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Novembre 2018
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2018 DEVE 159 - Adoption de la 2e feuille de route du Plan économie circulaire de Paris 2017-2020, et bilan 2018 du Plan économie circulaire de Paris et des actions de sa 1ère feuille de route. Vœu déposé par le groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants relatif au dispositif "stop pub" pour les voitures.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous allons examiner maintenant le projet de délibération DEVE 159 qui est l?adoption de la deuxième feuille de route du Plan économie circulaire de Paris, et le bilan 2018 du Plan économie circulaire de Paris, la première feuille de route.

Il y a beaucoup d'inscrits sur ce projet de délibération. Il y a également le v?u référencé n° 111, déposé par le groupe PPCI.

Je vous demanderai de bien vouloir faire attention de bien respecter vos temps de parole, s'il vous plaît.

Pour commencer, la parole est à Mme Gypsie BLOCH, pour le groupe LRI.

Mme Gypsie BLOCH. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, tout comme la première feuille de route économie circulaire, ce second volet est intéressant. Il a le mérite d'engager des réflexions sur des sujets assez divers autour du recyclage et du réemploi, même si nous pouvons regretter qu'il arrive un peu tard, puisque nous sommes fin 2018.

Néanmoins, cette nouvelle feuille de route, c'est un nouveau plan qui lui-même cumule d'autres plans. En réalité, nous avons le sentiment que l'énergie passée à rédiger ces différents plans vous empêche parfois d'avancer sur des actions concrètes.

Pour prendre quelques exemples, dont les déchets, sur l'aspect réduction ou généralisation du tri, ces objectifs étaient déjà intégrés au Programme local de prévention des déchets. Plutôt que de réaffirmer des objectifs, la question serait plutôt, comment concrètement réduire les déchets.

Pour vous parler du territoire du 9e arrondissement, par exemple, que je connais très bien, cet arrondissement a mené des politiques publiques innovantes, qui ont d'ailleurs de vrais résultats, par exemple, la collecte ou encore le recyclage des mégots de cigarette, la collecte des biodéchets dans les cantines scolaires ou encore des partenariats avec les syndics pour augmenter et améliorer le tri sélectif.

Beaucoup d'actions sont en effet possibles au niveau local et doivent être menées au niveau local, mais elles ont besoin, et nous avons besoin aussi, du soutien de la Mairie centrale, via une véritable politique publique.

Ces politiques publiques sont les meilleures feuilles de route de l'économie circulaire car elles ont valeur d'exemple pour l'administration, pour les habitants, mais aussi pour les entreprises. Surtout, elles encouragent et développent des filières à la fois de réemploi, et donc d'économie circulaire.

Autre exemple que nous pouvons citer dans le Plan, la part du papier recyclé dans les achats publics. A partir du moment où cette action a été inscrite dans la première feuille de route, je ne comprends pas pourquoi nous ne sommes pas déjà à 100 % de résultat. 62 % dans les directions opérationnelles sont annoncés, et 36 % dans les mairies d'arrondissement.

Troisième exemple, important également, les déchets de chantier. Cela rejoint aussi les débats que nous avons sur la lutte contre les incivilités à Paris. Trop de chantiers privés, aujourd'hui, abandonnent leurs gravats sur l'espace public, et échappent malheureusement à la verbalisation. Là encore, nous ne sommes pas suffisamment efficaces. Dans cette deuxième feuille de route, vous présentez 15 actions, plus ou moins nouvelles, pour approfondir l'économie circulaire. Je regrette que ces actions soient davantage des réflexions et des expérimentations que des politiques publiques concrètes qui pourraient démontrer que, oui, l'économie circulaire, c'est possible. Dans le pilotage de ce dossier, vous semblez penser que tout le monde croit à l'économie circulaire et qu'il suffit donc de proposer une boîte à outils pour avancer. En réalité, c'est tout l'inverse. Il faut une volonté politique et surtout, il faut mettre des moyens pour développer des filières et démontrer aux habitants que les débouchés existent, qu'ils sont efficaces et qu'ils ont un impact. Pour le dire différemment et pour conclure, c'est la culture du résultat qui manque aujourd'hui sur cette question.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Je donne la parole à Mme Valérie NAHMIAS, pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Valérie NAHMIAS. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues.

L'économie circulaire vise à dépasser le modèle économique linéaire, polluant : fabriquer, consommer, jeter, pour une consommation plus responsable des ressources naturelles, des matières premières, et surtout plus valorisante et intelligente en termes d'usage.

Quand vous réalisez que l'ensemble des ressources produites en une année par la terre a déjà été consommé depuis le 1er août dernier, vous n'avez plus le droit de vous poser des questions, mais juste d'agir.

La Ville de Paris a adopté à l'unanimité, en juillet 2017, le Plan d'économie circulaire 2017-2020 basé sur une logique territoriale de développement, de nouveaux modes d'organisation, d'innovation technologique, sociale et de service.

