Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mai 2003
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

3 - Evocation du récent tremblement de terre d'Algérie

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - Avant d'aborder notre ordre du jour, il y a deux sujets sur lesquels je veux vous dire quelques mots.
Le premier concerne le drame terrible que vit à nouveau l'Algérie. Tout de suite, dès que je l'ai appris - j'étais à Barcelone -, je me suis adressé aux autorités d'Alger, en liaison avec l'Adjoint aux Relations internationales. Nous avons exprimé immédiatement notre disponibilité et notre solidarité.
C'est un drame terrible, qui touche une fois de plus ce peuple et les quartiers d'Alger et c'est bouleversant à la fois par ce qui arrive, par l'émotion que cela suscite, mais aussi par les difficultés à y faire face. Je souhaite donc que Paris à sa place puisse être dans l'efficacité.
Vous vous souvenez qu'après que nous ayons déjà épaulé cette capitale amie dans la difficulté, je m'étais rendu avec des élus de la majorité et de l'opposition municipale, au Maghreb, et notamment à Bab-el-Oued, où nous avions pu discuter un peu de ce que nous faisions avec eux.
Dans le cas précis, il s'agit d'agir avec les services de la Ville, le Secrétariat général, qui a déjà l'habitude des contacts avec l'équipe d'Alger, et l'Adjoint aux Relations internationales, Pierre SCHAPIRA, qui d'ailleurs devra en parler à chacun des groupes, de manière à écouter toutes vos suggestions.
Il semble que pour nous rendre réellement utiles, dès ces premiers jours, nous pouvons passer par la Croix-Rouge et Médecins du Monde. Il se peut aussi - mais je n'ai pas voulu précipiter parce que je n'avais pas encore d'évaluation - que nous puissions faire appel aux Parisiens. Simplement je veux savoir comment faire en sorte que cette solidarité porte véritablement sur les besoins réels afin de ne pas récolter des choses dont n'ont pas besoin les victimes.
Donc l'essentiel est qu'à la fois dans cette circonstance Paris manifeste sa solidarité avec l'Algérie et avec Alger et que ce que nous organisons concrètement pour l'exprimer soit réellement utile. Mais bien sûr au-delà c'est un message de fraternité, d'amitié, que Paris adresse à cette occasion aux Algériens de France et de Paris, et bien entendu aux Algériens victimes de cette terrible catastrophe.
Je voulais donc en informer le Conseil.
Monsieur GOUJON, vous avez la parole.
M. Philippe GOUJON. - Après votre déclaration concernant ce terrible drame je voudrais au nom de mon groupe également dire combien nous sommes horrifiés devant le malheur qui encore une fois a terrassé cette terre d'Algérie, tellement brutalisée par l'histoire. Les images d'horreur qui nous parviennent depuis mercredi dernier, nous font découvrir les dégâts considérables mais également évidemment surtout le terrible drame humain, insupportable, que vivent les habitants d'Alger, de Boumerdes, de Zemmouri et d'autres villes encore. Je voudrais au nom de mes collègues du groupe U.M.P. exprimer notre profonde sympathie, notre solidarité avec le peuple algérien et adresser aux familles des victimes de ce séisme nos condoléances.
Je voudrais également dire à ce peuple ami - et la récente visite du Chef de l'Etat en Algérie en est la preuve - l'intensité de nos pensées en ces moments douloureux et rappeler aux 35.000 algériens qui vivent à Paris le devoir collectif de solidarité que nous avons envers eux et leurs familles endeuillées.
Vous allez prendre des initiatives, Monsieur le Maire, et nous les soutenons évidemment et nous y participerons, mais nous vous suggérons également de mettre en place pour les préparer une cellule d'aide à l'Algérie qui soit composée d'élus, de représentants des directions techniques de notre Municipalité, et de responsables des principales associations humanitaires ?uvrant en Algérie, cellule qui aurait pour tâche la liaison avec les autorités municipales des principales villes touchées, d'évaluer l'aide d'urgence et à plus long terme d'ailleurs que notre Capitale serait en mesure de fournir.
