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Novembre 2018
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Conseil Municipal
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G - Conventions avec 10 associations autorisées pour la gestion d’actions de prévention spécialisée à Paris pour la période 2019-2022. Voeu déposé par le groupe EGCP relatif au dispositif de la prévention spécialisée dans le 14e. Voeu déposé par Mme SIMONNET relatif à la prévention des rixes et à la Prévention spécialisée.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Je vous propose, avant l'interruption de séance, que nous puissions aborder le projet de délibération DASES 329 G, tous les intervenants étant là. Colombe BROSSEL étant également là au nom de l'Exécutif.

La parole est à Fatoumata KONÉ.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, ces dernières semaines, les affrontements entre bandes rivales de jeunes ont coûté la vie à trois mineurs dans des quartiers populaires de l'Est parisien. Les personnes interpellées suite à ces affrontements étaient elle-même des mineurs.

Si les rixes entre bandes rivales ne sont pas un phénomène nouveau à Paris, les modalités de ces affrontements, elles, évoluent. On assiste ainsi à un net rajeunissement des protagonistes, puisque 50 % ont entre 13 et 15 ans, à une présence systématique d'armes : armes de poing, battes de base-ball, et à une mobilité de plus en plus grande des bandes qui ne se cantonnent plus à un territoire de prédilection dans Paris.

Le groupe Ecologiste de Paris se réjouit donc de la prise en compte de cette évolution dans les conventions liant le Département aux 10 associations de prévention spécialisée. Trois nouveaux axes d'action ont été intégrés : la prévention des rixes d'une manière générale, la mobilité territoriale des associations qui sont structurellement affectées à un territoire délimité et doivent donc pouvoir s'adapter à un public lui-même mobile, la rue numérique, les réseaux sociaux par lesquels s'organise une part de plus en plus importante de la socialisation des jeunes jusqu'aux cas extrêmes des rixes.

Si la stabilité du budget dédié à ce dispositif essentiel est un point encourageant, nous espérons voir celui-ci augmenter dans le futur pour répondre à des besoins qui apparaissent comme de plus en plus criants. Plusieurs autres avancées positives par rapport aux précédentes conventions sont également à noter, parmi lesquelles l'extension de la durée de ces conventions, qui passent de 3 à 4 ans, ce qui va permettre aux clubs de prévention une planification de leurs actions à plus long terme et un temps de négociation-concertation plus adéquat avec tous les acteurs et partenaires en vue des nouveaux conventionnements.

D'autre part, le travail de coordination réalisé par le Département avec les différentes associations a abouti à une réaffectation des moyens en fonction des besoins des territoires. C'est également un progrès considérable pour une action plus efficace de la prévention spécialisée au même titre que le lancement des Etats généraux des rixes à Paris le 3 octobre dernier, que la réunion annuelle de bilan et de perspectives prévue début 2019. Dans la même logique, il importe de rappeler la nécessité que les bilans et propositions d?évolutions soient faits en concertation avec les éducateurs eux-mêmes pour tenir compte de leur expertise en tant qu?acteurs de terrain. Si ces deux derniers points, que nous évoquions déjà dans un courrier adressé à la Maire en novembre 2015, ont été intégrés aux nouvelles conventions, les écologistes regrettent cependant que la tutelle politique au sein de l'Exécutif parisien des actions de prévention spécialisée reste assurée par l?adjointe en charge de la sécurité. Cela contrevient à l'arrêté de 1972 et à la charte départementale de la prévention spécialisée à Paris qui placent ces interventions sociales et éducatives dans le champ de la protection de l'enfance. Comme nous le signalions alors, ce rattachement crée une confusion malvenue autour des actions de la prévention spécialisée qui a pour objectif la prévention de la délinquance dans un cadre éducatif construit dans un climat de confiance avec les jeunes. Par ailleurs, nous tenons à rappeler la nécessité, pour avoir une action optimale en la matière, de coordonner les actions de prévention avec celles des départements limitrophes, sur lesquels évoluent également ces jeunes. A défaut d'une telle coordination, nous pourrions assister à un simple déplacement des problèmes vers les territoires voisins. Mes chers collègues, compte tenu du contexte social souvent très dégradé dans lequel évoluent les jeunes suivis par les éducateurs de rue, il importe de ne pas limiter l'action publique à un volet répressif et de s'attaquer aux causes profondes de leurs problèmes. C'est ce que tentent de faire quotidiennement les acteurs de la prévention spécialisée, lesquels interviennent sur le terrain auprès des jeunes concernés et auprès de leurs familles pour conforter, lorsque cela est nécessaire et possible, l'autorité parentale pour offrir à cette jeunesse un meilleur avenir. Il nous semble encore aujourd'hui indispensable de réaffirmer la place irremplaçable des éducateurs de rue dans leur mission éducative auprès des jeunes et des groupes de jeunes dans leur milieu de vie. C'est pourquoi mon groupe votera le renouvellement des conventions avec ces 10 associations pour la gestion d'actions de prévention spécialisée à Paris. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Fatoumata KONÉ. La parole est à Carine PETIT.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, comme les intervenantes et les intervenants précédents, je voulais vraiment souligner le travail remarquable, précieux et irremplaçable de l'ensemble des équipes d'éducation de prévention spécialisée sur le territoire parisien. Ils sont extrêmement sollicités et s'adaptent avec un très grand professionnalisme au changement et aux évolutions du contexte, aux évolutions des jeunes.

