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Novembre 2018
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Vœu déposé par le groupe Socialiste et Apparentés relatif à l’accueil d'urgence des personnes sans-abri. Vœu déposé par le groupe Démocrates et Progressistes relatif à l’installation pérenne du centre d’hébergement d’urgence "La promesse de l’aube". Vœu déposé par les groupes "Génération.s" et Communiste - Front de Gauche relatif aux locaux vacants privés et publics pour la mise à l'abri des personnes à la rue. Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à l'hébergement des personnes sans abri. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen des v?ux nos 50, 51, 52, 53 et 53 bis relatifs à l'accueil et l'hébergement d'urgence des personnes sans abri.

La parole est à Mme Carine PETIT, pour deux minutes, s'il vous plaît.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Très rapidement, puisque beaucoup de choses ont été dites sur la réquisition, pour insister sur deux points à travers ce v?u que le groupe "Génération.s" et le groupe Communiste - Front de Gauche déposent ce soir auprès de notre Assemblée.

Dire que nous sommes en effet arrivés au bout de la logique avec l'Etat, puisque les seules opérations d'hébergement d'urgence que nous arrivons à mettre en place se situent soit dans des opérations intercalaires qui viennent de la Ville et sur des opérations de la Ville de Paris, soit par l'ouverture très souvent de gymnases ou d'équipements municipaux, et plus les mois passent, plus la durée de cette occupation est longue.

Du coup, on se retrouve dans une contradiction, en tout cas c'est la position du 14e comme beaucoup d'autres arrondissements, on met à disposition ces gymnases et à la fois on ne répond pas à l'obligation d'enseignement du sport, qui correspond aux programmes scolaires. Notre v?u insiste sur un point : qu'en lien avec les mairies d'arrondissement on liste des endroits, des adresses, des lieux, des surfaces disponibles qui relèvent du parc privé dans notre ville. Deuxièmement, que nous puissions demander et appuyer fortement auprès de l'Etat la mise en pratique de ce recours à la réquisition sur notre ville, y compris peut-être que nous demandions que la Ville le fasse en son nom si cela semble trop compliqué pour les représentants de l'Etat. Merci pour votre attention.

(M. Patrick BLOCHE, adjoint, remplace Mme Olivia POLSKI au fauteuil de la présidence).

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire.

La parole est à Danielle SIMONNET pour présenter le v?u n° 53.

Mme Danielle SIMONNET. - Pour ce v?u n° 53, je souhaiterais attirer votre attention sur le fait que la lutte contre l'exclusion, on peut en faire une grande cause de la mandature et pour autant être très loin de réussir à atteindre nos objectifs, reconnaissons-le.

Parce que l'hébergement des personnes sans abri, écoutez-moi, Madame VERSINI? Notre objectif, Madame VERSINI, et je suis persuadée que c'est le vôtre également, ne peut être que celui-ci : qu'il n'y ait personne à la rue.

Or, nous ne sommes pas dans une situation où nous avons cet objectif.

Nous avons compté 3.000 personnes sans abri auxquelles s'ajoutent toutes celles et ceux qui étaient déjà dans les différents dispositifs grand froid, plan hivernal l'hiver dernier, or force est de constater que la création des places d'hébergement d'urgence prévues par le Gouvernement ne permettra pas à ces 3.000 personnes à la rue de ne pas se retrouver dans la même situation cet hiver.

Dans un contexte qui est encore plus compliqué, encore plus difficile, puisqu'il y a eu une augmentation du nombre d'expulsions locatives avant la trêve hivernale.

Donc, on a beau, oui, Madame la Maire, en faire la grande cause de notre mandature, nous sommes face à une situation d'urgence sociale encore plus critique cet hiver qu'elle ne l'était l'an dernier. Et quand je dis cela, je ne nie pas les efforts conséquents faits par la Mairie de Paris. Cependant, force est de constater que ces efforts ne sont pas en capacité de répondre à l?intégralité des besoins. Pourtant, je reconnais que, dans les efforts qui sont faits, nous allons bien souvent au-delà de nos compétences et que l?Etat et le Gouvernement n?assument pas l?ensemble de leur compétence. Je propose des pistes concrètes. Je reviendrai inlassablement sur le dossier de l?Hôtel-Dieu. Cela fait plusieurs années et je continuerai?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Pouvez-vous conclure, Madame SIMONNET ?

