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Decembre 2018
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Conseil Municipal
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2018 DASES 410 G - Subventions de fonctionnement (400.000 euros) et d’investissement (100.000 euros) au Samu social de Paris et conventions relatives à la création d’un lieu d’accueil et de mise à l’abri de femmes au cœur de l’Hôtel de Ville.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous en arrivons au projet de délibération DASES 410 G.

Je donne la parole à Nawel OUMER.

Mme Nawel OUMER. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, ce projet de délibération a pour objet de créer et de subventionner le fonctionnement d'un lieu d'accueil et de mise à l'abri au c?ur de l'Hôtel de Ville pour des femmes sans domicile. A quoi répond l'ouverture de cette halte ? Tout simplement au besoin de prendre en compte la spécificité des femmes seules en situation de rue.

Nous le voyons, nous le savons : les personnes à la rue sont de plus en plus souvent des femmes. C'est ce que nous ont confirmé les rencontres faites lors de la "Nuit des solidarités". Par ailleurs, et vous le mentionnez dans l'exposé des motifs, lorsqu'elles acceptent d'en parler, les femmes vivant dans nos rues disent que plus de 90 % d'entre elles sont victimes de violences.

Pour se protéger de ces multiples épreuves, les femmes ne recourent pas aux dispositifs d'aide ou dissimulent leur identité, et finissent par se rendre invisibles dans l'espace public.

Il était donc essentiel de penser une action dédiée et d'ouvrir des lieux spécifiques à l'accueil des femmes seules, en plus des structures mixtes qui existent déjà.

Cette halte de l'Hôtel de Ville, qui a été inaugurée lundi et qui a accueilli les premières femmes mardi soir, je crois - mais Dominique VERSINI me le précisera très certainement - vient compléter l'action de la Cité des Dames, qui se trouve dans le 13e arrondissement, pour laquelle nous avions voté une subvention au dernier Conseil de Paris, ainsi que celle de la mairie du 5e arrondissement, qui vient d'ouvrir, et que très certainement Mme BERTHOUT évoquera dans quelques instants.

Cette action est le symbole de l'engagement sans faille de la Maire de Paris pour lutter contre la grande exclusion et faire de Paris une ville solidaire et bienveillante.

Le budget que nous avons voté lundi, qui consacre plus de 2 milliards d'euros à l'action sociale, le démontre certes, mais en l'espèce, deux mois auront suffi pour transformer des salons d'exposition et de réception en un magnifique lieu d'accueil de jour et de nuit, offrant le repos et le sentiment de sécurité indispensables à ces femmes.

S'il a été possible de le faire à l'Hôtel de Ville, alors gageons que des lieux similaires pourraient être mis à disposition partout en France, par des collectivités territoriales, par l'Etat encore, voire par des entreprises. C'est bien de cette exemplarité aussi qu'est le symbole de cette halte ouverte aujourd'hui, que nous avons toujours eu en matière de solidarité et de lutte contre la grande exclusion.

Ainsi, l'ouverture de cette halte, qui complète les 5.800 places déjà ouvertes depuis 2014, permet de prendre la mesure du chemin que nous avons parcouru depuis le début de la mandature.

L'intervention de la Ville auprès des grands exclus est par sa nature difficile à appréhender pour les Parisiens. Mais avec le Pacte, avec l'ouverture de la Bulle, avec l'ouverture du centre d'Ivry, avec le lancement de la "Nuit de la solidarité", avec la formation des volontaires de la solidarité, dont certains seront d'ailleurs présents dans cette halte, nous démontrons aujourd'hui que nous avons gagné la bataille culturelle de l'inclusion, de la bienveillance et de la solidarité.

Je vous remercie, mes chers collègues, de bien vouloir voter unanimement ce projet de délibération dont nous pouvons être fiers aujourd'hui.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Nawel OUMER.

Je donne la parole à Hervé BÉGUÉ.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Des femmes à la rue, oui, il y en a, et plus que ce que l'on pense. Les chiffres officiels, comme les maraudes que Dominique VERSINI a organisées, nous ont montré l'ampleur du problème. Etre une femme à la rue, c'est une situation encore plus difficile que pour les hommes. Après avoir subi un accident de la vie, ou l'addition de plusieurs difficultés, chômage, expulsion locative, retrait de la garde des enfants, violences conjugales, voilà les raisons principales qui les ont menées à la rue.

La rue ne les protège pas, bien au contraire. Au-delà des difficultés inhérentes à cette situation, il y a la violence et le comportement de leurs congénères masculins.

