Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Novembre 2018
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2018 DVD 130 - Modalités d'accès aux bornes de recharge électrique "Autolib". Voeu déposé par le groupe LRI relatif à un abonnement unique pour le rechargement des véhicules électriques.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DVD 130 et le v?u n° 207. Il s'agit des modalités d'accès aux bornes de recharge électrique Autolib'.

La parole est dans un premier temps à M. Alexandre VESPERINI, pour cinq minutes.

MAlexandre VESPERINI. - Je pensais que ma collègue, Maud GATEL, prenait la parole, mais bon.

Ecoutez, nous, groupe Parisiens, Progressistes, Constructifs et Indépendants, nous voterons ce projet de délibération, mais je voudrais tout de même faire part à l'Exécutif d'un certain nombre de remarques et de réflexions. D'ailleurs, à ce titre, je ne comprends pas très bien pourquoi le v?u que j'avais formulé relatif à la gratuité du tarif que vous proposez dans ce projet de délibération, n'y est pas rattaché, mais enfin, c'est comme cela.

Première remarque que je voudrais faire, une remarque générale, c?est finalement, on en a une preuve nouvelle : l'Exécutif ne sait absolument pas quoi faire d'Autolib'. Finalement, c'est le sparadrap du capitaine Haddock, mais en version mobilité électrique. Je trouve qu?il y a un manque d'ambition, une timidité quasi maladive dans les décisions que la Mairie de Paris prend sur le dossier Autolib' depuis cet été. J?en veux pour preuve le fait que vous allez développer, permettre aux véhicules électriques de pouvoir accéder aux bornes de recharge électrique Autolib', mais pas à toutes les bornes de recharge, à seulement une partie d'entre elles, le tiers seulement. Je trouve cela assez regrettable. Cela correspond, pour moi, comme je le disais, à un manque d'ambition de la part de l'Exécutif municipal sur le dossier d'Autolib'. Je ne comprends pas très bien.

La Ville de Paris a tout de même cela de positif avec Autolib', c?est qu?elle a réussi à se constituer un réseau de bornes de recharge de véhicules électriques considérables, qui est probablement l?un des plus importants des villes européennes - en densité - derrière Copenhague, Amsterdam ou Stockholm, mais on ne s'en sert pas suffisamment. Je le regrette avec ce projet de délibération, que je trouve, de ce point de vue, assez insuffisant, notamment pourquoi seulement un tiers des bornes de recharge, pourquoi pas la totalité ou pourquoi pas la moitié ?

Deuxièmement, je pense que ce projet de délibération qui concerne Autolib? oublie tout de même la nécessité de rapprocher Autolib' de Belib?. Parce que, Belib?, ce sont des bornes de recharge rapide, alors qu?Autolib', ce sont des bornes de recharge lente, historiquement. Je pense qu?il faut que nous fassions un effort de compréhension, de lisibilité pour les utilisateurs de ces véhicules électriques. Il faut qu'ils y voient plus clair. Je regrette, là encore, que ce vide n'ait pas été comblé.

La troisième réflexion concerne la gratuité. Très franchement, je ne comprends pas très bien pourquoi vous lancez ce dispositif sans permettre aux utilisateurs des véhicules électriques d'accéder à cela de manière gratuite, pendant - je ne sais pas - 6 mois, comme je le propose dans mon v?u. Parce que 120 euros pour les utilisateurs particuliers et 600 euros pour les professionnels, comme vous le proposez, je trouve que ce dispositif n'est pas suffisamment accessible, en tout cas suffisamment lisible. Il faut simplifier les choses. Il y a suffisamment de personnes qui ont été pénalisées par l'arrêt d'Autolib' - 150.000 abonnés - pour que vous preniez une mesure incitative qui favorise l'utilisation des modes de déplacement des véhicules électriques.

Enfin, ma dernière remarque, après la gratuité, c'est : qu?allez-vous faire des stations restantes ? Sur les 600 stations Autolib' que compte Paris intra-muros, seul un tiers va être concerné par ce nouveau dispositif de bornes de recharge. Mais que fait-on des deux tiers restants ? Il n'y a aucune annonce, aucune décision. Je le regrette. Je rappelle que tout cela concerne 3.244 places. Quand j'entends parler de trottinettes et de gyroroues, notamment de leur stationnement et de leur recharge, je pense que vous devriez mener une réflexion sur ce sujet. Est-ce qu?on ne pourrait pas utiliser les bornes de recharge qui restent, les deux tiers restants, ou même la totalité, non pas pour des véhicules électriques, des voitures électriques classiques, mais pour des véhicules de moindre importance, plus légers, auxquels il faudrait trouver une place sur la voie publique et pas sur le trottoir ? Nous avons déjà eu l?occasion de le dire : je crois que nous sommes tous d'accord sur ces bancs pour dire qu'il faut redonner le trottoir aux piétons, et à ces emplacements qui, je le rappelle, ne sont pas utilisés.