Mme Danielle SIMONNET. - Cela fait plusieurs hivers que plus d?un tiers de l?Hôtel-Dieu est utilisé. Vous avez les lits, la place et tout ce qu?il faut ! Pourquoi ne sommes-nous pas, avec l?A.P.-H.P., en train de faire en sorte que cette surface soit adaptée à un centre d?hébergement d?urgence pérenne ? L?hiver dernier, il y avait eu des places dans ce lieu. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Madame SIMONNET. Je pense que nous avons tout compris. La parole est à Ian BROSSAT pour répondre aux intervenants et à Dominique VERSINI. C?est Dominique VERSINI qui a la parole pour 2 minutes.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, comme vous l?avez dit, Madame SIMONNET, la lutte contre la grande exclusion est la grande cause de notre mandature et je vous invite à entendre ce que disent les acteurs du terrain, puisque nous tous réunis avons tout de même pu constater que nous avions beaucoup avancé sur nos engagements. Certaines compétences relèvent de l?Etat et Paris fait bien au-delà de ses compétences.

Si vous me demandez si nous pouvons n'avoir aucune personne à la rue, je vous dirai que non, jamais, car il y en aura toujours qui arriveront à Paris.

La Nuit de la solidarité a montré qu?il y avait 3.000 personnes. La Maire s?est engagée à ce qu?il y ait 1.500 places d?ouvertes, ce qui sera fait début décembre. Cela ne réglera pas tous les problèmes. Par ailleurs, nous ouvrirons une halte à l?Hôtel de Ville pour 50 personnes. Cela ne règlera pas tous les problèmes mais cela répond à la question des femmes qui se trouvent en situation de rue et en très grande difficulté. Nous ouvrirons un bain-douche du 12e arrondissement. Cela ne réglera peut-être pas tous les problèmes mais cela correspond à une demande du Samu social parce que les femmes ne veulent pas aller dans les bains-douches mixtes. Par ailleurs, tous les maires d?arrondissement mettront des locaux à disposition.

Enfin, les Parisiens sont demandeurs de participer. Ils veulent être volontaires de la solidarité et nous démarrons, dès demain, des formations pour des Parisiens volontaires pour participer cet hiver, aux côtés des professionnels, dans les haltes, dans les centres d?hébergement, dans les maraudes. C?est quelque chose de collectif.

Nous ferons à nouveau la Nuit de la solidarité en février prochain. À cette occasion, nous verrons où nous en sommes. Je crois que nous faisons le maximum à Paris. Je donne la parole à Ian BROSSAT qui est sur tous les fronts, comme moi, sur ce sujet.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Dominique VERSINI.

Ian BROSSAT pour un complément ?

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Quelques mots pour compléter ce qu?a dit Dominique VERSINI.

Nous avons à Paris plus de 20.000 places d?hébergement d?urgence, ce qui représente très concrètement 4 places d?hébergement pour 1.000 habitants, alors même que, de l?autre côté du périphérique, dans les Hauts-de-Seine par exemple, il y a 1 place d?hébergement pour 1.000 habitants. Autrement dit, les efforts réalisés à Paris sont 4 fois plus élevés que dans les Hauts-de-Seine. Je veux bien toutes les leçons du monde, mais la réalité est que Paris se mobilise plus qu?aucun autre département !

La Ville de Paris va évidemment continuer et nous avons bien l?intention de créer 1.500 places supplémentaires - nous sommes en train de le faire - afin de répondre à la nécessité d?héberger ceux qui dorment actuellement dehors.

Très concrètement, cela se traduit par le fait qu?aucun bâtiment appartenant à la Ville de Paris et susceptible d?être mobilisé pour héberger des personnes à la rue n?est laissé vacant. Nous étions hier dans le 16e arrondissement à la caserne Exelmans : 300 personnes y dorment dorénavant et ont ainsi la possibilité d?avoir un toit sur la tête et un accompagnement social.

Je vous le répète : aucun bâtiment appartenant à la Ville de Paris étant disponible pour faire de l?hébergement n?est laissé vacant. C?est une mobilisation très importante que nous allons poursuivre.

Je veux bien que l?on nous explique tout et que l?on confonde les compétences de la Ville et de l?Etat mais enfin, Madame SIMONNET, vous aviez l?occasion tout à l?heure de voter un programme de logements très sociaux pour 31 familles ! Comment pouvez-vous, d?un côté, voter contre des programmes de logements sociaux et, de l?autre, nous dire que nous ne faisons pas suffisamment pour héberger des personnes actuellement à la rue ?

Oui, je l?assume : nous faisons beaucoup et allons continuer à faire beaucoup !

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Ian BROSSAT.

L?Exécutif a déposé?

Madame SIMONNET !

L?Exécutif a déposé un v?u n° 53 bis se substituant aux v?ux nos 50, 51, 52 et 53. Le v?u n° 50 du groupe Socialiste a été retiré. Le v?u n° 51 a été retiré.

Je me tourne vers Carine PETIT.

Vous retirez le v?u n° 52, je vous remercie.

Je me tourne vers Danielle SIMONNET. J?imagine que vous maintenez le v?u n° 53.

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, je le maintiens.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 53 déposé par Mme SIMONNET avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 53 bis de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2018, V. 537).