Nous travaillons aujourd'hui sur la deuxième feuille de route. L'économie circulaire regroupe un champ beaucoup plus vaste que celui de la simple production de déchets. Cependant, le rapport 2017 sur la gestion des déchets permet de tirer plusieurs enseignements. Après plusieurs années consécutives de baisse, le tonnage des déchets collectés par la Ville de Paris est reparti à la hausse. La Ville évoque la forte augmentation des déchets occasionnels, tels que les encombrants, pour justifier cette hausse.

Cette évolution montre que les Parisiens jettent plutôt que de privilégier le réemploi. Le réflexe économie circulaire n'est pas encore ancré dans le mode de vie des Parisiens.

L'augmentation du nombre de ressourceries et de recycleries devient donc urgente. C'est aussi la communication qui doit être améliorée afin que ces dispositifs soient mieux connus des Parisiens.

Si le recyclage augmente de près de 20 % en 2017 à Paris, on peut s'en féliciter, sauf que ces chiffres restent bien inférieurs à la moyenne des départements français qui est de l'ordre de 35 %. Le nombre de taux d'erreur dans le bac jaune a augmenté, montrant ainsi que la pédagogie sur le sujet doit être renforcée.

Ces chiffres concernant l'année 2017 laissent entrevoir un travail très important qui reste à accomplir.

Concernant le bilan de cette première feuille de route, s'il est trop tôt pour tirer des conclusions sur la mise en ?uvre globale de ce Plan, la comparaison entre les objectifs fixés en 2017 pour la fin d'année 2018 et les réalisations présentées dans ce bilan, montre que la Ville est en retard sur au moins un tiers de ces 15 actions, sachant que pour certaines de ces actions, telles que le recyclage, les informations transmises sont insuffisantes pour connaitre précisément l'avancée de la mise en ?uvre de l'action.

Il est regrettable que, parmi ces actions qui ont pris du retard, deux concernent la thématique de l'aménagement et de la construction. Ce secteur est un potentiel considérable. Rendez-vous compte : 3,5 millions de tonnes de déchets de chantier par an en Ile-de-France, dont seulement 26 % sont valorisés. Et la perspective des travaux à venir, comme le Grand Paris Express, les Jeux olympiques, doit encourager la Ville à fortement accélérer sur ce sujet, sur lequel d'ailleurs le groupe UDI-MODEM était déjà intervenu.

Notez que le bilan fourni n'est pas fortement actualisé puisqu'il annonce des mesures à venir pour septembre 2018. Donc on les attend. Concernant la deuxième feuille de route du Plan d'économie circulaire de Paris, un point positif est la volonté de la Ville de travailler sur les secteurs de la mode et de la culture. En effet, ces domaines d'activité sont très importants à Paris et contribuent largement à la renommée de la ville. C'est pourquoi elle doit inciter les acteurs de ces domaines d'activité, comme le luxe aussi, à intégrer une dimension économie circulaire dans leurs activités. Cependant, on peut regretter que beaucoup d'actions prévues dans cette deuxième feuille de route manquent d'objectifs concrets. Si les indicateurs de réalisation sont bien déterminés pour chaque action, peu d'objectifs tangibles permettent de mesurer précisément le niveau d'avancement des actions clairement énoncées. A ce titre, l'action de construction durable et circulaire est parlante, puisqu'on y propose de mener une réflexion globale avant d'éventuellement accompagner des expérimentations. C'est du verbiage intellectuel. Une attention particulière devra être portée sur les réparations. La Ville, partant du constat que les demandes d'occupation du domaine public sont trop complexes, propose de mettre en place des procédures assouplies, permettant de faciliter l'installation de boîtes à dons sur l'espace public parisien, sur le modèle végétalisé. Or, l'espace public parisien est aujourd'hui trop fortement sollicité. Je rappelle que l'économie circulaire, c'est aussi 66.000 emplois, dont 18.000 au c?ur de l'économie circulaire. Cela ne peut qu'évoluer. Pour conclure, nous partageons les constats, nous partageons les intentions, nous regrettons seulement le bilan trop faible. Un simple problème de vision, de méthode, mais les Parisiens attendent beaucoup plus de nous et, au groupe UDI-MODEM, nous souhaitons répondre à cette attente, pour le bien de nos enfants.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Je donne maintenant la parole à Danièle PREMEL, pour le groupe Communiste - Front de Gauche. Après, ce sera Thomas LAURET.

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues.

"La mode est une forme de laideur si intolérable qu'il faut en changer tous les 6 mois". Vous aurez, bien entendu, reconnu le verbe piquant d'Oscar Wilde. Au-delà du jugement esthétique ici émis, que l'on peut partager ou pas, cette phrase nous fait voir la mode sous un jour particulier, celui d'une industrie qui est aujourd'hui la deuxième industrie la plus polluante du monde.

