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Decembre 2018
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Discussion budgétaire - Audition des orateurs. (Suite).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - C?est le groupe UDI-MODEM qui a la parole dans la discussion budgétaire et la parole est à Mme Olga JOHNSON.

Mme Olga JOHNSON. - Merci, j?aimerais bien que les esprits s?apaisent un peu pour pouvoir m?exprimer?

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Oui, s?il vous plaît, la parole est à Mme JOHNSON. Merci.

Mme Olga JOHNSON. - ? sinon, j?attends. J?attends qu?on se calme.

Je vois que le premier adjoint, depuis ce matin, traite la plupart des élus de l?opposition d?incompétents. J?espère être compétente sur ce que je vais dire dans un instant.

Mon intervention se place sous l'angle de la communication de la Ville, sur l'effort en faveur de l?intégration des Parisiens et des Parisiennes immigrés.

Madame la Maire, chers collègues, la question de l'immigration à Paris n'est pas nouvelle en raison de l'attractivité internationale de notre Métropole dès le début du XXe siècle. Pour autant, la vague d'immigration à laquelle Paris fait face depuis le Printemps arabe et notamment la guerre en Syrie est sans précédent. Une immigration un peu particulière puisque beaucoup d'immigrés humanitaires arrivent à Paris sans nécessairement souhaiter s?y établir.

Je ne vais pas commenter ici les chiffres relatifs à l'effort budgétaire, d'autant que leur évaluation est très approximative. Je pense surtout que la politique de l'intégration des immigrés ne se mesure pas à l'aune des moyens financiers qu'on lui consacre, mais surtout aux résultats qu'ils produisent au vu d'objectifs et de priorités clairement définies. Or, aujourd'hui, nous constatons que ce projet pour l'intégration des populations immigrées, on ne le comprend pas très bien. Est-ce que la Ville de Paris souhaite une meilleure intégration des immigrés pour des raisons économiques, c'est-à-dire renouveler une main-d'?uvre qu'elle ne trouve plus dans la population parisienne non immigrée ? C?est une vraie question.

Les secteurs du bâtiment, de la restauration, de la boulangerie, qui représentent une part substantielle de l'emploi à Paris, emploient une main-d'?uvre fortement immigrée. Cette approche économique fait-elle partie du projet parisien pour l'intégration des immigrés ? Est-ce que les associations qui dispensent des cours de français, les centres d'orientation et les structures administratives en général sont attentifs à la finalité de l'intégration ? On ne le sait pas.

Notre approche de l'immigration est-elle humanitaire ?

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Excusez-moi de vous interrompre, mais il y a vraiment beaucoup de bruit dans cet hémicycle, beaucoup de brouhaha.

Est-ce que les personnes qui ont des conversations pourraient le faire à l'extérieur pour respecter la parole de Mme JOHNSON ? Merci. Allez-y.

Mme Olga JOHNSON. - Notre approche de l'immigration est-elle humanitaire ? Si oui, le projet de Paris ne consiste pas tant à rechercher une assimilation qu'à écouter, accompagner, rassurer, protéger ces immigrés, mais sans nécessairement une stratégie d'intégration à long terme.

L'immigration familiale est-elle suffisamment importante pour y consacrer une stratégie d'intégration spécifique ? Avec quel objectif ? Une assimilation de ces populations ? Un respect assumé pour les différences et la coexistence des cultures et des communautés ? Et parce que l'immigration est aussi celle du savoir, quelle est notre stratégie d'intégration des cerveaux internationaux venus à Paris ? Existe-t-il une stratégie d'amélioration de notre compétitivité dans l'économie de la connaissance ? Dans l?affirmative, nous pourrions engager davantage de moyens pour nos universités, nos incubateurs et pépinières de start-up. Bref, à toutes ces formes d'immigration différentes correspondent des stratégies d'intégration différentes, des besoins différents et des projets pour Paris différents.

Au lieu de nous parler stratégie et avenir, la Ville fait une nouvelle fois la course au chiffre, aux moyens dépensés sans avoir le souci de l'efficacité de ses choix ou de ses non-choix. Parmi les 50.000 agents de la Ville, y en a-t-il un qui est immigré depuis moins de 5 ans et est le fruit d'une intégration réussie et selon quel parcours ?

Ce que nous constatons aujourd'hui, c'est que nos universités sont moins attractives à l'international, que notre activité économique n'est pas florissante, que l'ascenseur social est bloqué, que le logement et la vie sont très chers et l'intégration difficile. Et que dire des mineurs isolés étrangers, qui n'ont jamais été aussi nombreux ? Quel avenir la Ville leur réserve-t-elle ? Si la Ville de Paris ne le sait pas, elle échouera dans sa politique d'intégration pour une raison évidente : l'intégration ne se décrète pas, elle se construit. Elle ne se mesure pas, comme je le disais, à l'aune des crédits qu'on lui consacre, mais à ceux des résultats qu'ils produisent en termes de développement.

Bien sûr que l'on pourrait se féliciter de la hausse de 2,2 millions du budget dédié, mais pourquoi faire ? Le bleu budgétaire qui nous a donc été transmis ne nous servira pas à grand-chose sans une feuille de route claire de la Ville sur son projet d'intégration des immigrés. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Je donne maintenant la parole à Nawel OUMER, pour le groupe socialiste. Ensuite, ce sera à Fatoumata KONÉ.

Mme Nawel OUMER. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, le budget que nous voterons aujourd'hui est un budget sérieux ; nous avons été plusieurs à le constater et à le redire dans cette instance, car il traduit concrètement nos engagements envers les Parisiens et Parisiennes pris en 2014. Je dirais même que ce budget est un budget de combat car il nous permet de renforcer la cohésion sociale mais aussi les politiques inclusives par notre capacité à réduire les inégalités sur le territoire parisien.

Vous en conviendrez, chers collègues, maintenir, voire créer du lien entre les citoyens, combattre les inégalités et le sentiment d'injustice qui en découle, créer des communs, particulièrement entre ceux qui se sentent si éloignés les uns des autres, ne sont pas des petits sujets en ce moment.

Depuis 2010, la Ville de Paris a subi un choc budgétaire de plus d?1,2 milliard d?euros qui représente une réduction de 14 % de ses recettes annuelles de fonctionnement, non seulement à cause de l'effet de la hausse constante de la péréquation et de la baisse continue des dotations de l'Etat, mais aussi en raison d'une dette sociale de l'Etat d'1,5 milliard d'euros. Alors, comme les années précédentes, c'est un budget résilient que nous présentons aujourd'hui.

Ainsi, malgré une adversité budgétaire exogène, nous continuons avec détermination la mise en ?uvre de nos priorités et de nos engagements pris devant les Parisiens et les Parisiennes, notamment dans la poursuite de notre plan d'investissement de 10 milliards d'euros sur la mandature. Ce budget 2019 est à nouveau à la hauteur des attentes de la demande de solidarité des Parisiennes et des Parisiens puisqu?il s'élève aujourd'hui à 2,3 milliards d?euros.

Je veux, à ce stade, saluer la constance de la détermination de Dominique VERSINI qui n'a jamais faibli devant l?ampleur de la tâche et qui n?a jamais dévié de ce qui pourrait être sa devise : l'humain au c?ur. A travers elle, je veux également saluer tous les services de notre collectivité et particulièrement ceux de la DASES, de la DFPE et du C.A.S.-V.P., qui mettent en ?uvre cette priorité de l?action municipale pour le quotidien des Parisiennes et des Parisiens.

Dans ce volet social, on peut souligner le plan ambitieux de cofinancement de nouvelles structures et la création de 50 postes en lien avec la réorganisation du secteur de l'aide sociale à l'enfance. Le principal poste de dépenses de ce volet social est celui relatif aux contributions versées aux centres d'action sociale, fixées à 360 millions d?euros, qui progressent de près de 18 millions d?euros par rapport à 2018, sous l'effet notamment de la poursuite de la réforme du Nouveau Paris Solidaire. Les actions au titre de la prévention spécialisée et du lien social atteignent, quant à elles, 27,3 millions d?euros, montant équivalent à celui du budget 2018, et au sein de cette enveloppe 18,2 millions d?euros sont consacrés à la participation aux clubs de prévention spécialisée, et 6,2 millions d?euros au financement des centres sociaux.

Le deuxième poste de dépenses à signaler est celui lié au revenu de solidarité active, qui nous engage à hauteur de 352 millions d'euros pour la part allocation qui est en baisse de 5 millions d'euros par rapport à 2018, car nous avons moins de bénéficiaires du R.S.A. à Paris grâce notamment aux politiques d'emploi que nous menons.

Le troisième poste, celui relatif à l'aide sociale à l'enfance, nous engage autour de 274 millions, tandis que celui de l'aide sociale aux personnes handicapées nous engage à hauteur de 244 millions.

Viennent ensuite des dépenses consacrées aux personnes âgées, et à l'allocation personnalisée d'autonomie, qui constitue le cinquième poste de dépense de ce budget, à hauteur de 245 millions d'euros. Avec cette liste rapide, chers collègues, vous aurez compris que les priorités budgétaires sont d'apporter toujours plus de services publics aux Parisiens et aux Parisiennes et d'accroître la qualité de ces services publics. Je me dois de signaler des crédits relatifs à la famille et à la petite enfance, qui représentent 106 millions d'euros, en hausse de 1,3 million d'euros par rapport à 2018. Ce niveau de dépenses concourt ainsi à la poursuite de la réalisation de l'objectif de l'ouverture de 5.000 nouvelles places d'accueil d'ici 2020. Cette progression s'explique notamment par le financement en année pleine ouverte en 2018 de ces places, et par l'ouverture de 1.586 nouvelles places prévues en 2019, tous modes de gestion confondus. Je souhaite m'arrêter sur les propos de Mme HAREL ce matin, qui visaient le fait de pointer une dépense qui selon ses dires paraissait inutile concernant l'aire de jeux. Cette subvention de 300.000 euros, consacrée à la ludothèque de la Place de la République, permet de faire bénéficier à 145.000 personnes de la possibilité d'accéder à des moments de partage, de jeu en famille dans l'espace public, permet aux professionnels, ludothécaires et autres, de participer justement à des actions de parentalité, et il ne s'agit pas simplement de se contenter de faire des jeux de société tel que cela a été décrit, mais bien au contraire de participer de façon économe, puisque cette dépense représente une subvention de 2 euros par personne. Cela me paraît une particulière bonne gestion de procéder à cette dépense, et ce d'autant plus que nous avons besoin pour les familles qui n'ont pas la possibilité d'avoir ces temps, soit l'espace pour avoir ces temps dans leur logement, de le faire dans l'espace public. Le souhait de regagner de l'espace public pour les familles est une priorité aussi de cette politique. Comme depuis 2014, les moyens de la Ville seront de nouveau mobilisés pour accueillir plus dignement les sans-abri et les personnes cherchant refuge à Paris. En matière de santé et d'accès aux soins, deux nouveaux centres de santé seront ouverts dans les 3e et 20e arrondissements, ainsi que la modernisation du centre Edison prévue dans le 13e arrondissement pour le début de l'année 2019. Si je devais qualifier le volet social de ce budget, je dirais que c'est le volet social qui qualifie notre budget et l'action de la collectivité, celle d'une ville bienveillante, attractive, solidaire, inclusive, durable, responsable et pragmatique que nous portons depuis 2014. Ce soir, nous allons interrompre nos travaux pour écouter Emmanuel MACRON. J'espère, pour nos concitoyens et pour Paris, que le Président sera inspiré par notre modèle parisien qui allie gouvernance participative, amortisseurs sociaux, et priorités sociales et écologiques. Parce que ce triptyque est le seul qui nous permette de vivre tous ensemble, parce que la solidarité est aussi seule entre le présent et l'avenir, je vous invite, mes chers collègues, à voter ce budget. Merci.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci à Nawel OUMER.

La parole est à Fatoumata KONÉ, ensuite, Danièle PREMEL.

Mme Fatoumata KONÉ. - Madame la Maire, chers collègues.

La piétonisation des berges de Seine, le développement des pistes cyclables, des zones 30, des zones Paris Respire, du plan piéton, le développement des transports en commun avec le nouveau plan bus et les prolongations des lignes de trame et du métro, la participation à la création de "véloroutes", de "vélobox", l'aide pour l'achat de vélos électriques ou l'indemnité kilométrique donnée aux agents de la ville qui se déplacent à vélo sont autant d'actions concrètes mises en place pour organiser la transition écologique de notre territoire.

572 millions d'euros de dépenses de fonctionnement y sont consacrés cette année. Il s'agit de lutter contre la pollution atmosphérique qui est bien sûr une question de santé publique, principalement quand on sait que 90 % des Parisiens vivent dans un environnement pollué et que 2.500 personnes meurent chaque année à Paris du fait de la pollution.

A la lumière des sujets qui font l'actualité, il nous semble plus que nécessaire de le rappeler.

Il s'agit également de se réapproprier l'espace public, de le partager plus équitablement ainsi que de rompre les fractures territoriales. Réinventer les déplacements et accompagner les nouvelles mobilités douces, ces objectifs nous ont amenés à demander, dans un abonnement, de renforcer le soutien au secteur associatif travaillant à la pratique du vélo.

De plus, dans une logique d'équité fiscale, nous demandons par un v?u que les entreprises de "free floating", qui souhaitent mettre à disposition des vélos ou trottinettes sur l'espace public parisien, participent à l'aménagement de celui-ci via une redevance.

