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Novembre 2018
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2018 DASES 34 - Minoration de loyer consentie à l'association "Aurore" pour l'occupation temporaire de la caserne située 45-47, boulevard Exelmans (16e) à usage de centre d'hébergement d'urgence.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous passons à présent au projet de délibération DASES 34. Il s'agit de la minoration de loyer consentie à l'association "Aurore" pour l'occupation temporaire de la caserne 45-47, boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement, à usage de centre d'hébergement d'urgence. Nous avions, d'ailleurs, une réunion sur ce sujet avec un certain nombre de riverains hier soir, qui s'est fort bien passée.

Je donne la parole, dans un premier temps, à M. Hervé BÉGUÉ.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, une nouvelle fois, l'arrivée de réfugiés, de demandeurs d'asile et de familles en difficulté fait trembler les riverains du boulevard Exelmans. A chaque fois, l'implantation d?un lieu d'hébergement fait un tollé avant son arrivée dans certains quartiers parisiens. Souvenons-nous de la polémique due à l'installation d?un centre d'hébergement au bois de Boulogne il y a deux ans déjà.

Depuis, les riverains ont reconnu que la présence de ce centre n'avait apporté aucun désagrément particulier. Le travail mené par l'association "Aurore" est une garantie pour qu?il en soit de même sur le boulevard Exelmans. En attendant l'importante opération immobilière sur cette ancienne caserne, qui verra arriver des logements sociaux dans un quartier qui en est fort dépourvu, que ces locaux soient utilisés dans le cadre des opérations de mise à l'abri des populations les plus fragiles est une bonne chose.

Je pense qu'une nouvelle fois, dans quelques semaines, la polémique retombera et ces personnes vivront dans ce coin du 16e sans poser aucun problème aux riverains. Il est difficile pour certains de comprendre que la solidarité parisienne puisse prendre racine ailleurs que dans le quart Nord-Est de la Capitale. Est-il judicieux de laisser ces 6.000 mètres carrés inutilisés pendant que les placements pour les réfugiés et les demandeurs d'asile manquent ? Non, nous ne le pensons pas. Il s'agit là d'une bonne politique, parce que l'occupation de ce patrimoine évitera sa dégradation, parce que nous manquons de places pour la mise à l'abri des réfugiés et des demandeurs d'asile, parce qu?il est normal que la solidarité parisienne ne s'arrête pas aux frontières du 16e arrondissement.

Espérons que l'Etat sera au rendez-vous pour ne pas laisser la Ville seule dans sa politique de solidarité, qui va bien au-delà de ses obligations légales, répétons-le.

Pour toutes ces raisons, nous soutenons ce projet de délibération avec force et conviction.

Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Hervé BÉGUÉ.

La parole est à présent à M. Thomas LAURET.

M. Thomas LAURET. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous étions ensemble, hier soir, à la caserne Exelmans, pour essayer de rassurer les riverains et leur expliquer que, quand on laisse des migrants à la rue, on a plus d'insécurité que s'ils sont encadrés notamment. On a aussi, à ce propos, un sujet de cohérence, que j'ai rappelé hier soir et que je veux rappeler au niveau du Conseil. On a fait politiquement le choix - c'est un choix que j'ai soutenu et continue à soutenir avec vous - d'essayer de rééquilibrer l'hébergement d'urgence à Paris entre l'Est et l'Ouest parisien.

On a trouvé une solution, allée des Fortifications, il y a deux ans, dont on sait que c'est une solution transitoire et qui a fait couler beaucoup d?encre, avec beaucoup de réactions qui ont parfois été réutilisées et toujours excessives. Mais, aujourd'hui, on a un centre d'hébergement d'urgence, d'accueil de migrants, caserne Exelmans, sur lequel il y a un projet de logement social qui, sauf erreur de ma part, n'a pas encore été voté. On sait que le centre allée des Fortifications est sur un permis de construire provisoire qui prend fin dans un an, en novembre 2019.

Ayons un peu de cohérence et essayons d'anticiper un minimum, et utilisons la caserne Exelmans pour qu?une partie de celle-ci puisse accueillir de façon pérenne de l'hébergement d'urgence, de familles notamment, dans le 16e arrondissement. Sinon, on va repartir, dans deux ans, sur aucun endroit pour faire de l'hébergement d'urgence dans le 16e arrondissement.

