Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Novembre 2018
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2018 DJS 232 - Construction du gymnase Victor Perez Secteur Porte de Vincennes (12e) - Demande de subvention auprès du Centre National pour le Développement du Sport.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DJS 232 relatif à la construction du gymnase Victor Perez Secteur Porte de Vincennes, dans le 12e arrondissement.

La parole est à M. Sergio TINTI.

M. Sergio TINTI. - Merci, Monsieur le Maire.

D?abord, je voudrais saluer, à l?occasion de ce projet de délibération, la politique volontariste de notre Ville en ce qui concerne la construction d'équipements publics de proximité. En l'occurrence, ici, le gymnase Victor-Perez. Cette dénomination, nous l'avons voulue, avec Mme la Maire du 12e arrondissement, Catherine BARATTI-ELBAZ, et mes amis et camarades, Nicolas BONNET-OULALDJ et Catherine VIEU-CHARIER. Ce nouveau gymnase, au c?ur de la Z.A.C. de la porte de Vincennes et à proximité d'un quartier "politique de la ville", sera un nouvel espace sportif de toute dernière génération qui bénéficiera aux associations, aux clubs alentours et, bien évidemment, aux scolaires.

C'est essentiel, tant notre ville reste déficitaire en matière d'équipements sportifs. En effet, alors que la moyenne en Ile-de-France est de 23 équipements sportifs, tous types confondus, pour 10.000 habitants, la moyenne parisienne est de 13 équipements sportifs pour 10.000 habitants. L'accès à la pratique sportive à Paris se révèle alors être un enjeu majeur. Le développement de la pratique passe non seulement par le soutien à nos clubs et associations, par la formation de personnel et de bénévoles, mais également par la construction d'équipements sportifs.

Dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques, le groupe Communiste - Front de Gauche prône, depuis l'engagement de la candidature, de mettre l'héritage au c?ur de notre projet et appelle l'Etat à mettre en ?uvre un grand plan de rattrapage des équipements sportifs. Lorsque je vois, Madame la Maire, mes chers collègues, les décisions gouvernementales en matière de politique sportive, je suis plus qu'inquiet.

Pour rappel, une baisse de 30 millions d?euros du budget de fonctionnement du ministère des Sports, ou encore le transfert auprès de la future agence de sport, dont on ne sait rien, du produit des taxes des financements - jusqu'alors le Centre national pour le développement du sport, le C.N.D.S.

En effet, le C.N.D.S. est un acteur incontournable du développement territorial du sport. Or, par ces transferts de ressources et de financements, l'Etat assèche le C.N.D.S. et le fera mécaniquement disparaître.

C'est là le c?ur de mon intervention. Je voudrais illustrer la gravité du démantèlement du sport opéré par le Gouvernement et les conséquences pour les collectivités territoriales comme Paris. C'est déjà le sens du v?u que mon groupe a porté dans le cadre du débat d'orientations budgétaires. Sur les quelque 12 millions d'euros que coûte ce gymnase, 2 millions d'euros sont subventionnables par le C.N.D.S., objet du projet de délibération qui nous est soumis aujourd'hui.

Une demande de subvention au C.N.D.S. pour aider les collectivités à construire ce nouveau gymnase, mais si demain le C.N.D.S. disparaît, je ne veux pas me faire oiseau de mauvais augure, ce sont les collectivités territoriales, seules, qui assumeront la totalité du développement territorial du sport.

Or, elles n'ont pas les moyens de faire. Cela ne fera qu'aggraver les inégalités territoriales. Il y aura celles qui auront les moyens et les autres.

Merci, Monsieur le Maire.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Sergio TINTI.

La parole est à M. Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci, Monsieur le Président TINTI, d'attirer l'attention de la séance sur ce projet de gymnase Victor Perez, parce qu'il est architecturalement passionnant, c'est le premier gymnase que nous allons construire au-dessus du périphérique, comme un gymnase pont avec une portée de 42 mètres.

Un gymnase qui répond aux besoins de l'Est de Paris, en particulier du 12e arrondissement, avec un véritable type C qui permet toutes les pratiques en salle, de vrais gradins, une salle d'arts martiaux et une salle polyvalente de danse qui démontrent bien que malgré la contrainte foncière qui est la nôtre, malgré la difficulté à trouver des parcelles, le volontarisme politique qui est le nôtre est total pour continuer à construire des équipements sportifs.

En construire ne suffira pas cependant, il est nécessaire que nous soyons plus agiles dans la manière de les occuper. On travaille ensemble par exemple sur les créneaux autonomes le soir, il sera aussi question d'aller récupérer des terrains qui nous appartiennent et dont la Ville de Paris et ses clubs, malheureusement, ne peuvent pas jouir.

Je pense à ce que nous avons fait sur le stade dit de Joinville, à ce que nous étudions sur le stade Léo Lagrange de Vincennes qui nous appartient et dont nous avions levé la servitude militaire, ou ce que nous avons fait à Puteaux, ou ce que nous essayons d'optimiser à Bobigny, parce qu'une partie des terrains de grands jeux se trouvera demain dans la petite couronne.

Ce gymnase, Paris peut se le permettre? Emmanuel GRÉGOIRE ne serait peut-être pas complètement d'accord, Paris peut se le permettre en matière d'investissement, mais c'est sûr que les signaux envoyés sur la politique de l'Etat en matière de financement des infrastructures de sport de proximité sont inquiétants.

Ils sont à l'orée d'une réforme complète de la gouvernance du sport sur laquelle nous avons adopté un v?u à l'initiative de votre groupe lors d'une séance précédente de notre Conseil. Evidemment, si la Ville a demandé une fois de plus le C.N.D.S. sur cet équipement, nous nous faisons peu d'illusions et en même temps la vérité m'oblige à vous dire, Monsieur TINTI, que ce gymnase sortira de terre, heureusement.

Dans l'avenir, c'est beaucoup plus inquiétant à double titre. D'abord, le manque et la diminution de ces moyens de l'Etat feront peser sur nous mais aussi sur la Petite couronne un certain nombre de difficultés, qui finalement finiront par retomber sur Paris au titre des charges de centralité d'une part, et d'autre part parce que les premiers mécanismes tels que dessinés par la future agence du sport disposent que ce serait une conférence des financeurs de sport sous pilotage de l'Ile-de-France, qui investit moitié moins que nous dans le sport.

Je ne me vois pas aller m'assoir à la table de la Région pour qu'elle m'explique comment répartir nos financements sur les équipements sportifs de proximité.

Nous surveillons cela comme le lait sur le feu, mais votre intervention est légitime et nous devons garder y compris dans l'ambition politique qui est la nôtre, le volontarisme qui permet de faire sortir des équipements, de soutenir les clubs, et d'offrir plus de pratiques sportives à toutes et à tous à Paris.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Jean-François MARTINS.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 232.

Qui est pour ?

Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2018, DJS 232).