Créer des solutions de transport en commun, soutenir le déploiement de nouvelles mobilités douces, cela ne peut se faire sans accompagner leur usage.

C'est pourquoi nous avons déposé à ce budget un amendement afin que les enfants en situation de handicap puissent profiter d'un "pass Paris Access" gratuit, sous condition de ressources, car nous estimons que ces enfants ont été oubliés dans le dispositif de la Maire offrant la gratuité aux Parisiens de 65 ans et plus, ainsi qu?aux adultes en situation de handicap.

Repenser les déplacements, c'est aussi limiter les déplacements contraints en voiture. Il s'agit donc de repenser l'urbanisme, de rapprocher l'habitat des aménités et notamment des commerces.

L'enjeu de maintenir une diversité et une multiplicité des commerces en centre-ville est un défi qui se pose aussi à Paris.

C'est pourquoi nous avons déposé un v?u pour que la Maire défende une taxation des e-commerçants tels qu'Amazon sur les colis qu'ils livrent à domicile.

L'augmentation exponentielle de ce mode de livraison a un impact environnemental certain et constitue une concurrence préjudiciable pour les commerçants physiques indépendants.

Nous voulons ainsi lutter contre la vie chère et l'uniformisation qui abîme notre qualité de vie. Cette lutte réclame des investissements importants, on le constate par exemple avec les missions Vital Quartier.

Nous défendons une recette nouvelle pour nous y aider.

Un Paris écologique, solidaire, c'est aussi une ville rendue accessible au plus grand nombre, accessible sur tous les fronts, accessible par ses solutions de mobilité, accessible également en luttant contre la spéculation immobilière, afin de permettre aux habitants les moins aisés de rester à Paris.

Les derniers chiffres de l'INSEE datant de décembre 2017 nous montrent que nous devons rester actifs pour endiguer ce problème. En effet, si la population française a augmenté de 1,5 million par rapport à 2010, 66 millions d'habitants, la capitale, elle, a perdu près de 40.000 habitants, passant de 2,27 millions en 2010 à 2,23 millions en 2015.

La principale cause est la cherté des loyers et l'insuffisante offre de logements sociaux. Celles-ci conduisent les familles à quitter Paris. Ce combat de long terme, donc, réclame des investissements massifs. C'est pourquoi nous avons déposé cet amendement pour que les recettes des droits de mutation à titre onéreux, qui représentent une recette alimentée par la spéculation immobilière, servent justement à la juguler en étant réinjectées dans le logement social et dans l'office foncier solidaire. L'outil que notre groupe a porté lors de l'une de nos propositions de délibération.

Cet outil doté d'un budget à la hauteur des besoins d'une ville comme Paris nous permettrait de gérer notre sol différemment, de maîtriser la rente foncière aussi bien qu?une maîtrise des dépenses. Avec un tel outil de dissociation du foncier et du bâti, couplé à une stratégie de municipalisation des sols, on limiterait mécaniquement la spéculation immobilière et les cessions immobilières de la Ville. À moyen terme, cela ferait baisser les dépenses de la collectivité liées à la production de logements sociaux. Ce budget doit donc répondre à un objectif : mener une politique de transition écologiste juste et efficace, en améliorant la mise en place concrète des ambitions du plan climat que nous avons adopté l'année dernière, au premier rang desquelles la neutralité carbone, ce qui serait une première pour une collectivité française, tout en renforçant la cohésion sociale, la réduction des inégalités sociales, et en offrant des alternatives, des mesures d'accompagnement pour atténuer les impacts sur les ménages et secteurs d'activité les plus fragiles. Ma collègue Marie ATALLAH poursuivra la défense de nos derniers amendements pour y parvenir. Merci.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

La parole est à Danièle PREMEL, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Ensuite, normalement, c'est Christian SAINT-ETIENNE, s'il arrive d'ici là.

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, si tout le monde déclame dans le langage des communicants et du politiquement correct : "la jeunesse, c'est l'avenir", il est clair que nous ne mettons pas derrière cette expression le même sens et les mêmes valeurs.

En effet, l?État a baissé ses aides dans le logement, les emplois aidés, le sport amateur et dans bien d?autres domaines encore. Les mouvements lycéens et dans les universités sont là pour le dire et le dénoncer. Il a aussi dégradé l?avenir de la jeunesse par les horizons et les finalités qu?il lui propose. L?aspiration de la jeunesse, ce n?est pas d?être dans les premiers de cordée, ce n?est pas de traverser la rue pour renoncer à son métier, ce n?est pas la compétitivité pour passer devant l?autre, son ami, son camarade ; c?est la solidarité, la fraternité et un combat commun pour un monde plus juste et plus humain.

Rappelons que les jeunes de 16-25 ans sont un peu plus de 320.000 à Paris, soit presque 15 % de la population. Ce chiffre ne doit pas nous faire oublier que près de 650.000 jeunes de 16 à 25 ans sont présents quotidiennement à Paris, ni masquer les inégalités territoriales présentes dans notre propre ville, l?inégalité symbolique et concrète pour un tiers des jeunes Parisiens qui ne peuvent pas partir en vacances faute d?en avoir les moyens.

C?est pourquoi nous proposons, dans un amendement, la somme de 80.000 euros supplémentaires au dispositif "Paris Jeunes Vacances".

Concernant l?insertion professionnelle des jeunes, la Mission locale de Paris est un outil premier d?accompagnement pour les jeunes Parisiens. En 2017, 32.346 jeunes Parisiens ont été en contact avec elle. Soulignons qu?au-delà de sa fonction de base, la Mission locale développe des actions expérimentales et innovantes. Compte tenu de la place centrale de la Mission locale de Paris et des besoins en accueil et de suivi des jeunes, nous proposons un amendement visant à une augmentation de 200.000 euros, cet effort se justifiant par la baisse des dotations de l?État.

Dans le cadre de la politique de la ville, il est prévu un soutien aux associations intervenant en faveur de l?emploi des jeunes dans les quartiers populaires. L?analyse des projets, notamment des 21 projets financés chacun à moins de 5.000 euros nous interrogent : quelle est la plus-value et pourquoi ce saupoudrage financier ? En revanche, les structures d?insertion par l?activité économique qui apportent effectivement aux jeunes un emploi et la possibilité d?insertion doivent pouvoir bénéficier d?un renforcement financier.

Concernant notre politique du logement pour les jeunes, celle-ci doit se poursuivre car, nous le savons, le logement est non seulement le signe de l?autonomie, mais aussi très lié à l?emploi. Souvent, pas de logement sans emploi et pas d?emploi sans logement.

La Ville de Paris n?est pas qu?une collectivité qui finance une politique d?accompagnement de la jeunesse dans sa vie sociale et d?insertion, elle est aussi employeur. À ce titre, elle a une responsabilité particulière qui s?exerce à travers les stages de longue durée, l?apprentissage - avec plus de 1.000 apprentis dont 65 % de femmes -, les contrats aidés - malgré la baisse de l?aide du Gouvernement. Nous soutenons cette politique volontariste qui témoigne d?un engagement concret de la Ville et surtout de son personnel sur lequel repose cette politique. Dans le même temps, nous serons très attentifs aux tutorats et aux formations.

Pour une ville où vivre, une ville où agir, cette politique mobilise près de 40 millions d?euros pour de très nombreuses actions. Je relèverai plus particulièrement le soutien des Espaces Paris jeunes, des centres "Paris Anim?", des actions jeunesse des centres sociaux, des lieux qui se réfèrent enfin à l?éducation populaire, cette grande oubliée et souvent mal comprise. Par ailleurs, il est développé des actions pour le partage de l?espace public. Cette orientation conforte par là des lieux libres où l?espace est partagé et commun aux citoyens de tout âge. C?est une des raisons pour laquelle nous avons déposé un amendement pour un kiosque citoyen dans le 18e arrondissement.

Concernant la prévention spécialisée, il est prévu un peu plus de 17 millions d?euros en fonctionnement pour 11 associations qui interviennent à Paris et qui comptent 54 équipes d?éducateurs. La question qui peut se poser au sujet de la prévention spécialisée, c?est celui du "comment". Les principes fondateurs de l?intervention des éducateurs de prévention qui datent de plus de 50 ans ont évolué par rapport à l?évolution des jeunes, à celui des territoires qui n?est plus seulement la rue, mais aussi celui des réseaux sociaux, et à la relation individuelle avec le jeune pour une relation avec le groupe. Nous devons ouvrir une réflexion et un chantier qu?il nous faut aborder avec détermination sur le sujet avec tous les acteurs concernés.

Un budget sur la jeunesse est un exercice toujours difficile de sens car il se présente, par nature et formellement, comme un financement au bénéfice de. Alors que cette jeunesse doit en être aussi l?acteur et l?auteur. Le Conseil Parisien de la Jeunesse, au dernier Conseil de Paris, nous a rappelé, et nous nous y sommes engagés, de donner toute la place à cette jeunesse parisienne et d?entendre leur parole.

Je terminerai par un extrait d?une lettre de Zola à la jeunesse : "Ô jeunesse, jeunesse ! Je t?en supplie, songe à la grande besogne qui t?attend. Tu es l?ouvrière future, tu vas jeter les assises de ce siècle prochain et nous te céderons fraternellement la place".

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

La parole est à Christian SAINT-ETIENNE, pour le groupe PPCI.

M. Christian SAINT-ETIENNE. - Merci, Madame la Maire.

Le budget primitif 2019 illustre une nouvelle fois la dérive des finances de la Ville de Paris et la cavalcade de la dette. Comme je le dirais, il ne faut pas penser que la situation est bonne du seul fait que les agences de notation chantent : "Anne HIDALGO, tout va bien, Madame la Marquise !" La dette augmente de façon extrêmement rapide puisqu?elle est multipliée par 6 entre l?an 2000 et 2018. Elle aura quasiment doublé du début de 2014 à la fin de 2019 à près de 7 milliards d?euros.

La charge d?intérêt exploserait si les taux d?intérêt devaient remonter, ce qui est de plus en plus probable compte tenu de la crise qui s?engage. Elle devrait coûter 0,1 à 0,2 points de croissance au seul quatrième trimestre, sans parler de son impact pour 2019 qui pourrait coûter des dizaines et des dizaines de milliers de chômeurs de plus. La situation financière est donc devenue difficile en dépit de notes favorables des agences de notation, qui fondent ces dernières sur le potentiel fiscal de la Ville, c?est-à-dire en clair sur une augmentation massive des impôts locaux à venir. Cette dérive financière s?explique par une augmentation de 8 % des dépenses de fonctionnement du B.P. 2014 au B.P. 2019, celles-ci atteignant près de 8 milliards d?euros en 2019.

Paris compte notamment un agent territorial pour 43 habitants contre 1 pour 62 dans les autres grandes communes de France. L?écart entre la durée de temps de travail de référence de la Ville - 1.552 heures annuelles - et le temps de droit commun - 1.607 heures annuelles - coûte 74 millions d?euros par an, sans parler du taux d?absentéisme de 11,7 % des personnels de la Ville contre 8,2 % dans les communes françaises de plus de 100.000 habitants.

Tout ceci traduit la gestion catastrophique des personnels de la Ville, dont le taux d?absentéisme traduit le mal-être après 17 ans de gestion socialiste dont les dérives se sont fortement aggravées depuis l?élection de Mme HIDALGO.

Les subventions aux associations augmentent fortement de 210 millions en 2013 à 266 millions en 2019. L?Exécutif prépare sa réélection en faisant un usage immodéré d?argent public.

Le budget d?investissement, qui porte mal son nom car il finance essentiellement depuis 2014 des rachats de logements existants plutôt que des logements neufs, conduit essentiellement à organiser la panne du parcours résidentiel à Paris, dans la mesure où la politique de la Ville bloque l?accession sociale à la propriété, tout en diminuant le parc résidentiel privé.

En conclusion, le B.P. 2019 traduit les dérives de la gestion de la Ville qui s?aggravent fortement depuis l?élection de Mme HIDALGO. L?Exécutif a massivement fragilisé les finances de la Ville qui sont aujourd?hui hypersensibles à une remontée des taux d?intérêt alors que le ralentissement en cours de l?économie fera bientôt sentir ses effets sur les recettes de notre collectivité.

Bref, la cavalcade de la dette s?accélère.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - La parole est à Jean-Pierre LECOQ.

Ensuite, ce sera Jérôme COUMET.

M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, l?examen de ce budget pour 2019 me permet d?intervenir sur les mairies d?arrondissement dont chacun a compris que, grâce aux nouveaux statuts de Paris, elles ne seront plus que 17 en 2020, ce qui se traduira, malheureusement, par un indéniable recul de la proximité dans tout le Centre de Paris.

Mais au-delà de ces petits arrangements qui n?honorent pas leurs auteurs, force est de reconnaître l?ambiguïté, voire la perversité, des relations existant entre la Mairie de Paris et les mairies d?arrondissement. Le jour, tout le monde salue l?importance, le rôle indéniable des mairies d?arrondissement, le relais indispensable qui est le leur entre la Mairie de Paris souvent perçue comme lointaine et des Parisiens avides de proximité. Le reste du temps, souvent par négligence ou manque de temps, quelquefois sur ordre, on consulte dans l?urgence, quand on n?oublie pas de le faire, les arrondissements.

