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Decembre 2018
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2018 DASCO 153 - Rapport sur la restauration scolaire à Paris. - Année 2017.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous allons donc examiner le projet de délibération DASCO 153 qui est le rapport sur la restauration scolaire à Paris pour l?année 2017.

Je vais d?abord donner la parole à Mme TACHÈNE.

Mme Anne TACHÈNE. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, à la suite de l?abandon du projet de réforme des caisses des écoles et de l?adoption de la délibération DASCO 117 par le Conseil de Paris de juillet 2017, un rapport sur la restauration scolaire est présenté chaque année à notre Conseil pour apprécier les conditions d?exécution tant sur les aspects financiers, de qualité que sur les ressources humaines et les questions sociales. S?il ne constitue pas une étude comparative des différentes caisses, il a de fait pour vocation de leur permettre de s?inspirer des bonnes pratiques existant au sein de chacune d?entre elles.

Or, des bonnes pratiques, il y en a dans beaucoup d?arrondissements comme nous pouvons le constater : dans les modes de fonctionnement des 3.000 personnes employées pour fournir les 653 écoles parisiennes, les 47 collèges et les 13 lycées municipaux - je veux saluer ici leur implication à l?intention de nos enfants - ; dans les modes de gestion et de production des 22,8 millions de repas par an qui sont extrêmement diversifiés, comme nous pouvons le constater dans ce rapport.

Pourtant, à ce stade, je veux regretter que ce rapport n?évoque aucunement la proposition de repas végétariens dans les écoles et leur faible impact carbone. Après les différentes propositions faites par notre groupe, par la voix de ma collègue Ann-Katrin JÉGO, un vote de l?Exécutif avait été adopté pour que l?étude menée par la DASCO de juin 2018 soit donnée aux caisses des écoles pour qu?elles puissent expérimenter des menus végétariens de substitution. Or, cette étude ne nous a pas été diffusée et, puisque nous n?avons pas de maire d?arrondissement - du moins, pas encore -, nous n?avons pas été informés mais nous espérons que ce point sera précisé.

Tout en regrettant à nouveau l?érosion de la démographie scolaire dont nous avons précédemment débattu, mais qui impacte évidemment la question de la restauration scolaire, je veux également souligner que se pose la question du mode de gestion de la caisse des écoles du futur arrondissement central, alors que ce rapport ne dresse aucune perspective à horizon 2020 et alors que les quatre arrondissements ne fonctionnent pas du tout de la même façon et ne proposent pas du tout les mêmes prestations.

Nous espérons bien avoir un éclairage sur cette question, notamment pour la question des personnels concernés qui ne doivent pas rester dans l?incertitude. Anticiper les évolutions fait bien sûr partie des bonnes pratiques à suivre.

Enfin, je voudrais revenir sur la part croissante de développement durable mise en évidence dans ce rapport. Une alimentation en circuit court et de qualité contribuant au développement de l?approvisionnement local avec la mise en ?uvre d?un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire soutenu par des démarches éducatives, voilà bien les enjeux ambitieux que nous nous étions fixés pour une contribution économique, environnementale, sociale, sanitaire, éducative et culturelle de la restauration scolaire.

Dans ce rapport, nous pouvons donc saluer l?effort fourni par les caisses des écoles car toutes ont fait une part importante d?augmentation dans la part d?alimentation durable. Cela concerne bien sûr les deux records du 2e et du 5e arrondissement, mais également les caisses des écoles en situation plus fragile qu?il faudra particulièrement accompagner pour qu?elles s?inspirent des bonnes pratiques. Je profite également pour saluer le travail conduit dans le 15e arrondissement, que je ne veux pas oublier, car depuis longtemps inscrit dans une démarche exemplaire.

En conclusion, à la lecture de ce rapport, je ne vous cache pas une certaine satisfaction quand, avec plusieurs élus, sur tous les bancs de cette Assemblée, à gauche, à droite et bien sûr au centre, nous nous sommes opposés à la réforme centralisatrice que vous aviez lancée. Pourquoi ? Parce que, pour ma part, elle est un exemple très concret d?un bon mode de gouvernance : avoir une vision globale, pour des solutions locales, dans une relation de confiance.

