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Novembre 2018
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Vœu déposé par les groupes Communiste - Front de Gauche, les Républicains et Indépendants, Ecologiste de Paris, Socialiste et Apparentés et "Génération.s" relatif à la distribution du courrier dans Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Le v?u référencé n° 101 est relatif à la distribution du courrier à Paris.

Chers amis, je vous demande de mobiliser toute votre attention car il sera co-présenté par Nicolas BONNET-OULALDJ et Jean-François LEGARET.

Ne commencez pas tous les deux à appuyer sur vos micros en même temps, Messieurs ! Vous rompez cette unanimité.

J?ai pris dans l?ordre qui était devant moi : d?abord Nicolas BONNET-OULALDJ, puis Jean-François LEGARET.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, des colères rassemblent et celle-ci gronde depuis un certain temps au sein de notre hémicycle : elle concerne les évolutions au sein du service public de La Poste dans notre capitale. Nous nous sommes retrouvés plusieurs fois sur des v?ux concernant la fermeture des bureaux de poste. Cette fois, une nouvelle expérimentation de La Poste amène beaucoup de mécontentement : l?évolution de la distribution du courrier en une tournée mixte, une le matin et une l?après-midi, ce qui amène une inégalité de service aux usagers. Certains ont leur courrier le matin ; d?autres ont leur courrier l?après-midi.

Par ce v?u, avec mes collègues présidents de groupe et élus, Florence BERTHOUT, Pascal JULIEN, Jérôme GLEIZES, Rémi FÉRAUD, Léa FILOCHE, Yves CONTASSOT, nous demandons que la Ville de Paris interpelle La Poste sur la réorganisation de la distribution du courrier et que ces tournées mixtes soient retirées, afin de revenir à un système de tournée unique le matin.

Nous demandons que la Maire de Paris réaffirme, auprès de la direction de La Poste, son attachement à la distribution du courrier afin de préserver la qualité du service public postal et de la distribution du courrier, mission première de service public de La Poste, une entreprise qui nous doit cette mission, et avec un traitement à égalité des citoyens.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Monsieur LEGARET, vous avez la parole.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, je dirais que l?unanimité et la co-signature de v?ux est réservée à de grandes occasions, de grandes causes. Florence BERTHOUT et moi-même, qui ai l?honneur de siéger dans le Conseil de présence postale présidé par Nicolas BONNET-OULALDJ, avons considéré que la circonstance le justifiait. Les expérimentations menées à Paris sur la distribution du courrier se traduisent - Florence BERTHOUT l?a constaté dans le 5e arrondissement - par des inconvénients, des désagréments ressentis par les habitants comme par les commerçants.

Nous constatons d?abord que la distribution de l?après-midi équivaut pour les commerçants au report d?un jour, puisque les chèques qui parviennent dans l?après-midi ne peuvent plus être déposés dans les agences bancaires. En réalité, c?est donc la perte d?une journée d?exercice commercial qui est constatée. Quant aux particuliers et aux habitants, beaucoup de fonctions sont assurées au quotidien par La Poste. Que l?on songe simplement aux abonnements des journaux : si l?on n?a pas le journal le matin, cela n?a plus aucun intérêt. Tous les services de presse assurés par La Poste pour des habitants et des particuliers qui souscrivent des abonnements vont naturellement être perdus. C?est là aussi une fonction traditionnelle et quotidienne de La Poste, laquelle ne remplit absolument plus sa fonction.

Nous nous associons bien volontiers à cette démarche. Nous espérons que les interventions de la Maire de Paris seront suivies d?effets.

Je reviens simplement sur un terme. On a parlé d?expérimentation. "Expérimentation", cela veut bien dire ce que cela veut dire. On fait une expérience ; si celle-ci est négative, il faut y mettre un terme, en toute logique et simplement en bon sens. Cette expérimentation se solde par une insatisfaction générale des habitants comme des commerçants. Il est temps pour La Poste de mettre fin à cette expérimentation et de revenir aux heures de distribution traditionnelle, auxquelles les Parisiens, toutes catégories confondues, sont attachés.

Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Pour vous répondre, la parole est à Afaf GABELOTAUD.