Nous avons tous des exemples nombreux de saisines, par retour de mail nous dit-on, de questions importantes qui demanderaient un minimum de concertation, voire de réflexion. Au palmarès de l?urgence, la DVD remporte la palme dans son genre : j?oublie de consulter et je ne réponds pas ! Avec un retard infini à la question posée, la DAC est passée maître. Quant à la DSTI, devenue DSIN, elle noie, sous les protocoles, les stages et les changements de logiciel, les personnels des mairies d?arrondissement ; elle informe le DGS mais oublie qu?il existe un maire d?arrondissement.

A cela le changement accéléré des directeurs, au cours des dernières années, a fait que nombre d?entre eux ne font pas l?effort de rencontrer les maires, la preuve évidente que l?échelon local est oublié, voire méprisé.

Et je n?évoque pas certaines consignes données au niveau des services déconcentrés, du genre : ne dites rien au maire, cela ne le regarde pas. Peut-être d?ailleurs que ce sont des consignes exclusivement réservées aux maires de l?opposition, mais j?aurais sans doute mauvais esprit de le penser.

Mes chers collègues, depuis des années, on a tout mélangé et tout opposé dans le domaine de la proximité. Après avoir hissé sur un piédestal les conseils de quartier, on s?en est lassé. Le budget participatif les a étouffés. Je ne parle pas des C.I.C.A., pourtant visés dans la loi, à demi enterrés.

Les M.D.A., qui ont connu leurs heures de gloire, ont vu leurs moyens réduits et aujourd?hui même le budget participatif voit son champ d?action s?étioler, la DVD et la DEVE ayant bien du mal à mettre en ?uvre les opérations votées. La charte des arrondissements, votée à grand renfort de tambours et trompettes par votre prédécesseur, Madame la Maire, est restée lettre morte et est piétinée par vos directeurs et vos adjoints.

Évidemment, mes chers collègues, dans le cadre du renouvellement profond de l?action de la Municipalité, en 2020, c?est tout le contraire qu?il faudra faire. Nous le percevons chaque jour davantage, les Parisiens à l?image des Français ont soif de proximité et d?une action publique efficace et économe des deniers publics.

Cela signifie que même si les politiques parisiennes resteront définies par le Conseil de Paris, les maires d?arrondissement élus sur leurs territoires respectifs ont droit à la légitime prise en compte des intérêts de leurs populations. Qu?il s?agisse des personnels affectés en mairie avec difficulté, en dépit de l?appui de la DDCT dont je veux saluer les responsables, des pouvoirs qu?ils exercent, des politiques municipales, le compte n?y est pas. Dans bien des domaines de l?action municipale, l?équité minimale entre Parisiens n?est plus assurée. Chaque Parisien, quels que soient sa situation et son bulletin de vote, a droit à la propreté de son environnement et à la sécurité de son quartier.

Enfin, si bien des investissements sont légitimes à l?Est, est-il normal que depuis quinze ans, la répartition entre les onze arrondissements de la majorité et les neufs de l?opposition se situe dans une fourchette de 70/30 ? Et pour quel résultat ? Quelle est l?évaluation qui en a été faite ?

Mes chers collègues, Madame la Maire, alors que se profile la dernière année pleine de cette mandature à laquelle ce budget est destiné, vous l?aurez compris, c?est un changement total de la démocratie de proximité qu?il faudra proposer au vote des Parisiennes et des Parisiens.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - La parole est à Jérôme COUMET, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Ensuite, ce sera Marie ATALLAH.

M. Jérôme COUMET, maire du 13e arrondissement. - Oui, Madame la Maire, mon intervention, la dernière du groupe, vise d?abord à présenter un amendement déposé sur la question de la sécurité au sein des ensembles de logements sociaux.

Les habitants du logement social connaissent bien le dispositif dont je vais parler : il s?agit du G.P.I.S., le Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance, un dispositif qui a été créé en 2005 sous l?impulsion de la Ville de Paris pour améliorer évidemment la sécurisation des ensembles sociaux ou en tout cas les ensembles présentés comme sensibles.

Les locataires peuvent appeler ce service pour des interventions d?équipages mobiles entre 19 heures 30 et 5 heures du matin et ce, sept jours sur sept. C?est jusqu?à maintenant, en tout cas, plus de 76.000 logements qui en bénéficient, essentiellement à l?Est de Paris où sont concentrés les logements sociaux, mais aussi les 14e, 15e et 16e arrondissements.

Dernièrement, ce service a été réorganisé. Je salue d?ailleurs le travail réalisé par son nouveau directeur, très attentif à une meilleure coordination avec les mairies d?arrondissement. Il convient maintenant d?essayer d?étendre ce dispositif et notamment de leur permettre d?intervenir plus tôt dans la journée, dès 17 heures, dès la fin de l?après-midi ou peuvent parfois s?installer des difficultés sérieuses. D?ailleurs, ces nouveaux horaires sont déjà à l??uvre dans les 17e, 18e et 19e arrondissements avec de très bons retours des locataires, car il s?agit par ce service d?allier à la fois prévention et intervention pour ramener de la quiétude.

Ainsi le groupe Socialiste et Apparentés propose de porter la subvention de la Ville de Paris au G.P.I.S. à 800.000 euros. Cela permettra ainsi une double évolution : étendre les horaires, dont je viens de parler, et généraliser la prise de fonction de ce service dès la fin d?après-midi, et puis d?accroître le nombre de logements et de résidences concernés.

Voilà l?objet de mon intervention pour cet amendement présenté lors du budget. Merci à vous !

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - La parole est à Marie ATALLAH, pour le groupe Ecologiste de Paris, mais elle n?est pas en séance.

Nous allons donc passer à l?orateur suivant qui est Hervé BÉGUÉ, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, on peut parfois se féliciter qu?une partie du budget d?action sociale baisse. Cela veut dire qu?un certain nombre de personnes ont pu sortir du R.S.A. pour retrouver un travail. Mais quel travail ? On sait que 80 % des contrats signés cette année sont des contrats à durée déterminée souvent très courts. Il y a aussi les invisibles de la précarité, ces salariés "ubérisés" qui peinent à atteindre le S.M.I.C. malgré des horaires et des conditions de travail hallucinants.

J?espère que la récente décision de la Cour de cassation, qui a requalifié un "ubérisé" en salarié, va faire tâche d?huile et que l?on va en finir avec ce statut qui n?en est pas un. Excusez cette digression, mais la sortie d?un dispositif d?aide sociale n?est pas la garantie d?un emploi stable et correctement rémunéré.

A chaque fois que le Gouvernement s?attaque au pouvoir d?achat, il faut s?attendre à une augmentation des sollicitations au C.A.S.-V.P. : c?est la facture du gaz ou d?électricité que l?on n?arrive plus à payer, le loyer plus cher du fait de la baisse des A.P.L. Et les projets du Gouvernement sur le sujet vont peut-être exclure plus d?un million de bénéficiaires du dispositif.

Combien de Parisiennes et Parisiens vont se retrouver dans les difficultés ? Le budget social de notre Ville représente 25 % du budget de fonctionnement, soit 2,27 milliards d?euros. C?est un effort considérable et nécessaire. Il recouvre à la fois les aides obligatoires et les aides spécifiques de la Ville de Paris.

Les chiffres nous apprennent qu?il y a moins de personnes âgées à Paris. Pour elles, il est de plus en plus difficile d?y vivre. Le prix du panier est en moyenne de 10 % plus cher à Paris qu?en province. Alors, oui, il est plus difficile de vivre à Paris avec le R.S.A., avec le minimum vieillesse ou une bourse étudiante.

Concernant l?Aide sociale à l?enfance, notre effort reste constant même s?il y a eu cette année un léger reflux du nombre de mineurs non accompagnés. Paris et la Seine-Saint-Denis restent les deux départements les plus sollicités. Le Gouvernement ne prend pas la mesure des efforts des deux collectivités locales les plus impactées. Nous savons que l?accueil de ces enfants est essentiel. Nous devons les protéger et les aider à se construire un avenir.

Sur le sujet, nous sommes d?accord avec vos choix. Il reste que nous ne sommes pas convaincus par la politique de fermeture d?établissements hors Paris.

Nous actons, dans ce budget, la fermeture de Coye-la-Forêt et la fermeture programmée du centre d'Alembert alors que, pour ce dernier, 21 millions de travaux nous avaient été présentés en 4e Commission, il y a un an.

Nous regrettons ce choix, même si nous ne nous opposons pas systématiquement à l'installation de jeunes dans le diffus pour favoriser leur autonomie.

Nous portons nos efforts sur les plus précaires, les sans domicile fixe, les réfugiés, et nous avons raison de le faire.

Nous avons, ces dernières années, par notre politique volontariste, poussé le Gouvernement à réagir. Mais dès que la pression retombe, la mise à l'abri des réfugiés ne se fait plus automatiquement et on assiste au retour des campements indignes dans les 18e et 19e arrondissements.

Vous le savez, nous avons porté, dans ce budget, deux amendements importants. Le premier concerne le dispositif "Tête à Tête". J'aimerais parfois que Paris sache s'inspirer de ce qui marche de l'autre côté du périphérique afin de l'importer dans nos murs. J'espère qu'un jour, un lieu dédié à l'ensemble des comportements à risque de la jeunesse verra le jour dans notre ville.

Il y a trois ans, nous avons voté des crédits d'études. Ils n'ont jamais été consommés. En tout cas, pas pour cela.

Notre autre demande concerne l'expérimentation de lieux d'accueil pour les femmes victimes de violences portée par notre Ville, le Département de la Seine-Saint-Denis et l'État. Nous souhaitons que 30.000 euros aillent à cette expérimentation, sans grever les moyens octroyés à notre politique d'aide aux associations ayant en charge les violences faites aux femmes.

Je tiens à remercier, au nom de notre groupe, les adjointes et les adjoints, et l'administration de notre Ville qui ont en charge les questions sociales dans leur diversité.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Je donne maintenant la parole à Mme Delphine BÜRKLI, pour le groupe LRI.

Mme Delphine BÜRKLI, maire du 9e arrondissement. - Merci.

A chaque débat budgétaire, j'interviens sur la mobilité de manière globale, de la route au rail, en passant par le fluvial et surtout les modes de transport d'aujourd'hui et de demain.

Cette année, mon propos aura évidemment une résonance particulière dans un contexte particulier, où la classe politique constate le niveau de tension autour des déplacements. Et nous en avons eu encore la preuve ce matin dans les transports en commun à Paris.

Le sujet est absolument crucial dans notre société et le sera encore davantage dans les années à venir, d'où mon appel à une réorganisation de l'administration pour être efficace sur la mobilité et se doter à Paris d'une culture du résultat.

Au-delà de l'insuffisance des crédits dédiés à l'entretien et l'investissement - j'ai suffisamment dénoncé et je continue de le dénoncer depuis 2014 - moins 61 % des crédits pour la voirie, c'est en réalité toute la machine administrative qui doit être réformée. C'est pourquoi je plaide et je renouvelle cette proposition pour la création d'une direction de l'exploitation et de l'espace public qui réunirait les services d'exploitation de la propreté, de la voirie et des espaces verts.

Aujourd'hui, je suis également convaincue que Paris doit se doter d'une direction opérationnelle de la mobilité capable d'étudier et de mettre en ?uvre les nécessaires investissements au service de la mobilité, faire de Paris une ville cyclable, faire de Paris une ville moins polluée, et faire de Paris une ville modèle pour les transports en commun.

Sur ces trois sujets, si des politiques publiques ont effectivement été lancées, les résultats ne sont malheureusement pas au rendez-vous. Au-delà de l'insuffisance de l'investissement, il y a également un réel problème de pilotage. On constate, sur la mise en zone 30 de Paris, par exemple, que plutôt que de recourir à un service études dédié pour chaque aménagement qui pourrait être mis en ?uvre par des entreprises dédiées, c'est chaque S.T.V. qui se voit ajouter cette politique publique lourde et son plan de charge, réalisé ensuite par les entreprises de leur marché. Finalement, ce sont des aménagements qui prennent du retard, beaucoup de retard, notamment au moment de l'exécution parce qu'ils nécessitent énormément de petits travaux ponctuels qui sont mal dimensionnés par les marchés.

Quant au Plan Vélo, vous regardez sans doute comme moi l'Observatoire du Plan Vélo disponible en ligne, seulement 19 % du Plan Vélo parisien est réalisé, dont seulement 12 % d'aménagements satisfaisants.

Et, pourtant, je le rappelle, l'effort financier est limité pour la Ville puisque ces aménagements sont largement financés par la Région Ile-de-France, ce qui démontre bien que c'est le pilotage qui fait défaut.

Autre sujet, la vitesse des bus intra-muros. Vous n'êtes pas sans savoir que la vitesse des bus diminue à Paris progressivement, mais sûrement. Depuis ces dix dernières années, sur certaines lignes, les vitesses sont extrêmement préoccupantes et dégradent la qualité des transports en commun à Paris. Là aussi, problème de pilotage.

Enfin, je voudrais terminer en vous faisant des propositions sur le budget primitif 2019 et sur l'exécution budgétaire. Dès le début de l'exercice budgétaire, je propose de déléguer aux sections territoriales de voirie les crédits d'entretien suffisants pour réparer ce qui a été identifié, les ornières ou nids-de-poule, sans négliger la signalisation lumineuse tricolore ou l'éclairage public dont la réparation, rien que sur le 9e arrondissement, a 706.982 euros de devis toujours en attente, Monsieur l'adjoint aux finances, sans parler du nécessaire investissement sur les réseaux alimentation qui s'élève à 767.500 euros.