On le voit chaque jour davantage. C?est en décentralisant vers un échelon de proximité que nous développons la confiance ; c?est en innovant et en expérimentant que nous développons les bonnes pratiques ; et c?est en évaluant que nous pouvons les développer, les multiplier et les rendre plus compétitives et accessibles. Voilà, mes chers collègues, les éléments que je voulais verser au débat ce soir. Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Je vais donner la parole à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Permettez-moi tout d?abord de saluer le travail mené tout au long de l?année par les agents de la Caisse des écoles parisiennes qui, de par leur engagement, réalisent un travail de qualité en direction des élèves parisiens.

C?est ce travail sérieux, assidu et de long terme, et le dialogue qui s?instaure au sein des conseils d?administration de la caisse des écoles qui permet d?améliorer continuellement le service proposé et de répondre aux attentes et aux besoins nouveaux en matière d?accès à une alimentation de qualité.

La situation reste disparate selon les arrondissements. Je ne reviens pas sur le sujet de la caisse des écoles du 18e arrondissement, source de vif mécontentement. C?est d?ailleurs la seule - je le fais remarquer - en délégation de service public. Nous demandons qu?elle soit administrée en régie comme les autres. Je ne m?étends pas davantage sur le sujet ; ma collègue Danièle PREMEL y reviendra.

Cette exception mise à part, la qualité de la restauration scolaire à Paris est satisfaisante. Le rapport montre des progrès importants. Au niveau parisien, la part d?alimentation durable s?établit en volume à 45,2 % en 2017 contre 32,4 % en 2015. Vous le savez, le groupe Communiste est particulièrement attaché à intégrer dans les critères de sélection des produits provenant d?une agriculture durable. Aussi, nous plaidons pour une augmentation de la part des produits biologiques, ou en conservation, issus de l?agriculture paysanne, en circuit court et venant de régions limitrophes de la nôtre. C?est essentiel pour garantir la fraîcheur, la bonne traçabilité des produits et la qualité gustative des produits servis à nos enfants. C?est également indispensable pour façonner le monde que nous voulons laisser aux générations futures.

Aujourd?hui, en France, seuls 7 % de la surface agricole utile est cultivée en biologique. La commande publique est un levier essentiel pour aider à développer des filières de ce secteur. Pour cela, nous devons aussi, dans certains domaines, faire évoluer nos pratiques. Le plan alimentation durable 2015-2020 de la Ville avait fixé en ce sens un certain nombre d?objectifs. L?action 15 du Plan Alimentation durable envisageait de développer une offre globale de formation sur l?alimentation durable, action à décliner en deux temps avec un état des lieux pour identifier les contraintes liées au travail des produits issus d?une alimentation durable, puis une formation des personnels impliqués directement dans la cuisson ou la présentation des repas.

La question de la valorisation du savoir-faire et la mobilisation des compétences des personnels pour faire face à ces défis nous semble essentielle. Nous souhaitons donc savoir quelles sont les pistes de travail pour 2019 en ce sens.

La lutte contre le gaspillage alimentaire dans nos cantines est également un axe important pour la Ville de Paris. Nous souhaitons pointer l?intérêt des collectes de biodéchets déjà réalisées dans certaines écoles de quelques arrondissements. Cette collecte était initialement gérée par l?intermédiaire de la "start-up" "Love your waste" a été, depuis mars 2018, reprise par la Ville. La généralisation du dispositif inciterait la mise en place d?une logistique globale permettant de réduire le coût écologique, de financer la tournée et d?augmenter la qualité des produits utilisés et de les transformer. Cela ouvrirait certainement des perspectives de développement et une montée en puissance pour 2019. Je termine avec la question des tarifs. Je me félicite de la grille tarifaire qui permet à chaque élève de pouvoir fréquenter la cantine avec des tarifs adaptés aux ressources de son foyer. Cela permet à tous les enfants d?avoir au moins un repas complet équilibré dans la journée. Ainsi, plus de la moitié des recettes des caisses des écoles proviennent des subventions que nous versons. Cet effort montre que les questions écologiques de l?alimentation durable et les questions sociales du droit à l?alimentation ne s?opposent pas mais, bien au contraire, sont liées. Je vous remercie de votre attention.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BONNET-OULALDJ.

