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Novembre 2018
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2018 DEVE 163 - Dénomination "promenade Jane et Paulette Nardal" attribuée à la promenade plantée le long du site Broussais, entre la rue Raymond Losserand et la rue Didot (14e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Nous allons maintenant examiner le projet de délibération DEVE 163 relatif à la dénomination "promenade Jane et Paulette Nardal" attribuée à la promenade plantée le long du site Broussais, entre la rue Raymond Losserand et la rue Didot (14e).

La parole est à Mme Fadila MÉHAL.

Mme Fadila MÉHAL. - Merci.

Mes chers collègues, Paulette Nardal est née en 1896 et nous a quittés en 1985. Elle était l'aînée de 7 s?urs dont sa s?ur Jeanne, femme de lettres, journaliste, martiniquaise et militante surtout de la cause noire.

Alors, brève biographie. Après des études en Martinique, elle part au début des années 1920 à Paris pour étudier et elle devient la première femme noire à intégrer la Sorbonne. Elle présente une thèse sur Harriet Beecher Stowe, femme de lettres et abolitionniste américaine, auteur de "La Case de l?oncle Tom" en 1852. Elle a tenu un salon littéraire dans son appartement près de Paris, à Clamart, qui mettait en avant les questions d?émancipation des femmes noires tout en posant les premières bases de la négritude.

Elle fut d'ailleurs une figure éminente et une des inspiratrices de ce courant littéraire et politique qui a été créé entre les deux guerres. D'autres grands noms, chacun le sait, écrivains francophones, font écho à ce mouvement, tels Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor ou Guy Tirolien par exemple. D'ailleurs, selon Aimé Césaire, la négritude avait, a toujours pour objectif d'exprimer les problèmes de l'homme noir sur la base d'une prise de conscience par celui-ci de sa propre condition.

Après les années 1930 et la "Revue du Monde Noir" qui d'ailleurs a été arrêtée après 6 numéros faute de moyens, c'est avec Félix Éboué, Résistant de la Seconde Guerre mondiale, qu'elle a monté cette revue.

Je ne vais pas être trop longue car j?en suis déjà à près d'une minute. Mais je voulais vous dire aussi que de retour en Martinique, son bateau a été attaqué et coulé par un sous-marin allemand et qu?elle deviendra infirme durant le reste de sa vie à cause d?une fracture des rotules.

Elle avait un militantisme chevillé au c?ur et un engagement à travers son rassemblement féminin qu?elle fonde en 1945 ou sa revue, "La Femme dans la Cité", pour l'entrée en politique des femmes et en particulier des Antillaises et pour l'obtention du droit de vote.

Nous nous réjouissons donc avec vraiment beaucoup de ferveur à l'idée de cette promenade. On ne pouvait pas trouver meilleur lieu que ces lieux de déambulation. Et vous dire que c'est important pour notre groupe parce que cela fait écho au v?u que nous avons proposé en 2017, qui a reçu un accueil très favorable, qui concernait la mémoire de l'esclavage et du colonialisme, avec la volonté de mettre en avant des figures emblématiques et notamment liées à l'outre-mer.

Je crois que Paulette Nardal et sa s?ur en sont une parfaite incarnation. Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

La parole est à Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Chers collègues, chère Fadila MÉHAL, c?est, effectivement, un très bel hommage que nous allons rendre à ces deux s?urs, femmes de lettres martiniquaises, égéries du courant littéraire et politique de la négritude, militantes féministes. Nous parlions, hier, de l'égalité femme/homme. Notre initiative s'inscrit aussi dans la volonté commune que nous avons, avec la Maire de Paris et ma collègue Hélène BIDARD, de féminiser les noms des rues de la capitale.

Fières, engagées, volontaires, passionnées, Jane et Paulette sont des femmes d'exception. La commission de dénomination du 11 juin a été particulièrement touchée d'adopter ce projet en relation avec la mairie du 14e arrondissement et la délégation générale à l'outre-mer, dont je salue le délégué, Pierre THOMAS, avec qui je travaille régulièrement.

Sachez, mes chers collègues, que Christiane EDA-PIERRE, la grande soprano française, est la nièce des s?urs Nardal, et qu?elles furent un modèle pour elle. Mme EDA-PIERRE a écrit à Mme HIDALGO pour lui dire combien elle était heureuse et honorée pour elle-même et pour sa famille que la Ville de Paris ait pensé à cet hommage. Elle souhaite aussi rappeler le souvenir de ses grands-parents, Louise et Paul Nardal, né en 1864, 16 ans après l'abolition de l'esclavage, et premier noir martiniquais ingénieur des ponts et chaussées.

Les admirateurs et les membres de la famille seront nombreux à l'inauguration qui, j'espère, vous verra aussi à nos côtés dans les mois à venir. Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 163.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DEVE 163). 2018 DU 174