Je propose également de renoncer au moratoire sur les travaux fixés après l'été 2019 pour qu?aucun investissement ne soit retardé et pour que l'exécution budgétaire soit la plus conforme possible.

Enfin, il me semble indispensable de lancer, dès à présent, un plan pour augmenter la vitesse des bus qui sera progressivement mis en place après, je l'espère, la mise en ?uvre de la restructuration du réseau de bus au printemps 2019.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - La parole est à Raphaëlle PRIMET, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Madame la Maire, mes chers collègues, j'interviendrai sur un sujet particulièrement cher à notre groupe, celui du budget emploi. Je souhaiterais que, au-delà des tableaux qui présentent les suppressions et créations de poste, nous puissions voir les visages de celles et ceux qui donnent vie au service public de notre collectivité.

Ce sont bien ces agents qui font prendre corps à nos politiques publiques, qui mettent en musique et en action les décisions que nous prenons dans l'intérêt général. Tous les efforts que nous avons faits pour créer des équipements publics, pour développer des politiques sociales volontaristes, ne peuvent se concevoir sans le travail de ces agents. Ils ne sont pas un coût, mais bien une richesse pour notre collectivité.

Je prendrai un seul exemple qui en est la preuve, les postes créés de contrôleurs de locations de meublés touristiques. Ils ont rapporté plus d'un million et demi d'euros, dépassant largement leur coût en masse salariale. Nous demandons trois postes pour renforcer ce service qui, en luttant contre la spéculation immobilière, veut enrayer l'envolée des prix du logement et redonner du pouvoir d'achat aux Parisiens et aux Parisiennes.

Vous le savez, toutes les organisations syndicales ont voté contre ce projet de budget emploi au comité technique central. Elles ont déploré la suppression nette de 19 emplois à périmètre constant et constatent un écart entre les besoins et les effectifs réels et budgétaires.

Aussi, nous avons souhaité porter plusieurs amendements pour renforcer les moyens humains des services de notre collectivité.

Pour commencer, j'évoquerai un désaccord que nous avons sur les choix politiques qui conduisent à externaliser certaines tâches et à les confier à des prestataires privés. Vous choisissez de développer l'expérimentation de Trilib', dont nous approuvons le principe. Mais pourquoi ne pas le faire avec des emplois publics ? Nous aurions souhaité que la collecte de Trilib' par les agents de la Ville soit faite en régie.

Nous savons que l'externalisation au privé a un coût, notamment un coût social important pour ces métiers particulièrement pénibles.

Par ailleurs, nous nous félicitons de la priorité que vous avez donnée au Service de la propreté en créant 84 nouveaux postes. C'est d'ailleurs la concrétisation d'une demande que nous avions faite au mois de février, au moment de la M.I.E. sur la propreté.

Vous avez aussi choisi d'externaliser les services du nettoyage dans les bibliothèques. Nous avions marqué notre opposition au Conseil de Paris de juin. La Ville de Paris dispose de toutes les compétences pour exercer directement ce travail de ménage et de nettoyage. Ici, le recours au privé est injustifiable, si ce n'est par un argument économique visant à aller vers le moins disant social pour réduire nos dépenses. Aussi, nous réclamons le retour de ces postes dans le giron public.

Nous savons qu'il manque des agents de logistique générale pour les locaux centraux et les mairies d'arrondissement, notamment en raison de la fin des contrats aidés voulus par le Gouvernement MACRON. Nous avons souhaité obtenir 24 postes pour y remédier.

Je poursuis avec la question des agents des bibliothèques. Nous demandons sept postes pour remplacer les sept contrats uniques d'insertion qui arrivent à échéance. Le non-remplacement de ces postes entraînerait une baisse de la qualité de service public dans les bibliothèques.

Mais cette année, comme vous l'avez vu, nous voulons mettre un accent tout particulier sur l'enfance et l'éducation. Il nous remonte des conseils d'école et des organisations syndicales de nombreuses difficultés pour remplacer les A.S.E.M.

Certes, la démographie scolaire est en baisse et les effectifs des A.S.E.M. sont en hausse. Cependant, ce sont des chiffres, mais rien ne vient montrer que les absences de ces agents sont non remplacées, agents qui ont aussi le droit à des congés lorsqu'ils sont malades ou à des décharges pour le droit syndical, et ces remplacements ne sont jamais couverts.

C'est la même chose pour les agents techniques des écoles. La réforme des rythmes scolaires a eu pour conséquence l'intensification de l'utilisation des locaux par des personnels très divers, rendant leurs conditions de travail plus pénibles encore.

Nous demandons donc des postes pour créer une brigade de remplacement qui permettrait de soulager ces agents. Si nous nous félicitons souvent de la qualité du service public de l'eau à Paris, nous apprenons que 15 suppressions sont actées pour 2019. Nous voyons d'un mauvais ?il la suppression de ces postes qui revient à intensifier le travail des agents de l?eau qui resteront, et qui, au final, dégradera ce service public.

J'en profite, enfin, pour vous interroger sur la question de la précarité et de la question des emplois à la Ville. Où en sommes-nous du plan de dé-précarisation ? Il nous semble qu'il reste encore trop d?emplois précaires et un nombre important de vacataires. La titularisation et la pérennisation des contrats trop précaires permettrait d?améliorer encore l?efficacité des services publics.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - La parole est à Jean-François LEGARET, pour le groupe les Républicains et Indépendants.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Nous connaissons l'actualité à Paris, nous allons en parler demain. Cela évoquait pour moi les vers de Théophile Gautier : "Sans prendre garde à l'ouragan qui fouettait mes vitres fermées". Pendant ce temps, la Ville de Paris est-elle bien gérée ? La Ville de Paris tient-elle compte de la conjoncture difficile ? La Ville de Paris est-elle attentive à l'avenir ? Non, mes chers collègues, parce que le premier devoir en politique, c'est de prendre conscience de la réalité. D'ailleurs, je regrette beaucoup que nous ne puissions pas aborder sereinement, parfois entre experts, les débats chiffrés utiles.

M. le premier adjoint nous oppose souvent des batailles de chiffres. C'est le degré zéro du débat politique. D'ailleurs, mardi dernier, en 1ère Commission, j'ai cité un chiffre de tête. J'ai dit : "Les droits de mutation rapporteront 1,5 milliard à la fin de l'année". Le premier adjoint m'a répondu : "C'est faux, ce n'est pas le bon chiffre". Vous savez quel est le bon chiffre, mes chers collègues ? 1,495 milliard d?euros. Vous conviendrez donc que quand je dis 1,5 milliard, je profère un mensonge.

Est-ce bien votre chiffre, Monsieur le premier adjoint ? Est-ce que votre perspective est bien de 1,495 milliard d?euros à la fin de l?année ? Quand je dis 1,5 milliard, vous considérez toujours que je profère un mensonge, vraisemblablement.

Les autres chiffres qui ont été cités depuis ce matin par les orateurs de l'opposition, sont également exacts. Lorsque nous disons qu?il y avait 1,1 milliard de dettes consolidées de la collectivité en 2001, 6 milliards aujourd'hui et 8 milliards en perspective 2020, ce sont des perspectives qui ont été arrêtées par la Chambre régionale des comptes.

Alors, vous allez me dire que ce ne sont pas les chiffres de la Mairie. Vous admettrez tout de même que les chiffres des magistrats de l'Ordre financier présentent pour nous un certain intérêt et reposent sur une expertise dont nous sommes bien obligés d'être d'abord redevables et à laquelle nous devons être attentifs.

Tout cela se passe dans un contexte que nous ne méconnaissons pas, de tension sur les marchés financiers. Vous n'ignorez pas que la semaine dernière encore, à Wall Street, il y a eu une journée extrêmement agitée. Pour la première fois depuis très longtemps, les taux des intérêts à 10 ans se sont croisés avec ceux des intérêts à 2 ans. C'est en général, selon tous les prévisionnistes, un signe fort de descente et même de chute de la croissance aux Etats-Unis, et c'est un signe fort de tension sur tous les établissements financiers. Les établissements financiers, partant de là, auront besoin de faire remonter les taux d'intérêts dans les mois à venir. Donc, cette hypothèse, que nous évoquons depuis longtemps, est aujourd'hui inéluctable, avec... Allons-y, ouvrons très large la fourchette : entre 6 et 8 milliards d'euros. Comment allez-vous financer le relèvement des taux ? Dette municipale ? Dette nationale ? Dette mondiale ? C'est, de toute façon, cette terrible gestion que nous léguerons aux générations à venir, avec la pollution et d'autres problèmes.

Je répète la question : Paris est-elle bien gérée ? Paris tient-elle compte de ses défis face à l'avenir ? Paris répond-elle aux questions qui nous sont posées de manière très brutale et immédiate dans la conjoncture ? Notre réponse est non.

C'est la raison pour laquelle nous voterons contre votre budget.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - La parole est à Sylvie CEYRAC, du groupe les Républicains et Indépendants.

Mme Sylvie CEYRAC. - Madame la Maire, j'espère pouvoir aller à la fin de mon intervention. Vous excuserez ma voix qui est en train de partir complètement.

J'interviendrai sur le budget du centre d'action sociale de la Ville proposé pour l'année 2019.

Après avoir réduit votre contribution l'année dernière en faisant des économies, avec l'augmentation des contributions demandées pour le "pass" Navigo, la subvention augmentera de 17 millions d?euros cette année. Le centre d'action sociale est un pilier de la politique sociale de la collectivité parisienne et je sais le travail très important de la Ville dans le domaine de la solidarité.

En réalité, l'essentiel de cette augmentation est dédié aux aides sociales facultatives pour 75 % et plus particulièrement au financement en année pleine de la gratuité des "pass" Navigo. Une gratuité, je le rappelle, que vous aviez supprimée il y a quelques années pour lui substituer une participation des usagers, que vous aviez choisi d'augmenter par ailleurs et ce, jusqu'à 380 euros pour certains.

Ces mesures, mon groupe n'a eu de cesse de les dénoncer. Il y a seulement un an, au cours de la séance budgétaire précédente, je vous alertais sur la diminution alarmante du nombre de bénéficiaires du "pass" Navigo qui en avait découlé et sur le désespoir de beaucoup de bénéficiaires qui ne pouvaient comprendre cette mesure inique. Je me satisfais aujourd'hui de vous avoir convaincue puisque vous avez, au cours de vos v?ux, en janvier dernier, annoncé la gratuité des transports pour certains des seniors de Paris. Evidemment, cette mesure à un coût pour le centre d'action sociale, qu'il s'agit de compenser aujourd'hui.

Le deuxième poste de dépenses de fonctionnement du C.A.S.-V.P. concerne le personnel, personnel dont vous précisez que 90 % interviennent auprès des usagers. Je suis préoccupée par ce sujet. Si l'on peut toujours se satisfaire que le centre d'action sociale ne s'inscrive pas dans une dérive de sa masse salariale, certaines simplifications organisationnelles - comme vous le dites - des services du C.A.S.-V.P. posent un problème, d'autant plus que vous annoncez que ces efforts seront reconduits et amplifiés. Que nous réserve la suite ?

La suppression des postes d?adjoints dans la résidence service à la suite de la mise en ?uvre du S.P.A.S.A.D. et, plus récemment, la suppression des gardiens dans les résidences appartements les week-ends et jours fériés, ont des conséquences catastrophiques, voire dramatiques - nous devons mieux que cela aux résidents des établissements du C.A.S.-V.P. - qui provoquent un sentiment d'insécurité, dont ils sont nombreux à nous faire part.

Mon groupe soutient la rationalisation de la dépense publique, mais pas au détriment d'un accueil de qualité des personnes hébergées dans nos résidences. Elles ont besoin non seulement de confort, mais aussi de se sentir entourées, protégées, car elles sont fragiles et parfois vulnérables. Soyons donc vigilants.

Je voudrais aussi évoquer la suppression progressive, qui est à nouveau mentionnée, de l'aide PAPADO pour la garde des enfants. La garde à domicile est le deuxième mode de garde à Paris. Je redoute que cette aide puisse être supprimée. Si ce dispositif n'est pas très utilisé, peut-être n'est-il pas très clair et adapté. Faudrait-il en revoir les modalités ?

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci. Vous aviez encore un peu de voix.

Je donne maintenant la parole à Jean-Didier BERTHAULT.

M. Jean-Didier BERTHAULT. - Merci, Madame la Maire.

Tout d'abord, avant mon intervention, je voulais simplement m'étonner du fait que très peu d'adjoints sont présents sur les bancs de notre Assemblée pour une discussion budgétaire.

Coucou, vous êtes là, mais vous êtes trois !

En mars 2018, Madame la Maire, nous avions voté à l'unanimité du Conseil de Paris le "Plan Climat". C'est dans le même état d'esprit que j'aurais souhaité aborder ce bleu budgétaire climat. Le GIEC l'a confirmé dans son rapport d?octobre dernier : l?Accord de Paris, déjà insuffisant pour tenir l?objectif de n'augmenter la température moyenne que d?un degré d'ici la fin du siècle, n'est aujourd'hui pas respecté, notamment par la France.

Le rôle des acteurs non étatiques sera donc fondamental - acteurs privés, collectivités -, car la transition énergétique ne peut en aucun cas être un obstacle au progrès social. Elle a même pour objectif de le favoriser en créant de la richesse, de l?emploi et du pouvoir d?achat en diminuant notre consommation d'énergie. L'Accord de Paris le montre : il est moins difficile de se mettre d?accord sur un certain nombre d?objectifs que de mettre en ?uvre les mesures nécessaires pour les atteindre.

