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Novembre 2018
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2018 DLH 252 - Réalisation d'un programme de construction de 31 logements 168, rue du Faubourg-Saint-Martin (10e) par I.C.F. Habitat "La Sablière".

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DLH 252. Réalisation d'un programme de construction de 31 logements au 168, rue du Faubourg-Saint-Martin dans le 10e, par I.C.F. Habitat "La Sablière".

Mme Joëlle MOREL s'étant déjà exprimée précédemment, je ne lui redonne pas la parole.

La parole est à M. Didier LE RESTE, pour cinq minutes, s'il vous plaît.

M. Didier LE RESTE. - Merci, Madame la Maire.

Je tiens à réagir à ce projet de délibération pour me féliciter de l'avancée de ce dossier.

En effet, je connais l'engagement des élus du 10e arrondissement en charge du logement, de la petite enfance et de l'urbanisme, qui ont travaillé longuement sur cette parcelle.

Les 31 logements sociaux créés permettront de répondre aux besoins des Parisiennes et des Parisiens dans un arrondissement qui continue à être déficitaire en logement social, malgré le volontarisme qui existe et malgré les efforts importants réalisés notamment en matière de préemption grâce au compte foncier. On ne peut également que saluer le fait que ce projet ait pu intégrer un établissement petite enfance. Cet arrondissement manque cruellement de parcelles adaptées à la création d'établissements petite enfance.

C'est donc une bonne nouvelle pour les parents et les enfants du 10e arrondissement. Je tiens à saluer ici le travail réalisé par le bailleur I.C.F. "La Sablière" pour intégrer cette dimension dans le projet. Cet espace qui est resté inutilisé depuis trop longtemps va enfin pouvoir répondre aux besoins des Parisiens et des Parisiennes. Nous nous félicitons que ce projet réponde à deux engagements forts du mandat : la construction de logement social et la création de places en crèche.

Nous n'opposons pas ces engagements à des objectifs de création d'espaces verts, de respiration ou à tout autre projet municipal digne d'intérêt et ils sont nombreux. Nous avons eu l'occasion de le dire et de le redire ici : le foncier manque à Paris pour la réalisation de nombreux projets.

Veillons à ne pas opposer entre eux les projets municipaux, mais à tâcher de trouver les endroits les plus adaptés pour permettre une réalisation optimum de chacun de nos engagements.

Nous voterons donc ce projet de délibération.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie. La parole est à Mme SIMONNET pour 5 minutes, s'il vous plaît.

Mme Danielle SIMONNET. - Je ne suis pas d'accord avec l'intervention de Didier LE RESTE. Je me retrouve beaucoup plus dans les propos de Joëlle MOREL. Il faut arrêter d'hyperdensifier sans cesse la ville et de bétonner. Oui, il y a un problème de foncier dans la ville. Oui, il faut repenser nos projets qui sont là pour répondre aux besoins en essayant de réutiliser autrement les bâtiments et les endroits construits d'ores et déjà.

Là, on est face à quoi ? On est face à la densification, un cas typique, la bétonisation d'une dent creuse, c'est rageant si j'ose dire.

On est dans un endroit, impasse pour voitures, dans un endroit qui conduit jusqu'au canal, qui pourrait se prêter, au contraire, à faire une vraie suite végétale.

Je pense notamment à cette cohérence par rapport à ce besoin de trame bleue et verte de la Villette à la Seine. On pourrait être dans cette logique de projet. On est sur un quartier déjà très agité, dense, bruyant. Sur cette petite passerelle, de l'autre côté de la rue, il y a les voies de la gare de l'Est, des places de parking où stationnent souvent des bus de lignes internationales vers l'Europe de l'Est.

Bref, il faut arrêter, mettre de la respiration. On a besoin de remettre du poumon vert. Paris est la ville la plus dense d'Europe. Si vous enlevez les grands bois, vous êtes à peine à 5 mètres carrés d'espaces verts par habitant. Il faut donner de la respiration.

Je sais que cela a été un vrai débat dans votre Conseil d'arrondissement et que des avis contraires s'y sont exprimés. Il y a une opposition à ce projet. Je crois aussi qu'une partie de la population n'est pas d'accord avec ce projet. Je salue les élus du 10e arrondissement qui ont entendu.

