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2018 SG 53 - Convention de financement entre la Ville de Paris et le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques 2024 pour l’opération de célébration de la journée olympique 2018.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous en arrivons au projet de délibération SG 53 relatif à une convention de financement entre la Ville de Paris et le Comité d?organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 pour l?opération de célébration de la journée olympique 2018.

La parole est à M. Jacques BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Chers collègues, l'Exécutif nous demande de nous prononcer sur une dépense déjà effectuée qui a servi à financer la journée olympique qui a déjà eu lieu.

Si nous constatons que les sites étaient tous accessibles aux personnes en situation de handicap, en revanche nous regrettons que le handisport n'ait pas été très représenté lors de cette journée et nous le regrettons. Bien évidemment, nous ne nous opposerons pas à cette convention de financement visant à ce que le C.O.J.O. verse à la Ville de Paris 500.000 euros. Cela dit, est-ce vraiment une recette quand on sait que le financement des J.O. provient notamment de la Ville de Paris, donc des Parisiennes et des Parisiens ? Finalement, c'est un jeu à somme nulle.

Financer une journée olympique, n'est-ce pas un peu superflu ? Le délibéré en précise d?ailleurs l?objectif, je cite : "Entretenir le mouvement d'adhésion populaire au projet olympique né lors de la phase de candidature". Ces mots ne sont pas anodins et c'est quasiment un aveu que l'adhésion des Parisiennes et des Parisiens n'est pas spontanée. D'ailleurs, nous regrettons toujours qu?on ne leur ait pas demandé leur avis sur l'organisation de ce grand événement sous la forme d'un référendum. Les sommes consacrées à l'organisation des Jeux Olympiques, par ailleurs, déshabillent les associations sportives de quartier qui se trouvent souvent mises à mal par la baisse des subventions de la Région et par la décision de l'Etat de supprimer les contrats aidés.

C'est pour cette raison, Monsieur le Maire, cher Jean-François, que je voudrais vous poser deux questions. Le budget de la Ville de Paris en fonctionnement pour le sport sera-t-il abondé de ces 500.000 euros ? Serviront-ils au sport pour toutes et tous ? Par ailleurs, une petite question annexe : les sommes qui ont été rétrocédées suite à l'excédent financier dégagé par le budget du dossier de candidature de la Ville de Paris, puisque nous avons bénéficié de millions d?euros en plus, seront-t-ils fléchés pour le sport ?

Je vous remercie de vos réponses.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Jacques BOUTAULT.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Moi, je le trouve amusant, en fait, ce projet de délibération. C'est vrai, c'est quand même un aveu d?échec. Il n'y a pas d'adhésion, il faut absolument alimenter, entretenir. Ah, si seulement il pouvait y avoir un jour ou l'autre une adhésion aux Jeux olympiques... Mais non, il n'y a pas d'adhésion et il n?y aura pas d?adhésion et, en plus, plus on va s'approcher de la date, plus le niveau de conscience de l'aberration de ces Jeux pharaoniques sera l'objet, du coup, d'un rejet de plus en plus important. Je pense que la journée du 17 sera intéressante. Allez vous promener sur les différents blocages qu'il y aura et demandez-leur : "Que pensez-vous des Jeux olympiques ?" Vous verrez leurs réponses. A mon avis, ce sera terrible.

Pourquoi ? Partout où l?on demande aux citoyens et aux citoyennes de s?exprimer sur les Jeux Olympiques, à Calgary au Canada le non aux J.O. l?a emporté largement et cela fait suite à Budapest, Rome, Boston, Hambourg. Parce que personne ne veut gaspiller de l'argent public pour des Jeux olympiques pharaoniques antisociaux et anti-écologiques.

Vraiment, Paris est la dernière ville à avoir refusé de demander, finalement, l'avis aux citoyennes et aux citoyens. Et d'ailleurs, elle est restée la dernière ville en course et elle les a donc eus faute de concurrents.

Mais vous voulez faire une journée qui entretient l'adhésion. Regardez ce qui se passe. Vous nous aviez promis, dans l'un de vos engagements, que le fait de candidater et d'avoir les Jeux Olympiques allait être le levier qui allait dynamiser l'ensemble de la politique du sport. Que se passe-t-il depuis ? Depuis, suppression des contrats aidés, avec ce qu'il en coûte pour bon nombre d'associations, de petits clubs, d'avoir tout d'un coup les seuls emplois qu'ils étaient en capacité d'avoir, supprimés. Attaque sans précédent de mise à mort du Ministre des Sports.

Je peux vous dire que cela va avoir des conséquences catastrophiques sur l'ensemble des territoires, l?ensemble des départements en termes de déconstruction, de déprofessionnalisation et de mainmise du sport dans les intérêts privés, comme si ce secteur avait besoin d'une plus forte marchandisation qui était déjà bien entamée. Mais le sport, l'éducation, le mouvement d?éducation populaire sportive, c'est sa dernière mise à mort, à travers cela.

On pourrait aussi développer sur les équipements, parce que, néanmoins, les interventions de midi sur le Charles-de-Gaulle Express montrent bien que la priorité des grandes infrastructures est en fonction des Jeux olympiques : relier les aéroports et les sites olympiques, et absolument pas d'améliorer les dessertes quartiers-quartiers, banlieues-banlieues, et de correspondre aux distances domicile-travail et des infrastructures qui y répondent.

