappeler.

C'est pourquoi nous souhaitons que le Conseil de Paris s?en charge.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Buon TAN.

La parole est à Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci beaucoup, chers collègues, pour ce v?u auquel j'apporterai un avis favorable, parce que c'est un sujet sur lequel, en effet, il y a une problématique qui n'est pas sous-estimée par la Ville de Paris, la Préfecture de police et les acteurs du tourisme à Paris. Nous participons à ce travail, avec mon collègue Jean-François MARTINS.

Vous rappelez quelques-unes des actions qui sont déjà faites ou qui vont être mises en ?uvre. L'Office du tourisme sensibilise déjà beaucoup les professionnels via son site Internet et dans le cadre de ses échanges avec les agences, les "tours operators", les sites touristiques, les hôtels. Ce travail se fait notamment en lien avec la Préfecture de police pour la diffusion de bonnes pratiques ou la sensibilisation aux techniques de vol qui peuvent être employées.

Un travail commun a été conduit avec la Préfecture de police ces dernières années pour la rédaction d?une brochure d'informations en sept langues, qui détaille aux adhérents de l?Office du tourisme l?information à passer au public pour le sensibiliser. Elle a été mise à jour, je crois, il y a un an. Evidemment, l'Office du Tourisme travaille avec la R.A.T.P. et la S.N.C.F. afin que l'information à destination du public parisien, mais également des touristes, soit donnée dans les rames comme dans les stations. Nous l'entendons régulièrement quand nous prenons le métro ou le R.E.R.

La Préfecture de police a également monté un groupe de travail et des tables rondes au printemps dernier sur la question de la sécurité et du tourisme, avec des acteurs privés. Nous sommes passés au-delà des acteurs institutionnels, à un dialogue avec les acteurs privés. Cette problématique pourra être évoquée de nouveau lors de la réunion du comité qui réunit tous les professionnels du tourisme.

Nous contribuons - quand je dis "nous", c'est la Ville, et, en l'espèce les agents de la DPSP - au Plan Tourisme qui a été initié par le Préfet de police. Sept secteurs sont priorisés par la Préfecture de police. Nos I.S.V.P. y sont présents. Pour cet été, 3.284 missions de sécurisation ont été diligentées sur ces périmètres pour un total de 3.086 heures.

En tout cas, sachez que nous sommes évidemment présents et partenaires, et que nous continuerons à l'être, en lien avec la Préfecture de police.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Colombe BROSSEL.

Monsieur le Représentant du Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, Madame la Maire.

Je n'ai quasiment plus rien à ajouter, si ce n'est, peut-être, actualiser l?état des statistiques de la délinquance sur cet item particulier des vols à la tire. C'est ainsi qu'ils sont qualifiés. Le nombre d?interpellations que vous mentionnez dans votre v?u a augmenté depuis les statistiques dont vous disposiez. Depuis le début de l'année, plus de 3.500 auteurs de vol à la tire ont été interpellés contre 3.202 pour toute l'année 2017. Les chiffres que je vous donne sont arrêtés à fin octobre, dont une grande partie, bien évidemment, dans les transports en commun. Les interpellations ont lieu, dans ces cas-là, par la Brigade des réseaux ferrés.

La deuxième précision que je veux apporter, c?est que cela concerne les touristes, qui sont une catégorie un peu vulnérable, mais cela concerne n'importe quel habitant de Paris, de la Région parisienne, de passage ou résidant sur place. Ces vols concernent tous les types de public.

Néanmoins, je vais revenir rapidement et spécifiquement sur le public des touristes. Mme BROSSEL l?a rappelé : un très grand effort de prévention et de diffusion de bonnes pratiques, conseils et recommandations est réalisé en direction de ces publics. Nous nous appuyons évidemment sur les partenaires institutionnels, que sont l'Office du tourisme, mais également sur tous les acteurs économiques du secteur, en particulier les groupes hôteliers, les structures hôtelières de la Capitale.

Le troisième acteur qui nous sert beaucoup, ce sont les ambassades. Elles étaient toutes conviées à la grande réunion qui a eu lieu au mois d'avril sur la sécurité du tourisme à Paris. Ce sont des relais importants vis-à-vis des tours opérateurs des pays d'origine des touristes étrangers. Ce sont également de bons relais pour donner les conseils sur leurs sites Internet à destination de leurs ressortissants.

Nous allons bien évidemment continuer cet effort sous forme de documents écrits - le guide "Paris en toute sécurité" qu?évoquait Mme BROSSEL tout à l'heure, traduit effectivement en plusieurs langues - que ce soit à travers la médiation en présence sur le terrain. Nous avons, chaque année, dans le cadre du Plan Tourisme, des étudiants de l'INALCO qui sont présents pour parler dans toutes les langues possibles aux touristes étrangers. Nous avons également un dispositif de patrouille commune, avec des polices de pays de l'Union européenne déployées à Paris pendant la période estivale, mais également pendant les fêtes de fin d'année. J?y reviendrai, d'ailleurs, dans le cadre du v?u sur le bonneteau, qui permet, là encore, de passer les bons messages et de contribuer aussi à l'élucidation des faits.

Voilà tous les axes sur lesquels nous travaillons.

Je remarque que lorsque le bureau restreint du comité destination tourisme pour Paris s'est réuni, le sujet de la sécurité n'a pas été abordé. Ce sera peut-être le cas au début du mois de décembre. Nous pourrons, à ce titre, voir avec l'ensemble des partenaires les moyens pour continuer à relayer ces messages d'information. La répétition est la mère de la pédagogie, ou l'inverse.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Représentant du Préfet de police.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe RGCI, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 599).

V?u déposé par le groupe Démocrates et Progressistes