Voilà pourquoi nombre d'entre elles, à juste titre, refusent de se rendre dans les foyers et autres structures d'hébergement mixtes. La réponse qu'apporte notre Ville tient compte de ces problèmes, de la volonté de mise à l'abri, mais surtout, nous avons en tête le besoin de sécurité de ces femmes vulnérables.

L'Hôtel de Ville, la maison commune des Parisiens, est un beau symbole. Il fait honneur à notre Municipalité d'avoir eu une si généreuse idée.

Nous ne devrons pas nous arrêter à cette expérimentation. Nous devons travailler avec les associations et l'Etat à des solutions innovantes qui répondent aux besoins de ces femmes.

La première chose, c'est retrouver sa dignité, son hygiène, et surtout savoir que l'on est en sécurité. Le Samu social, qui gérera cet espace à l'Hôtel de Ville, a une tâche ardue, mais enthousiasmante et surtout essentielle. La Ville finance 50 % de ce projet, l'Etat a promis d'être au rendez-vous. Si nous partageons l'objectif qu'il n'y ait plus personne sans solution d'hébergement, nous pensons aussi que, pire que la perte de son travail, la perte de son logement est souvent le début d'un terrible engrenage. Les expulsions locatives ne devraient plus frapper des familles qui ont des accidents de parcours. Nous continuerons à porter l'idée "pas d'expulsion sans proposition de relogement". Mais en attendant que la loi change, nous devons être aux avant-postes de la solidarité. C'est ce que symbolise ce projet de délibération.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Hervé BÉGUÉ.

La parole est à Sylvie CEYRAC.

Mme Sylvie CEYRAC. - Merci, Monsieur le Maire. Nous regroupons nos interventions avec Florence BERTHOUT.

Le bilan de la "Nuit de la solidarité", en février dernier, a recensé 12 % de femmes dans les sans-abris, et malheureusement ce nombre ne fait qu'augmenter. Elles présentent un état de santé physique et psychologique très dégradé, et sont aussi plus particulièrement confrontées à la violence de la rue.

Leur mise à l'abri est donc une priorité qui nous interpelle. C'est pourquoi Florence BERTHOUT, ma collègue, a ouvert un centre d'hébergement d'urgence dans les locaux mêmes de sa mairie du 5e arrondissement, en partenariat avec "Aurore". Cofinancé par l'Etat spécial, la Mairie de Paris et l'Etat, ce centre pérenne peut accueillir une quinzaine de femmes, aidées et entourées par une trentaine de bénévoles, et avec les concours des boulangers et pharmaciens du 5e arrondissement.

Pour notre part, dans le 15e, Philippe GOUJON a ouvert deux centres d'hébergement réservés à des femmes seules ou avec enfants, pour la période hivernale, accueillant au total environ 70 personnes, et surtout de très nombreux très jeunes enfants.

Dès ce soir, dans le cadre du Plan Grand froid, une salle communale sera également ouverte pour des hommes cette fois, comme nous le faisons depuis de très nombreuses années.

La halte de l'Hôtel de Ville, au-delà du symbole que cela représente d'ouvrir nos salons à destination des plus démunis, permettra aux femmes accueillies de se reposer, de trouver le répit dont elles ont besoin, et d'être accompagnées dans leurs démarches afin de pouvoir accéder à un hébergement plus pérenne.

C'est un dispositif global de prise en charge que vous proposez, et on ne peut que s'en féliciter. Il faut bien sûr saluer à cet égard le Samu social qui assurera la gestion de cette halte de nuit et de mise à l'abri. Nous connaissons tous son savoir-faire et son professionnalisme. Vous l'aurez compris, nous voterons favorablement ce projet de délibération dans un souci de responsabilité et de solidarité pour les femmes en situation de précarité.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Sylvie CEYRAC.

Je donne la parole à Marie ATALLAH.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Le groupe Ecologiste de Paris est fier et heureux de la décision prise par la Maire de Paris, qui a permis la création, au c?ur de l'Hôtel de Ville et donc au c?ur de Paris, d'un lieu d'accueil et de mise à l'abri pour des femmes vivant à la rue, dans la Capitale.

Notre soutien est naturellement total pour ce projet, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, ce nouveau lieu d'accueil correspond à l'engagement volontariste de notre majorité en faveur de la lutte contre l'exclusion, et s'inscrit dans notre Pacte de lutte contre la grande exclusion de 2015 à 2020.

Par notre vote en faveur de ce projet, nous réaffirmons collectivement ici, une fois de plus, notre volonté politique de faire de la lutte contre l'exclusion et pour l'accès aux droits une priorité de notre mandature.