La précarité, la grande précarité d'une certaine partie de la jeunesse parisienne dans beaucoup de quartiers, sur la mobilité aussi des nouveaux comportements où là, il faut que la prévention soit renforcée sur l'espace public - nous en parlons toujours -, dans les différents cadres qui nous occupent et qui nous sont permis, tels que les contrats locaux de prévention et de sécurité au sein des arrondissements mais également avec les réunions des maires faites et réalisées avec le Préfet de police ou le parquet de manière très régulière.

Je voulais que l'on appuie ce travail de prévention spécialisée, souligner la qualité de leur travail et que l'on soit très attentif puisque ce projet de délibération nous engage pour trois prochaines années, à pouvoir et se donner les moyens de revoir les moyens consacrés aux équipes dans les arrondissements concernés.

C'est le sens aussi du v?u que nous avons voté en Conseil du 14e arrondissement, puisque nous souhaitions mettre un peu plus de moyens sur le quartier de la porte d'Orléans, intégrer un nouveau périmètre d'intervention pour cette équipe de prévention spécialisée confiée à l'association "Feu Vert" et prévoir une augmentation de dotations pour cette équipe du 14e arrondissement.

Je sais que Colombe BROSSEL répondra d'une manière différente au v?u que nous avons porté, mais justement, je voulais vraiment que l'on intègre aussi cette disposition et qu?en 2019 nous puissions faire un bilan, y compris en termes de moyens, parfois les revoir à la hausse au sein de ces 3 prochaines années pour que nous soyons plus réactifs et ne pas attendre 3 ans. Merci pour votre écoute.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Carine PETIT. La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, ce projet de délibération est important puisqu?il est relatif à la convention avec 10 associations autorisées pour la gestion d'actions de prévention spécialisée à Paris pour la période de 2019 à 2022. Je présente d'ailleurs un v?u qui aurait pu être rattaché à ce projet de délibération.

L'exposé des motifs insiste sur le fait que les actions de prévention spécialisée font partie des missions de l'aide sociale à l'enfance. La loi du 14 mars 2016 rattache d'ailleurs la prévention spécialisée à la protection de l'enfance. La Ville de Paris se doit par conséquent de ne plus rattacher le suivi des clubs de prévention à la sécurité mais bien à la délégation en charge de la protection de l'enfance. Je me retrouve totalement dans l'intervention de Mme Fatoumata KONÉ qui a développé également ce propos.

Il ne s'agit pas d'une question secondaire. Le fait d'être rattaché à la protection de l'enfance montre bien que la tâche de l'éducateur de rue est bien d'être à l'écoute des jeunes de 12 à 21 ans, de construire avec eux une relation de confiance, en vue d'obtenir leur adhésion à une intervention éducative qui ensuite peut être collective ou individuelle. En plus de cette libre adhésion des jeunes, cette relation exige le respect du secret professionnel. C'est un cadre d'intervention qui requiert une déontologie conforme au respect de l'anonymat des jeunes.