Nous l?avions dit lors du débat sur le "Plan Climat" : le respect des trajectoires est fondamental, autant que peut l'être l'objectif final. C'est la raison pour laquelle nous avions demandé la tenue d'un tableau de bord du respect des engagements du "Plan Climat". Vous le savez, car je le répète inlassablement au fil de mes interventions sur l'empilement des plans, mesures et programmes divers votés par notre Assemblée en matière d?environnement, l?évaluation de notre action est encore plus importante que les objectifs annoncés. C?est une nouvelle culture à laquelle je vous invite à réfléchir. Je me permets de faire référence à ce que disait, hier encore, dans sa tribune au "Journal du dimanche" le prix Nobel d?Economie, Jean TIROLE qui appelait, sur un autre sujet, à une évaluation précise des politiques publiques.

Le bleu Climat 2018 est une déception. D?abord, dans sa forme : il est nettement moins complet que les précédentes éditions. Ainsi, nous n?avons aucun chiffre sur les consommations de carburant de la flotte municipale. L?exemplarité de l?administration parisienne est pourtant fondamentale. La part des carburants diesel a progressé de 30 % en 2016, 48 % en 2017. De même, on compte toujours un tiers de bennes diesel dans le parc de la DPE alors que 100 % des bennes des délégataires roulent au gaz naturel, voire avec une motorisation électrique. Il aurait été préférable de mettre les statistiques actuelles au regard des objectifs du Plan Climat. Nous aurons prochainement un bilan carbone de l?administration parisienne et du territoire parisien. Cela ne doit pas nous priver d?indicateurs en attendant.

Le bleu Climat est davantage une communication sur les actions engagées et moins un bilan sur les résultats obtenus. Sur les mobilités, par exemple, on peut dire que 2018 aura été une année noire : Vélib? a pris un an de retard sur son déploiement. Rien n?est dit sur ce sujet dans le bleu Climat. Autolib? a été tout simplement démantelée.

Sur le logement, nous restons sur le rythme de 5.000 logements réhabilités par an. C?est trop peu : 42.000 logements sociaux ont été traités. Il faudra attendre 2055 ou 2060, à ce rythme, pour une réhabilitation complète du parc social.

Sur l?urbanisme, 2018 a été marqué par des opérations à l?antipode des principes du Plan Climat. Pour prendre un seul exemple, Bercy-Charenton ou encore le T.E.P. Ménilmontant conduisent à densifier une ville déjà particulièrement dense.

Enfin, sur le plan institutionnel, nous resterons vigilants sur la cohérence de vos actions avec celles de l?ambitieux Plan Climat-Air-Energie de la Métropole voté récemment. L?Agora du climat annoncée au printemps 2019 est une première réponse. Nous aimerions en savoir plus sur son organisation et votre souhait d?y intégrer tous les groupes de notre Conseil.

Dernier point : ce que vous appelez la "diplomatie des villes" est un sujet essentiel pour créer une dynamique internationale et favoriser localement la transition énergétique, mais quel bilan ? Rien sur les résultats du C40 - moins d?une page - dont il apparaît davantage comme un outil de communication de la Maire de Paris. Voilà en quelques minutes les remarques que m?inspire ce document qui n?est pas encore, je le regrette, ni à la hauteur des enjeux, ni évaluable dans ses résultats concrets.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - La parole est maintenant à Julie BOILLOT, pour le groupe LRI.

Mme Julie BOILLOT. - Merci, Madame la Maire.

Madame la Maire, mes chers collègues, vous répétez à l?envie que les Parisiens doivent se réapproprier l?espace public, que les piétons doivent être prioritaires sur tout autre usager, que la marche est le principal mode de déplacement dans Paris, qu?il faut inlassablement la promouvoir pour lutter contre la pollution. Voilà le discours.

Dans les faits, alors que nous sommes sur la fin du mandat, l?Exécutif parisien commence tout juste, à peine, à se donner les moyens de ses ambitions. Je m?explique.

En 2018, vous avez consacré une enveloppe de 1,7 million d?euros pour l?entretien courant de la voirie. La réalité vous a, semble-t-il, sauté aux yeux - M. NAJDOVSKI a peut-être été lui-même victime d?un nid-de-poule en vélo - car l?Exécutif a décidé, au courant de l?année, de lancer un grand plan d?urgence. On en voit en partie la couleur dans ce budget 2019 avec 4,7 millions d?euros, soit 3 millions de plus que l?an dernier. On pourrait croire à un effet "Waouh" mais on revient, en fait, au niveau de l?exercice budgétaire de 2014. C?est comme le "pass" Navigo pour les seniors : on le supprime, puis on le remet quelques années après et on se dit que c?est un nouvel acquis en en faisant des tonnes en termes de communication, budget de la communication qui ne baisse d?ailleurs jamais.

Mon ton est quelque peu ironique mais il ne se base que sur les faits.

Nouvel exemple, celui du montant de l?indemnisation des victimes de chute sur les trottoirs : 300.000 euros en 2014 ; 800.000 euros en 2018. Je laisse à votre sagacité l?établissement du lien entre l?état de nos chaussées et nos accidents.

Enfin, loin de moi l?idée d?être polémique, mais vous avez pris du plaisir ces derniers mois à charger la Région sur le retard de la mise en ?uvre du plan Bus. Pour rappel, ce dernier ne sera effectif qu?au printemps 2019 qu?à la réalisation des travaux de voirie qui permettent le maintien d?une vitesse commerciale : 10 millions d?euros sont nécessaires. Ce n?est pas rien. Dans un budget, 10 millions en plus ou en moins, cela se voit. Or, il n?y en a aucune mention dans les documents budgétaires. Je vous le demande, Monsieur GRÉGOIRE : les Parisiens bénéficieront-ils en 2019 des nouvelles lignes du plan Bus ?

Je vais maintenant vous faire un point sur le plan Vélo. Je vais évacuer immédiatement le sujet Région puisque le Conseil régional demande aux collectivités de présenter un plan triennal pour obtenir les subventions d?aménagements qui peuvent tout de même atteindre jusqu?à 50 % des investissements. La Ville de Paris, pour des raisons totalement inconnues, n?a pas présenté initialement les dossiers sous ce format et s?est donc ensuite étonnée que la Région n?examine pas les demandes de subventions pour des raisons de non-recevabilité. Les dossiers sont montés correctement désormais.

Le Conseil régional a donc versé au mois de mars dernier une enveloppe de 4,5 millions d?euros - un record pour un département francilien - et 2 millions d?euros au titre de 2017. Par conséquent, s?il y a du retard en 2020 sur le déploiement du plan Vélo, il faudra donc se retourner sur la Ville. Force est de constater que l?on s?achemine vers un retard.

En effet, l?objectif du plan était de créer 124 kilomètres de pistes cyclables protégées. Or, selon l?observatoire du "Plan Vélo" mis en place par "Paris en selle", voici le bilan des aménagements en site propre réalisé depuis l?adoption de ce plan en 2015 : en 2015, nous avons effectué 0 kilomètre ; en 2016, 5,3 kilomètres ; en 2017, 8,6 kilomètres. En 2018, certes, vous avez livré des aménagements emblématiques comme la première partie de la piste bidirectionnelle de la rue de Rivoli mais, au 31 décembre 2018, vous n?aurez réalisé que 20 % des infrastructures projetées.

À 15 mois de la fin de la mandature, nous concéderons tous qu?il est impossible de combler ce retard. La baisse du budget d?investissement pour la création de voies dédiées, de 400.000 euros par rapport à 2018, interpelle même sur vos réelles ambitions en matière de mobilité douce. C?est encore une occasion ratée de mettre en cohérence les discours et les actes.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - La parole est à Mme Alix BOUGERET.

Mme Alix BOUGERET. - Madame la Maire, mes chers collègues, j'interviendrai pour ma part sur le budget des affaires scolaires. Nous accordons une importance particulière à ce budget qui engage l'avenir de nos enfants et doit leur permettre d'évoluer dans un environnement scolaire et périscolaire de qualité.

Mes propos concerneront principalement les budgets d'investissement. Ce budget, tel que présenté pour l'année 2019, est stable dans le premier degré et progresse dans le second degré. C'est une bonne chose au regard de l'état de vétusté de nombreux collèges qui ont fait l'objet de moins d'attention ces dernières années que les bâtiments scolaires du premier degré, degré qui a bénéficié de manière globale de crédits conséquents pour financer notamment le périscolaire, dont acte.

Pour autant, aussi stable soit-il, ce budget ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt. Il n'est pas suffisant au regard des besoins, et surtout au regard de la baisse de l'investissement entre 2013 et 2017 qu'il faut aujourd'hui combler, baisse dénoncée dans un rapport de la Cour des Comptes en juin dernier. Moins 20 millions pour les travaux de construction et grosses réparations, moins 4,6 millions pour les travaux de réparation récurrente, rien de moins.

Ces baisses continuent, on les ressent au quotidien, il est évident que l'on manque de moyens financiers et humains pour répondre à la demande. Chaque année dans les arrondissements, nous arbitrons entre l'urgent et l'urgent. Pour le seul 17e, l'enveloppe dédiée aux dépenses d'investissement est en moyenne de 1,3 million pour 45 écoles, c'est très insuffisant, surtout au regard des coûts parfois exorbitants des marchés de la Ville et des choix draconiens que cela nous oblige à faire.

De manière générale et au-delà des montants se pose la question de la bonne utilisation des deniers publics. Prenons l'exemple des écoles neuves, sujet que nous connaissons bien dans le 17e et pour cause, nous essuyons les plâtres de 3 écoles, et bientôt 4 sur la Z.A.C. "Clichy Batignolles".

C'est une chose d'engager des montants conséquents pour construire des écoles, 20 millions tout de même pour l'école Rostropovitch, c'est encore mieux de s'assurer que ces crédits sont correctement employés.

Comment comprendre le nombre de difficultés rencontrées dans ces écoles après quelques mois d'utilisation : portes inadaptées, plaques de plafond qui tombent, système de ventilation défaillant, dans des bâtiments prétendument HQE. C'est incompréhensible et inexplicable à la communauté scolaire.

Certes, cela vous permet de faire des effets d'annonce, de création d'écoles dans un contexte de baisse des effectifs à Paris que nous connaissons tous, écoles que nous peinerons, je le crains, à remplir.

Les budgets engagés doivent répondre à trois exigences pour et seulement pour améliorer le cadre de vie des élèves.

Tout d'abord, la qualité. Au-delà de la qualité des travaux qui est parfois loin d'être à la hauteur des sommes engagées, nous nous interrogeons sur le plan annoncé d'embellissement des écoles et des collèges dans votre communication. La fiche présentée dans le budget indique des crédits d'investissement à hauteur de 150 millions d'euros, c'est un montant important pour lequel, en arrondissement, nous n'avons aucune visibilité. Quels établissements, quoi, comment, combien ?

Autre exigence : la propreté. Nous craignons que les budgets destinés à cet embellissement renvoient à des aménagements pour le moins cosmétiques, alors qu?il existe des difficultés durables, profondes, que la Ville n'arrive pas à endiguer.

Je pense à la lutte contre les rongeurs, 1,6 million prévu au BP 2019 pour le service parisien de santé environnementale, qui a en charge la mise en ?uvre le plan de santé environnementale et le plan de lutte contre les rongeurs.

Qui peut imaginer une seule seconde que ce sera suffisant au regard du nombre d'écoles concernées ? C'est bien trop peu compte tenu de l'ampleur de la tâche. Le problème est très loin d'être réglé et les moyens ne sont pas à la hauteur, cela a été rappelé à la dernière séance par Geoffroy BOULARD, ou dans le cadre de la M.I.E. propreté présidée par Florence BERTHOUT.

Troisième exigence : la sécurité. Pas un mot dans votre communication ou dans le rapport budgétaire sur les travaux de sécurisation des écoles, alors que des efforts restent à fournir dans ce domaine. C'est malheureusement ce qui ressort de l'exercice P.P.M.S. effectué en novembre dernier. Certains dispositifs sont encore défaillants : alarmes qui ne fonctionnent pas, mal situées dans l'école, au point que les élèves ne l'entendent pas. Il manque des visiophones dans les établissements scolaires.

Là aussi, trois ans après les attentats à Paris, comment comprendre que tout ne soit pas opérationnel ?

Madame la Maire, vous prétendez faire de l'accueil des familles à Paris une priorité. Cela commence par la mise en ?uvre d'une offre scolaire et périscolaire de qualité, sûre, dans des locaux propres et en bon état. Le compte n'y est pas, ce dernier budget de votre mandature était l'occasion de combler le retard signalé par la Cour des Comptes, et d'envoyer un signal fort aux familles parisiennes. Au-delà des traditionnels écrans de fumée, certes sympathiques comme le budget participatif, mais largement insuffisants.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - La parole est à Jean-Baptiste MENGUY, pour le groupe LRI.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Madame la Maire, Mesdames les adjoints, Messieurs les adjoints, merci d'être présents pour cette discussion budgétaire. Cela n'arrive pas tous les ans, et ce n'est pas quelque chose d'important pour la collectivité, Monsieur le premier adjoint. Mon propos portera sur la politique du logement. J'aurais aimé m'adresser également à l'adjoint chargé du logement, qui a l'air plus intéressé d'être à la buvette plutôt qu'en séance. Ce n'est pas grave, j'irai le voir après.