Je vais donner la parole à Mme Fatoumata KONÉ.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, voilà des années que le groupe Ecologiste de Paris milite en faveur d?une réforme en profondeur du mode de fonctionnement des établissements de restauration collective de la Ville. Nous nous réjouissons donc de la publication de ce premier rapport sur la restauration scolaire, qui fait suite à la délibération DASCO 117 votée par le Conseil de Paris en juillet 2017.

C'est un outil important qui doit nous permettre d'orienter au mieux nos politiques publiques en la matière.

De nombreuses données sont déjà disponibles pour confirmer ce que nous disons depuis longtemps, le passage à un mode d'organisation écoresponsable dans les cantines est un enjeu à la fois sanitaire, écologique et social.

Avec 22,8 millions de repas délivrés en 2017 par les services des 20 caisses des écoles de la Ville, notre responsabilité concernant l'alimentation des enfants est grande.

Notre groupe tient donc à saluer l'action de la Municipalité qui a permis d'augmenter la part d'aliments issus de l'agriculture biologique ou labellisés "développement durable" dans les menus de nos cantines, avec un objectif de 50 % d'ici 2020.

Dans le 19e arrondissement, par exemple, grâce à un v?u déposé par les écologistes, nous en sommes à plus de 50 % de part d'alimentation durable dans les menus proposés aux élèves.

Et si le contenu de l'assiette de nos enfants est important, le contenant l'est autant. L'utilisation du plastique dans la restauration collective accroît significativement la présence de perturbateurs endocriniens dans les aliments.

Notre groupe a d'ailleurs déposé un amendement budgétaire à ce Conseil de décembre, afin d'augmenter le financement de la sortie du plastique dans les cantines parisiennes à l'horizon de 2022.

La bonne gestion de la restauration scolaire est également une question de protection de l'environnement.

Au problème de la production massive de déchets qu'implique l'utilisation du plastique, s'ajoute celui de la pollution engendrée par un mode de restauration inapproprié.

Pour y remédier, nous devons privilégier les circuits courts et ainsi renforcer notre capacité de résilience.

Nous devons aussi diminuer la part carnée dans les menus de la restauration collective. Paris s'y est d'ailleurs engagée lors de l'adoption en mars dernier du Plan Climat, lequel prévoit une diminution de 50 % de la part carnée des menus de la restauration collective d'ici 2030, pour une diminution de 56 % des émissions de gaz à effet de serre liées à l'alimentation.

Nous devons donc poursuivre le travail pour atteindre les objectifs de 100 % d'alimentation durable et en finir avec le gaspillage alimentaire.

Paris a montré en 10 ans une progression exemplaire, montrons maintenant que nous sommes à la hauteur.

Enfin, à l'heure où trop de gens opposent encore le social à l'écologie, la question de la nutrition montre à quel point ces deux aspects sont étroitement liés, car bien se nourrir c'est aussi une question de justice sociale.

Avec la restauration scolaire, périscolaire et extrascolaire, nous pouvons agir concrètement contre l'insécurité alimentaire en distribuant des petits déjeuners dans les écoles des quartiers prioritaires et en généralisant la distribution de goûters en élémentaire.

Ce dispositif est notamment expérimenté dans les 10 écoles du 19e arrondissement. Il devrait, selon nous, être étendu à tous les arrondissements populaires.

Pour finir, je souhaite aborder la situation préoccupante du 18e arrondissement.

Nous avons appris que le personnel de la "SOGERES", le prestataire en charge de la restauration scolaire des 32 écoles de l'arrondissement, s'est mis en grève matin, provoquant une belle pagaille dans les cantines des écoles concernées. Le personnel se dit entre autres mécontent des diverses attaques subies par un collectif de parents d'élèves sur le travail effectué au quotidien.