Dans le cadre de la prévention de la délinquance, le jeune, par contre, n'est pas d'abord et avant tout un acteur de son devenir avec ses besoins en termes de protection de l'enfance, ses désirs, ses projets, mais on le regarde d?abord et avant tout comme quelqu'un de ciblé du fait du trouble à l'ordre du public qu'il génère, du fait de ses actes de délinquance. Précisons que si l'éducateur de rue, les clubs de prévention spécialisés sont bien évidemment amenés à travailler en réunion avec d'autres partenaires comme la police, la justice dans le cadre, là, pour le coup, de la prévention de la délinquance, ils conservent toute leur déontologie professionnelle : libre adhésion du jeune, secret professionnel.

Il faut comprendre que la prévention de la délinquance n'est qu'une partie de leur champ de mission qui est d'abord et avant tout celle de la prévention spécialisée dans le cadre de la protection de l'enfance. C'est pour cela que le biais de les ramener ou de les maintenir chaque fois dans la prévention-sécurité est un biais très problématique qui peut être amené à faire basculer toutes leurs missions alors que de les rattacher à la protection de l'enfance serait une bonne garantie.

Je tiens néanmoins à saluer le travail fait sur les Etats généraux sur les rixes. J'ai d'ailleurs appris que Gilbert BERLIOZ, sociologue, y était intervenu. Ses travaux sont intéressants, car il nous apprend que cette logique des rixes procède d'une recherche d'affirmation de soi des jeunes qui y participent, de développement d'un sentiment d'appartenance à un collectif protecteur, de nombreuses situations qui sont à distinguer de phénomènes de bande où il peut y avoir une hiérarchie ou un intérêt lié au trafic de drogue par exemple.

Il distingue dans ses travaux la délinquance d'expression de la délinquance d'acquisition. Les personnes ne cherchant pas à s'enrichir matériellement, et la frontière entre les auteurs et les victimes est extrêmement floue.

Cela doit nous amener à réfléchir. Cela montre d'autant plus l'importance, même sous l'angle prévention de la délinquance, de bien privilégier comme plein c?ur de métier la question de la protection de l'enfance et la contribution à l'émancipation des jeunes.

Vous comprendrez bien que continuer à laisser la prévention spécialisée rattachée à la prévention de la délinquance, à la sécurité, cela provoque sur tout Paris et qui plus est dans le pilotage induit par les élus d'arrondissement, un biais très problématique de nature à transformer et dénaturer leurs missions.

Comment se fait-il que la Ville, par ailleurs, ne consacre que 20 millions d'euros à la prévention spécialisée quand le contrat de sécurité, par exemple, se voit allouer un budget de 300 millions d'euros ?

Les moyens alloués à la prévention spécialisée restent stables, dites-vous, dans les projets de délibération. Alors que la crise sociale s'aggrave dans certains quartiers, il faudrait au contraire augmenter les moyens alloués à la prévention spécialisée.

Vous confirmez que nous sommes passés de 15 à 10 associations, les regroupements et fusions de structures ne sont pas une bonne chose en réalité, parce que pour les professionnels, il y a une crainte forte d'une dissolution de la spécificité de leur métier dans les gros mastodontes du travail social.

Chers collègues, méfions-nous des grosses structures, certes réactives pour répondre aux appels d'offres, mais qui transforment le travail social en "business", sous-prétexte de structures relevant de l'économie sociale et solidaire.

Ce n'est pas forcément le cas aujourd'hui de l'ensemble des structures, mais on sait que c'est un biais sur lequel vous êtes attentifs.

Je tiens à relayer la profonde inquiétude nationale de la prévention spécialisée. La disparition de départements s'accompagne de fait, via les transferts de postes, d'un basculement de leurs missions à chaque fois sur une pente sécuritaire, privilégiant l'angle sécurité de l'espace public aux dépens de la protection de l'enfance. Dans d'autres départements, les Yvelines par exemple, ces dérives sécuritaires ont hélas été fortement assumées. Sur Paris, soyons exemplaires et assumons, quitte à être à contre-courant des tendances dominantes, défendons la prévention spécialisée, rattachons-la à la délégation de la protection de l'enfance. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Danielle SIMONNET.

La parole est à Eric LEJOINDRE.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Quelques mots à mon tour pour saluer ce projet de délibération. Les associations de prévention spécialisée pour la jeunesse jouent un rôle essentiel dans notre ville, pour la prise en charge de tous les enfants, mais du coup aussi de leurs familles, notamment dans les quartiers populaires.