C'est quand même dommage. Ce sera trop tard.

Nous avons besoin d'une politique du logement à Paris qui créé enfin une dynamique au service de l'offre, tant pour nos concitoyens, qui ne parviennent pas à se loger, que pour l'ensemble des professionnels de l'immobilier, notamment les investisseurs créateurs d'emplois.

En effet, faut-il à nouveau vous préciser, ce qui n'apparaît pas dans ce budget primitif 2019, que le logement constitue un enjeu majeur économique et social et que c'est l'un des enjeux principaux de l'attractivité de notre capitale ?

Pourtant, le constat est sans appel à Paris et en Ile-de-France. 80.000 permis de construire signés en 2017, c'est le niveau des années 1980 quand il y avait encore moins d'habitants qu'aujourd'hui. Ce déficit de logements entraîne des conséquences préoccupantes pour la qualité de vie et le développement économique de la région capitale, près de 5 millions de mètres carrés vides à Paris et en Ile-de-France, dont 750.000 intra-muros, un gisement qui pourrait représenter jusqu'à 20.000 logements.

Or, vous ne parvenez à transformer que 400 bureaux en logement par an, alors qu?il faudrait au moins doubler la production pour répondre à la demande croissante de logement.

La lecture des documents budgétaires n'est guère rassurante en la matière, quand on nous les transmet en temps et en heure. Le dispositif est évoqué très à la marge, mêlé aux opérations de conventionnement et de préemption dans le diffus, sans aucun chiffrage budgétaire ni objectif opérationnel.

La loi Elan quant à elle est au moins claire sur ce point, elle permet de simplifier les procédures et les normes techniques pour faciliter la reconversion de bureaux en logements par la création d'un bonus de constructibilité incitant les propriétaires à la transformation de bureaux.

Ainsi, par des droits à construire additionnels, jusqu'à 30 %, les propriétaires auraient le droit de construire des surfaces de logement supplémentaires.

Outre l'augmentation de la surface constructible, cela entraînerait une diminution du prix de vente du bâtiment au mètre carré dont les Parisiens également ont besoin. Avec ce type d'opération, nous parvenons à des objectifs de création de logements atteignables, financièrement équilibrés, car ces transformations de bureaux se feraient dans le cadre de programmes de logements intermédiaires.

A cet égard, l'Exécutif a un retard certain à rattraper en particulier par rapport à la promesse de votre prédécesseur, Madame la Maire, ne serait-ce que par le net déséquilibre au détriment de logements PLS dans des programmes qui sont souvent en deçà de 30 %.

C'est si vrai que certains de mes collègues maires d'arrondissement vous demandent, par des v?ux répétés, de revenir à des financements équilibrés à destination des classes moyennes. Sans compter l'objectif non atteint des 3.000 P.L.I pour cette mandature que vous avez fait voter dans le plan local de l'habitat en 2015, on est bien loin des 3.000 logements puisque vous en avez financé à peine 200 en moyenne par an au lieu des 500 prévus.

Les conventionnements que vous pratiquez à marche forcée depuis 2014 de logements à loyer libre du parc des bailleurs sociaux, contribuent largement à l'éradication des logements intermédiaires.

On le voit bien, dans ce budget primitif 2019, votre priorité réside à nouveau dans des dépenses principalement ciblées sur la préemption, encore 148 millions d'euros cette année pour acquérir des logements déjà occupés, ce qui demeure coûteux et improductif.

L'accession sociale à la propriété demeure toujours le parent pauvre du budget logement, 0,3 million de crédits, et un blocage idéologique de vente de logement social aux locataires désireux de devenir propriétaire.

Nous avons également déposé un v?u en ce sens en vue d'élaborer un plan de relance de l'accession sociale à la propriété, permettant par la vente de 1 % du parc HLM de la Ville, à des ménages à revenu moyen, d'accéder enfin à la propriété.

Pour mettre en ?uvre ces 2 propositions de v?u et enfin répondre à la forte demande des Parisiennes et Parisiens qui aspirent légitimement à se loger dans la capitale, Madame la Maire, il vous appartient d'appliquer la loi, tant pour accélérer la transformation de bureaux en logements, que pour rendre accessible la propriété d'un logement aux locataires sociaux. Il serait incompréhensible, voire incohérent de qualifier dans votre communication votre politique de logement de grande priorité de la mandature et de continuer d'ignorer l'accession sociale à la propriété.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - La parole est à Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. Il vous reste quatre minutes, pour le groupe LRI.

Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Merci.

Madame la Maire, dans votre communication le mois dernier, vous vous réjouissiez que la rémunération des femmes au sein de la collectivité parisienne soit seulement inférieure de 7,1 % à celle des hommes, contre 8 % en 2016. J'avais déjà souligné que ces écarts sont inférieurs à ceux de la fonction publique d'Etat. Les progrès accomplis à Paris sont très faibles, l'écart n'ayant été corrigé qu'à hauteur de 0,9 %.

Par ailleurs, vous imputez l'essentiel de l'écart à, je cite, "des mécanismes connus", comme le recours plus important au temps partiel ou la surreprésentation des femmes dans des filières moins rémunératrices. D'abord, le fait que des mécanismes soient connus ne signifie pas qu'ils sont acceptables. Il n'est ainsi pas acceptable que parmi les agents à temps plein, je dis bien à temps plein, de la Ville de Paris les plus faiblement rémunérés, dans le premier décile on compte deux tiers de femmes. Il n'est pas acceptable non plus, alors que les femmes sont majoritaires au sein des agents de la Ville, qu?elles ne représentent que 40 % du dernier décile des agents les mieux rémunérés.

Allons plus loin dans l'analyse des chiffres du rapport sur l?égalité professionnelle femmes/hommes. Eliminons donc les causes que vous qualifiez de mécanismes connus, ce qui signifie que vous recrutez surtout des femmes dans des filières peu rémunératrices et beaucoup moins dans celles qui le sont plus. Eliminons aussi le fait que beaucoup d'agents sont contractuels et que les femmes sont représentées dans les temps partiels. Ne considérons que les agents à temps plein. Le rapport, qui fournit beaucoup de chiffres bruts - à charge pour nous de faire les calculs -, nous montre, car j?ai fait les calculs, que si l'on considère la population des agents de la Ville à temps plein, les écarts de rémunération sont les suivants, décile par décile.

Au sein du premier décile, les agents les moins payés, l'écart est de 3 %. Evidemment, ce chiffre serait très différent si on y incluait les temps partiels. Deuxième décile, écart de 5,3 %. Troisième décile, écart de 7,12 %. Quatrième décile, 7,81. Cinquième décile, 8,42. Sixième décile, 8,37 et je continue. On ne sait pas, puisque le rapport, bien que truffé de chiffres, est très imprécis sur les définitions, si cette rémunération nette mensuelle moyenne inclut les rémunérations accessoires, les heures supplémentaires, etc.

Madame la Maire, nous avons à Paris une maire femme, une femme maire, mais vous ne pouvez pas vous en satisfaire. En tout cas, nous, nous ne nous en contentons pas. Je renouvelle donc la demande qui a été faite aujourd'hui sur d'autres bancs que les nôtres et que j?avais faite en novembre dernier : nous attendons qu?au premier semestre 2019 vous nous présentiez un plan d'action élaboré avec les organisations syndicales, donc pas tout seul, pour réduire ces écarts inadmissibles au sein de la collectivité parisienne. Un plan qui porte sur les recrutements, sur les jurys de recrutement, sur les promotions et sur les rémunérations, un plan avec des objectifs chiffrés, des moyens de les atteindre et un processus d'évaluation en continu.

Les belles paroles, c'est une chose, mais, pour l'instant, cela reste des bonnes paroles et elles sont démenties par les faits, des faits qui sont 100 % à votre main, Madame la Maire.

Je vous en remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Il reste deux oratrices dans cette discussion budgétaire.

Je donne la parole à Béatrice LECOUTURIER pour le groupe UDI-MODEM ; elle n'est toujours pas arrivée.

Je donne donc la parole à Marie ATALLAH, dernière oratrice, pour le groupe des écologistes de Paris. Ensuite, nous aurons la réponse de l'Exécutif.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, à l'heure de la crise inédite que traverse notre pays, l'enjeu de lutter contre les inégalités devient crucial. Ce besoin de justice est bien à l'origine de la colère exprimée par nos concitoyens, colère légitime qui anime le débat public dans notre pays. Une colère tout à fait prévisible face à l'abandon de la question sociale par le Gouvernement du Président MACRON. Cet abandon des questions sociales, nous le vivons et le rappelons ici à chaque débat budgétaire.

Faute de temps et pour ne donner qu'un exemple sur le budget social de cette année, nous soulignons l'augmentation de la dette de l'Etat par rapport à sa contribution obligatoire de l?Allocation personnalisée à l'autonomie versée par la Ville pour soutenir les personnes âgées dans leur vie quotidienne. L'Etat participe cette année à un niveau quatre fois inférieur à la moyenne nationale.

Face au recul de l'Etat dans le domaine sanitaire et social, nous tenons aujourd'hui à exprimer très clairement notre satisfaction, en tant qu?élus écologistes, du budget social que vous nous proposez. Nous considérons qu'il est juste et responsable et nous devons poursuivre cet effort pour faire face aux défis majeurs que nous nous sommes fixés ensemble. Je citerai ici l'enjeu de la lutte contre les exclusions avec notamment son action ciblée sur les femmes S.D.F. et les migrants, notamment les mineurs isolés étrangers, dossier porté par Dominique VERSINI et ses équipes, la lutte contre l'isolement des personnes âgées, qui est au c?ur de l'action menée par Galla BRIDIER avec la mesure phare de l'accès gratuit des transports sous conditions de ressources et le dispositif du logement accompagné ; le Plan "crack" et son budget de 1 million d'euros porté par Anne SOUYRIS visant un accompagnement au plus près des usagers dans les quartiers.

Après ces exemples de défis majeurs, s'agissant de nos amendements, le groupe Ecologiste souhaite contribuer au renforcement de notre politique sociale dans certains domaines. Par exemple, dans le secteur de la santé. L'accès aux soins étant un enjeu prioritaire pour Paris, nous vous proposons un amendement renforçant notre soutien aux centres de santé, ainsi qu?au secteur associatif agissant contre les infections sexuelles transmissibles et le V.I.H.

Pour combler le recul de l'Etat dans le financement des contrats aidés, nous proposons un amendement qui vise à renforcer le secteur de l'insertion par l'activité économique dans le secteur de l'économie sociale et solidaire porté par Antoinette GUHL.

(M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, remplace Mme Pauline VÉRON au fauteuil de la présidence).

Une action importante et efficace qui s?adresse aux bénéficiaires du R.S.A., dont le nombre est en baisse année après année grâce à notre politique d'insertion ambitieuse.

Je terminerai cette présentation de nos amendements par un sujet qui nous tient particulièrement à c?ur : oui, il y a un effort de la collectivité parisienne en faveur de l'accueil des réfugiés, un effort qui ne faiblit pas car on constate une stabilité des crédits d'investissement par rapport à l'année précédente avec plus de 1 million d?euros, ainsi que des crédits de fonctionnement qui s'élèvent à plus de 675.000 euros.

Malgré cet effort, la forte croissance d'un public qui est le mineur non accompagné vivant dans la rue à Paris, la saturation de dispositifs du D.E.M.I.E. rend nécessaire de trouver des solutions pour ces jeunes, mineurs parfois, mais parfois majeurs, vivant dans des conditions intolérables dans la rue. Le discours certes légitime consistant à fustiger l'inaction de l'Etat dans ce domaine, c'est intenable pour nous au regard de l'urgence dans laquelle se trouvent ces jeunes.

C'est pourquoi nous portons à ce budget un dernier amendement demandant la création d'un accueil de nuit pour ces jeunes en errance dans notre ville.

Pour conclure, je souhaite adresser nos remerciements à nos services sanitaires et sociaux, à nos associations et surtout aux nombreux bénévoles parisiens et parisiennes impliqués dans la lutte contre les exclusions dans notre ville aux côtés des professionnels. Leur contribution est précieuse pour construire la ville inclusive que nous souhaitons.

Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie pour cette intervention qui clôt notre débat sur la discussion budgétaire. Discussion budgétaire - Réponses de l'Exécutif.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vais donner la parole pour vous répondre, d'abord à Emmanuel GRÉGOIRE.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Merci à tous pour vos interventions pour cette longue journée d?échange qui permet, je l?espère, d?avoir une approche plus pédagogique de notre budget qui est un document par nature extrêmement technique, complexe et lourd. Cependant nous avons essayé, pour ce budget, de présenter les choses de façon plus pédagogique.

D?abord, peut-être l?ignorez-vous, nous vivons un moment historique : il s?agit du dernier budget des deux collectivités, la Commune et le Département, puisqu?à compter du 1er janvier prochain, nous serons une collectivité à statut particulier unique et il n?y aura plus qu?un seul budget. Enfin, je dirais, parce que cela permettra évidemment un peu plus de transparence.

D?ores et déjà, vous le savez, les documents budgétaires que nous votons sont identiques de commune à commune, ce qui permet d?avoir pour la première fois une vision globale sur les secteurs de politique publique engagés.