Les besoins sont infinis, nous le savons bien, et nous ne pourrons pas alléger la peine, ni soulager toute la misère, ni réparer tous les dégâts. Le Gouvernement d'ailleurs s'y emploie depuis quelques jours de son mieux et des secours ont été envoyés sur place. Mais Paris, Monsieur le Maire, vous le savez mieux que d'autres, dispose à travers une administration d'une grande compétence, d'un savoir-faire technique que lui envient les plus grandes capitales. Que ce soit en matière de voirie, d'urbanisme, de traitement des eaux usées, d'aide sanitaire, à travers l'A.P.-H.P., que vous présidez, le soutien que nous sommes susceptibles de fournir au peuple algérien ne sera pas négligeable dans le moyen terme notamment, loin s'en faut.
Nous avons d'ailleurs agi aussi hier en d'hélas aussi cruelles circonstances à l'égard de pays plus lointains, et c'était normal. Aujourd'hui plus que jamais Paris doit démontrer, par sa générosité, sa solidarité, que c'est en plus un sincère élan du c?ur qui la fait partager le malheur mais aussi l'espoir du peuple algérien.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs de l'Assemblée).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Je veux bien que vous interveniez, je suggère que l'on ne soit pas trop long mais tout cela converge, c'est excellent.
Monsieur VUILLERMOZ, Monsieur RIOU, les présidents de groupe, oui, bien sûr, Monsieur GALAND, je pense que nous allons converger, donc dites que vous êtes d'accord avec le précédent éventuellement.
M. Jean VUILLERMOZ. - Au nom de mon groupe je voulais m'associer évidemment aux paroles que vous avez prononcées. Il se trouve que j'étais sur le sol algérien quand ce terrible tremblement de terre a eu lieu et tout de suite j'ai fait part aux Algériens et aux responsables qui m'entouraient de ma solidarité aux victimes de cette catastrophe.
J'ai mesuré tout de suite l'effroi que cela représentait et provoquait au sein de ce peuple algérien qui est déjà très touché par tout un tas de problèmes de différentes natures et je pense qu'il y a nécessité effectivement de trouver des formes qui permettent à ce peuple d'éprouver la solidarité du peuple français. Je voudrais aussi peut-être vous suggérer ou suggérer aux maires d'arrondissement éventuellement que les mairies d'arrondissement puissent être ouvertes, ou que l'on puisse s'organiser pour recueillir les dons, les fonds qui peuvent être apportés par les Parisiennes et les Parisiens.
Cela pourrait être une sorte de solidarité montrée au peuple algérien par les Parisiens. Voilà ma proposition.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur VUILLERMOZ.
Monsieur RIOU, vous avez la parole.
M. Alain RIOU. - Oui, Monsieur le Maire, mes chers collègues, avant tout, ce qui s'est passé en Algérie, c'est un drame humain épouvantable et il est évident que groupe "Les Verts" ne peut qu'exprimer son émotion et sa solidarité à ce peuple et en tout particulier au peuple d'Alger et des centres urbains qui l'entourent.
Je voulais vous dire, Monsieur le Maire, que bien évidemment le groupe "Les Verts" s'associera à toute initiative de votre part qui permettrait d'aller vite et loin dans l'aide que l'on peut apporter au peuple algérien.
Je voudrais dire une deuxième chose. C'est un drame humain mais c'est aussi un drame urbain. Je ne veux pas faire de politique de fond à travers un drame de cette nature mais, c'est vrai que beaucoup de pays en voie de développement ou qui sont plus développés qu'en voie de développement connaissent souvent les crises qu'on a vues ici, tremblements de terre et autres intempéries ou éléments qui les détruisent.