Enfin, toute dernière réflexion : on parle beaucoup de mobilité électrique. C?est très bien. Paris a gagné, avec Autolib' - c'est l?un des points positifs qu'il faudra retenir de cette expérience - une dimension très forte dans le domaine de la mobilité électrique. Mais il y a aussi d'autres types de carburant - on en parle beaucoup en ce moment - et de types de motorisation écologique, de motorisation propre : le gaz naturel, le G.P.L., qui est en train de monter en force à nouveau en France, alors que, dans d?autres pays européens, notamment en Italie, ils ont déjà pris beaucoup d'avance par rapport à nous. Nous pourrions utiliser ces stations pour permettre aux véhicules propres - G.P.L., gaz naturel - de se garer à Paris.

Voilà ce que je voulais dire sur ce projet de délibération, que nous approuverons naturellement au groupe Parisiens, Progressistes, Constructifs et Indépendants. Merci.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Alexandre VESPERINI.

La parole est à présent à Jean-Baptiste de FROMENT qui, dans le même temps, va nous présenter le v?u n° 207 présenté par son groupe.

MJean-Baptiste de FROMENT. - Merci, Monsieur le Maire.

Très rapidement, là encore, nous voterons favorablement à ce projet de délibération. C'est bien le moins que l'on puisse faire pour exploiter un petit peu ce réseau de bornes Autolib'. Mais nous proposons d'aller plus loin en fusionnant les abonnements Autolib' et Belib? pour permettre d'unifier le réseau, l'offre de recharge électrique à Paris. Nous ne comprenons pas très bien pourquoi on maintiendrait deux services séparés, alors même qu'ils sont, à certains égards, complémentaires puisque Belib? propose un système de recharge accélérée, ce que ne proposent pas les bornes Autolib'.

Nous jugerions plus simple, plus lisible, plus efficace que ces deux services d'abonnement à la recharge électrique puissent être fusionnés.

Merci beaucoup.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci.

A présent, la parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Cela me permettra déjà de pouvoir exprimer que je suis ravie, Monsieur Ian BROSSAT, de vous voir parmi nous. Vous êtes revenu de Lille, c?est une bonne chose. J'ai vu que vous étiez en forme.

Ce projet de délibération mériterait plus de précisions, parce que l?on ne comprend pas pourquoi toutes les stations ne vont pas pouvoir être utilisées par les particuliers avec leur voiture électrique. On comprend qu'il y a des stations où il y a une consommation électrique bien plus conséquente, que vous avez innové et qui permet de recharger en un temps record, mais j'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre le tiers et les deux tiers, puisque dans le projet de délibération, vous dites que les 400 stations Autolib' restantes seront destinées aussi au stationnement des véhicules électriques. Quelque chose m'échappe sur ce point.

En tout cas, ce qui me tient à c?ur, c'est qu?il faut que ces anciennes stations Autolib' qui permettent des recharges électriques, servent prioritairement aux véhicules électriques particuliers ou à usage professionnel, mais pas au "free floating". Le "free floating" n'a pas à utiliser ces dispositifs. Je suis déjà extrêmement choquée qu'on laisse le "free floating" se développer de manière quasiment libre dans la Capitale, comme un nouveau terrain de jeux sur lequel, finalement, ces systèmes d'ubérisation de location de voitures peuvent se développer sans avoir à payer grand-chose à la collectivité qui, elle, pourtant, a la responsabilité de l'entretien de l'espace public.

Il me semble important que ce projet de délibération puisse bien garantir qu'en aucun cas, les stations Autolib' vont pouvoir servir à des entreprises qui, elles, font de l'activité lucrative sur la location de voitures.

Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Madame SIMONNET.

Pour vous répondre, je donne la parole à Christophe NAJDOVSKI.

MChristophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous avons vu avec le projet de délibération précédent, le DVD 107, que la Ville de Paris récupère la possession des biens de retour Autolib', et donc, principalement, la possession des bornes de recharge. Nous avons étudié les possibilités pour rétablir un service de recharge le plus rapidement possible, sachant toutefois que d'autres options de recharge existaient et existent encore, à savoir les points de charge Belib? : les bornes disponibles dans les 89 parkings souterrains disposant de points de charge, ou encore les 5 bornes de recharge rapide dans les stations-service situées aux abords du boulevard périphérique. Au total, aujourd'hui, ce sont 420 points de charge publique qui sont actuellement disponibles pour les 3.000 usagers environ qui utilisaient les bornes Autolib? pour recharger leur véhicule.