Leur objectif, soutenu en cela très fortement par notre collectivité, est d'aller au-devant des jeunes, de leur permettre une inclusion réussie dans le tissu économique et professionnel parisien et dans leur quartier.

Cette action s'inscrit dans le cadre de trois grands documents structurants pour nos orientations dans ce domaine :

- le Schéma départemental de prévention et de protection de l'enfance, qui se concentre sur la prévention des difficultés sociales et fait en sorte que chacun puisse participer à la vie de notre cité.

- Le Contrat parisien de prévention et de sécurité ensuite signé en 2015 avec les principaux partenaires de la Ville de Paris, la Préfecture, le parquet, l'Éducation nationale, et qui met l'action sur une action transversale au sein de laquelle la prévention spécialisée a toute sa place et joue un rôle central.

- Et puis, le contrat de ville, voté également en 2015, qui se concentre sur les quartiers populaires parisiens, dans lequel la présence de la jeunesse doit être vue comme une chance, une immense opportunité de développement économique, culturel, citoyen, social, et on voit à quel point l'engagement des jeunes dans ces quartiers est important, encore faut-il pouvoir l'accompagner. C'est le rôle aussi de la prévention spécialisée.

Avec ce projet de délibération, ce sont 10 associations qui pourront signer des conventions de gestion d'actions dans la prévention spécialisée, et parmi elles vous me permettrez de citer celles qui interviennent dans le 18e arrondissement. Je pense à l'Apsaj, qui pourra renforcer sa présence éducative dans l'espace public, pourra engager des relations avec les familles, alerter les pouvoirs publics sur les évolutions sociales ou sociétales des territoires sur lesquels elle interviendra, s'engager dans les différents processus pour veiller à empêcher la marginalisation et le décrochage, prévenir les points de rupture et travailler pour l'insertion sociale et professionnelle des jeunes.

Elle aura pour secteur prioritaire la Goutte d'Or, mais aussi le sud du quartier de la Chapelle, la rue Ordener, le boulevard de la Chapelle, et dans le 19e la rue de Crimée, la place de la Bataille de Stalingrad, car on sait que nos frontières administratives ne sont pas toujours et heureusement, les frontières des Parisiens.

Dans le 18e mais aussi dans le 19e arrondissement, le "Grajar" est concerné par ce projet de délibération pour le même type d?action, et ce sont des partenaires fondamentaux pour nous qui permettent à la fois d?intervenir pour la jeunesse mais aussi pour le quartier. Ils pourront donc intervenir autour de zones c?ur de cible, aux abords des collèges, des lycées, des lieux de vie et de rassemblement des jeunes, dans les squares, dans les zones de veille éducative, pour être au plus près de la population qu?ils contribuent à encadrer.

Les associations qui interviennent à Paris actuellement en matière de prévention spécialisée ont été autorisées, en 2008 par arrêté du Maire pour une durée de quinze ans, à exercer leur activité avec pour finalité d?agir sur les phénomènes d?exclusion, de marginalisation, et pour favoriser la promotion sociale et l?autonomie des jeunes. C?est un budget global très important pour l?ensemble de ces activités de prévention spécialisée, de médiation et d?insertion des jeunes. Je crois que c?est la preuve d?un engagement très fort de la collectivité parisienne en la matière.

Un sujet spécifique fait l?objet de remarques essentielles dans ces conventions et je voulais en dire un mot. Je pense à la question de la prévention des rixes entre bandes, qui est un sujet de grande actualité mais sur lequel des résultats ont déjà été obtenus grâce à ce travail, notamment avec les structures de prévention spécialisée. Je peux en parler pour le 18e arrondissement, où nous étions soumis à des phénomènes de rixes de très grande ampleur qui ont connu une amélioration incontestable. C?est la démonstration que l?on peut avoir des résultats quand on s?y engage avec nos partenaires.

Un autre sujet important, majeur et croissant aussi, sur lequel je voulais dire un mot, est celui de la pénétration et de la place des réseaux sociaux dans la vie des jeunes et donc de la nécessité de travailler sur ces phénomènes, sur leur bonne gestion, et pour lutter contre le harcèlement aussi que ces réseaux sociaux peuvent provoquer.

Ces conventions vont permettre d?obtenir que les associations présentent un plan d?action et d?intervention concernant la formation de leurs salariés et des règles d?intervention éducative sur les réseaux sociaux. C?est un nouveau champ que nous avons à explorer.