Je pense qu'il faut réfléchir à une aide à plus long terme. Il ne s'agit pas d'apporter le conseil ni de faire de l'eurocentrisme mais d'apporter une aide à plus long terme pour essayer de voir comment on pourrait prévenir les risques. Je crois que c'est le seul moyen d'éviter que ces drames ne se traduisent par autant de morts et autant de peines.
Merci.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.
M. Georges SARRE a la parole.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, comme tous les collègues qui viennent de s'exprimer après vous-même, je voudrais, au nom des élus du Mouvement républicain et citoyen, dire combien nous sommes choqués et émus par le drame que connaît à l'heure actuelle l'Algérie, et plus précisément l'Algérois.
Ce n'est pas la première fois que l'Algérie connaît des tremblements de terre. Chacun se souvient sans doute, ici, de celui qui avait beaucoup marqué les Français, je parle du tremblement de terre d'Orléanville qui avait, à l'époque, entraîné une solidarité réelle, dans un contexte qui, je le souligne, n'allait pas tarder, politiquement, à se dégrader.
D'autres sont intervenus et c'est en ce sens que je rejoins Alain RIOU pour dire que, même si personne ne peut évaluer les mouvements des plaques tectoniques, c'est un phénomène récurrent, qui se reproduira et je pense qu'il conviendrait, dans l'aide technique qui pourrait être demandée à la France par l'Algérie, que nous envoyions des vrais spécialistes pour la reconstruction, de manière à ce que les maisons, les bâtiments, les équipements soient plus solides et puissent mieux résister aux séismes.
Je concluerai en disant simplement que je suis aussi d'accord avec l'idée d'ouvrir les mairies. Faut-il encore, comme vous l'avez précisé, que l'on sache un peu mieux comment faire et que les vingt mairies le fassent en même temps.
Je terminerai en ajoutant qu'il me semble aussi souhaitable d'envisager une coordination avec l'Etat car nous avons des ingénieurs, nous avons des services techniques, nous avons des fonctionnaires de qualité et c'est en fonction de l'aide que l'Etat pourrait faire parvenir à l'Algérie que nous pourrions avoir une action complémentaire, dans ce cadre-là.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci bien.
Monsieur GALLAND, vous avez la parole.
M. Yves GALLAND. - Merci, Monsieur le Maire.
Naturellement, le groupe U.D.F. tient à marquer son émotion face au drame algérien et nous participerons, comme il se doit, à la solidarité qui est manifestée dans cette Assemblée, à l'unanimité.
Vous avez voulu que nous fassions bref, je ferai ultra bref. La solidarité est double. C'est la solidarité d'abord des Parisiens. Nos collègues l'ont indiqué, les mairies d'arrondissement sont de bons vecteurs et je crois qu'il convient qu'après analyse, vous puissiez structurer cette solidarité pour qu'elle soit efficace.
C'est également la solidarité de la Ville de Paris qui se manifestera par l'intermédiaire des propositions de l'Exécutif de la Ville, que vous soumettrez à cette Assemblée.
Je voudrais simplement vous dire, Monsieur le Maire, qu'il y a déjà plusieurs années que nous pensons que, compte tenu des structures opérationnelles lourdes dont dispose la Ville de Paris, nous devrions avoir des dispositifs, des structures d'action prévus à l'avance, qui puissent s'adapter aux situations mais qui seraient mobilisables dans de meilleures conditions et plus rapidement. Cela fait des années que nous le pensons et nous profitons de ce drame pour vous le rappeler car nous serions prêts à participer à une réflexion à cet égard.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Monsieur BLOCHE, vous avez la parole.
M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.
Après mes collègues présidents de groupe, je souhaiterais, au nom des élus du groupe socialiste et radical de gauche, vous dire combien nous avons été bouleversés par les événements qui viennent de se dérouler en Algérie. C'est un drame qui touche un pays ami et dont nous ressentons toute la dimension puisque la communauté algérienne est importante et présente en France depuis longtemps. Nous rencontrons donc des femmes et des hommes qui nous disent leur émotion parce qu'ils ont perdu un proche ou qu'ils sont encore en attente de nouvelles.