Un adjoint écologiste à la démocratie locale s'est impliqué dans cette bataille, il en a fait état sur les réseaux sociaux. Je salue ce combat, parce que ce quartier, par ailleurs, risque d'être fortement impacté par le grand projet inutile et imposé du Charles de Gaulle Express, qui débouche gare de l'Est avec à la clef plus de trafic. On sait aussi qu'il y a énormément de VTC. Il faut absolument refaire respirer ce quartier. Oui, il y a une problématique de logement social dans le 10e arrondissement. Pour cela, il faut préempter, réquisitionner, faire un travail sur les bâtiments d'ores et déjà construits, mais ne pas chercher à bétonner et à densifier chaque dent creuse. L'hyper bétonisation de Paris, cela suffit. Il y a une urgence écologique qu'il va bien falloir prendre en compte. Changer les façons de penser la ville. Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à Mme la Maire du 10e arrondissement.

Mme Alexandra CORDEBARD, maire du 10e arrondissement. - Je ne partage pas les propos de Danielle SIMONNET que je trouve très approximatifs sur les quartiers concernés, ni ceux de Joëlle MOREL pour le coup.

Il s'agit en effet de l'un des quartiers dont peut-être, Danielle SIMONNET, vous auriez pu vous insurger qu'il se soit énormément embourgeoisé. Il s'agit d'un endroit qui pour le coup ne présente pas de difficultés de densification particulière. En effet, situé à proximité du Canal Saint-Martin, il s'agit d'un des endroits du 10e où l'on respire le mieux mais aussi dans lequel le déficit de logement social est le plus important.

Si vous connaissiez ce quartier, vous sauriez que le projet ne vise pas à "bétonner" une dent creuse, mais plutôt aménager un espace intelligemment, qui propose à la fois un service public complémentaire et, pour une hauteur très raisonnable, des petits logements pour les demandeurs majoritaires dans le 10e que sont les demandeurs personnes isolées.

Je suis donc favorable à ce que ce projet puisse suivre son cours. Cela répondra à un besoin extrêmement important dans nos quartiers, qui sont encore populaires et sur lesquels il faut que nous maintenions une population qui n'a pas les moyens de se payer les logements proposés aujourd'hui dans le privé. Je suis donc très favorable à ce que ce projet, qui a fait l'objet d'un travail au très long cours, voie le jour. Il faut maintenant, comme nous l'avons promis aux habitants du 10e arrondissement, qu'il aboutisse. Je remercie Didier LE RESTE de son intervention au nom des élus du 10e arrondissement.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à Ian BROSSAT pour vous répondre.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Merci aux différents intervenants. Il s'agit d'un projet de 31 logements sociaux et d'un équipement petite enfance à l'emplacement d'une ancienne station-service. On ne parle pas de la construction d'un immeuble de logements et d'une crèche en lieu et place d'un espace vert, on parle de la construction de logements en lieu et place d'une ancienne station de service. Je veux bien que certains soient nostalgiques de cette station-service, enfin, la réalité est qu'il s'agit de construire 31 logements sociaux dans un arrondissement déficitaire en logement social, et dans un quartier comme l'ont très justement dit la maire du 10e arrondissement et Didier LE RESTE, déficitaire en logement social. Je veux vous le dire, Madame SIMONNET, on ne peut pas faire des interventions matin, midi et soir en regrettant la gentrification de Paris, et 5 minutes après voter contre un projet de 31 logements sociaux nouveaux en lieu et place d'une ancienne station-service. Donc la réalité, c'est que si l'on ne produit pas du logement social, si l'on ne fait pas du logement social, on ne lutte pas contre la gentrification. Vous évoquiez, par exemple, la réquisition, c'est une compétence de l'État. On peut répéter pareil, matin, midi et soir réquisition...

Mme Danielle SIMONNET. - Il y a Montreuil.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Le maire de Montreuil a été désavoué par la justice. Il a bien fait de réquisitionner.

? Vous permettez que l'on vous réponde ? Vous dites des choses fausses. Vous votez contre un projet de 31 logements sociaux, assumez. Vous ne voulez pas que l'on fasse du logement social dans un quartier déficitaire en logement social.

Vous me faites penser aux gens qui disent : sur le principe, on est pour le logement social, mais quand on regarde si l'on est pour ou contre un projet qui permettra de reloger des personnes modestes, ils sont contre. Ce n'est pas très flatteur comme comparaison. Je serais vous, cela me ferait réfléchir un peu.

Nous allons le faire. Je souhaite que ce projet de délibération puisse être adopté pour permettre à 31 familles de vivre là, et dans de bonnes conditions plutôt qu'à l'hôtel ou à la rue comme c'est le cas aujourd'hui.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 252.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Qui ne prend pas part au vote ?

Le projet de délibération est donc adopté. (2018, DLH 252). Je vous remercie.