On peut évidemment réutiliser des projets temporaires - j'ai bien compris la logique de l'intercalaire - mais soyons cohérents. Utilisons une partie de la caserne Exelmans pour faire de l'hébergement d'urgence pérenne dans le 16e arrondissement, plutôt que de ne pas tenir l?engagement que j'avais moi-même soutenu à l'époque, qui est de dire : en novembre 2019, le permis de construire provisoire prend fin, mais on continue à laisser les baraquements de la "Promesse de l'aube" dehors. On avait dit que l'on végétaliserait, mais on ne respecte pas nos engagements vis-à-vis des Parisiens, et à la fin on n'a plus d'hébergement d'urgence dans le 16e.

Je pense qu'il faut arrêter d'être cynique sur cette question et faire en sorte que l'hébergement d'urgence pérenne puisse effectivement exister dans le 16e arrondissement. Je vous remercie.

C'était l'objet d'un v?u, ce n'est plus la peine que je le représente.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Monsieur LAURET.

La parole est à Mme Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, à la suite de la mise en place et de la fermeture de la bulle à la porte de la Chapelle, la Ville a décidé d'apporter des mesures concrètes à moyen terme pour l'accueil et l'insertion des personnes sans-abri.

Le cas de la caserne Exelmans située dans le 16e arrondissement est l'une des mesures les plus prometteuses pour apporter une solution concrète à notre volonté collective d'accueillir dignement des réfugiés et demandeurs d'asile en situation de grande fragilité.

En confiant cet espace qui peut accueillir pendant 2 ans environ 300 personnes et familles à l'association Aurore, la Ville se garantit l'appui d'une structure ayant prouvé son efficacité. Elle travaille non seulement sur la protection des personnes à travers l'hébergement, mais également sur leur insertion dans la vie économique. Le projet prévoit aussi des cours de français et d'informatique visant à l'insertion socio-culturelle des nouveaux arrivants ainsi qu?une épicerie solidaire.

Cette association Aurore a notamment en charge la gestion du restaurant de Santeuil dans le 5e arrondissement. Ce lieu a la double charge de proposer une activité rémunérée à un personnel atteint d'un handicap et de fournir des repas à une population très précaire.

Cette structure a été très mobilisée sur d'autres projets d'occupation temporaire similaires à celui de la caserne, notamment sur le site des Grands Voisins.

Ces initiatives réussies dans les quartiers les plus favorisés de la Capitale nous aideront à effacer quelques mauvais souvenirs. En 2016, un premier centre d'hébergement destiné aux sans-abri dans le 16e arrondissement, en lisière du bois de Boulogne, avait suscité une vive réaction d'opposition de la part de riverains et avait ensuite été vandalisé sans que cela remette en cause ni son ouverture ni aujourd'hui son fonctionnement.

Malgré quelques centaines de grognards qu'il reste dans le 16e arrondissement, ce sont surtout des messages d'espoir et de solidarité qui sont rapportés dans le cadre de ce projet. On peut espérer que la vie au contact des personnes sans-abri aura permis aux riverains d'évoluer sur leurs préjugés et d'apprendre à cohabiter sur l'espace public.

Toutes et tous ici présents nous connaissons les déséquilibres entre l'Ouest et l'Est de la Capitale. Le 16e arrondissement accueillait encore en 2016 6,1 % de logements sociaux, contre près de 40 % dans le 19e.

Or, nous sommes engagés dans une vision égalitaire du territoire et le projet que Paris Habitat porte pour la caserne Exelmans est d'ailleurs une suite logique de son contrat d'occupation temporaire de 2 ans, car il offre aux moins aisés d'entre nous une chance d'habiter la Capitale.

Car cette cohabitation est ce que nous désirons le plus voir comme une chance, l'accueil et l'insertion des personnes en difficulté.

Voilà pourquoi nous voterons ce projet de délibération. Merci beaucoup.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Madame la Présidente.

La parole est maintenant à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, évidemment je voterai pour ce projet de délibération, d'abord c'est la preuve que l'on y arrive, pourtant on en a eu des séances et des séances où toujours les mêmes s'opposaient à chaque fois qu?il y avait un projet soit de logement social, soit de centre d'hébergement dans le 16e arrondissement de Paris.