Ces parents d'élèves, particulièrement mobilisés sur le sujet des cantines scolaires, ont d'ailleurs déjà permis d'améliorer la qualité des repas servis dans le 18e arrondissement, ce qui était nécessaire et notre groupe s'en est félicité.

Ils interpellent les élus et professionnels, car ils continuent d'être préoccupés par la qualité des repas servis à leurs enfants.

Nous, les écologistes, nous souhaitons interpeller le maire de l'arrondissement et la mairie centrale sur ce sujet, car c'est sans doute le modèle d'alimentation industrielle proposé dans ces cantines qu'il faut remettre en cause. A l'heure où nous prônons l'augmentation du "bio" dans les cantines ou encore le 100 % d'alimentation durable.

La restauration scolaire est un outil majeur de politique publique, qui affecte des aspects essentiels de nos existences. Les solutions existent pour en améliorer la qualité, elles émergent souvent d'initiatives de la société civile, et particulièrement des associations de parents d'élèves.

Il est donc indispensable que nous travaillions ensemble pour atteindre nos objectifs communs : fournir une alimentation saine et de qualité aux enfants de nos écoles parisiennes. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.

Je donne la parole à M. Jean-Baptiste MENGUY.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Merci, Madame la Maire.

Ce premier rapport annuel est un rendez-vous important, des éléments factuels ont été rappelés à juste titre, et d'un point de vue formel, j'avais fait un certain nombre de remarques sur le contenu de ce rapport qui peut être évidemment amélioré, mais le temps donnera suite.

Egalement, je crois que c'est important que les présidents des Caisses des écoles aient aussi voix au chapitre dans ce rapport, parce qu'après tout ils sont comptables de la gestion de leur caisse et c'est aussi à eux que doit revenir un espace pour présenter les informations concernant leur établissement.

Aussi, je crois que ce rapport met en lumière deux choses.

La première, c'est que jamais l'alimentation n'a été un sujet aussi important, en particulier l'alimentation des plus jeunes, ce n'est plus seulement un enjeu culturel, c'est aussi un enjeu de santé publique, c'est un enjeu de société.

C'est un enjeu social.