Donc, évidemment, puisqu?il s'agit d'un projet de délibération où l?on verse 500.000 euros du C.O.J.O. en direction de la Ville pour financer ses animations, sachant qu'une partie de l'argent de la Ville avait servi à financer le C.O.J.O., et qu?une autre partie, c?est aussi l?argent de l?Etat, on finit par s?y perdre dans ces circuits. On n'est pas sur un projet de délibération pour ou contre les Jeux Olympiques. Par principe, je n'adopterai pas ces projet de délibération parce que l'on fait une espèce de bourrage de crâne pro-J.O. à travers ces événements à chaque fois. Si vous étiez bien plus attachés au débat démocratique, on devrait permettre aussi des débats contradictoires lors de ces manifestations, débats contradictoires pour ou contre les J.O., débats contradictoires pour ou contre la pratique du sport populaire.

Sans surprise, je ne suis pas du tout d'accord, ni plus aujourd'hui qu?hier, avec l'organisation de ces Jeux Olympiques et Paralympiques, en sachant que le paralympique est rarement mis en valeur. On ne peut pas dire que l'accessibilité, hélas, fasse de grands progrès malgré l'organisation de ces J.O.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Danielle SIMONNET.

Avant de donner la parole à Jean-François MARTINS afin de répondre à la demande générale, je trouve raisonnable que nous puissions suspendre notre séance à l'issue du projet de délibération concernant la délégation de Jean-François MARTINS. Avec mes excuses les plus sincères à l'égard de notre collègue, Pauline VÉRON.

La parole est maintenant à Jean-François MARTINS, pour répondre à Jacques BOUTAULT et à Danielle SIMONNET.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Moi, j?adore débattre avec vous des Jeux Olympiques à 21 heures !

Mais, comme cela fait trois ans qu'on débat du sujet, qu'au moins nos débats progressent de séance en séance. Et donc, M. BOUTAULT et Mme SIMONNET, qui avez participé à des rassemblements anti-J.O. qu'on avait accueilli dans votre mairie, tel est votre droit.

Mais je vous en supplie, lisez les "trucs". La Ville ne finance pas le C.O.J.O. Le C.O.J.O., c'est 3,8 milliards d'euros, 1,7 milliard qui vient du C.I.O., 1,1 milliard qui vient de la billetterie, 1 milliard qui vient du C.I.O. et la Ville, je l'admets, finance 10 millions d'euros pour les Jeux Paralympiques, uniquement pour la partie paralympique. Ne me dites pas que la Ville subventionne le C.O.J.O., c'est absolument faux, et je dirais même plus, même si le C.O.J.O. était déficitaire, le garant : c'est l'Etat, Monsieur BOUTAULT.

Mme Danielle SIMONNET. - L'Etat?

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Madame SIMONNET, comme on a débattu plusieurs fois de ce sujet? Je vous mets en garde sur quelque chose, Madame SIMONNET, vous nous avez invités à aller faire le tour des blocages.

Si j'en crois ce qui va se passer le 17 novembre et considérant que ce sont les classes populaires, vous devriez faire attention à vous revendiquer au nom des classes populaires, parce que précisément les classes populaires aiment le sport, elles aiment les Jeux Olympiques, et globalement, elles soutiennent très largement les Jeux Olympiques.

Allez regarder les sondages, Madame SIMONNET. Je suis allé regarder les sondages de soutien aux Jeux Olympiques, ce ne sont pas les classes populaires que vous prétendez défendre qui sont contre, ce sont les CSP + de plus de 65 ans.

Je crois que vous vous êtes trompée d'électorat, Madame SIMONNET, en prenant la parole au nom des gens qui ne sont, je crois, pas les vôtres.

Enfin, je termine rapidement pour répondre aux vraies questions sincères de M. BOUTAULT : est-ce que ce 1,9 million d'euros que nous avons reçu en excédent du Comité de candidature, précisément parce que nous avons bien géré, bien qu?il y avait d'autres candidats jusqu'au bout, puisqu'il y avait Los Angeles. Oui, il sert notamment en partie à financer cette journée de promotion des disciplines sportives et paralympiques puisque 13 des 15 ateliers découvertes étaient accessibles aux P.M.R. et que ceux qui ne l'étaient pas, avaient fait l'objet d'une plate-forme d'installation P.M.R. pour ceux qui n'étaient pas au niveau du sol, comme la boxe, l'aviron ou la voile par exemple.

Cela permet également de financer le plan de formation des bénévoles du sport, dont on vient de parler, et trois projets de délibération très importants que je présenterai au prochain Conseil de Paris, notamment pour commencer à engager le travail sur l'insertion et l'emploi durant les Jeux Olympiques et Paralympiques.

Je respecte évidemment les positions anti-organisation des Jeux Olympiques. Vraiment, je les respecte du plus profond de mon âme. Je nous supplie tous d'essayer de le faire sur des fonds rationnels. Il y a des bonnes raisons rationnelles. Mais ne mentez pas en disant qu'on finance le C.O.J.O., ne mentez pas en disant, Madame SIMONNET, que je serais responsable de la disparition du C.N.D.S., des C.T.S.

La politique sportive de l'Etat, effectivement en ce moment, est problématique. Nous avons adopté un v?u pour la condamner. Je n'ai donc pas de leçons à recevoir sur le sujet. Ne dites pas qu'elle est anti-écologique parce que, précisément, ce seront les premiers jeux à respecter l'Accord de Paris sur le dérèglement climatique.

Donc, débattons ensemble vraiment et débattons sincèrement de ce sujet.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Jean-François MARTINS.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 53.

Qui est pour ?

Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2018, SG 53).