Je me félicite ainsi que cette deuxième feuille de route du Plan économie circulaire prenne en compte cette problématique et nous propose de promouvoir une mode responsable.

Cet exemple illustre parfaitement la transversalité du Plan économie circulaire, qui est aussi solidaire, que vous nous proposez, en s'attaquant à des domaines et à des aspects qui peuvent parfois sembler hors du champ des questions écologiques que l'on réduit trop souvent au champ des transports et du bâtiment.

Il en va de même pour le domaine culturel, auquel je suis, vous le savez, très attachée. Je me félicite ainsi de l'action n° 7 de cette deuxième feuille de route, qui met l'accent et le développement de l'économie circulaire dans les établissements culturels.

En effet, que nous puissions favoriser la prise de conscience de l'empreinte environnementale des établissements du spectacle et des musées est une bonne chose. Plusieurs pistes sont envisagées, qui permettent de favoriser l'écoconception et le réemploi, mais aussi de mutualiser les stocks et les ressources des établissements culturels. Je pense qu'au vu de l'activité culturelle et théâtrale en particulier de notre ville, nous avons tout intérêt à créer des espaces spécialisés pour le recyclage des décors et costumes, pour éviter le gaspillage de matériel alors que certaines petites compagnies manquent particulièrement de moyens. Cette démarche s'inscrirait dans une logique de solidarité et de durabilité du monde de la culture.

En juillet 2017, l'adoption du plan de l'économie circulaire 2017-2020 a fait l'unanimité de notre Conseil. Une plateforme d'innovation pour l'économie circulaire va bientôt voir le jour. Les recycleries parisiennes se développent, les dynamiques de réemploi s'inventent dans le bâtiment.

D'autres aspects de cette deuxième feuille de route du Plan Économie circulaire méritent d'être particulièrement soulignés. C'est le cas de la prise en compte de l'impact environnemental du numérique. J'insiste à nouveau sur l'urgence de la lutte contre les stratégies d'obsolescence programmée des entreprises, qui démontrent qu'il ne peut y avoir de réduction de déchets dans une économie capitaliste. La société de consommation pousse les acteurs économiques à vendre toujours et pour cela incite les consommateurs et les consommatrices à renouveler des équipements qui pourraient être réparés ou, pire, qui fonctionnent encore mais qui sont dépassés par le nouveau modèle.

Je voudrais également insister sur l'action qui vise à renforcer la lutte contre les plastiques. C'est particulièrement important car ces déchets sont le plus souvent évitables. Il est bon que notre collectivité se donne des outils pour éviter la production de ces déchets et réemployer autant que possible les plastiques.

La question de l?économie circulaire est importante pour notre groupe. La relocalisation de la production et les mesures engagées dans le cadre de "Fabriquer à Paris" visent à développer des emplois locaux qui permettent une production de qualité plus durable dans le temps et réparable afin d?aiguiller les consommateurs vers une consommation responsable. De la même manière, le mouvement des "FabLabs" permet de penser la ville dans une logique de production à la demande, de réemploi, de réparabilité et de partage des outils et des connaissances. Vous connaissez d?ailleurs notre attachement à "Fab City".

Nous pourrions aller plus loin sur la question de l'économie circulaire en abordant la question de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises et de la démocratie en entreprise. Je pense qu'intégrer les salariés aux décisions de l'entreprise peut conduire et inciter les acteurs économiques à réduire leur production de déchets et à envisager des solutions pour les retraiter.

Nous le savons, la question environnementale mobilise les citoyennes et les citoyens. Le plan prévoit des actions de sensibilisation en direction des élèves et des étudiants. Nous pourrions dans une logique semblable associer davantage les salariés aux décisions des entreprises, dans le but d'enclencher un cercle vertueux, tant d'un point de vue social et démocratique que du point de vue écologique.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Je donne la parole à Thomas LAURET, pour le groupe DP. Ensuite, ce sera Léa FILOCHE.

M. Thomas LAURET. - Merci.

Chers collègues, je suis heureux que nous puissions faire avancer la question de l'économie circulaire, tant le degré d'urgence est élevé. Nos mers, nos océans, nos plages sont polluées par le plastique, dégradant ainsi à la fois la faune et la flore. 80.000 tonnes de déchets et des milliards de morceaux de plastique sont un fléau environnemental fragilisant l'écosystème et la biodiversité déjà fragile. Notre cadre de vie est également touché par les déchets. Nous savons que tous les échelons sont connectés, de l'échelle locale à l'échelle globale. Nous avons une responsabilité collective. De ce point de vue, l'engagement de Paris comme celui de la France sont essentiels.

En termes de bilan et de perspective, vous présentez un premier bilan de la feuille de route et les orientations de la deuxième. Je souhaite saluer le bilan des 15 actions que vous avez fourni. Peut-être auriez-vous pu préciser davantage le niveau d'avancement des réalisations avec échéance. Par ailleurs, il serait utile à l'avenir de faire un bilan des résultats concrets de ces actions. Ont-elles eu les effets escomptés au-delà des objectifs rappelés ? Y a-t-il une dynamique et des aspects à corriger ? Partons du bilan pour analyser les politiques mises en ?uvre et corriger ou encourager certaines mesures. C'est essentiel.