Et au travers de l'alimentation se reflète l'évolution sociale de la population et des foyers parisiens. Cela a été dit par les orateurs précédents, c'est un élément majeur de la politique alimentaire que nous devons collectivement mener via nos caisses des écoles. On ne peut plus faire des repas de cantine comme avant, c'est-à-dire se contenter d'alimenter nos enfants, il faut avoir une réflexion beaucoup plus globale, beaucoup plus intégrée sur les tenants et les aboutissants culturels de santé et les aspects sociaux, parce que comme cela a été dit, pour beaucoup trop d'enfants à Paris, le repas à la cantine est le seul repas équilibré de la journée. Et j'insiste également sur l'importance de la fourniture de goûters via les Caisses des écoles, c'est quelque chose que nous demandons depuis un certain temps, cela a été le cas notamment dans la M.I.E. sur le périscolaire que j'ai présidée, il est essentiel que nous passions à l'opérationnel. Des expérimentations ont eu lieu dans beaucoup d'arrondissements de droite comme de gauche, et maintenant nous n'avons plus le temps d'expérimenter davantage, il faut agir beaucoup plus et de façon globale sur tout Paris et aider les Caisses des écoles à fournir et financer des goûters en école élémentaire comme la Ville le fait déjà pour les maternelles. Mais cet aspect social de l'alimentation réside dans les statuts même des Caisses des écoles. La plupart des statuts des Caisses des écoles ne prévoient pas finalement la restauration scolaire, mais prévoient bien une vocation éducative, sociale, dont fait partie la restauration scolaire. Et le fonctionnement des caisses des écoles finalement est basé sur cette vocation sociale et éducative. Nous avons une action à mener, c'est notamment ce que nous faisons dans le 15e arrondissement, mais nous ne sommes pas le seul arrondissement à le faire, aussi bien à droite qu'à gauche, ce n'est pas une question de nous plutôt que les autres. Nous devons à tout prix assumer cette vocation d'éducation et cette vocation sociale. Cela passe par un certain nombre d'actions d'éducation, d'accompagnement des enfants sur les aliments qu'ils vont manger, sur l'origine des aliments, l'origine des recettes, sur la façon, sur l'organisation même du temps de déjeuner à la cantine. Et pour cela, je le crois, ce rapport ne met pas assez en avant ces enjeux, ces problématiques qui seront finalement les enjeux majeurs des 5 à 10 prochaines années pour le grand service public de la restauration scolaire. On le retrouve dans d'autres communes en France, on le retrouve dans d'autres capitales européennes, la Ville de Paris doit prendre ce virage d'accompagnement beaucoup plus intégré de l'éducation au goût. Cela a un coût, évidemment. Je regrette que le nouveau mode de financement de la Ville n'intègre pas davantage toutes les actions d'éducation, alors même que le rapport annuel en fait état. L'autre point, c'est sur les actions sociales. Oui, les caisses des écoles ont une vocation sociale d'accompagnement des enfants, des élèves et des familles les plus en difficulté. Cela passe par une grille tarifaire différenciée, cela passe aussi par des commissions sociales qui peuvent avoir un accompagnement différencié, ce n'est pas expliqué malheureusement dans les rapports parce que le rapport annuel est une photographie, une monographie un peu froide des choses pas assez problématisée, et j'incite à ce que nous avancions par rapport à cela. Juste un point sur ce rapport, il faudra faire attention à l'avenir à ce que les informations données ne soient pas sur l'année n-2, mais sur l'année n-1, que ce soit l'année civile ou l'année scolaire. Un dernier élément, cela a été évoqué par le président du groupe Communiste, c'est la question des ressources humaines. Nous avons un énorme problème devant nous, qui est lié à l'employabilité des agents et à la pénibilité de leur travail. Etre employé de restauration, ce que l'on appelait cantinière, est un métier pénible, c'est un métier difficile, à l'instar d'autres professions assumées dans d'autres types de services publics. Oui, ces professions doivent être beaucoup plus et mieux prises en considération au niveau de la rémunération, de l'organisation des heures de service, c'est un effort et un progrès social que nous devons collectivement aux employés de restauration sur leur mobilité, mais aussi sur l'image que le grand public peut avoir de ces cantinières, de ces cantiniers, qui je le répète, à l'heure où la plupart d'entre nous dorment encore, sont déjà dans les cantines à préparer les repas des enfants, alors même qu'ils ont souvent eu trente minutes, une heure, une heure et demie de trajet parce qu'ils habitent en banlieue.

Ils ne peuvent pas avoir des horaires comme les autres parce qu?ils sont obligés de se lever tôt. Ils ont une exigence de perfection liée aux normes qui est très lourde compte tenu de l'employabilité et de leur emploi même. Je souhaite que, pour le prochain rapport, nous faisions un focus sur ce travail difficile et essentiel. L?écrasante majorité, quasiment l'unanimité de ces agents fait un excellent travail.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, Patrick BLOCHE.

Excusez-moi, j'ai oublié Mme Carine PETIT. Je suis désolée. Excuse-moi, Carine.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Je crois que je suis la dernière à intervenir, en effet. Tout le monde est parti.

Merci, Madame la Maire.

Quelques mots sur ce premier rapport. Lorsque nous avions décidé en Conseil de Paris de permettre l'établissement et la préparation d'un rapport annuel sur la restauration scolaire, je trouvais à l'époque que c?était une bonne nouvelle, parce qu'en effet, on met en lumière...

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - S'il vous plaît, Mesdames. Ecoutez, on ne va pas vous manger. Allez, s'il vous plaît. Un peu de calme, chères collègues, elle est partie. Voilà. Ce sont de gentilles petites bêtes. Allez, pensez à la biodiversité, aux animaux, tout cela.

Je redonne la parole à Mme PETIT. S'il vous plaît, Madame PAWLIK.