Je suis donc très heureux que nous puissions voter ce projet de délibération. Je veux saluer et remercier le travail important de Colombe BROSSEL auprès de la Maire de Paris pour ces sujets. On voit l?inspiration du terrain dans l?ensemble de ce projet de délibération. On colle à la réalité et on est sur un projet de délibération qui contient aussi des éléments d?innovation.

Je pense qu?on peut être fier de ces signes forts que nous adressons aux associations de prévention spécialisée dans le rôle fondamental qu?elles ont dans notre ville.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Éric LEJOINDRE.

La parole est au dernier intervenant inscrit avant la réponse de Colombe BROSSEL, M. Philippe GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Ce sera rapide, Monsieur le Maire, tout d?abord pour m?associer bien sûr aux autres orateurs dans l?hommage rendu aux éducateurs et à tous les personnels de la prévention spécialisée qui font un travail très important, et très difficile, de plus en plus difficile d?ailleurs étant donné la montée de la violence dans notre société, à Paris comme ailleurs, comme de l?insécurité.

C?est la raison pour laquelle je ne partage pas du tout, mais cela ne l?étonnera pas, le point de vue de Mme SIMONNET sur le nouveau rattachement qu?elle propose de la prévention spécialisée. Je considère pour ma part, étant donné justement cette aggravation de l?insécurité, de la violence avec arme, armes blanches et autres, à Paris, qu'il est absolument nécessaire que la prévention spécialisée soit vraiment en articulation avec l?autorité judiciaire, la police et les différentes institutions parisiennes, et que la mise en cohérence ne peut relever que de l?adjoint au maire chargé de la sécurité, Madame BROSSEL. Je pense que c?est là la bonne articulation des administrations parisiennes, concernant la prévention de la délinquance des mineurs plus particulièrement et des jeunes plus généralement.

Je voulais également intervenir sur ce dossier pour remercier la Municipalité d?avoir étendu le secteur de compétence de l?association de prévention spécialisée qui exerce sur le 15e arrondissement à savoir "Arc-Ea", la nouvelle dénomination de "Arc75", puisqu?en plus des secteurs de Beaugrenelle, Balard, Bargue, Falguière, Procession, porte Brancion, Périchaux, etc., c'est-à-dire, en fait, tout ce qui longe la voie ferrée de Montparnasse et tout ce qui longe le périphérique et les boulevards extérieurs, en gros, pour faire bref. La Mairie a bien voulu accepter notre proposition d?étendre le champ d'investigation de cette prévention spécialisée sur le secteur Amiral-Roussin qui devient un secteur - Mme BROSSEL le sait bien - de plus en plus dangereux, en tout cas depuis un certain nombre de mois, puisqu?il a donné lieu à des affrontements entre bandes.

On parlait tout à l'heure de ce débat sur les rixes et du colloque qui a eu lieu à la Mairie de Paris. C'est un sujet de plus en plus prégnant dans nos arrondissements. Le secteur Amiral-Roussin a fait l'objet de rivalités qui, évidemment, se sont accompagnées d'affrontements avec des armes blanches et avec des blessés. C'est assez nouveau, d'ailleurs, et cela a amené le Procureur de la République à intégrer ce secteur, et le 15e dans son ensemble, dans le G.L.T.D. des bandes - le Groupe local de traitement de la délinquance des bandes - depuis environ une année.

C'était l'objet de mon intervention ! Remercier la Mairie pour l'amendement A28-G, qui intègre le secteur Amiral-Roussin pour un premier diagnostic sur ce secteur Amiral-Roussin, sur lequel nous avons déjà eu une réunion avec les différents acteurs de la prévention spécialisée, mais aussi les bailleurs sociaux, et la police. La police fait, depuis que nous avons un nouveau commissaire, un très bon travail sur ce secteur, ainsi que nos différents partenaires.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci pour votre concision.

Je donne la parole à Colombe BROSSEL pour répondre aux intervenants.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire, et merci à l'ensemble des intervenants pour leurs propos.

Je me permettrai, si vous m'y autorisez, Monsieur le président de séance, de répondre de fait aux deux v?ux qui ont été présentés, l'un par le groupe "Génération.s", l'autre par Danielle SIMONNET, pour nous éviter de reprendre le débat de façon un peu artificielle...