Sur la deuxième feuille de route, vous embrassez de nouvelles thématiques et nous nous en réjouissons car nous les partageons. Vous faites mention de la sensibilisation de l'administration parisienne et de l'événementiel entre autres.

Notre proposition, à cet égard, et nous avions déposé deux v?ux dans certains de ces domaines, un premier au Conseil de?, mais un second au Conseil de juillet. Le premier demandait en effet que la Ville crée une commission composées d?experts et d'élus afin de proposer un calendrier de suppression du plastique évitable à Paris et de réfléchir bien évidemment aux moyens de substitution, ce qui est primordial si nous voulons une transition réussie et une transformation de notre économie qui doit désormais éviter de fabriquer, consommer, jeter.

Nous avions également demandé, et cela avait été adopté, la suppression des petits objets en plastique, pailles, touillettes, cotons tiges, qu?on retrouve plus fréquemment dans la nature et qui sont à usage unique.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Excusez-moi, Thomas LAURET. Je vais juste demander qu'il y ait des conversations particulières un peu moins fortes ou en tout cas en dehors de l'hémicycle, s?il vous plaît, parce qu'on ne s'entend plus.

Merci.

M. Thomas LAURET. - La suppression des pailles en plastique et autres objets à usage unique devait s'appliquer à l'administration parisienne dans les meilleurs délais et aux événements qu'elle organise comme "Paris Plages". Cela doit être le cas l'année prochaine. Nicolas HULOT et Brune POIRSON l?ont fait voter au niveau national.

Vous avez raison, le secteur culturel et événementiel, du fait de la courte durée des manifestations, doit être accompagné dans la transformation de ses habitudes afin d'éviter de produire un trop grand nombre de déchets. De grandes firmes et entreprises réfléchissent déjà et proposent des pistes innovantes, comme l'usage du bambou ou de gobelets à fermeture intégrée par exemple, c'est-à-dire des objets soit recyclables, soit biodégradables.

Vous connaissez maintenant notre ligne : la France a besoin de Paris et Paris a besoin de la France pour que la conscience de l?urgence environnementale nous permette au niveau local comme au niveau national de soutenir, de développer et de déployer l'économie circulaire. L'objectif du Gouvernement à cet égard est ambitieux : il s'agit de réduire de moitié les déchets mis en décharge et de tendre vers 100 % de plastiques recyclés d'ici 2025. Les voisins européens en matière de valorisation des déchets ménagers sont en avance. Il s'agit d'un défi à relever, d'une chance à saisir pour un modèle de développement durable, respectueux des hommes et de la nature et créateur d'emplois, environ 300.000 selon les chiffres.

Parmi les mesures du plan gouvernemental, je veux notamment citer l?accompagnement d?ici 2020 de 2.000 entreprises dans le but de réduire leur consommation de ressources, leurs déchets et faire des économies grâce au dispositif T.P.E. et P.M.E., gagnantes sur tous les coûts de l'A.D.E.M.E. D?autres mesures très ambitieuses existent. Bref, des voix et nos voix ne sont pas discordantes. Les villes s?y engagent, les pays européens également. Nous devons coordonner les actions pour d'avantages d'efficacité, sans rebond, chacun à son niveau. A cet égard, pouvez-vous, s?il vous plaît, nous préciser si la Ville est bien en contact permanent avec le ministère et quelle fut la teneur des échanges ? La coordination Etat/collectivités doit guider les pratiques et être claire à la fois pour les commerçants, les restaurateurs, les artisans et les citoyens.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à Léa FILOCHE, pour le groupe "Génération.s" du Conseil de Paris.

La parole sera ensuite à Joëlle MOREL, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, réduction des déchets, réemploi, obsolescence programmée, réparation, métabolisme urbain, récupération d'énergie, écoconception. Et dans le même projet de délibération on entend : partenaires, associations, formation des agents, commande publique, spectacles, événementiel, jeunesse. C'est rare, dans nos travaux, de pouvoir mettre dans une même feuille de route en l'occurrence, mais dans une même délibération, ces mots côte à côte.

Je dois saluer le fait qu'Antoinette GUHL, vous avez réussi à faire cela et, en plus, à faire en sorte que cela prenne une dimension assez importante dans nos débats et dans nos échanges, qui soit à la hauteur d'une urgence dans laquelle on se retrouve.

