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Novembre 2018
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Conseil Municipal
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I - Question d'actualité posée par le groupe "Génération.s" à Mme la Maire de Paris relative au devenir de la création dans le spectacle vivant à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous rentrons dans cette séance de questions d'actualité et je donne la parole tout d'abord à Mme Léa FILOCHE pour le groupe EGCP.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, Paris, que l'on dit souvent ville de culture est avant tout la ville des cultures, du foisonnement des créations, de l'émergence des spectacles vivants. Avec 1,75 million de spectateurs par an dans les théâtres, les lieux de spectacle, l'émergence de jeunes auteurs et chorégraphes est une réalité.

Notre ville s?enorgueillit de la richesse et de la diversité de ces créations de spectacle vivant. La Ville, via ses 17 conservatoires municipaux qui accueillent 22.000 élèves par an, prend également sa part dans l'initiation et la formation au spectacle vivant. Elle occupe une place particulière en France, lieu indispensable pour la diffusion de ce spectacle vivant.

Pourtant, depuis quelques mois, les mauvaises nouvelles s?enchaînent. "Arcadi", principale structure régionale d?aide à la diffusion et de soutien à la création de spectacles est tout simplement liquidée sur une décision unilatérale de la Région Ile-de-France. "Le Tarmac", théâtre dédié à la création francophone, est menacé de se retrouver sans lieu suite à la décision du Ministère de la Culture d'y installer le Théâtre Ouvert, lieu de création lui-même menacé. "La Loge", indispensable lieu pour les compagnies en émergence, soutenue par la Ville, a décidé de fermer il y a quelques semaines.

La Ville, qui investit plus de 100 millions d?euros par an, fait beaucoup pour le soutien à la création et le spectacle vivant, notamment grâce à ses établissements culturels. Elle a créé de nouveaux dispositifs, a lancé des fabriques culturelles et il y en a d?ailleurs 4 sur notre territoire. Mais la Ville pourra-t-elle seule porter et soutenir les artistes, les dispositifs, les lieux de création alors que la Région Ile-de-France les met à mal et que l?Etat se désinvestit ? Quel est alors le devenir de la création dans le spectacle vivant à Paris ? Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup à vous, Madame FILOCHE. Je donne la parole à Christophe GIRARD, pour vous répondre.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Merci, Madame la Présidente.

J'ai vu un signe du destin dans la jeunesse de votre groupe lorsqu'il manque un "t" à "désinvesti". J'ai trouvé qu'il y avait là quelque chose de charmant. Mais étant très méticuleux sur l'orthographe, voilà, je me permettais de vous le signaler.

J'applique pour nos rapports avec la Région et l'Etat une méthode qui est une méthode "HIDALGO", c'est-à-dire la discussion, la concertation, les explications et, ensuite, la décision. Cela s'appelle de la méthode et des choix politiques en responsabilité.

Vous avez raison de dire que Paris a une place à part puisque nous partageons avec principalement l'Etat un certain nombre de lieux communs. Je pense, par exemple, au théâtre du Rond-Point, à l'Orchestre de Paris, à l'Orchestre de chambre de Paris, à la Philharmonie, au Centquatre où bientôt l'Etat entrera - nous sommes en cours de négociation -, à une signature vendredi avec Colombe BROSSEL et le Préfet CADOT du contrat de territoire lecture pour les quartiers populaires. Il y a également le théâtre de la Cité internationale, le festival "Paris l'été", le Festival d'automne et les sujets que vous avez abordés et pour lesquels vous avez en effet constaté mon engagement extrêmement rapide, comme le souhaite Anne HIDALGO, pour "le Tarmac" et le Théâtre Ouvert et un courrier conjoint avec Karen TAÏEB au patrimoine pour "la Grande Chaumière". Ce ne sont que quelques exemples.

