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Novembre 2018
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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à la généralisation des jardins partagés sur les terrains des bailleurs sociaux.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Nous pouvons passer directement au projet de délibération DEVE 174, une autre communication, sur le lancement d'un appel projets relatif aux jardins partagés, sur lequel Mme SIMONNET a déposé le v?u référencé n° 203.

La parole est à Mme Marie-Laure HAREL, pour le groupe Parisiens, Progressistes, Constructifs et Indépendants.

Mme Marie-Laure HAREL. - Je vous remercie.

Je vais faire une intervention assez brève. Je voulais la commencer en soulignant, d?abord, l'intérêt et le succès des jardins partagés qui ont déjà été développés et ont un intérêt écologique évident, et qui favorisent surtout la mise en place d'un lien social. Ils ont donc une place tout à fait pertinente dans la politique parisienne.

Cet appel à projets, qui vise à accorder 15.000 euros aux jardins partagés, qui ont déjà ou souhaitent adhérer à la charte "Main verte", est le bienvenu.

Je voulais faire deux remarques rapides.

La première, c?est de rectifier les chiffres qui nous ont été donnés par la Ville de Paris, puisque la Ville n'a pas ouvert 40 jardins partagés depuis le début de la mandature, comme elle l'affirme. J'ai regardé dans les projets de délibération que nous avons étudiés jusqu'à présent. Dans un projet de délibération de 2013, on note que le territoire parisien compte 96 jardins collectifs, dont 76 jardins partagés adhérents à la charte "Main verte". Or, au 1er octobre 2017, Paris comptait seulement 125 jardins partagés, dont 106 adhérents à la charte "Main verte", ce qui fait une création de 29 jardins, et non 40. Mme KOMITÈS nous a indiqué que, sur la mandature, il est prévu de créer 10 à 12 jardins partagés par an. Or, au 15 novembre 2017, la Ville totalisait 122 jardins partagés ouverts au public. La Ville n'en a donc créé que 3 en 1 an, ce qui est loin de l'objectif annoncé.

Ma deuxième remarque est une remarque que je fais assez souvent. Je vais réutiliser un exemple que j'ai déjà donné plusieurs fois dans cet hémicycle : sur la ventilation des sommes qui peuvent être accordées aux associations. Ici, on a prévu de donner 15.000 euros dans cet appel à projets relatif aux jardins partagés. Je constate que leur nombre augmente, mais que la subvention, elle, ne varie pas.

Je vais donc citer à nouveau l?exemple de cette subvention absolument gigantesque que nous avons accordé le mois dernier à l'association "Dédale". Nous avons donné 200.000 euros à une association qui transforme des places de parkings en lieu de méditation. On peut clairement s'interroger sur la pertinence de cette somme et la mettre en perspective par rapport à beaucoup d'autres subventions tout à fait médiocres qui sont données à des causes essentielles.

On a parlé de la lutte contre les violences faites aux homosexuels il y a quelques jours : 1.000 euros seulement pour l'association "Le Refuge" et 15.000 euros seulement pour le développement des jardins partagés. Je ne suis bien évidemment pas en train de dire qu'il faille donner toujours plus aux associations. Bien au contraire, je me questionne sur la manière dont on distribue ces sommes. Je me dis que, vu le succès et l?intérêt des jardins partagés, on aurait peut-être pu réduire les sommes données à certaines associations dont on peut douter de l?utilité, comme celle que je viens de citer, et peut-être donner un peu plus à des politiques qui sont tout à fait pertinentes et consensuelles comme celles qui visent à développer les jardins partagés.

Je vous remercie.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci, Madame HAREL.

La parole est à Danielle SIMONNET, pour la présentation du v?u n° 203, en 3 minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Non, je suis inscrite sur le projet de délibération. J'ai donc droit à 5 minutes.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - En 5 minutes, donc.

Mme Danielle SIMONNET. - Voilà. Je vous remercie.

Je pense qu?il est réellement important d'encourager le développement des jardins partagés. J'en profiterai pour présenter mon v?u en même temps, bien évidemment, chers collègues, visant à ce que nous prenions des propositions bien plus ambitieuses pour la généralisation de jardins partagés sur les terrains des bailleurs sociaux. Pourquoi sur les terrains des bailleurs sociaux ? Parce que cette démarche de jardin partagé sur le terrain des bailleurs sociaux permet non seulement d?être dans la continuité de la réflexion contemporaine sur les communs, mais aussi de reprendre l'héritage des jardins ouvriers.

On pourrait aussi faire référence à la tradition médiévale des biens communs. Mais c?est aussi permettre de proposer une autre vision de l?espace public urbain et de la vie en collectivité, toujours avec le principe du partage, de la gratuité et de l'usage de la terre.