Cette deuxième feuille de route du Plan Economie circulaire à Paris aborde de nombreux sujets sur lesquels je ne reviendrai pas ; ils ont été très bien développés par les uns et par les autres. Il y a un élément qui nous a, nous, les élus "Génération.s", bien plu, encore plus que tous les autres, c?est la question de la promotion de la mode éthique et circulaire à Paris. En effet, le marché du textile français est aujourd'hui dominé par le coton et le pétrole. Les vêtements en fibres synthétiques ou artificielles occupent 58 % du marché et les 42 % en fibres naturelles sont dominés par le coton. Le coton a de grands besoins en eau et nécessite la plupart du temps d?être énormément irrigué.

Les plants de coton sont également arrosés de pesticides, d?herbicides et d?engrais. La culture du coton consomme d?ailleurs 25 % des pesticides et 10 % des engrais utilisés dans le monde, polluant les sols et multipliant les cas de cancer chez les agriculteurs et les riverains.

Pour ce qui concerne la fabrication de ce textile, les intrants chimiques sont présents à chaque étape de la confection d?une fibre textile. Cela nécessite beaucoup d?eau.

Enfin, pour ce qui concerne le déchet, si la production de vêtements pollue effectivement, leurs multiples lavages peuvent aussi être néfastes, notamment pour les cours d?eau. Ils entraînent la lente mort du vêtement qui n?est pas exempte de conséquences environnementales, en particulier les poubelles à ciel ouvert où oiseaux et humains viennent se servir au détriment de leur santé, ce qui a évidemment des effets très inquiétants.

Paris est la capitale de la mode. Notre capitale exerce sur le monde de la mode une influence majeure et dispose de l?exclusivité de la haute couture depuis son invention. C?est une filière complète : la fabrication, l?exportation, la vente, l?emploi. C?est une industrie plus importante que l?automobile et l?aéronautique en France avec de grosses retombées économiques, comme on peut l?imaginer. La "Fashion Week" est un événement majeur et le moteur d?une économie parisienne. Cela permet une attractivité économique et du tourisme : 300 défilés avec 50 % de marques étrangères, 27 salons professionnels, 14.000 exposants avec 75 % de marques étrangères, là encore. Il est essentiel que la mode soit accompagnée dans le cadre de ce plan d?économie circulaire. C?est globalement une perspective qui me semble être bien partagée.

Dans votre plan, vous proposez un élément qui me paraît essentiel : la promesse d?avoir des activités humaines réconciliant la création de richesse, la dignité humaine et le respect de l?environnement.

Après tous ces éléments et la lecture de cette deuxième feuille de route, on peut faire un peu comme les "youtubeurs" qui ont lancé, hier je crois, un plan : je pense que nous sommes prêts, prêts à relever ce grand défi de l?économie circulaire en répondant à la fois à l?urgence climatique, au changement de nos habitudes individuelles et collectives, tout en les traduisant dans nos politiques publiques. En cela, je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je donne maintenant la parole à Joëlle MOREL, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Ce sera ensuite Danielle SIMONNET, puis Céline BOULAY-ESPERONNIER, et nous aurons fini avec ce débat.

Mme Joëlle MOREL. - Merci, Madame la Maire.

La transition vers une économie circulaire est une nécessité. Il faut sortir du système du "produire, consommer, jeter" qui gaspille ressources et énergie, et aller vers des activités durables qui économisent la matière et l?énergie et bénéficient à l?emploi local.

Cette deuxième feuille de route est d?abord l?occasion de mettre en lumière ce qui a d?ores et déjà fonctionné et qui se développera. La première feuille de route posait un objectif d?au moins une recyclerie ou une ressourcerie par arrondissement à la fin du mandat ; actuellement, 15 recycleries et ressourceries sont en fonctionnement à Paris et 13 lieux sont dédiés à la réparation. Le maillage territorial se poursuit donc et nous nous en félicitons.

La commande publique est un puissant levier de changement. Aujourd?hui, je veux saluer le fait que 40 % des marchés notifiés comportent des critères ou des clauses d?économie circulaire. Je m?attacherai ici à valoriser deux actions qui me tiennent à c?ur dans le deuxième plan. La première est la réduction des plastiques. En 2050, 12 milliards de tonnes de déchets plastiques au moins auront été accumulées sur la planète et le poids du plastique dans les océans sera égal ou supérieur à celui des poissons. La première utilisation du plastique concerne les emballages des produits à usage unique et jetable. La Ville s?engage d?ores et déjà dans une démarche de réduction des emballages plastiques et les deux récents v?ux adoptés en mai dernier par le Conseil de Paris, relatif à la suppression des plastiques évitables et aux cantines sans plastique, engage la Ville à aller plus loin. La deuxième action concerne l?industrie de la mode. Elle est aujourd?hui la deuxième industrie la plus polluante au monde, affichant un bilan carbone lourd qui s?élevait à 1,2 milliard de tonnes équivalent CO2 dans le monde en 2015. L?engagement est pris dans ce deuxième plan d?action de réunir tous les acteurs du secteur de la mode parisienne, des grands groupes aux petits créateurs, en passant par des acteurs du réemploi, sous la forme d?un comité consultatif pour mener une réflexion sur une mode plus éthique et circulaire. Ce travail aboutira à la signature d?engagements communs au premier semestre 2019. L?économie circulaire est donc en pleine potentialité. Nous avons confiance en Antoinette GUHL pour continuer à agir. Nous soutiendrons bien évidemment avec constance ce processus et toute cette démarche. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. La parole est maintenant à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, il faut évidemment repenser notre mode de développement, rompre avec l?hyper consumérisme et l?obsolescence programmée des objets, prendre conscience que nos ressources naturelles sont finies et qu?il est impératif de sortir des énergies carbonées et du nucléaire. Bref, il faut arrêter de penser que seul le développement économique prime et qu?au nom du dogme de la croissance, on pourrait continuer à construire n?importe quoi, n?importe comment, n?importe où, pourvu qu?il y ait encore de la croissance. Il faut sortir de ce cadre. La question de l?économie circulaire est un axe essentiel. Il faut aller dans une logique Zéro Déchet et contribuer à réduire nos déchets, à réutiliser, à réparer. Tout ce travail est essentiel mais je pense qu?il n?est pas suffisant.

