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Novembre 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe les Républicains et Indépendants relatif à la préservation des arbres de la parcelle Arnold Netter.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 205 relatif à la préservation des arbres de la parcelle Arnold-Netter.

La parole est à Mme Valérie MONTANDON, pour deux minutes.

Mme Valérie MONTANDON. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce v?u a pour objet de corriger une lacune dans la chronologie de certains projets d?aménagement. En effet, il arrive que les jugements des recours aient lieu une fois que les arbres sont abattus. Dans ce cas, comme vous le savez, un arbre abattu, c?est irréversible et d'autant plus dommageable que ceux-là sont anciens et participent à la biodiversité et à l'environnement, comme on a pu le voir dans le débat précédent. Cette situation est ce qui arrive actuellement dans le projet Netter-Debergue, où des arbres vont être abattus de façon très imminente, alors que les recours ne sont pas encore tous purgés.

C?est pourquoi, à travers ce v?u, nous vous demandons, non seulement pour ce cas particulier Netter-Debergue, mais aussi pour l'ensemble des projets qui sont dans la même situation, que l'abattage des arbres qui sont menacés soit repoussé tant que les recours ne sont pas tous purgés. Merci.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci.

Pour vous répondre, je donne la parole à Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Oui. Encore une tentative du groupe les Républicains et Indépendants de lutter contre le logement social et contre la construction de logements sociaux à Paris. Cela devient répétitif à la fin.

Je voudrais rappeler ce qu?est le projet Netter. C'est un projet conjoint de la R.A.T.P. et la Ville de Paris, voté en Conseil de Paris, qui permet la création de logements sociaux pour loger des agents de la R.A.T.P. qui en ont véritablement besoin. Il y a également une crèche de 100 berceaux. Il faut savoir que nous sommes dans un quartier en déficit de crèche, puisque seulement 27 % des demandes des familles peuvent être satisfaites. C'est un projet qui respecte les grands équilibres en matière d'espace vert, et même un peu au-delà : un mètre carré construit pour un mètre carré de jardin. Je crois qu?il y a tout de même assez peu de projets urbains qui ont ce ratio. C'est un projet qui va créer 2.500 mètres carrés de jardin, avec un bilan positif de 80 arbres par rapport à l'existant.

Je voudrais rappeler également que, sur ce site, la plupart des arbres sont malades. Il y a effectivement un sujet sur ce site : celui du cèdre centenaire. En revanche, j'ai vu, dans les différents documents distribués, qu'il y aurait 20 arbres centenaires sur ce site. J'aimerais vraiment qu'on me les montre. Je crois que c'est gênant qu'il y ait de telles approximations sur le sujet.

Je voudrais rappeler aussi - il suffit d'aller sur Google Maps pour s'en convaincre - que c'est un espace fermé et pas du tout un espace vert actuellement. Il s?agit d?une zone qui est une friche, qui va être transformée en jardin.

Je voudrais juste dire que la demande qu'aucun arbre ne soit abattu tant que tous les recours ne sont pas arrivés à leur terme, est une façon de repousser sine die le sujet.

Je voudrais dire également qu'il y a eu un référé suspensif qui a été refusé et repoussé par la justice. La question de la suspension a donc été posée en justice et la justice a dit que ce n'était pas nécessaire. C'est la raison pour laquelle j'émets un avis négatif sur ce v?u. Un avis défavorable.

Je vous remercie.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci, Monsieur MISSIKA.

Explication de vote de David BELLIARD.

M. David BELLIARD. - Merci, Monsieur le Maire.

Juste quelques mots pour expliquer pourquoi nous voterons ce v?u, que nous aurions d'ailleurs pu écrire. Je voudrais tout de suite dire que nous n'allons pas le voter parce que nous sommes opposés aux logements sociaux, bien entendu.

Non, je ne le dis pas parce que ce n'est pas la vérité.

Ce v?u pose deux questions.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Qui dit mieux, à Paris ?

M. David BELLIARD. - Ce v?u pose deux questions. D'abord, la question des arbres centenaires, qui font partie de notre patrimoine?