Oui, comme cela a été rappelé précédemment, nous en sommes à 125 jardins partagés ouverts au public, principalement sur des terrains qui appartiennent à la Ville, pour 88 d'entre eux. Il y a néanmoins déjà 24 jardins partagés sur des terrains qui appartiennent aux bailleurs sociaux. Finalement, quand on compare avec la ville de New York, c?est assez peu. Je pense que l'on peut aller bien plus loin.

La création de jardins partagés et la création de jardins proposées par la Ville de Paris dans le cadre du programme "Main verte", repose sur l'initiative de structures associatives qui vont repérer un lieu de type friche, propice à l'installation d?un jardin partagé, et vont réaliser des démarches auprès des services municipaux. Nous avons bien conscience que cette procédure permet, et c?est essentiel, une appropriation collective de l?espace et du projet d?implantation du jardin partagé, parce que, justement, au démarrage, il y a un projet d'associations qui sont pleinement investies dedans. Pour autant, je pense que l'on peut compléter la démarche par des démarches institutionnelles de la Ville et des bailleurs sociaux, qui visent justement à créer les conditions d'émergence de tels projets. Proposer et aménager des lieux aux habitants pour généraliser les jardins partagés.

D'ailleurs, je tiens à saluer, dans les 24 démarches des bailleurs sociaux, des démarches positives engagées, par exemple, par Paris Habitat pour accompagner la création de jardins partagés. Je pense notamment au jardin Santerre, au 107, rue de Reuilly, dans le 12e arrondissement, avec également une démarche de compostage aux pieds d'immeuble en soutien au projet d?un habitant ; au potager de Mathurin dans le 19e arrondissement ; à l?Amiral-Roussin dans le 15e arrondissement ; aux jardins familiaux rue Watteau ; boulevard de l'Hôpital dans le 13e arrondissement ; au jardin de Falbala dans le 14e arrondissement, etc.

Mais il y a d'autres territoires qui vont bien au-delà. Par exemple, la région PACA a publié en 2014 un guide pratique destiné aux bailleurs sociaux, avec pour objectif de favoriser le développement des jardins familiaux dans les programmes immobiliers gérés par les organismes H.L.M. C'est une démarche dont la Ville de Paris pourrait totalement s'inspirer.

Je voudrais également réagir sur le fait que la Ville de Paris communique très souvent sur la démarche de "Parisculteurs". "Parisculteurs" tend à donner la priorité aux jardins créés sur les toits plutôt qu?en pleine terre. Je ne dis pas que je suis contre les toitures végétalisées, mais je pense que la priorité est d'être sur la pleine terre. Avant de prendre de la terre et de la mettre au-dessus de nos toits, faisons en sorte que partout où des plantations en pleine terre sont possibles, on s?en empare. Cela me semble être la priorité.

Je trouve que, dans ce contexte, il serait intéressant et pertinent d'étudier, avec les bailleurs sociaux, un vaste plan pour des jardins partagés, des jardins à partager visant à créer concrètement les conditions pour que chaque résident du logement social puisse avoir accès à un jardin partagé, et notamment inciter les bailleurs à répertorier l'ensemble des lieux qui pourraient être adaptés à la création d?un jardin partagé. Ce serait déjà une démarche qui inciterait. Que les bailleurs fassent ce travail.

Deuxièmement, que l'on organise des campagnes de porte à porte, des marches exploratoires, des réunions en pied d'immeuble pour solliciter les associations de quartier, les associations de locataires. Appuyons-nous, et cela peut être aussi un vecteur de remobilisation d'associations de locataires, pour informer les habitants de la possibilité qu?ils puissent créer des jardins partagés et mettre en relation les personnes intéressées, permettre la formation des habitants aux rudiments du jardinage, mobiliser les agents afin de suivre la mise en ?uvre de ces jardins : expertises techniques, aide à l'organisation en lien avec les gardiens d'immeubles, par exemple.

Voilà tout le projet, de manière globale, qui pourrait être fait autour de jardins partagés via les bailleurs sociaux. C'est l'esprit du v?u que je présente, rattaché à ce projet de délibération.

Je vous remercie.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci. Je vous remercie pour la précision dans le chrono.

La parole est à Mme Pénélope KOMITÈS.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - Merci.

Rappeler que nous portons un programme ambitieux de développement des jardins partagés, que nous ne les finançons pas uniquement en fonctionnement, mais que nous les créons également. Depuis 2014, nous sommes presque à 1,2 million d?euros d'investissement pour la création des jardins partagés.