Je voudrais d?abord saluer le travail d?Antoinette GUHL. Les documents en attestent, il y a une richesse d?actions recensées et une richesse de projets associatifs et de démarches citoyennes. En 5 ou 10 ans, on sent vraiment qu?il y a eu une progression dans la prise de conscience écologique, ce qui est extrêmement important.

Les ressourceries, les ateliers de réparation? Toutes ces démarches sont vraiment à développer et à promouvoir pour de nombreuses raisons parce que c?est une rupture avec la logique consumériste ; parce que cela redonne une nouvelle vie aux objets et que cela réduit ce qui va en déchets ; mais aussi parce que cela amène un autre regard sur la satisfaction de nos besoins et non pas la quête sans cesse de l?achat. Cela crée du lien social dans les quartiers à travers tous ces projets et cela crée de l?emploi.

En revanche, je regrette que l?on ne donne pas assez de moyens budgétaires à Antoinette GUHL pour vraiment donner une dimension beaucoup plus importante au travail effectué. On sait pertinemment que les ressourceries et les recycleries ont des structures assez fragiles en termes de prix des locaux ; les contrats aidés ont été supprimés. Il y a donc besoin de mettre beaucoup plus de moyens matériels pour faire ce travail.

Il faut des moyens budgétaires pour développer d?autres aspects de cette délégation. Regardez le site métabolisme.paris.fr : les données sont souvent parcellaires, datées, sur l?évolution des flux de matière dans Paris. Ces données sont souvent insuffisantes. Un axe est à développer mais cela demande des moyens car ce travail ne se fait pas sans rien.

Sur la question politique plus globale et pour en revenir à ma petite introduction, j?y vois deux incohérences de la majorité parisienne. La première incohérence, c?est que l?on ne peut pas vouloir développer - ou prétendre développer - à fond l?économie circulaire et se retrouver avec un projet d?usine d?incinération à 2 milliards d?euros pour Suez qui reste calibré dans une démarche complètement décalée par rapport aux ambitions que nous devons porter en terme de réduction des déchets. C?est une incohérence majeure sur laquelle je reviendrai, puisque j?ai à nouveau un v?u, comme le groupe Ecologiste, contre cette usine d?incinération pour qu?au moins les citoyens et les citoyennes puissent se prononcer et voter. Quand on fait l?enquête, tous les commentaires des citoyens sont - je ne sais plus le chiffre - à 90 % contre cette usine.

Deuxième incohérence : quand on veut être dans cette logique de l?économie circulaire et que l?on ne veut pas être dans du "greenwashing" et du capitalisme vert, il faut aussi assumer la décroissance sélective d?un certain nombre d?activités. Je trouve que cela n?est pas présent ou assumé dans notre politique de manière globale. Je reprends un exemple sur lequel j?étais intervenue hier : le Grand Paris de l?économie circulaire ne peut pas s?arrêter aux frontières du métro. En ce moment, il y a les projets du Grand Paris Express. Les déblais des tunnels pour le métro et Europacity vont aller se déverser sur le Triangle de Gonesse. C?est une aberration. Elle se pense en termes d?économie circulaire dans le cadre de la Métropole.

On ne peut pas fermer les yeux sur ce qui se fait en dehors de nos murs, alors que nous sommes tous interdépendants. Si on privilégie la terre des remblais, des constructions en terre crue plutôt que la mauvaise économie circulaire façon Lafarge, qui utilise de vieux pneus pour faire son ciment, cela change la donne.

Ne croyez pas que je divague. Sachez que dans le domaine de la construction, s'il y a un bien un domaine caricatural dans le capitalisme vert de l'économie circulaire, c'est bien celui-là.