Le 30 novembre, c'est-à-dire dans 11 jours exactement, nous ajouterons 1.000 points de charge supplémentaires, répartis sur 211 anciennes stations Autolib'. Le choix de ces stations a été effectué de manière à assurer un maillage territorial du territoire parisien, réparti dans les différents arrondissements et en fonction des usages qui ont été constatés avant la fin du service Autolib' et montrait que 80 % des recharges étaient effectuées sur environ 200 stations. Avec ces 1.000 points de charge supplémentaires, Paris disposera d'un réseau de tout premier plan, supérieur même à celui d'Oslo, en Norvège, qui est la ville de référence de la mobilité électrique européenne, avec 1.300 bornes dénombrées actuellement.

Je rappellerai - c'est aussi une réponse à M. VESPERINI - que l'Union européenne préconise aujourd'hui une borne de recharge pour 10 véhicules électriques, qu'il y avait cet été environ 6.500 véhicules électriques circulant à Paris. Donc, si l?on suit ce ratio, il est nécessaire d'avoir environ 650 bornes de recharge dans Paris. On voit donc bien qu'avec plus de 1.400 points de recharge, nous serons bien au-delà du ratio qui est préconisé par l'Union européenne. Et donc, ce que nous faisons, c'est d'avoir un bon dimensionnement. Si nous devions mettre à disposition les 3.000 bornes, nous serions non seulement sur un surdimensionnement, mais aussi sur des coûts de maintenance qui pourraient être prohibitifs étant donné le dimensionnement actuel du parc circulant. C'est donc aussi dans une volonté de bien gérer et de bien dimensionner le système de recharge que nous faisons ce choix, qui vise aussi à économiser les deniers publics. Je crois que, de ce point de vue, vous serez d'accord avec nous.

Les interventions sur les 1.000 bornes pour assurer le verrouillage du capot à la charge, qui est indispensable à la mise aux normes électriques, ont débuté le 12 novembre. La mise en service de toutes ces bornes interviendra le 30 novembre, avec une "hotline" qui sera en service à partir du 1er décembre.

La solution proposée est toutefois une solution provisoire. Ainsi que nous l'avions annoncé, il s'agit bien de pallier la fin du service Autolib'. Nous proposons donc, de manière transitoire, un service simple, sans réservation, sans supervision immédiate des pannes éventuelles, sans limitation de durée. Un nouvel appel à projets sera lancé très prochainement pour remplacer ces bornes par des bornes plus modernes qui offriront éventuellement des puissances différentes.

Pour avoir accès à ces bornes qui seront disponibles à partir du 30 novembre, nous proposons un forfait annuel qui correspond à des estimations de consommation moyenne d'électricité pour la recharge d'un véhicule. Si l?on ramène ces tarifs à un tarif mensuel, le montant d'un forfait revient à 10 euros par mois pour un véhicule de particulier, ce qui permet aux utilisateurs de se charger sur l'ensemble des bornes ex-Autolib' qui seront remises en service, et un tarif de 50 euros par mois pour les véhicules qui font l'objet d'une exploitation commerciale de type auto-partage. Les usagers qui disposent d?un véhicule électrique devront faire la demande d'une carte spécifique signalant qu'ils ont payé leur forfait annuel.

J'ajouterai que plusieurs centaines des anciennes bornes Autolib? - jusqu'à 500 - seront dévolues à l'auto-partage en boucle, avec des véhicules électriques ou des hybrides rechargeables. Je rappelle que nous avons voté deux délibérations pour le développement de l'auto-partage, qu'il soit en flotte libre, pour utiliser un terme français, ou en boucle. Ainsi, nous aurons 1.000 véhicules en flotte libre d'ici la fin de l'année et 1.000 places en voirie pour l'auto-partage en boucle d'ici la mi-2019.

En parallèle de ce déploiement des services d'auto-partage, c'est ce dispositif transitoire qu'il vous est proposé d'adopter, le temps que la procédure de remplacement des infrastructures de bornes soit menée à son terme, avec un système de bornes de recharge publiques modernisé qui permettra d'accompagner le développement de la mobilité électrique à Paris.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci.

Monsieur Jean-Baptiste de FROMENT, est-ce que vous acceptez les amendements proposés au v?u n° 207 qui viennent d'être présentés par M. NAJDOVSKI ?

MJean-Baptiste de FROMENT. - Oui.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 207 ainsi amendé, avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2018, V. 613).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 130.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DVD 130).