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Decembre 2018
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2018 DASES 181 G - Subventions (1.981.824 euros) et d'investissement (220.120 euros) pour des actions en réponse aux besoins fondamentaux des réfugiés à Paris. Conventions et Avenants.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous arrivons au projet de délibération DASES 181 G. La parole est à Léa FILOCHE pour le présenter.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, n?oublions pas que, comme Jacques CHIRAC en 2002, Emmanuel MACRON a été élu non sur la base de ses compétences ou de l?adhésion du peuple, mais en grande partie pour faire barrage à l?extrême-droite en ascension depuis un peu plus de 20 ans dans notre pays.

Aujourd?hui, ce barrage semble se dissoudre, puisqu?en matière de rejet à la mer des réfugiés, les décisions gouvernementales ressemblent dangereusement à celles du Ministre de l?Intérieur fasciste italien SALVINI. Ce que l?on appelle la crise des réfugiés, vécue depuis 2015, est bien une crise de l?accueil, une crise des politiques migratoires et des pratiques d?hospitalité.

Depuis trois ans, nombreuses sont les associations, même certaines villes, qui se mobilisent, notamment "Médecins sans frontières" et son bateau "l?Aquarius". Luttant au quotidien pour essayer d?organiser le sauvetage de migrants en mer en conformité avec le droit international, elles ont malheureusement fini par se laisser décourager non par manque d?engagement, mais parce qu?elles ne peuvent plus faire face aux attaques juridiques et matérielles des institutions de différents pays européens.

Là encore, la Ville de Paris se distingue par son soutien renouvelé d?année en année aux associations de terrain dont les compétences et l?efficacité ne sont plus à démontrer. En cela, je tiens d?ailleurs à saluer Dominique VERSINI et Anne HIDALGO, très mobilisées sur ce sujet. Ce sont donc ces associations - la "Fondation de l?Armée du Salut", "Aurore", "Emmaüs", "Urgence jeunes", "France Terre d?Asile", mais aussi beaucoup d?autres dont l?expertise partagée nous permet de connaître de manière toujours plus fine les populations et les problématiques auxquelles elles sont exposées.

C?est dans la perspective de ce travail de fond qu?une attention particulière a été récemment apportée à la situation des jeunes migrants en situation de rue, puisque le projet de délibération DASES 299 G - qui n?est pas celui-ci, mais dont je parle aussi - prévoit pour eux des places d?hébergement spécifiques et réservées dans les centres d?accueil.

Pour répondre aux difficultés spécifiques généralement rencontrées par les primo-arrivants, la Ville prévoit un budget conséquent et ce projet de délibération le démontre encore une fois. Au-delà de l?urgence, il s?agit de continuer à travailler sur l?accueil des réfugiés, au plus près des besoins, dans la finesse, et au plus près des problématiques des personnes. C?est notamment le cas de nombreuses situations liées notamment à Dublin et à cet accord européen qui pose de nombreuses questions en terme administratifs. Un grand nombre de réfugiés sont dans un statut politique flou, n?étant pas expulsables selon les critères actuels, mais n?étant pas non plus régularisables. Or, ces personnes ont psychologiquement et matériellement besoin d?être logées, besoin de travailler, besoin surtout de pouvoir poser enfin leurs valises après les voyages immanquablement harassants et dangereux qu?elles ont pu vivre. Tous nos efforts doivent donc contribuer à répondre, avec nos moyens, à accueillir dignement les réfugiés, sans tri, sans a priori, avec justesse et humanité, puisque l?Etat ne le fait pas. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Léa FILOCHE. La parole est à Dominique VERSINI, pour vous répondre.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Madame la Présidente, chère Léa, mes chers collègues, effectivement, vous avez abordé une question très importante, celle de la question de l?accueil, de l?accompagnement et du devenir des migrants, des personnes qui cherchent refuge, notamment à Paris.

Depuis quatre ans et demi? En tout cas depuis 2015, lorsque nous avons vu arriver les premiers flux de migrants, nous avons vu combien les différents gouvernements qui se sont succédés ont été embarrassés. Ce n?est pas uniquement celui que nous connaissons actuellement ; c?était aussi le cas pour les précédents.

Nous avons vu, à chaque fois, combien Paris, ville refuge, s?est mobilisée et s?est affirmée comme ville refuge avec un plan de mobilisation pour les réfugiés, dont nous allons publier prochainement le second tome et qui amènera aussi à la création, au mois de mars, d?une Maison des réfugiés. Cela répondra à nos engagements globaux et à nos convictions mais, cela, vous le connaissez bien.

Les gouvernements, nos gouvernants successifs, et, bien pire, d?autres pays d?Europe ont beaucoup de mal avec la notion de l?accueil des migrants et des réfugiés, notamment des primo-arrivants, dont au bout du compte on ne sait pas, au premier abord, quel est leur statut. Il y a effectivement la question des "dublinés" dont vous avez parlé, mais il y a aussi la question de personnes qui auront vraiment le statut de réfugiés et qui auront commencé sur les trottoirs de Paris ou d?autres villes avec des souvenirs tout de même assez terribles.

En ce moment, il est vrai que nous constatons une augmentation très importante des migrants, notamment dans le 18e et le 19e, et que le Gouvernement a du mal à assumer la mise à l?abri de ces personnes. C?est à grand-peine que l?on obtient la mise à l?abri des personnes avec enfants. C?est grâce à des associations, dont "Utopia" que je veux saluer parce que, chaque soir, ils mettent au moins 80 personnes à l?abri dans des familles parisiennes ou de proche banlieue.

Ce projet de délibération, chère Léa, rappelle vraiment tout ce que Paris fait et continuera à faire. Avec la fin du centre de premier accueil humanitaire de la Chapelle, on a vu combien le dispositif de l?État n?était absolument pas adapté. Nous avons ouvert un lieu pour les familles avec enfants, boulevard Henri-IV, géré par "Emmaüs". Nous avons renforcé les maraudes "France Terre d?Asile". Nous continuons à soutenir et financer le centre d?Ivry. Nous finançons les petits déjeuners assurés par "l?Armée du Salut" et "Aurore". Nous soutenons "les Restos du C?ur" qui heureusement, assurent? Bref, nous faisons en sorte d?assurer l?essentiel des besoins fondamentaux. On voit bien que le dispositif mis par l?État avec deux petits centres d?accueil de jour et cinq C.A.E.S. n?est absolument pas adapté, d?autant que, derrière, le dispositif national d?asile ne suit pas. Paris est au rendez-vous et continuera à être au rendez-vous avec tous nos partenaires. C?est aussi le sens de la plateforme pour les réfugiés que j?ai mise en place et qui se réunit environ tous les trimestres pour avancer avec nos partenaires. Sur Paris, nous avons la chance d?avoir des Parisiens, des familles, des collectifs, des paroisses très mobilisés. Nous faisons le maximum possible dans un monde qui, malheureusement, n?est pas le plus idéal.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Dominique VERSINI.

Je mets aux voix, à main levée, ce projet de délibération DASES 181 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASES 181 G).