Les cimenteries type Lafarge sont dans l'économie circulaire à réutiliser des pneus et même dans certains pays, des déchets toxiques. Résultat, ils récupèrent de l'argent, ils sont payés pour utiliser cela à la place d'autres combustibles classiques type pétrole. On les paye pour recycler nos déchets dans leurs grands fours que sont toutes leurs usines de ciment. Résultat : ils peuvent revendre leurs droits à polluer, alors que l'on sait depuis un bout de temps que l'on peut construire des bâtiments, y compris des tours de grande hauteur, avec de la terre crue, et donc des émissions de gaz beaucoup moins importantes?

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Il faut conclure !

Mme Danielle SIMONNET. - On développe un projet très intéressant à Ivry. Je termine. La croissance du bien vivre, cela fait décroître l'inutile et l'inégalitaire, continuons !

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Je donne la parole à Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER, du groupe PPCI, pour la présentation du v?u n° 111.

Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER. - C'est un petit v?u qui a été rattaché à ce projet de délibération, c'est une bonne chose puisque c'est le sujet. L'Exécutif me demande de retirer le considérant nº 4 pour qu'il soit voté, ce que je ferai bien volontiers.

De nombreux Parisiens se plaignent que de nombreux tracts publicitaires soient posés sur les pare-brise de leurs voitures, ce qui occasionne deux défauts majeurs. D'abord, du gaspillage de papier, et dans certains quartiers il y en a plus que d'autres, y compris quand il pleut, et certains Parisiens, excédés par cette pratique, en général jettent les papiers sur la voirie, ce qui fait donc de la pollution et de la malpropreté. Certains arrêtés préfectoraux ont été pris notamment dans le centre de Paris, mais d'après ce que je comprends, ils sont limités, puisqu'ils sont une atteinte à la liberté de colportage et peuvent être attaqués juridiquement à tout moment. La mesure de bon sens pour ce v?u était de dire que l'on pourrait faire de la communication, et éditer un petit macaron à apposer sur les pare-brise des voitures, pour que les Parisiens qui ne souhaitent pas avoir de tracts publicitaires dessus puissent en bénéficier. Je demande donc à la Ville de faire de la publicité et de la communication pour cette pratique qui, à mon avis, est de bon sens.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Pour répondre, je vais donner la parole à Antoinette GUHL, étant entendu que vous avez 5 minutes maximum pour répondre à l'ensemble des intervenants, plus le v?u.

On est déjà bien avancé dans l'heure.

Mme Antoinette GUHL, adjointe. - Je constate avec plaisir que vous vous êtes emparés des problématiques de l'économie circulaire, les uns et les autres.

Il y a quelques années, lorsque nous en parlions, nous étions encore dans des débats assez conceptuels. Souvenez-vous de 2014 où nous avions évoqué pour la première fois dans cet hémicycle, l'économie circulaire. Je crois que je peux dire pour la première fois dans tous les hémicycles français, puisque la Ville de Paris a été la première ville à inscrire une politique d'économie circulaire dans sa politique municipale. Ce n'est qu'après que d'autres ont suivi. Ce n'est qu'après d'ailleurs, y compris dans la loi, que l'économie circulaire a été mentionnée puisque cela date de 2015.

Aujourd'hui, avec la sortie des plastiques, le lancement d'épiceries en vrac, des constructions d'immeubles Zéro Déchet, l'utilisation des terres excavées pour ne prendre que quelques exemples, nous montrons bien que ce concept se traduit de manière très opérationnelle et très concrète sur le territoire, tant en matière de production, de consommation, que de gestion des déchets.

L'urgence écologique, certains d'entre vous l'ont mentionnée, elle est là. Face à cette urgence, à Paris nous avons choisi l'action. A Paris, nous avons été les premiers à mener cette politique d'économie circulaire. Nous avons fait les États généraux en 2014, le Livre Blanc en 2015. La première feuille de route votée en 2017. La mise en place des actions, et maintenant, cette deuxième feuille de route en 2018, plus et je le signale, un suivi très exigeant des indicateurs dont je dirai quelques mots après.

Vous le voyez, nous menons une politique d'économie circulaire qui est volontaire, engagée, et innovante.

Nous avons été suivis dès 2015, et depuis par l'Etat, Monsieur LAURET, je vais répondre à votre question, qui a fait paraître la feuille de route d'économie circulaire nationale en avril dernier.

J'ai participé, Monsieur LAURET, aux travaux de cette feuille de route en tant qu?ambassadrice de l'économie circulaire. J'ai partagé l'expérience de la Ville de Paris, qui fait figure de précurseur sur le sujet. Je continue à travailler avec l'État sur ce sujet, qui est un sujet innovant, pour lequel il est important que Paris apporte son expertise, nous ne sommes pas si nombreux à mener des politiques d'économie circulaire. Nous devons donc réunir à la fois nos expertises et nos forces.

A Paris nous avons, Madame NAHMIAS, Madame BLOCH, un beau bilan de réalisation de cette première feuille de route votée il y a à peine 18 mois.