Maintenant, lorsque l'on pose la question de l'avenir de la création dans le spectacle vivant à Paris, je crois que la première chose à dire est que l'avenir de la création dans le spectacle vivant à Paris, ce sont déjà des actes et des actes d'aujourd'hui.

Je vois bien ce que sous-tend votre question. Je pense que le temps des échéances électorales n'est pas arrivé, ni pour la Région ni pour Paris, ni pour l'Etat avec les élections législatives. Ainsi, comme le souhaite la Maire de Paris, je suis l'adjoint de tous les arrondissements de Paris et je veille à des relations d?échanges et de qualité avec aussi bien la Région que l'Etat. Hier, par exemple, sur le dossier main-d'?uvre, que vous connaissez bien, j'ai pris mon bâton de pèlerin, je suis allé voire la vice-présidente qui est par ailleurs conseillère de Paris, Mme EVREN, et nous avons échangé et chacun avancé nos arguments. Et ce qui compte, c'est le résultat.

Hier soir, j'étais à "Micadanses" dans le 4e arrondissement, lieu financé par la Ville, et je voyais le spectacle organisé par une compagnie de danse, "La Halte-Garderie", qui fait travailler des patients avec des soignants qui viennent d'un établissement, Barthélémy Durand, des villes d'Etampes et de Sainte-Geneviève-des-Bois. Là, j'étais heureux de voir que Paris accueillait des spectacles par ailleurs financés par la Région ou par l'A.R.S.

Moi, je crois que nous devons veiller à ce que pour chaque dossier, quand nous avons des différends, nous nous battions pour un résultat meilleur. J'ai confiance, je le dis, en ce qu'Agnès EVREN puisse, sur le dossier de main-d'?uvre... Je pense qu'elle a entendu un certain nombre de mes arguments, je pense qu'elle regarde le dossier de près et nous avons d'ailleurs d'autres dossiers comme celui du F.R.A.C. Ile-de-France et le sujet du Plateau, pour lequel je verrai Mme BERTHOUT, la maire du 5e arrondissement.

Sur "Arcadi", je sais que vous présentez un v?u spécifique et je pense donc que vous aurez l'occasion de vous exprimer. Je connais la position de l'Etat.

Franchement, ce que je veux, c?est que le résultat soit là et que les artistes en bénéficient. En effet, il est très important que dans nos relations, où parfois il y a des désaccords politiques avec la Région ou l'Etat, même s?il y a aussi des accords avec la Région et avec l'Etat? Je veillerai surtout à ce que nous ayons des accords pour que l'intérêt général, c'est-à-dire la place des artistes, la création artistique et la résidence des artistes soient en effet à la hauteur de nos attentes. En outre, je vous rappelle que nous sommes aussi engagés dans la Métropole et que la Métropole, c'est un bon exemple. La Maire de Paris m'a encouragé, ce que je vais faire très rapidement, à inviter - et je le ferai sans doute dans une des 131 villes de la Métropole avec Mme PREMEL - les maires de ces 131 villes pour leur présenter sous la direction artistique de Didier FUSILLIER, la prochaine "Nuit Blanche".

Je pense que c?est une bonne manière d?aller dans les territoires, de partager mais de ne pas nous fermer dans des positionnements éventuels, sans doute nécessaires au moment des échéances électorales.

A ce stade, je négocie avec la Région et avec l?État. Je pense que nous obtiendrons, pour un certain nombre de dossiers, comme c?est le cas, par exemple, pour le théâtre de l?Aquarium à la Cartoucherie où nous avons réussi, avec l?État, à trouver un point commun avec un jury pour la nomination d?une équipe qui va diriger ce lieu.

C?est cette méthode qui est à la man?uvre et je m?en réjouis. Je vous remercie donc d?avoir posé cette question.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, cher Christophe GIRARD, pour cette réponse très complète et ce rappel de la méthode. Merci beaucoup.

Souhaitez-vous reprendre la parole, Madame FILOCHE ?

Je vous remercie.