Madame PETIT, s'il vous plaît.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Cela nous permet, au sein du Conseil de Paris, de mettre en lumière ce beau service public de proximité qui réalise un travail exemplaire et produit tous les jours de l'égalité et de la laïcité dans nos écoles et dans nos restaurants publics scolaires. Cela permet - on l'a rappelé et c'est une chose que la Ville de Paris doit toujours mettre en valeur ; ce n'est pas toujours le cas dans d'autres communes de France - un égal accès à tous les enfants, avec une tarification sociale assez exemplaire.

Je voudrais, comme l'a fait Nicolas BONNET-OULALDJ, saluer le travail qui est fait tous les jours par les agents, les cuisiniers, les cuisinières, les agents techniques qui prennent soin de nos restaurants scolaires et de nos réfectoires, également de nos cuisines où l'on prépare les repas. C'est un travail difficile, mais très beau. Je pense que les parents et les enfants les apprécient et reconnaissent ce travail. Ces adultes font partie de ces équipes qui sont présentes dans nos écoles et assurent un travail d'encadrement et éducatif.

Je voudrais remercier aussi, parce que c'était ainsi que nous l'avions conçu au moment de ce projet de réforme de la restauration scolaire, les équipes du Bureau de la restauration scolaire à la Direction des Affaires scolaires de la Ville de Paris. Parce que je sais qu'ils nous accompagnent, nous, présidents et présidentes des caisses des écoles, mais aussi les directrices et les directeurs des caisses des écoles de nos 20 arrondissements. Ils les accompagnent pour harmoniser nos méthodes, échanger les bonnes pratiques. Ils sont dans une écoute très précieuse sur l'équilibre budgétaire, les échanges de bonnes pratiques et les objectifs auxquels nous devons tous souscrire.

Ce rapport annuel - j'aimerais, là aussi, souligner la spécificité de la gouvernance de ce service public de proximité - est un commun. Nous pouvons voter des v?ux en Conseil de Paris, mais nous pouvons aussi agir puisque c'est un outil qui appartient aux citoyens, aux parents d'élèves qui peuvent adhérer dans chaque caisse des écoles et influer sur des objectifs pour aller plus loin. C'est un commun. C'est extrêmement précieux de rappeler cette méthode de gouvernance et ce mode de gestion où l'implication des parents est possible en adhérant dans chaque caisse des écoles et où la place des enfants est considérée lorsqu'on les associe aux commissions des menus, comme c'est le cas dans le 14e arrondissement.

On peut se donner des objectifs de produire des repas ou des desserts sans huile de palme, en effet réduire - c'est déjà le cas dans de nombreuses caisses des écoles - le plastique dans la préparation et le conditionnement de nos repas, de faire du "sans Nutella" ou de monter la progression des produits bio et durables ou labellisés.

C'est pourquoi, je voudrais revenir sur un v?u que nous avons précédemment rejeté en Conseil de Paris, il y a quelques instants, sur "EuropaCity", et mettre en corrélation nos besoins pour servir des repas en légumes et en fruits chaque jour dans nos écoles, et montrer la complémentarité de ces territoires.

Paris a besoin que, très près de son territoire, nous puissions développer des outils de production agricole biologique et raisonnée proche de nos arrondissements. Nous avons, nous, Paris - puisque, par exemple, un arrondissement comme le 14e produit 7.500 repas quotidiens - un rôle à jouer pour organiser et soutenir le développement de ces exploitations agricoles dans notre région. Je trouve qu?ici, se pose le vrai sujet d'une cohérence de nos politiques publiques.

Ce sont de véritables écosystèmes, des fabriques de développement durable. Je voudrais saluer ce premier rapport et inciter l'adjoint à la Maire de nous encourager et nous soutenir, en termes de perspectives, pour développer plus significativement les goûters. Cela a été rappelé par plusieurs de mes collègues. Ce seraient de beaux objectifs à inciter et à poursuivre pour l'année 2019.

Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Merci, mes chers collègues, de vos interventions qui montrent l'intérêt, et plus que l'intérêt d'ailleurs, l'investissement qui est le vôtre dans la restauration scolaire. Nous savons combien l'exigence des familles parisiennes à l'égard de ce service public parisien est grande.