Egalement puisqu?il y a pour ce budget une approche - j?espère que vous l?avez observée - dite par fonction, ce qui permet d?avoir une approche du budget non pas par structuration, par norme de comptabilité publique, en l?occurrence la M57, mais par nature de politique sectorielle. Cela permet d?avoir une approche globale, inclusive, dans laquelle il y a, à la fois sur un domaine donné, les dépenses de personnel, les achats publics, les subventions, etc. Cela permet évidemment une bien meilleure compréhension des enjeux du budget.

Il y a eu énormément d?interventions et il me sera difficile de revenir sur tout. Je vais essayer surtout d?éviter de répéter ce qui a déjà été fort bien dit. Je voudrais simplement rappeler en introduction quelques éléments de nature générale sur les grands équilibres de la construction de notre budget.

Cela aura dans mon esprit deux objectifs : d?abord expliquer où sont les priorités politiques du budget, parce qu?au-delà de sa dimension technique, il est évident que le budget est d?abord le moyen d?affirmer un certain nombre de priorités politiques ; ensuite, et je l?espère pour ceux qui s?en inquiètent, d?éclairer nos débats, et au-delà de notre Assemblée éclairer le débat auprès des Parisiens sur les grands enjeux du budget.

Puis ce sera pour reprendre les questions que Jean-François LEGARET nous adressait : est-ce que la Ville de Paris est bien gérée ? Est-ce que la trajectoire d?endettement est soutenable ? Est-ce que tout cela est conforme aux engagements politiques et donc moraux que nous avons pris, en particulier Anne HIDALGO lors de la campagne de 2014 ? J?ose imaginer que vous savez que je vais répondre oui à ces trois questions. Mais le dire ne suffit pas et je vais donc me faire fort de vous le démontrer.

D?abord, c?est pour vous dire que ce budget est construit autour d?une priorité et c?est la même depuis le début de la mandature, parce que c?est la même stratégie financière depuis le début de la mandature, et qui est donc de mettre en ?uvre le programme d?investissement de la mandature.

Ce programme d?investissement a été présenté par Anne HIDALGO aux Parisiens. Il permet via les investissements de mettre en ?uvre les politiques publiques que nous avons portées : la priorité au logement, la livraison d?un très grand nombre d?équipements publics - nous reviendrons en détail sur ce point. Là encore, il y a un rythme d?inscription en autorisation de programme et en crédit de paiement à hauteur de 1,7 milliards d?euros ; c?est la traduction de la mise en ?uvre de ce programme d?investissement de mandature.

Pour le deuxième pilier de cette stratégie budgétaire, nous avons toujours dit que deux tiers de ce programme d?investissement de la mandature sont financés, comme on dit techniquement, par de l?autofinancement, à savoir les excédents de la section de fonctionnement, l?argent que nous arrivons à dégager quand on soustrait nos recettes de fonctionnement et nos dépenses de fonctionnement, et les recettes réelles d?investissement. Tout cela doit permettre de couvrir deux tiers des investissements.

Ensuite, le dernier tiers est financé par du recours à l?endettement. Là encore, c?est de façon très exactement conforme à la stratégie budgétaire qui avait été financée. Pourquoi ? Parce qu?il est plus intelligent de financer ses investissements par la dette que par l?augmentation des recettes, et notamment par l?augmentation de la fiscalité locale, parce que nous ne finançons que des investissements et pas du tout ce que nous consommons aujourd?hui - je reviendrai dans un instant sur la question de la dette qui a occupé de nombreuses interventions de l?opposition.

Ensuite, c?est parce que les conditions dans lesquelles nous avons recours aux financements extérieurs, par des émissions obligataires ou des emprunts bancaires plus classiques, se font dans des conditions bancaires extrêmement favorables. Elles traduisent deux choses : premièrement c?est très peu onéreux pour la Ville d?y recourir ; deuxièmement, contrairement à l?opposition, les gens, qui sont chargés de porter un jugement externe sur la situation financière de la Ville, sont élogieux. J?y reviendrai juste après.

A partir de cet engagement, nous avons construit un budget qui, là aussi, respecte le troisième pilier d?engagement de notre stratégie budgétaire : c?est un budget au service du pouvoir d?achat des Parisiens et c?est un budget au service du développement des services publics parisiens.

Pourquoi préservant le pouvoir d?achat ? C?est parce que contrairement à beaucoup d?autres villes, qui ont augmenté la fiscalité locale pour financer leurs investissements, nous avons fait le choix de maintenir la stabilité des impôts. Deuxièmement, c?est parce que tout l?effort budgétaire en fonctionnement est consacré à la mise en ?uvre du programme d?investissement via la livraison des équipements dans lesquels il faut financer les équipements livrés, que ce soit en matière d?équipements de petite enfance, d?équipements sportifs, culturels, etc.

Oui, nous devons recruter des personnels pour cela et en assurer le fonctionnement, mais tout cela se fait au prix d?une très grande sobriété de la section de fonctionnement. Là, je comprends que ce ne soit jamais assez aux yeux de ceux qui en permanence instruisent le procès de la dépense publique, mais nous avons une section de fonctionnement qui, dans le budget qui vous est proposé, n?augmente que de 0,38 % ! C?est-à-dire beaucoup moins que l?inflation et beaucoup moins que la norme de dépenses de 1,14 % que nous a fixé le contrat avec l?Etat. Nous avons toujours dit que nous ne le respecterions que dans la mesure où il ne viendrait pas empêcher notre stratégie budgétaire et la réalisation des engagements que nous avons pris devant les Parisiens. Ce budget est donc extrêmement ambitieux pour le service public parisien.

Cela m?amène à la question de la dette. Je suis désolé de vous le dire - je l?ai même dit de façon un peu agacée tout à l?heure - mais essayez de sortir du registre de la pensée magique ! Pierre-Yves BOURNAZEL, qui n?est pas là après nous en avoir fait le reproche, parle de 8 milliards d?euros. Cela a été répété par Mme la présidente Florence BERTHOUT?

C?est vrai, vous avez fait une première correction de 500 millions d?euros par rapport à votre intervention. Comme quoi je ne désespère pas de finir par vous convaincre sur la réalité des chiffres !

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - N?en rajoutez pas en fin d?après-midi !

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint. - D?accord.

Monsieur LEGARET, vous avez parlé d?une très grosse fourchette mais vous avez aussi évoqué ce chiffre de 8 milliards. Vous vous référez pour cela à un document qui est en partie le rapport de la Chambre régionale des comptes sur les marges de man?uvres financières : "La soutenabilité d?une stratégie - Exercice 2013 et suivants", en page 5, sur les 70 pages que constituent la synthèse de ce rapport.

Je vous lis la phrase, non pas pour critiquer la Chambre régionale des comptes, loin de moi cette idée, mais simplement pour vous dire que même aux magistrats financiers, il arrive de se tromper et parfois même lourdement?

Madame BERTHOUT, souffrez que je vous lise la phrase et que je la commente.

"En 2015, la capacité de désendettement de la Ville devait correspondre à 13 ans d?épargne brute pour passer à 18 ans en 2017, avant de redescendre à 15 ans en 2018".

Il se trouve que depuis nous avons un joli document administratif qui s?appelle le C.A., le compte administratif, que nous avons voté en juin 2018 et qui donne la réalité. La réalité ! Pas vous, mais vous auriez dû parce qu?il donne la réalité des comptes administratifs réalisés.

En 2017, je parle en exécution, nous arrivons à un niveau historique d?épargne brute à 635 millions d?euros d?excédent de la section de fonctionnement. On peut tourner cela dans tous les sens mais la capacité de désendettement est de 8,9 années et pas de 18 ans. Si vous vous référez à ce document, je dois vous dire, et heureusement pour nous tous d?ailleurs, qu?il s?est révélé incorrect.

Je redis une autre phrase, qui est à la page 6 de ce rapport et dont je comprends aussi que vous y fassiez référence : "En second lieu, en l?absence d?autres ressources budgétaires qui lui soient affectées, l?épargne brute devra bien financer l?encours résiduel de la dette à la fin de la mandature 2014-2020 estimé actuellement à près de 7,5 milliards d?euros".

Cela me fait très plaisir de vous informer très officiellement?

? mais normalement vous voudriez le savoir, qu'à la fin de l'année 2018, c'est-à-dire maintenant, en prévision d'exécution, nous serons à un niveau de dette de 5,7 milliards d'euros, et le budget que nous vous présentons au vote, pas le peut-être, pas celui qui aurait été, ou pas celui qui aurait pu, celui que nous proposons au vote aujourd'hui prévoit une dette maximum, à la fin de l'année 2019, de 6,6 milliards d'euros, et en réalité, même quand on prend uniquement le périmètre des emprunts obligataires et des emprunts bancaires, de 6,3 milliards d'euros.

Vous pouvez le dire dans tous les sens, en parlant de 7,5 à 8 milliards d'euros, vous vous trompez a minima d'un milliard d'euros de la cible. Vu le niveau d'écart, cela ne s'appelle pas une bataille de chiffres, cela s'appelle une incompréhension complète sur la réalité des chiffres. Je suis désolé de devoir vous rappeler à la réalité de ces chiffres. C'est quand même cela, pour le débat démocratique, que nous ne fassions pas des erreurs d'appréciation de la part de l'opposition, à hauteur de 1,4 milliard d'euros sur la cible de dette. Ou alors, cela explique l'incompréhension dont vous témoignez dans vos interventions.

Je vais vous donner un exemple qui illustre ce point. Je ne sais pas si vous vous en rappelez, mais au B.P. 2018, nous avions voté une autorisation d'emprunt à hauteur de 700 millions d'euros. Qu'est-ce que cela veut dire, Monsieur LEGARET, vous qui êtes familier de cet exercice ?

Cela veut dire que nous fixons une autorisation maximum d'emprunts destinés à couvrir les besoins pour financer les investissements, si d'aventure il n'y avait pas de bonnes nouvelles en recette.

Première bonne nouvelle, c'est que, comme nous avons fait des économies, comme nous avons été extrêmement rigoureux dans la gestion, nous présentons au budget supplémentaire une correction de l'autorisation maximum d'emprunt de 700 à 500 millions d'euros. En réalité, comme nous avons fait beaucoup de choses, et je remercie là aussi tous les adjoints qui sont mobilisés pour faire en sorte que tous les équipements que nous livrons, tous les marchés que nous négocions, nous essayons de le faire dans les meilleures conditions, les plus précautionneuses, les plus rigoureuses pour les deniers de notre collectivité, nous n'aurons en réalité augmenté la dette en 2018 que de 178 millions d'euros.

Madame BERTHOUT, vous faites une erreur habituelle des non-familiers des questions budgétaires. Vous vous intéressez au budget et aux trajectoires, et pas aux réalisations. C'est ce qui fait toute la différence entre la fiction et le réel. Je suis désolé, étudiez un peu plus les documents, cela nous permettra d'avoir un dialogue un peu plus sain collectivement.

Je voudrais? Mais ce n'est pas un problème de mépris, c'est un problème de débat démocratique de compréhension des chiffres.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - S'il vous plait, peut-on laisser M. le premier adjoint vous répondre ? Ne l'interrompez pas. Vous n'arrêtez pas de l'interrompre et de l'apostropher.

Emmanuel GRÉGOIRE, la parole est à vous et pas aux autres.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint. - Merci. Cela s'appelle les chiffres, cela s'appelle la comptabilité publique. Ce n'est pas une relation à la vérité, c'est une relation avec ce que vous fantasmez de la réalité. Je suis désolé de vous le dire, et je continuerai à le faire, c'est faux, ce n'est pas parce que vous le martelez que cela deviendra plus vrai.

Je voudrais apporter quelques éléments de réponse aux amendements et v?ux rattachés au budget.

Nous avons eu des discussions constructives et exigeantes sur tous ces sujets qui nous conduisent à vous proposer une lettre rectificative en crédit hors masse salariale et en emploi, comme c'est un exercice habituel dans notre Assemblée.

Nos échanges vont permettre de renforcer les moyens consacrés par la Ville aux priorités du mandat. J'en développerai quelques exemples.

En premier lieu, nous avons eu la confirmation, ces derniers jours, d'une bonne nouvelle en matière de co-financement dans le champ des politiques sociales, qui nous permet d'augmenter l'inscription liée au co-financement de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, pour l'octroi par la Conférence des financeurs, d'un montant de 5 millions d'euros, et non de 4 millions d'euros, grâce à l'action de ma collègue Galla BRIDIER.

Au-delà, plusieurs mesures visent à renforcer la politique de la Ville en faveur de l'emploi, partant du pouvoir d'achat des plus modestes. Le contexte économique et social dégradé et les mauvaises nouvelles provenant de l'Etat nous amènent ainsi à abonder le budget de la Mission locale, cher Nicolas BONNET, structure qui accompagne près de 20.000 jeunes à Paris.

En outre, nous souhaitons qu'un effort supplémentaire soit réalisé à destination des structures d'insertion par l'activité économique, portées notamment par le groupe Ecologiste de Paris.

Nous avons souhaité, par ailleurs, réaliser un effort complémentaire en faveur de l'éducation et de la jeunesse. Ainsi, sur la proposition du groupe Communiste, nous proposons une augmentation des crédits alloués aux classes de découverte et au dispositif "Paris Jeunes Vacances".

Dans le même esprit, chers Léa FILOCHE et Yves CONTASSOT, nous souhaitons encourager la poursuite de l'expérimentation lancée avec succès dans le 14e arrondissement, sur la réduction du poids des cartables des jeunes collégiens en abondant la dotation manuels scolaires et nouveaux collèges. Nous souhaitons également accélérer l'équipement numérique des écoles élémentaires.