Mais au-delà de sa fonction d'accueil et de mise à l'abri de personnes vivant à la rue, ce projet constitue, pour nous écologistes, une avancée hautement symbolique, car il marque un progrès qualitatif en matière d'aide aux personnes vivant à la rue. Il répond en effet à la nécessité d'adapter les politiques d'hébergement et d'assistance aux besoins spécifiques des différents publics de personnes S.D.F., en l'occurrence ces femmes en situation de rue, victimes de violences régulières à caractère physique, sexuel, verbal, etc.

Par ailleurs, à travers la décision de créer cette halte au c?ur de Paris et de l'Hôtel de Ville, lieu luxueux mais aussi et surtout lieu de pouvoir, nous envoyons une nouvelle fois un message clair pour une répartition plus équilibrée des places d'accueil des S.D.F. dans la Capitale, appelant tous les arrondissements à y participer.

La halte de l'Hôtel de Ville, que nous avons visitée la semaine dernière avec d'autres collègues élus de notre Assemblée, est un lieu spacieux, 750 mètres carrés mis à disposition gratuitement par la Ville de Paris, dont l'aménagement est parfaitement adapté à l'accueil de femmes S.D.F. Ce lieu sera, par ailleurs, ouvert toute l'année et ne constitue donc pas une opération ponctuelle visant à répondre à l'urgence de l'hiver.

Pour nous, écologistes, qui défendons la mise à disposition de lieux d'hébergement de nuit, tout au long de l'année, c'est un point essentiel que nous tenons à saluer ici.

Un autre aspect à saluer du présent projet est qu'il s'inscrit dans un réseau de plusieurs structures spécialement dédiées aux femmes, qui sont créées ou sont en cours de création à Paris. Je pense ici tout particulièrement à la Cité des dames, un accueil 24 heures sur 24 créé avec le soutien de la Ville par l'Armée du Salut et l'Association de santé des femmes dans le 13e arrondissement, d'une capacité de 100 places.

Nous rappelons également qu'un projet de bains-douches exclusivement dédiés aux femmes est en cours de réalisation par le Samu social de Paris, également avec le soutien de la Ville.

Faute de temps, je ne pourrai citer toutes les structures, mais ce qui nous semble intéressant, c'est la démarche de construction d'un tel réseau qui vise à combler l'absence de prise en compte par l'État dans sa politique d'hébergement, des difficultés particulières que connaissent les femmes à la rue.

Nous savons tous ici que pour des raisons historiques, la politique d'aide à l'hébergement des personnes S.D.F. s'adresse en général au public masculin.

Or, celui dont il est question ici, les femmes en situation de rue, a augmenté de 66 % en 10 ans selon les statistiques des acteurs spécialisés.

J'en arrive au choix du Samu social pour gérer la halte de l'Hôtel de Ville, en exprimant toute notre satisfaction pour ce choix. Il s'agit, comme nous le savons tous ici, d'un opérateur incontournable dans le domaine de l'aide aux personnes S.D.F., reconnu comme tel par les professionnels comme par les bénévoles. Sa connaissance approfondie de la question plus spécifique des femmes S.D.F. en fait l'acteur idéal pour réaliser cette mission.

Enfin, je terminerai en rappelant que la réinsertion est bien le but ultime de ces dispositifs. Nous devons aller au-delà de l'urgence et développer des solutions plus pérennes de relogement.

Cinq ans après la mise en place de l'expérimentation parisienne du programme "Le logement d'abord", que nous évoquions dans notre v?u du Conseil de Paris de novembre, les résultats se sont révélés positifs et constituent pour nous un encouragement à poursuivre nos efforts en ce sens, à Paris.

En attendant, et en espérant ces développements, le groupe Ecologiste tient à remercier bien sûr Mme la Maire et son cabinet, et Mme VERSINI et son cabinet, sans oublier bien sûr les services et les nombreux bénévoles parisiens pour ce beau projet pour Paris. C'est avec un grand enthousiasme que nous le voterons.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Marie ATALLAH.

Je donne la parole à Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Monsieur le Maire, chers collègues.

Lors du débat budgétaire de lundi dernier, je pointais le désengagement de l'État dans de nombreux domaines. Ce désengagement a des conséquences dramatiques sur les parcours de vie de certains Parisiens et Parisiennes, mais aussi sur la société dans son ensemble.

Pourtant, le droit au logement et à la dignité humaine pour toutes et tous relève de la responsabilité de l'Etat, qui reste globalement aux abonnés absents. Partout, la Ville tente d'écoper une barque qui prend l'eau à toute vitesse. Car sur le territoire de la Capitale, les dégâts liés à l'augmentation de la précarité avancent à vitesse vertigineuse, notamment en lien avec la spéculation immobilière.