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Alors, est-ce que vous êtes d'accord avec la proposition de Colombe BROSSEL, compte tenu du débat que nous avons et accessoirement de l'heure à laquelle nous sommes rendus, est-ce que vous considérez que les v?ux ont été présentés dans vos interventions ou vous voudrez représenter les deux v?ux ?

Je consulte à la fois? Pardon ?

Mme Danielle SIMONNET. - Une phrase.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Une phrase. Alors, à ce moment-là, si Colombe BROSSEL en est d'accord?

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Bien sûr. Oui, oui.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Je donne une phrase à Danielle SIMONNET. Je consulte Léa FILOCHE. Vous considérez que vos deux v?ux ont été présentés. Comme cela, cela permettra à Colombe de répondre et de mettre le projet de délibération et les trois v?ux au vote.

Donc, une phrase pour Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Oui. Juste pour rajouter que le v?u que je présente demande à la fois de rattacher le suivi de la prévention spécialisée à la délégation municipale en charge de la protection de l'enfance et non la sécurité, mais il demande aussi l'augmentation des moyens alloués à la prévention spécialisée et de les adapter aux besoins croissants constatés sur le terrain. Voilà. C?était juste le deuxième point que je n?avais point précisé dans mon intervention et que je laissais dans le développement du v?u.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Danielle SIMONNET.

La parole est à Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci.

Donc quelques mots pour vous répondre. D?abord, évidemment, en vous remerciant de vos interventions, mais aussi et surtout de ce que vous avez dit les uns et les autres sur l'action qui est menée par les éducateurs de rue et par l'ensemble des clubs de prévention spécialisée. Ce projet de délibération est l'aboutissement d'un travail long, important, auquel l'ensemble des maires d'arrondissement ont été associés. Je veux ici aussi les en remercier. Il nous permet de renouveler les conventions avec 10 associations pour accompagner les jeunes et leurs familles. Je me permets d?insister sur ce point, car l'action des éducateurs de rue est aussi de travailler avec les familles. C'est aussi pour cela que ce travail est si précieux. Ces conventions représentent - je ne crois pas l'avoir entendu, donc je me permets de le re-signaler - 269 équivalents temps plein au total, dont 241 professionnels éducatifs, donc des éducateurs de rue dans la rue.

Ce n'est pas un hasard : c'est un véritable choix politique. Je me permets de rappeler que dans de nombreux départements - car le financement de la prévention spécialisée repose exclusivement sur les départements -, le choix a été fait par les exécutifs locaux, qu?ils en aient été contraints par des difficultés budgétaires ou qu?ils en aient fait le choix assumé politiquement, d'un désengagement important, voire total, du financement de la prévention spécialisée. Bien au contraire, la Maire de Paris fait le choix inverse, de continuer à financer beaucoup le secteur de la prévention spécialisée. Je le répète : c'est un choix politique assumé.

Pour ces nouvelles conventions, vous l'aurez compris, nous avons essayé de faire deux choses à la fois : d'une part, et c'était une demande des clubs de prévention spécialisée, de travailler en se donnant du temps, d'où des conventions qui, pour la première fois, dureront quatre ans, parce qu'en effet, ce travail éducatif demande du temps. Ce n'est pas uniquement une planification des activités, c'est aussi que le travail éducatif demande du temps, il demande à s'inscrire dans le temps, et que ce temps était nécessaire.

Les arguments qui ont été développés par les clubs de prévention spécialisée étaient, de ce point de vue, extrêmement convaincants, convergents avec ceux de l'administration et les retours des maires d'arrondissement. C'est la raison pour laquelle, pour la première fois, nous aurons des conventions sur une durée de quatre ans.

Pour autant, il faut se donner évidemment la capacité à s'adapter, à se mobiliser là où il y a besoin, à répondre aux défis, qui ne sont pas les mêmes défis, en effet, d'il y a quelques années en arrière, mais ceux d'aujourd'hui, voire, je l'espère, de demain. D'où le fait que nous ayons, en dialogue avec les clubs de prévention, travaillé sur la prévention des rixes, sur "la rue numérique" - en tout cas la capacité à avoir des acteurs engagés éducativement dans la rue, dans l'espace public, mais aussi dans cette nouvelle rue virtuelle - et enfin autour des questions de territoire, en demandant aux associations de mieux prendre en compte encore la mobilité de leur public, en collaborant autant que de besoin avec les autres associations de prévention spécialisée et à procéder à des échanges d'informations et de diagnostic.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il y a deux amendements qui seront présentés, puisque ces discussions ont continué jusqu'au dernier moment, notamment avec les mairies d'arrondissement, dont le 15e et le 14e. Il y aura donc des amendements qui permettent d'inscrire ces premières étapes de travail. Je le dis et le répète ici : les premières étapes de travail ont évidemment vocation à être prises en compte par la suite.