La commande publique, Mme PREMEL et Mme FILOCHE le disaient, 40 % des marchés de la Ville comportent une clause d'économie circulaire. 40 % des marchés en l'espace de deux ans, dans lesquels nous avons soit des clauses en amont, soit des clauses en aval d'économie circulaire.

Egalement, le quartier des 2 rives, le premier quartier d'affaires circulaires d'Europe, parrainé par Navi RADJOU, le penseur de l'économie frugale, qui nous vaudra très prochainement un prix Territoria.

Là où vous ne concevez pas qu'il puisse y avoir des résultats, d'autres par contre, non seulement le conçoivent, mais nous en donnent des récompenses. C'est le cas non seulement pour le quartier des 2 rives, mais également pour l'aménagement en mode circulaire de la Maison des Canaux, la maison des économies sociales solidaires, mais également circulaires.

Concernant la réparation, nous comptons désormais pas moins de 13 lieux destinés à la réparation. Nous avons également lancé en matière de textile, avec d'autres et en partenariat, Frivep, filière de récupération des vêtements professionnels, nous le faisons en partenariat avec de nombreuses entreprises et certains ministères de l'État.

Je n'évoque pas, sur de nombreux sujets, les chantiers de la Ville par exemple, exemplaires en termes de recyclage, de réemploi, qui sont menés par la DCPA, la politique de compost, de lutte contre le gaspillage alimentaire, l'ouverture des ressourceries dont j'ai déjà beaucoup parlé dans cet hémicycle.

Cette deuxième feuille de route, nous poursuivons avec 15 nouvelles actions. Je n'en présenterai que 3 sur lesquelles vous êtes déjà intervenus. La première action qui est la mise en ?uvre d'une stratégie parisienne de sortie des plastiques, elle inclut bien sûr la commission d'action sur les alternatives aux plastiques que nous avions votée en juillet.

La seconde action, Madame PREMEL, Madame FILOCHE, vous l'avez évoquée, c'est le développement d'une mode écoresponsable. Je ne retire rien de tout ce que vous avez dit, Madame FILOCHE, Madame PREMEL, je vois que vous êtes très bien renseignées sur l'impact de cette activité qui est la deuxième activité la plus polluante pour la planète. Nous y travaillons avec Frédéric HOCQUARD pour mettre en place des actions concrètes avec l'ensemble de la filière de la mode, pour développer une mode écoresponsable à Paris.

Troisième action, la mise en place de l'économie circulaire dans le domaine de la culture. Je vous donne un chiffre, chers collègues : une grande exposition correspond à 20 tonnes de déchets. Ce sont des cloisons, des moquettes, des décors qui se retrouvent à la benne en ayant servi à peine quelques mois. Nous travaillons avec Paris Musées, avec d'autres partenaires de la Ville, afin d'introduire ces actions d'économie circulaire dans la culture. Des espaces événementiels et culturels, tels que le Carreau du Temple, se portent volontaires pour intégrer la démarche.

Enfin, en clin d'?il à notre nouveau collègue Paul SIMONDON, je voulais évoquer une belle action qui nous vient de la mairie du 10e, une rue "Zéro Déchet" où convergeront tous les dispositifs existants actuels de nos politiques d'économie circulaire et de gestion des déchets. Il s'agit de la rue de Paradis, qui deviendra très prochainement notre rue "Zéro Déchet".

Je voudrais dire deux mots sur les indicateurs. J'ai tenu à ce que nous étudiions avec attention les 2 grands indicateurs de l'économie circulaire, d'une part le métabolisme urbain, vous en avez parlé, Madame SIMONNET, il est en train d'être mis à jour. Le métabolisme urbain, qui comptabilise des flux des matières, je vous donnerai les résultats.

Le deuxième indicateur, c'est la question de l'emploi. Si, aujourd'hui, on est en mesure de dire qu'il y a 67.000 emplois dans l'économie circulaire, c'est parce que nous avons commandité cet indicateur, commandité l'établissement de cet indicateur. Nous y avons travaillé avec l'A.D.E.M.E., l'Etat et nos services. Aujourd'hui, nous sommes le premier territoire à pouvoir dire combien de personnes sont employées dans l'économie circulaire : 67.000 emplois. Chacun de ces emplois soutient à lui seul 1,6 emploi supplémentaire à Paris pour une valeur ajoutée de plus de 7 milliards d?euros.

Je m'arrête là. Simplement, donner également la réponse au v?u, bien sûr.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Mais, là, vous avez dépassé votre temps de parole.

Mme Antoinette GUHL, adjointe. - Je donne juste la réponse au v?u en disant que, bien sûr, sous réserve de la suppression du 4e considérant, je donne un avis favorable à ce v?u qui, je dois le dire, est déjà exaucé aujourd'hui.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Très bien. Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe PPCI, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2018, V. 574).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 159.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2018, DEVE 159).

Je vous en remercie.

2018 DAJ 19 -