J?ai été saisi d?une demande d?explication de vote d?Alexandre VESPERINI.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, nous sommes saisis lors de très nombreuses séances du Conseil de Paris de v?ux concernant les mutations de La Poste. Elles sont nombreuses : son implantation, le recul du service public local dans les quartiers, les transformations des bureaux de poste dans de nombreux arrondissements. Je tiens cependant à souligner le rassemblement tout particulier des élus des cinq groupes du Conseil de Paris derrière ce v?u.

L?attachement de l?Exécutif et du Conseil de Paris à ce service public indispensable à tous les Parisiens a été rappelé à plusieurs reprises à l?occasion du vote de nombreux v?ux ou débats. Cependant, la situation liée à la nouvelle organisation de la distribution du courrier par le groupe La Poste dans tous les arrondissements de Paris nous interpelle de nouveau sur la stratégie développée par La Poste dans l?organisation du service public postal parisien. Le développement de nouvelles organisations au sein des bureaux de poste et dans leur fonctionnement est compréhensible, mais cela ne peut se faire au détriment du service public rendu aux Parisiens comme pour les fermetures de bureaux de poste qui se poursuivent depuis 2014. Nous l?avons dit et redit et nous le redisons quasiment à chaque Conseil de Paris.

L?existence d?un service public postal de proximité de qualité est fondamentale pour les Parisiens car il favorise l?accès égal aux moyens de communication et à un service de banque sociale.

J?émets donc un avis favorable de l?Exécutif à ce v?u qui réaffirme notre attachement à un service postal de qualité et de proximité.

Ce sera un avis favorable.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Monsieur VESPERINI, vous avez la parole.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Madame la Maire.

Au nom du groupe PPCI, je suis désolé, je vais devoir rompre ce bel exemple de convergence gaullo-communiste qui nous ramène quelques décennies en arrière. Cela étant dit, je ne suis pas du tout étonné de ce v?u. Il se trouve cependant que j?ai siégé pendant quelques années à la Commission départementale de présence postale territoriale et j?ai constaté l?évolution de l?insatisfaction d?un certain nombre d?usagers des services postaux. En revanche, je n?ai pas du tout constaté l?insatisfaction sur les tournées mais sur la répartition et sur les fermetures de bureaux de Poste.

Comme j?étais à la C.D.P.P.T., je possède tout de même un certain nombre de données. Il se trouve que le trafic courrier dans les grandes villes, en particulier à Paris, a considérablement baissé. Il se trouve que La Poste, par ailleurs, a des exigences et remplit des obligations extrêmement lourdes et rigoureuses. Je dois reconnaître qu?elle les exécute d?une manière assez exemplaire et je regrette que personne ne l?ait dit jusqu?à présent : 188 bureaux de Poste - 185 aujourd?hui - répartis sur le territoire parisien, dont la moitié sont loués par La Poste, ce qui représente un coût considérable pour La Poste.

Je trouve que l?on se fait plaisir avec ce v?u. Il est très facile de dire qu?il faudrait que La Poste remplisse ses obligations. Or, elle les remplit alors même que le trafic courrier s?effondre, notamment à Paris, et alors même qu?elle a des obligations de plus en plus importantes avec la gestion et l?exercice de ses bureaux de Poste.

Face à cela, le Conseil de Paris ferait plutôt ?uvre utile en accompagnant La Poste, en disant : "Oui, il faut vous réformer", "Oui, le service public évolue", parce que les attentes évoluent et parce que le numérique augmente. M. LEGARET parlait des abonnements des journaux mais, aujourd?hui, de plus en plus de personnes s?abonnent à la version numérique. Il faut évidemment tenir compte - c?est vrai et vous avez raison - des personnes qui continuent de le recevoir par voie postale?

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci?

M. Alexandre VESPERINI. - Excusez-moi, je conclus simplement pour dire que nous ne voterons pas ce v?u en disant juste une chose?

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci?

M. Alexandre VESPERINI. - Non, Madame la Présidente !

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Si ! Le règlement, c?est deux minutes !

M. Alexandre VESPERINI. - Il y a aussi une visée de développement durable. Nous en parlons tous, alors je suis très étonné que le groupe Ecologiste s?associe à ce v?u qui, pardon, aggrave?

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup !

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par les groupes Communiste - Front de Gauche, les Républicains et Indépendants, Ecologiste de Paris, Socialiste et Apparentés et "Génération.s", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 567).