En février dernier, "La Nuit de la solidarité" nous a permis de recenser les personnes en situation de rue, alors que le Plan Grand froid était en cours. Cette initiative de la Ville de Paris a permis d'associer des bénévoles, des agents de la Ville de Paris, mais aussi des élus, afin d'établir un état des lieux précis.

C'est d'ailleurs sur la base de ce comptage que vous vous êtes engagée, Madame Dominique VERSINI, à ouvrir les 3.000 places d'hébergement manquantes d'ici à la fin du mandat. On est là bien loin des 50 personnes à la rue annoncées par certain.

Ce projet de délibération nous permet de répondre à l'urgence de la période hivernale et d'accompagner les associations qui ?uvrent pour l'accueil et l'hébergement des personnes en situation de rue.

De plus, notre Conseil est l'occasion d'adopter un grand nombre de projets de délibération qui, les uns associés aux autres, permettent à la Ville de se doter d'un dispositif bienveillant, précis, complet, qui s'adaptera à toutes les situations très diverses des personnes qui se retrouvent à la rue.

Je ferai donc une seule et même intervention afin de souligner la cohérence de l?ensemble de ces actions.

Les femmes en situation de rue sont particulièrement vulnérables, cela a déjà été dit, et sont touchées dans leur chair en prise avec de multiples violences. Elles auront désormais un accès réservé à la Cité des dames dans l?Hôtel de Ville.

Les familles à la rue, avec le contrat d?occupation temporaire accordé à l?association "Aurore" dans la caserne Exelmans, pourront rester ensemble. Les hommes sans domicile fixe pourront être dirigés vers des solutions d?hébergement d?urgence où ils pourront se poser et récupérer.

Ces mesures servent à combler les besoins primaires des personnes et mettent en réseau des lieux, des acteurs et des bénéficiaires, afin de rendre l?action plus efficace et de favoriser la prise en charge matérielle, psychologique et sociale de chacune et de chacun.

La Ville de Paris a écouté les associations qui interviennent sur le terrain, afin de comprendre, de coordonner et de mieux appréhender les besoins. La réalisation de plusieurs bagageries dans Paris a été l?occasion de constater les vertus de ces espaces, tant en termes matériels que pour l?amélioration du lien social des personnes en insertion. Notre Conseil les renforce.

Alors allons plus loin dans la lutte contre le mal-logement, la vulnérabilité, la pauvreté, la spéculation immobilière et contre les bureaux vides. Nous devons donc lutter encore plus contre les inégalités sociales. Allons plus loin afin que les drames liés à l?enfance maltraitée, aux violences faites aux femmes, à l?isolement des personnes, disparaissent peu à peu de notre ville.

Le froid et l?indifférence tuent certes beaucoup lors des pics de grand froid, mais c?est aussi le cas au printemps, à l?été et à l?automne. Notre démarche solidaire et sociale doit devenir générale et s?imposer face à des logiques de privatisation et de rendement qui sont encore trop importantes à Paris comme ailleurs. Les solutions existent, et même si la Ville a pris ses responsabilités - on peut reparler de l?encadrement des loyers ou de la création de l?organisme foncier solidaire -, beaucoup reste à faire.

C?est pourquoi nous pensons que la réquisition est également une solution supplémentaire, permettant de compléter un large dispositif mis en ?uvre par la Ville. Ne relâchons pas nos efforts. L?une des principales revendications, quoique imprécises, certes, des "Gilets jaunes", demande zéro S.D.F. Nous voulons la comprendre comme une invitation à l?égalité, à la diminution des écarts des richesses, et surtout à la dignité de toutes et tous.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Léa FILOCHE.

Pour répondre aux oratrices et orateurs, la parole est à Dominique VERSINI.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues Conseillers et Conseillères de Paris qui êtes intervenus à partir de ce projet de délibération, mes chers collègues, c?est vrai que ce projet de délibération, qui concerne l?ouverture mardi d?une halte pour les femmes au sein même de l?Hôtel de Ville, appelle évidemment à la réflexion sur l?ensemble du dispositif.

Si c?est un lieu fort, un message fort et symbolique, évidemment l?action de la Ville ne saurait se résumer à cette halte qui a été ouverte dans nos locaux, car le nombre de femmes en situation de rue, comme il a été démontré par "la Nuit de la solidarité", est important. Il s?agit de femmes vraiment en grande exclusion, qui ont subi de gros traumatismes, des violences et qui restent cachées dans les recoins de notre ville par peur de venir dans les centres d?hébergement ; s?ils sont de bonne qualité, ils présentent à leurs yeux la problématique de la mixité et donc un certain nombre de peurs pour un certain nombre d?entre elles. D?ailleurs, je précise que sur les 20.000 places que compte Paris, c?est 2.500 seulement finalement qui sont réservées aux femmes et c?est insuffisant.