Enfin, pour enclencher l'ambitieux engagement de la Ville d'interdiction des contenants en plastique dans la restauration collective en 2022, soit trois ans avant l'obligation fixée par la loi, un complément de subvention aux caisses des écoles est prévu.

Au-delà, nous approfondissons encore notre action en faveur des politiques environnementales, sans les opposer aux exigences en matière sociale. Nous proposons donc d'augmenter le soutien de la Ville aux associations agissant en faveur de la préservation des sols et de la dépollution de la Seine. En parallèle, cher David BELLIARD, nous souhaitons renforcer le soutien au développement des ressourceries et recycleries.

J'aimerais également vous parler du sujet des mobilités qui a fait l'objet de plusieurs amendements ou v?ux.

En premier lieu, comme je l'ai déjà indiqué précédemment, nous sommes en cours de rédaction finale d'une étude portant sur la gratuité des transports en commun que nous a confiés la Maire de Paris, vue à l'aune des enjeux environnementaux, avec mes collègues Jean-Louis MISSIKA et Christophe NAJDOVSKI.

Nous avons noté la constance de certaines propositions, qu'elles émanent des groupes de la majorité ou de l'opposition. A la suite de la remise de ladite étude, nous serons en mesure d'analyser rapidement différentes pistes à destination notamment des jeunes et étudiants, conformément au v?u de l'Exécutif qui vous est proposé.

J'en profite pour rassurer les élus du groupe Ecologiste de Paris. La Ville respecte scrupuleusement la réglementation en matière d'utilisation des recettes de stationnement. Si ces recettes de stationnement immédiat ne peuvent pas être affectées, celles des F.P.S. sont, conformément au C.G.C.T., destinées à la mobilité et à la voirie.

Je voudrais faire amende honorable, Madame la Présidente BERTHOUT. Je n'avais pas vu l'amendement n° 48. N'ayant pas eu le plaisir de l'intégrer à la L.R., je vous proposerai un amendement sur votre v?u pour l'accepter de façon à ce qu'il ne soit pas gagé sur le chapitre 012 des charges de personnel et frais assimilés, mais gagé sur les provisions, ce qui nous permettra de l'adopter et de corriger mon erreur factuelle sur le dépôt de cet amendement. Ce ne sera pas traité comme L.R. 2 mais comme amendement en séance. J'ai fait une erreur, c'est bien normal.

Je voudrais finir en vous disant mes remerciements pour avoir travaillé sur tous ces sujets. C'est toujours un travail très fastidieux. Je sais que plusieurs groupes ont fait état de difficultés sur la préparation de ce débat budgétaire qui concerne des documents extrêmement massifs. Nous avons eu quelques jours de retard dans la production des documents pour des raisons informatiques. Nous veillerons, l'année prochaine, à ne pas reproduire ces quelques jours que nous avons perdus.

Je voudrais vous redire ma disponibilité pour dialoguer avec l'ensemble des groupes de notre Conseil pour préparer ces documents budgétaires et, pour finir, vous dire que j'ai une grande fierté à mettre aujourd'hui, sur la table de notre Assemblée, ce budget parce qu'il réunit deux conditions qui, à nos yeux, sont essentielles.

La première, c'est qu'il est rigoureusement conforme aux engagements que la Maire de Paris a présentés aux Parisiens en 2014, et qu'en démocratie, c'est quand même un enjeu central que nous fassions ce pour quoi nous avons été élus, et que nous restions fidèles avec constance aux engagements que nous avons pris devant les Parisiens et dont ils nous ont honorés par leur vote.

(Mme la Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Le deuxième, c'est que, dans le contexte troublé que connaît notre pays, nous avons la certitude que le budget que nous proposons aujourd'hui sera un budget utile pour le pouvoir d'achat des Parisiens, utile pour la qualité des services publics, et utile aussi pour redistribuer un petit peu aux Parisiens qui souffrent le plus, un certain nombre des bienfaits et des biens communs que nous déployons à leur service. Merci à tous pour votre travail et je vous invite à voter avec confiance ce budget.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, cher Emmanuel GRÉGOIRE, pour ce travail et ces réponses.

Je donne la parole à Véronique LEVIEUX pour compléter sur la dimension emplois et ressources humaines de ce budget.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, le budget primitif emploi qui vous est présenté pour 2019 porte deux exigences : d?une part, la sobriété et le sérieux budgétaire qui s?inscrivent dans la démarche de contractualisation telle qu?elle vous a été rappelée et, d?autre part, la mise en ?uvre des moyens nécessaires à la réalisation des ambitieux objectifs de la mandature, notamment son plan d?investissement.

Ainsi, le budget emploi n?évolue que dans le cadre de 1,8 % par rapport au budget qui vous avait été présenté l?année dernière. C?était un cadre modéré, maîtrisé et loin de l?extravagance faite dans sa présentation par certains d?entre vous.

Concrètement, les efforts en matière d?emploi ont évidemment porté sur des priorités définies par Mme la Maire : la création, l?extension, la restructuration d?équipements publics sont accompagnés de 120 postes nouveaux dans les domaines de la petite enfance, de l?enfance, de la jeunesse, du sport et de la culture. La propreté bénéficie de la création de 80 postes supplémentaires qui viennent régulariser les sureffectifs autorisés en 2018 pour la mise en ?uvre des équipes mobiles, dite "urgence propreté" suite notamment au rapport de la M.I.E. et conformément aux engagements de la Mairie.

L?aide sociale à l?enfance est un secteur important pour nous. L?Exécutif, sous l?impulsion de Dominique VERSINI, a engagé une réforme structurelle ambitieuse. Ce sont donc 34 postes supplémentaires qui seront créés. Poursuivant l?effort inédit d?amélioration de l?accueil de la petite enfance, la Ville porte la création à 44 nouveaux postes en 2019 afin d?assurer le fonctionnement de 171 places supplémentaires dans les crèches en régie sur les 371 au total qui seront livrées sur l?année à venir.

En matière de redéploiement, nous travaillons de manière ciblée et précise. Les réformes structurelles engagées depuis le début de la mandature nous permettent de dégager des marges de man?uvre nécessaires pour remplir nos objectifs. Nous avons pu nous appuyer sur des tableaux et des chiffres de plus en plus proches de la réalité qui nous permettent de travailler notamment sur des vacances réelles de poste.

Nous poursuivons notre engagement soutenu en matière de reconversion professionnelle qui constitue une priorité forte de notre gestion des ressources humaines. Ainsi, alors qu?en 2016 nous avions pu effectuer 113 reclassements, en 2018, ce sont près de 120 reclassements qui ont été faits : 180 d?entre eux portaient sur des agents de surveillance de Paris déclarés inaptes ; ils ont été affectés dans diverses directions de la Municipalité. Ce travail porte aussi sur des agents tels que des auxiliaires de puériculture ou des éboueurs.

Notre dialogue avec les différents groupes du Conseil de Paris a été constructif et je remercie l?ensemble des élus pour leurs différentes propositions. La lettre rectificative qui vous est présentée est ainsi le fruit de ces échanges et porte sur la création de près de 88 postes.

Elle nous permet d?avancer et renforcer des axes de notre politique municipale, notamment en matière de déprécarisation. Concernant le secteur des bibliothèques, 7 postes d?adjoint d?accueil, de surveillance et de magasinage de l?administration parisienne sont créés afin de remplacer des contrats aidés suite à la suppression du dispositif de l?État.

Je remercie en ce sens le groupe Communiste pour sa proposition : 3 postes supplémentaires seront créés pour l?équipe volante de remplacement. Par ailleurs, 8 postes seront créés pour compenser les départs de personnes en contrat aidé dans les mairies d?arrondissement. Cela fait suite à une discussion également avec le groupe Communiste mais qui portait sur les agents de nettoyage.

Or, nous sommes en train de débuter une action. Le v?u aurait eu pour conséquence de modifier l?équilibre. Enfin, 24 emplois d?assistants contractuels à temps spécialisé d?enseignement artistique des conservatoires visent à déprécariser les agents vacataires.

La lettre rectificative prévoit également les adaptations à des besoins nouveaux. Nous renforçons l?équipe de contrôle des meublés touristiques et cela fait écho à une demande également du groupe Communiste. En plus des 37 postes déjà prévus, 10 postes d?agents d?accueil de surveillance supplémentaire seront créés pour renforcer la présence dans les espaces verts parisiens.

C?est le fruit de dialogue avec le groupe Europe Ecologie - Les Verts. Grâce au groupe Socialiste, nous aurons 2 animateurs de communauté destinés à accompagner le développement de la participation citoyenne - c?est l?amendement n° 3. Vous l?aurez donc constaté : les amendements des groupes Socialistes et Communiste-Front de Gauche nos 90 et 94 ont été repris dans la lettre rectificative, ainsi que l?amendement n° 12 du groupe Ecologiste.

Concernant les autres demandes, en réponse à l?amendement n° 8 relatif à la lutte contre l?affichage sauvage présenté par le groupe GEP, nous avons eu une longue discussion mais nous avons abouti à un v?u de l?Exécutif qui permet de rappeler l?engagement de la Ville pour lutter en la matière, tout en tenant compte des premiers effets de la réforme notamment au sein de la DPSP et du travail majeur effectué sur le terrain par nos agents. Je pense que ce v?u, dans sa nouvelle version, recueille le soutien du groupe Europe Ecologie - Les Verts.

L'amendement n° 15 portait sur le permis de végétaliser. Un v?u de l?Exécutif vise à renforcer l?équipe de la Maison du jardinage via le recours à des services civiques.

En réponse à l?amendement n° 20 du groupe Communiste relatif au dispositif "SOS Rentrée" qui existe dans d?autres départements franciliens, un v?u de l?Exécutif est proposé pour lancer une étude visant à connaître le nombre d?élèves concernés par ces problèmes d?orientation et voir ensuite les moyens qui pourraient être mobilisés.

Les v?ux nos 92 et 93 du groupe Communiste sont relatifs aux A.S.E.M. et aux A.T.E. Ce sera un avis défavorable dans la mesure où il faut tenir compte de la situation de la démographie scolaire, actuellement en baisse structurelle à Paris. Néanmoins, les effectifs des agents spécialisés des écoles maternelles et des agents techniques des écoles ont, eux, augmenté. Les moyens mobilisés actuellement correspondent aux besoins nécessaires : on compte 0,9 A.S.E.M. par classe à l?heure actuelle à Paris. J?ajoute qu?un renfort hiver d?emplois a été arbitré favorablement par la Maire auprès des personnels scolaires.

En réponse à l?amendement n° 45 du groupe les Républicains, relatif au temps de travail annuel moyen, ce sera évidemment un avis défavorable, comme d?habitude. Ces éléments sont pointés régulièrement par le groupe les Républicains mais passent à côté d?éléments majeurs pour l?appréciation de la masse salariale de notre Ville et du temps de travail, notamment des spécificités propres aux différents métiers de notre Ville.

Je regrette le titre de cet amendement qui porte sur un plan de "remobilisation" des agents de la Ville. A priori, compte tenu de la très forte mobilisation de l?ensemble des agents de la Ville ces derniers weekends, qu?il s?agisse de la DPE, de la DPSP ou de la DVD, il n?y a pas besoin de mobiliser des moyens pour les remobiliser ! Je regrette donc le ton de cet amendement.

En réponse aux v?ux nos 59 et 77 déposés par les groupes RG-CI et PPCI, relatifs à la modernisation et à l?évaluation des politiques, je rappelle que, sous l?impulsion d?Emmanuel GRÉGOIRE, la Ville a entrepris un travail important de modernisation de son action tant du point de vue de sa relation avec les usagers parisiens que du point de vue du fonctionnement de l?administration. Il y a un certain nombre de projets. Nous travaillons collectivement à la présentation d?une communication qui vous sera faite en 2019 sur ces sujets.

Concernant la problématique plus spécifique de l?évaluation des politiques publiques, Laurence GOLDGRAB n?est pas là. Nous n?avons pas pu aboutir à un terrain d?entente sur ce sujet. J?émettrai donc un avis défavorable mais je suis sûre que nous aurons l?occasion d?y retravailler.

Le groupe PPCI a déposé un v?u sur les forces d?action rapide propreté. Je pense qu?il n?est pas besoin de rappeler la création des 84 postes pour les équipes d?urgence propreté. Ce sera donc un avis défavorable.

Enfin, si l?amendement est accepté, il y a un avis favorable au v?u du groupe RG-CI pour le mécénat que la Ville peut mettre en ?uvre à l?attention des P.M.E.

Voilà, très rapidement, les éléments que je voulais vous communiquer suite aux nombreux échanges que nous avons eus pour aboutir à ce budget de l?emploi.

Je tiens véritablement et très sincèrement à remercier l?ensemble des équipes de la DRH qui a fait un travail formidable et qui n?est pas présentée dans tous ces éléments ici. Je le regrette, mais nous n?en avons pas le temps.

Je voudrais également remercier l?ensemble des élus, des groupes qui ont travaillé, les collaborateurs du cabinet de la Maire de Paris et de mon cabinet.

Je ne peux que vous proposer de voter favorablement ce budget emploi.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, chère Véronique LEVIEUX, pour cette réponse et le travail fait au sein de votre délégation avec, bien sûr, la DRH et le Secrétariat général de la Ville. Je veux vous remercier.