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Novembre 2018
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elatif à une dénomination en hommage à Marceline Loridan-Ivens.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Nous en arrivons au v?u référencé n° 140, présenté Laurence GOLDGRAB.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Marceline Loridan-Ivens avait dit un jour qu?elle n?avait pas peur de la mort parce qu?elle savait comment les gens mouraient. Cette mort, dont elle n?avait pas peur, l?a hélas rattrapée le 18 septembre dernier.

Nous garderons le souvenir d?une grande réalisatrice, d?une écrivaine engagée avec son mari Joris Ivens qu?elle adorait, marquée à vie cependant par l?horreur des camps. Cette horreur des camps, c?est à Auschwitz qu?elle l?a vivra où elle fut déportée le 13 avril 1944 en compagnie de son père, mais aussi de Simone Veil à qui la liera une indéfectible amitié.

Cette horreur des camps fera naître cette passion de liberté qui sera le fil conducteur de sa vie, que ce soit dans ses ?uvres, comme "Et tu n?es pas revenu", ou dans sa vie de tous les jours. Jusqu?à la fin, elle aura été engagée par le devoir de mémoire, faisant notamment le tour des salles de classes, dans tous les arrondissements de Paris, pour faire vivre et transmettre son souvenir pourtant douloureux de la Shoah.

Pourtant Marceline est restée espiègle, tellement drôle, pleine de vie. Il faut vivre, disait-elle récemment lors d?interviews. Jusqu?au bout, jusqu?au dernier souffle, il faut vivre. Espiègle, juste une petite anecdote : lors de la panthéonisation de Simone Veil, où il faisait très chaud, un monsieur lui demande : "Marceline, voulez-vous un verre d?eau ? " Elle répond : "Non, un verre de whisky", et elle le rappelle : "Avec des glaçons, s?il vous plaît." C?était Marceline Loridan.

Ce souvenir, ce parcours, cette vie hors du commun, la Ville de Paris se doit de l?honorer, c?est pour cela que nous demandons à travers ce v?u qu?un lieu de la ville porte le nom de Marceline Loridan-Ivens. Merci.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci, Laurence GOLDGRAB.

La parole est à Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Merci, chère Laurence GOLDGRAB, pour ce v?u.

C?est une grande dame qui nous a quittés, une grande dame, une grande gueule, une grande amoureuse de la vie. Elle aimait faire l?amour, elle aimait boire, elle aimait manger. Mais elle n?avait pas oublié non plus ses camarades de camp et elle a su aussi transmettre la tragédie de la Shoah et lutter de façon très forte contre l?antisémitisme, contre le fascisme et contre toutes les idées racistes et xénophobes. Merci à Marceline Loridan. Mon directeur de cabinet, Cédric ABADIE a eu cet après-midi sa nièce au téléphone, qui était très émue de savoir que nous allions lui attribuer un lieu. Vraiment, je vous remercie encore, Madame la Présidente, d?avoir proposé ce v?u. Je donne un avis très favorable. Nous aurons Marceline parmi nous très bientôt.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci, Catherine VIEU-CHARIER.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 590).