C?est pourquoi on ne peut que se réjouir de l?ouverture de ce réseau de lieux d?accueil pour les femmes, avec celui de l?Hôtel de Ville ouvert, il y a deux jours, et géré dans les très beaux locaux de la Cité de refuge de l?Armée du Salut dans le 13e arrondissement, par l?Armée du Salut et l?"Association droits et santé des femmes" (A.D.S.F.).

Ensuite, on ne peut que se réjouir aussi de l?ouverture d?une halte de femmes au sein de la mairie du 5e arrondissement qui sera gérée par "Aurore". Egalement, on ne peut que se réjouir du futur espace hygiène que nous allons mettre à disposition du Samu social, car c?est son projet à partir du 1er trimestre 2019, au sein d?un bains-douches municipal, a priori dans le 12e arrondissement, et qui permettra de s?inscrire dans un ensemble de lieux spécifiquement dédiés à des femmes, non pas pour qu?elles y restent tout le temps mais pour que ce soit un point de sécurisation, de reprise en main en confiance pour pouvoir ensuite se projeter sur une insertion et d?autres lieux dans la ville.

Ces lieux spécifiquement dédiés aux femmes à l?année, c?est surtout ce qui est très important, forment donc un réseau de lieux qui vont pouvoir travailler ensemble sur ce type de femmes, avec les problématiques que j?ai décrites. Par contre, cela s?inscrit aussi dans tout un réseau de nouvelles structures de haltes de nuit pour lesquelles la Ville et l?Etat ont développé avec les associations un bon nombre de places.

Je voudrais juste dire, par rapport à "la Nuit de la solidarité", qu?il y avait plus de 3.000 places. La Maire s?était engagée à mettre à disposition la moitié en demandant à l?Etat de faire l?autre moitié. Pour notre part, c?est 1.800 places que nous avons mises à disposition de l?Etat au lieu des 1.500. On a eu des bonnes nouvelles parce que le principe de Paris est que tout lieu non utilisé, qui va faire l?objet d?un projet de logements, est mis à disposition des associations en partenariat avec l?Etat. C?est donc 1.800 places et l?Etat, qui devait s?engager à en trouver 1.500, en a trouvé plus de 2.000. Dans l?ensemble, on peut dire que c?est déjà important.

Après, l?hiver nous montrera ce qu?il va se passer. Pour le grand froid, un premier focus grand froid démarre ce soir. Vous le savez, on a ouvert le gymnase du C.A.S.-V.P. et le plan hivernal du C.A.S.-V.P. a démarré dans un gymnase du 19e arrondissement. Il s?agit du gymnase Hautpoul et je remercie François DAGNAUD. On sait que c?est pour trois semaines et qu?ensuite ce sera un autre arrondissement, etc.

Ce soir et ces jours-ci ouvriront, et j?en remercie les maires, des lieux d?accueil d?hébergement pour des femmes et des hommes, dans différentes mairies d?arrondissement, dans le 1er arrondissement, dans le 3e arrondissement, dans le 4e arrondissement, dans le 15e arrondissement. Egalement une salle sera ouverte de la R.I.V.P. dans le 20e arrondissement, et également à l?E.S.I. Saint-Michel, qui est la base du Samu social dans le 12e arrondissement. Les équipes mobiles sont renforcées, notre U.A.S.A. va renforcer ses maraudes. Tout le monde est très mobilisé pour cet hiver.

Je remercie vraiment tout le monde, et aussi les Parisiens parce qu?on a démarré dans le cadre de "la Fabrique de la solidarité", qui est le lieu de mobilisation des bénévoles issus de "la Nuit de la solidarité", la formation de volontaires de la solidarité, et j?en terminerai là, Monsieur le Maire.

Hier, nous avons formé environ 150 volontaires de la solidarité, qui vont s?impliquer dans les halles pour femmes, comme nous l?avions fait dans le 10e arrondissement il y a peu de temps, et nous continuerons avec une autre formation, le 18 décembre, dans le 18e, etc. Les Parisiens sont avec nous, nous sommes tous ensemble, et nous allons faire en sorte que l?hiver se passe le mieux possible.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Dominique VERSINI.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 410 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2018, DASES 410 G). Je vous remercie.