Le 16e arrondissement, comme cela a été rappelé par Léa FILOCHE, est un des arrondissements où la part de logements sociaux est la plus faible. Alors, on est toujours dans la caricature sur cet arrondissement que décrit Monique PINÇON-CHARLOT dans ses travaux sociologiques sur l'entre-soi des riches. L'exemple du 16e arrondissement, hélas, s'illustre toujours.

C'est important à chaque fois que nous avons la possibilité d'implanter dans cet arrondissement aussi, à la fois du logement social et des centres d'hébergement.

Deuxième chose à noter sur ce projet de délibération, on utilise l'intercalaire pour permettre à des associations de mener leurs activités, et là on a un centre d'hébergement pour réfugiés de 100 places, demandeurs d'asile de 150 places, centre pour les familles de 50 places.

Au vu de la nature de ces activités, le loyer proposé est plutôt de l'ordre du symbolique puisqu'il s'agit, je crois, de 100 euros par an pour l'occupation de ce site. Et la ville de décrire que finalement, c'est une perte de recettes consentie par la ville à raison de 699.900 euros par an.

Je pense que l'on ne démultiplie pas suffisamment le nombre d'opérations équivalentes qu'il est possible de faire avant que de gros travaux sur un bâtiment soient programmés et puissent se faire. Il faut absolument le développer.

En revanche, pourquoi le cadre du domaine intercalaire se retrouve toujours sur les centres d'hébergement, or on a un besoin pérenne de centres d'hébergement ? On voit bien que ces 250 places finalement restent totalement en-deçà des prévisions, que ce soient des problèmes d'hommes et de femmes sans domicile fixe, que ce soit la problématique des exilés, ou la problématique des mineurs isolés étrangers, on manque de places dans des centres d'hébergement adaptés à Paris. Il va bien falloir passer au cran supérieur à mon avis dans la démultiplication de ce type d'opération. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci à tous d'avoir tenu votre temps de parole.

Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Dominique VERSINI.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues, merci pour vos interventions sur ce lieu de la caserne Exelmans, qui est une nouvelle illustration de la politique de la ville en matière de mobilisation de son foncier que mène Ian BROSSAT en partenariat avec moi, et bien évidemment avec le soutien très fort de la Maire de Paris pour développer l'hébergement des personnes sans-abri.

Evidemment, les uns et les autres ont dit différentes choses. Moi je vais vous dire que nous avons depuis le début de la mandature mis à disposition plus de 5.600 places dans le domaine intercalaire, et parce que le domaine intercalaire bouge au fur et à mesure des constructions de programmes définitifs, notamment de logements sociaux, en temps réel, c'est quand même 3.500 places qui sont ouvertes actuellement, ce qui est extrêmement important.

Madame SIMONNET, quand vous dites, on devrait faire plus plus, je pense qu'aujourd'hui, à Paris, on fait le maximum et que peu de lieux vides dans le domaine dont la Ville est propriétaire nous échappent. C'est d'ailleurs encore un grand effort que l'on va faire avec Ian BROSSAT cet hiver pour ouvrir des places, puisque depuis la nuit de la solidarité, ce sont 1.500 places nouvelles qui ont été mises à disposition. La pleine ouverture sera en décembre.

Je pense que quand même sur une compétence qui est du ressort de l'Etat, Paris n'a vraiment pas à rougir.

Ensuite, vous l'avez vu j'ai distribué ces petits nuanciers qui vous permettent de voir l'implantation des centres d'hébergement. On voit clairement que des arrondissements en sont peu ou quasiment pas pourvus, c'est le cas du 16e. C'est une bonne nouvelle que ce centre ait pu ouvrir dans la caserne Exelmans. Ian BROSSAT y était hier soir avec le préfet pour rassurer des voisins du quartier, mais c'est normal. Je pense qu'ils ont été bien rassurés.

Ce que je voulais vous dire, c'est qu'Aurore est une grande association, extrêmement sérieuse, et l'on est très fier de ces ouvertures.

Pour terminer, Monsieur LAURET, oui, en 2021, je crois, il y aura un programme de logements sociaux, une crèche, ainsi qu'un centre d'hébergement pérenne. Vous voilà satisfait dans vos v?ux.

Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 34.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ? Le projet de délibération est adopté. (2018, DASES 34). 2018 DASES 359