Nous avons évidemment des rendez-vous, notamment budgétaires, qui nous permettent de pouvoir continuer à échanger, mais échanger une fois que le diagnostic et les partenariats locaux sont mis en ?uvre pour que nous puissions travailler le plus tranquillement, mais aussi le plus efficacement possible.

Cela m'a donc conduit, et je remercie le groupe de l'avoir accepté, à proposer quelques amendements au v?u déposé par le groupe "Génération.s" qui nous permettent de nous rassembler autour de ces objectifs. Nous avons couvert des secteurs, j'y faisais allusion, mais nous avons également modifié les zones d'intervention en accord avec les mairies d'arrondissement et les associations. Eric LEJOINDRE y faisait à l'instant allusion pour le 18e arrondissement.

C'est important que nous gardions ce dialogue, et merci, parce que ce dialogue annuel entre les clubs de prévention spécialisée et les maires d'arrondissement est maintenant devenu une habitude dans l'ensemble des mairies d'arrondissement. Ce n'était pas le cas il y a trois ans, lorsque nous avions voté la précédente convention. Cela veut donc dire que nous avançons et que nous avançons tous ensemble. C'est aussi ce dialogue qui nous permet de pouvoir ajuster au fur et à mesure l'ensemble de nos travaux.

Je termine par un mot, Monsieur le Maire.

La Maire de Paris a fait le choix - en 2014, je n'en étais pas responsable et je n'étais en plus pas dans cette fonction - de mettre en place une délégation qui n'est pas une délégation à la sécurité. C'est une délégation à la sécurité et à la prévention, et il y a même d'autres sujets. C'est un choix politique, là aussi.

Il y a d'autres collectivités - vous regarderez, dans l'échiquier politique, elles sont assez marquées - qui font le choix d'avoir des délégations en matière de sécurité. Et c'est tout.

La Maire de Paris a fait le choix de mettre en place, justement, un élément de cohérence politique, et donc de cohérence de politiques publiques en matière de sécurité et de prévention. C'est cela, le choix politique. C'est cela qui nous distingue d'autres. C?est ce qui fait ce que nous sommes ! C?est ce qui fait que nous sommes capables de mettre en place et de proposer des politiques publiques qui ont du sens, de la cohérence, qui savent où elles vont, et non pas uniquement d?avoir une délégation en charge de la sécurité. C?est ce que nous faisons !

Non, Madame SIMONNET, il n?y a pas eu des Etats généraux des rixes à l?Hôtel de Ville ! Il y a eu des Etats généraux de la prévention des rixes ! La responsabilité qui est la mienne est de mettre en ?uvre des politiques publiques en matière de prévention. Je revendique le fait que ce soit un choix politique assumé, ce que nous sommes en train de faire. Vous le faites d?ailleurs avec moi puisque vous participez à ces travaux !

Oui, heureusement qu?il y a aussi, de la part de la délégation que je représente aujourd?hui, un lien avec les centres sociaux ! Mais enfin, c?est ce qui nous distingue d?autres ! Assumons-le et assumons-le fièrement ! C?est la raison pour laquelle, Madame SIMONNET, vous en conviendrez, il est assez naturel que j?apporte un avis défavorable à votre v?u. Merci, Monsieur le Président.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Colombe BROSSEL.

De ce fait, je vais d?abord mettre aux voix, à main levée, l'amendement n° 28 G déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

L'amendement n° 28 G est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, l'amendement n° 246 G aussi déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

L'amendement n° 246 G est adopté.

Je mets à présent aux voix, à main levée, le projet DASES 329 G, ainsi amendé prenant en compte des spécificités des 14e et 15e arrondissements.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2018, DASES 329 G).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 30 avec un avis favorable de l?Exécutif, avec amendement.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2018, V. 523).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 31 avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.