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Conseil Municipal
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2018 DDCT 144 - Convention avec l’association "PIMMS de Paris" et attribution d’une subvention (145.000 euros).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DDCT 144 relatif à une convention avec l'association "PIMMS de Paris" et l'attribution d'une subvention de 145.000 euros.

La parole est à M. Hervé BÉGUÉ, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, nous avons toujours été convaincus, en tant qu?élus, du travail mené par l'association "PIMMS". C'est d'ailleurs ce que nous disent les Parisiens lors de nos permanences. Mais nous sommes très dubitatifs sur les maisons de service au public qui contredisent les principes fondamentaux de nos services publics. Ces maisons ne peuvent pas remplacer le service public de proximité rendu à l'usager. Je rappelle donc qu'elles ne sont utiles qu'à la condition qu?elles soient un complément au développement de nos services de proximité.

Surtout en province, mais également à Paris, de plus en plus de services publics de proximité, notamment la C.A.F. ou la C.P.A.M., ferment leurs portes. Nous avons connu le cas, dans le 18e arrondissement, à la porte de la Chapelle. C'est une décision très contestable au vu des besoins des habitants de cet arrondissement. Tout le monde ne peut pas aller sur Internet pour effectuer des démarches. Le contact physique est essentiel, particulièrement dans le travail social, et c'est lui qui permet de débloquer des situations parfois très complexes pour les usagers.

Plusieurs choses sont également critiquables, que j?avais déjà signalées lors d'un Conseil de 2016. Ce sont davantage des moyens financiers et humains qui doivent être apportés à la C.A.F. ou encore à la C.P.A.M. Sinon, le développement des maisons de service au public sera vite désordonné. Ces maisons devraient être financées par les organismes qui en bénéficient. La C.P.A.M. ou la C.A.F. devraient y contribuer. Il n'y a aucun contrôle démocratique à ce jour par les usagers sur ces maisons de service au public, à la différence du service public classique. Les conditions de travail des agents travaillant dans ces maisons sont souvent très précaires. Evidemment, nous soutenons les arguments de faciliter les démarches administratives et l'accès aux droits. Elles sont d'autant plus utiles que leur développement se situe dans les quartiers prioritaires de la Ville.

Nous sommes donc pour que la Ville attribue une subvention à l'association "PIMMS". Nous voterons ce projet de délibération sous la réserve de ce que je viens de dire. Elle ne pourra pas devenir l?alpha et l?oméga du nouveau service public de Paris.

Nous soutiendrons ce dispositif tant qu?il ne remettra pas en cause la promotion des services publics de proximité. Nous y serons très vigilants. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Je donne la parole à Véronique LEVIEUX, pour vous répondre sur ce projet de délibération.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, je remercie Hervé BÉGUÉ d?avoir souhaité intervenir sur ce projet de délibération, de nous avoir exposé ses craintes quant à l?évolution de certains services publics et de nous permettre de valoriser ce qui est fait à travers les PIMMS.

A Paris, il y a cinq points d?information et médiation multi-service gérés depuis 2004, par l?association qui porte le même nom, et qui sont situés dans les 12e, 15e, 18e et 20e arrondissements. J?ai d?ailleurs eu le plaisir de visiter, il y a quelques jours, celui du 20e arrondissement et de saluer les équipes qui font un travail remarquable et qui bénéficient depuis quelque temps de nouveaux locaux, beaucoup plus confortables, leur permettant de diversifier et développer leurs services.

Le succès ne se dément pas puisque 47.649 personnes ont été reçues dans ces cinq lieux d?accueil en 2017. Ceci est le résultat d?une constante augmentation depuis 2004. A travers cette association, la Ville de Paris répond à de véritables besoins. Ils doivent être préservés en ce sens a minima.

Les principaux motifs d?accueil demeurent les démarches liées à la Caisse d?allocations familiales, la Caisse primaire d?assurance maladie ou la Caisse nationale d?assurance vieillesse.

La Ville de Paris est un partenaire important mais pas exclusif des PIMMS au c?ur du modèle initial, puisque de nombreux autres organismes, dont des entreprises comme la S.N.C.F. ou La Poste, leur apportent aussi des contributions financières. L?ensemble des intervenants et participants se retrouve dans le cadre des outils de gouvernance de l?association : ils ne fonctionnent pas et ne décident pas en vase clos.

Pour répondre à votre interpellation, il est vrai que les services publics se dématérialisent aussi progressivement. C?est une réalité et ils suivent en cela une demande également des usagers qu?il faut prendre en compte. Je peux vous citer l?exemple à Paris des cartes de stationnement : la proportion d?usagers, qui se rendent à l?accueil physique au guichet pour engager une démarche d?obtention de la carte, est en net recul et ne représente plus qu?un tiers des démarches.

Pour autant, si nous prenons en compte cette évolution, nous demeurons très vigilants pour qu?elle ne se traduise pas par une dégradation des ressources des lieux d?accueil physique, comme par exemple les mairies d?arrondissement.

Nous développons par ailleurs de nouvelles formes de relation avec les usagers, notamment avec la mairie mobile lancée par Emmanuel GRÉGOIRE et qui fonctionne plutôt bien, même s?il doit y avoir encore des évolutions sur le dispositif.

Nous avons également mis en place la facilitation numérique dans les mairies d?arrondissement, où des agents d?accueil sont aujourd?hui équipés et formés pour aider directement un usager qui éprouverait des difficultés dans une démarche administrative. Les PIMMS par eux-mêmes développent également cet accompagnement numérique des usagers au travers d?un projet qui s?appelle "P.A.N.D.A." : point d?accompagnement numérique pour les démarches administratives. Ainsi, dans le 20e arrondissement, ils ont pu développer les postes informatiques sur place avec un accompagnement pour les usagers notamment via des services civiques. Le but est de ne pas mettre les usagers directement sans information et sans accompagnement sur ces postes. Cela répond, je pense aussi, à une partie de vos préoccupations.

Par ailleurs, ce projet de délibération en est la preuve, nous poursuivons nos efforts en matière d?accompagnement des services publics de proximité complémentaires aux services publics que nous portons.

Le service public doit, par définition, être accessible à toutes et à tous. L?accessibilité de ces services publics demeure pour nous une priorité. Je crois que nous nous rejoignons évidemment sur ce point. C?est pourquoi je vous remercie de bien vouloir approuver l?octroi de cette subvention de 145.000 à l?association "PIMMS de Paris". Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDCT 144.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2018, DDCT 144).