Madame HAREL, si, nous avons bien créé 40 jardins partagés, qui ont été ouverts, ce qui porte leur nombre actuel à 125. Je vous fournirai la liste. Il faut savoir aussi qu'il y a des jardins temporaires, des jardins qui ouvrent sur des friches, que nous fermons. Nous en ouvrons d'autres. Mais nous avons bien créé 40 nouveaux jardins partagés. Je vous les donnerai.

Parmi ces 40 ouvertures, 5 sont situées dans des espaces de bailleurs sociaux. Aujourd'hui, nous avons 24 jardins partagés chez les bailleurs sociaux. 2 vont rejoindre prochainement le réseau "Main verte", avec le jardin partagé Louis-Blanc dans un ensemble "Paris Habitat" du 10e arrondissement - le projet de délibération passe à ce Conseil -, et le jardin partagé du square des Cardeurs dans un ensemble R.I.V.P. du 20e arrondissement.

Les jardins partagés sont différents des jardins collectifs à destination des résidents, dont l'entretien peut être en partie effectué par les équipes d'entretien des ensembles immobiliers. La participation au réseau des jardins partagés est conditionnée par la prise en charge associative et le principe d'ouverture à tous et d'ouverture sur le quartier, permettant de créer du lien social, de favoriser les échanges entre les différents ensembles des composantes d'un quartier.

Cela passe par l'initiative locale et la constitution d'associations qui prennent en charge la gestion de ces jardins partagés, qui n'est pas une gestion toujours facile et peut être lourde pour des citoyens. Il faut savoir que cela demande beaucoup de temps. Généralement, toutes ces initiatives citoyennes sont vivement encouragées par les mairies d'arrondissement et, bien évidemment, par les divisions territoriales des bailleurs sociaux. Je tiens à souligner le travail conjoint avec ma collègue Colombe BROSSEL, avec la délégation à la politique de la ville et à l'intégration de la Ville de Paris. Le jardin Louis-Blanc illustre ce travail collectif.

Vous préciser, Madame SIMONNET, que, bien évidemment, j?ai des échanges réguliers avec tous les bailleurs sociaux, que tout ce que vous proposez et demandez, nous sommes en train de le faire. Ce n'est pas comme si je découvrais que les bailleurs sociaux pouvaient faire des choses. Je vois Mme PREMEL qui hoche la tête et va dans mon sens. Nous proposons aux bailleurs sociaux, par exemple dans le cadre "Des arbres dans mon jardin", de planter des arbres sur toutes les parcelles des bailleurs sociaux, quand cela est possible. Nous avons proposé des nichoirs à tous les bailleurs sociaux, comme nous leur proposons de financer des jardins partagés.

Je vous demande vraiment de retirer votre v?u, parce que je ne vais pas accepter un v?u qui me dit de faire ce que je fais déjà.

Juste pour vous dire que, sur les "Parisculteurs", nous devrions lancer une troisième édition en janvier qui portera vraisemblablement sur plus de surfaces en pleine terre que de surfaces sur les toits, sachant tout de même que les "Parisculteurs" sont un peu différents des jardins partagés et qu?il s?agit d?exploitations agricoles qui doivent permettre une rentabilité. Il s?agit de l'agriculture et pas uniquement des jardins partagés. Vous dire tout de même que nous attachons beaucoup d'importance à la pleine terre, ce qui veut dire que, dans ce troisième appel à projets, nous aurons non seulement de la pleine terre, mais aussi un travail important avec la Métropole.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci.

Madame Danielle SIMONNET, votre v?u est-il maintenu ?

Mme Danielle SIMONNET. - Tant que les locataires de bailleurs de logements sociaux n?ont pas accès aux espaces possibles sur lesquels ils peuvent se projeter pour des jardins partagés. J?ai bien précisé dans mon v?u que des choses se faisaient. Je pense que l'on peut aller plus loin. Mon v?u est pertinent.

Je vous remercie, je le maintiens.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

La communication n'appelant pas de vote, nous passons directement au projet de délibération DEVE 175?

Je n?étais pas au courant de cette explication de vote.

Mme Danièle PREMEL. - Je voudrais faire une explication de vote?

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Allez-y.

Mme Danièle PREMEL. - Parce que nous avons voté contre.

Mais pour rassurer Mme SIMONNET que les bailleurs sociaux sont très investis dans ce type de projet. Votre v?u est peut-être pertinent, mais cela se fait déjà avec les bailleurs sociaux. Je peux vous donner toute la liste que fait Elogie-SIEMP dans ce domaine.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci pour cette explication post-vote, et je m'en excuse. 2018 DEVE 175 - Communication sur le lancement de la seconde édition de l?événement "Faites le Paris de la Biodiversité" 2019.