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Excusez-moi. Je vous propose de laisser M. BELLIARD finir. Merci.

M. David BELLIARD. - Pour que les choses soient très claires, nous n'allons pas voter ce v?u parce que nous sommes opposés aux logements sociaux, mais pour deux raisons. La première, c?est que nous sommes attachés à la préservation des arbres et notamment des arbres centenaires, qui font partie de notre patrimoine urbain et rendent des services écologiques qui ne sont pas tout à fait la même chose que les jeunes arbres. Le deuxième point, c'est exactement la même chose que pour le TEP Ménilmontant et pour les grands projets sur lesquels nous avons eu une opposition qui pose la question de la densité à Paris, à savoir quelle vision de la ville nous avons.

En effet, aujourd'hui, et c?est l?un des points importants que nous défendons depuis de nombreuses années, nous pensons que Paris est trop dense et qu'il faut préserver des espaces de respiration. Ce sont les deux points pour lesquels nous allons voter ce v?u aujourd'hui.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci.

Explication de Mme Danielle SIMONNET, pour une minute.

Mme Danielle SIMONNET. - Je partage en tout point ce que vient de dire le président du groupe Ecologiste de Paris. Et maintenant, cela suffit, à chaque fois que des élus s'opposent à la bétonisation, à l'hyper-densification de la ville, de renvoyer cela au fait que nous serions opposés au logement social. Il y a d'autres façons de penser le peuplement social de Paris. Cela suffit ! Vous ne pouvez pas faire des délibérations entières sur la préservation de la biodiversité, sur la défense de l'écosystème, sur une logique plan climat et, dès qu?il y a une dent creuse ou une friche, bétonner, bétonner, bétonner. On a, ici, des arbres centenaires et vous avez des recours citoyens : écoutez-les, écoutez-les ! Donc, oui, je voterai ce v?u. Franchement, il va falloir, à un moment donné, que vous entendiez la critique qui est posée parce que Paris continue à se vider de ses couches populaires et moyennes, parce que votre politique est un échec sur le logement social et sur le climat.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci pour cette explication de vote.

Mes chers collègues, je vous propose d?écouter la maire du 12e arrondissement qui me demande la parole. S?il vous plaît ! Madame la Maire du 12e arrondissement ?

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Mes chers collègues, je trouve que les débats sur la manière dont nous nous projetons dans la ville de demain - où est-ce que nous construisons ? Où est-ce que nous ne construisons pas - sont déterminants pour notre manière de vivre et celle de nos enfants. Etant maire d'un arrondissement avec des terrains encore vacants, je suis vraiment très à l'aise avec ces débats et je pense qu'il faut que nous les ayons.

Par contre, il faut les avoir en toute sincérité. Je vous le dis, chers amis : venez avec moi sur cette parcelle. J'ai l'habitude d'y aller régulièrement parce que les conseillers de quartier travaillent depuis de nombreuses années à l'ouverture de cette parcelle dans le quartier. J'y ai pique-niqué, j'y ai dansé, j'y ai chanté, j'y ai vu des films. Je n'y ai jamais vu 20 arbres centenaires.

Alors, soyons honnêtes, ne nous mentons pas. Il n'y a pas d'arbres centenaires sur cette parcelle. Il y a un cèdre de l'Himalaya qu'il faut transplanter peut-être, et je l'ai demandé, mais ne nous mentons pas. Soyons honnêtes. Il n'y a pas d'arbres centenaires à cet endroit. Nous allons créer 2.500 mètres carrés d'espace vert. Il est là, l'espace de respiration. C'est un projet que nous portons depuis 10 ans, la gauche réunie dans cet arrondissement, y compris les élus Ecologistes.

Alors, soyons un peu honnêtes, ayons des débats sereins et en toute franchise avec nous, y compris quand les élections arrivent.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? 37 contre et 25 pour. Abstentions ?

La proposition de v?u est donc repoussée.

Mes chers collègues, nous en avons terminé avec l?examen des dossiers de Pénélope KOMITÈS. Nous reprendrons la séance à 14 heures 30, avec le projet de délibération DVD 99.