Vous avez exprimé la solidarité des Parisiens à l'égard des populations algériennes éprouvées. Sans doute est-ce là aussi l'occasion d'essayer d'avancer et d'aller plus loin dans une démarche de coopération décentralisée pour que ce partenariat nord-sud auquel vous tenez tant, puisse prendre toute sa dimension, avec d'autres partenaires, sans doute, Georges SARRE l'évoquait, l'Etat, la Région.
En attendant, puisque nous sommes face à l'événement, face à la nécessité, aux besoins qu'ont nos concitoyens, qu'ont les Parisiens d'exprimer leur solidarité, il faut que vous puissiez prendre l'initiative avec et en concertation avec les mairies d'arrondissement pour que les mairies de proximité que sont les mairies d'arrondissement puissent recueillir tous les témoignages et tous les gestes, tous les actes de solidarité que les Parisiens voudront exprimer.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.
Mes chers collègues, je me réjouis vraiment de l'unanimité qui est la nôtre à la fois pour manifester notre affection à cette population victime mais aussi pour agir concrètement.
Simplement, je voudrais rappeler quand même à nos collègues que j'ai l'impression qu'il fallait actualiser. La Ville de Paris a déjà, dans une période récente, mené des actions de solidarité avec des quartiers d'Alger, après une catastrophe et c'était les inondations. Le Secrétaire général de la Ville et les ingénieurs de la Ville sont allés sur place.
C'est aussi l'occasion, pour moi, de dire à M. GALLAND que, depuis de nombreuses années, car cela ne date pas de 2001, la Ville de Paris a une expertise et une rapidité de réaction pour se projeter - cela me rappelle d'autres débats - là où il y a besoin de sa compétence dans des situations naturellement dramatiques.
On peut aussi expliquer mieux aux élus comment cela fonctionne mais on a heureusement, on l'a prouvé depuis, une capacité à intervenir efficacement et rapidement sur ces drames.
Je voudrais aussi vous rappeler, parce que j'ai l'impression qu'il faut que je le fasse, que j'ai signé avec les autorités d'Alger un accord de coopération, il y a quelques mois, qui faisait suite à la visite que nous avons rendue aux trois capitales du Maghreb. J'ai voulu signer l'accord de coopération avec la Ville d'Alger qui commence à se mettre en ?uvre, qui porte sur l'urbanisme, le transport, la culture, etc., mais il est vrai que cette actualité doit nous amener à nourrir encore le contenu de cet accord de coopération ; dans cet accord de coopération, il faut évidemment chercher tous les partenariats de manière qu'une actualité dramatique nourrisse aussi la coopération régulière avec une capitale aussi proche de Paris à tous les sens du terme.
En tout cas, le Conseil de Paris, ce matin, vient de manifester à quel point nous étions proches.
Dernier aspect, je souhaite que Pierre SCHAPIRA, le Secrétariat général, regardent sous quelle forme et avec quelle destination peut être sollicitée la générosité des Parisiens, y compris sur le plan financier, mais, sur le plan financier, cela ne peut pas être fait comme cela, ce n'est pas la Ville de Paris qui recueille de l'argent, il faut savoir que ce genre de chose ne peut se faire que dans des règles et avec un dispositif très particulier.
Donc je souhaite que Pierre SCHAPIRA avec le Secrétariat général, et en interrogeant les maires d'arrondissement, voit comment cela peut se faire et je lui rappelle que sur ce sujet, comme sur celui où nous avions lancé la solidarité avec le peuple de Bagdad, nous aurons une délibération qui nous permettra de le concrétiser.
Sur ce sujet comme sur les autres, je demande à l'adjoint en charge de ce dossier d'être en contact avec chacun des six groupes de notre Assemblée car je veux que chacun des groupes puisse être en mesure de proposer et animer avec l'adjoint compétent la solidarité de la Capitale.
Je vous remercie sur ce point et je suis heureux que nous soyons unanimes.