Vous l'avez rappelé, ce rapport est une première dont le principe avait d'ailleurs été adopté ici même en juillet 2017. C'est la première fois que les élus du Conseil de Paris disposent ainsi d'un panorama très complet de l?activité de la restauration scolaire à Paris pour les 653 écoles et pour environ la moitié des collèges, c'est-à-dire hors cités scolaires.

C'est le fruit d'un dialogue intense entre la DASCO et les directrices et directeurs des caisses des écoles. D'ailleurs, je voudrais saluer tout particulièrement leur engagement au quotidien pour assurer le bon fonctionnement des 20 caisses des écoles parisiennes. Bien sûr, je salue l'excellente équipe du Service de la restauration scolaire, ex-bureau de la restauration scolaire.

Ce rapport donne une vision globale, là où nous avions jusqu'à présent des visions très parcellaires et réduites au périmètre de chaque arrondissement et donc, de chaque caisse. Certes, ce rapport pouvait aller plus loin et avoir d'autres ambitions, mais je crains que s'il avait été plus intrusif, on m'aurait interpellé sur une remise en cause détournée, à travers ce rapport, de l'autonomie de gestion des 20 caisses des écoles, qui a été réaffirmée dans les conditions que vous saluez.

Cette vision globale permet également d'établir un vocabulaire commun, notamment sur les éléments financiers, de comparer en ayant à l'esprit la diversité de la taille des caisses des écoles, puisqu'il y a un écart de 1 à 15, par exemple, entre la caisse du 1er arrondissement et celle du 15e arrondissement.

Evidemment, ce rapport évoque la diversité des pratiques ou la diversité des modes de production. De ce fait, c'est un outil au service de chacune des 20 caisses des écoles pour améliorer le service rendu aux familles parisiennes, pas dans un esprit de concurrence, ce n'est pas l'objet du rapport, mais quelque part, d'aller trouver le meilleur des pratiques dans les autres caisses des écoles.

De ce fait, nous devons collectivement répondre, et vous l'avez évoqué, à la demande forte des familles parisiennes d'amélioration de la qualité de ce qui est servi dans l'assiette. Chacun mesure ici le progrès accompli au fil des ans et le chemin parcouru pour atteindre les objectifs fixés par le Plan Alimentation durable à l'horizon 2020.

La qualité, ce n'est pas seulement ce qu'il y a dans l'assiette, mais aussi l'assiette elle-même et les contenants qui sont utilisés tout au long du processus de production. Je rappelle que nous sommes engagés dans un processus d'élimination du plastique. Oui, Paris est engagée dans l'après-plastique à l'horizon 2022, et je n'oublie pas évidemment la lutte contre le gaspillage.

Nous avons aussi un souci d'efficacité économique, cela a été dit. Les subventions de la Ville de Paris assurent la moitié du financement des caisses des écoles, et nous sommes toutes et tous amenés à nous inscrire dans une logique de sobriété financière, surtout à partir du moment où, à la demande notamment de l'opposition, il a été demandé de ne pas modifier les tarifs, donc pratiquer lesdits tarifs de restauration scolaire.

Je rappelle, mais la Maire l'a encore rappelé récemment, que le premier repas est à 13 centimes d'euros.

Evidemment, la déprécarisation des personnels est très présente, vous l'avez évoquée et je vous en remercie, puisqu'il concerne 3.283 agents qui ont des tâches parfois pénibles.

Je voudrais peut-être terminer sur deux éléments, d'abord sur les goûters. On a eu l'occasion d'en parler lors du comité de pilotage de la restauration scolaire, et donc l'année 2019 sera l'année des goûters.

Je poursuivrai activement non seulement un travail de réflexion, mais je souhaite passer dans l'action.

Et puis parce qu'on compare souvent, ici ou ailleurs, le public au privé, je voudrais que nous ayons la fierté du service public de la restauration scolaire, parce que je peux vous le garantir, c'est dans les écoles et les collèges publics de Paris que l'on mange le mieux et le moins cher.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BLOCHE.

S'agissant d'une communication, il n'y a donc pas de vote.

2018 DASCO 140 -