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Decembre 2018
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Conseil Municipal
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relatif à une dénomination en hommage à Raùl Damonte Botana dit Copi (18e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous allons directement passer à l'examen de v?ux non rattachés, avec un v?u n° 196 relatif à une dénomination en hommage à Raùl Damonte Botana dit Copi, dans le 18e arrondissement.

Je donne la parole à Mme PREMEL.

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Madame la Maire, chers collègues.

Chassé par la dictature, l'Argentin Raùl Damonte Botana, dit Copi, avait trouvé refuge à Paris sur la butte de Montmartre, rue Cauchois.

Copi, c'est celui qui nous a fait rire des années durant avec sa drôle de femme assise dans "Le Nouvel Observateur", mais c'était aussi et avant tout un homme debout.

Une copie non conforme, un artiste pluridisciplinaire, un des pionniers avec Guy Hocquenghem de la lutte pour la visibilité des gays, des trans et des lesbiennes.

Copi fut emporté par le Sida, il y a 31 ans quasiment jour pour jour.

Aujourd'hui plus que jamais, son parcours de vie et son ?uvre continuent à nous appeler, à laisser éclore dans nos sociétés comme dans nos vies de grandes bulles de liberté.

Son ?uvre, faite de récits, de dessins et de nombreuses pièces de théâtre fut à son époque, pas si lointaine, perçue comme subversive, provocante, dérangeante.

Elle reste encore aujourd'hui une invitation à regarder l'étrangeté qui est en chacun d'entre nous.

Nous pensons que notre Municipalité s'honorerait à rendre hommage à cet habitant du 18e arrondissement, comme nous le propose le Conseil syndical de la copropriété de l'immeuble du 10, rue Cauchois.

Même si Copi se réclamait de l'oubli, même si pour Copi, tout était dans l'étincelle et l'élégance de l'instant, nous, qui ne sommes pas Copi, nous voulons garder en mémoire cette figure à travers une plaque en sa mémoire. Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, je vais donner la parole à Mme BIDARD.

Mme Hélène BIDARD, adjointe. - Merci beaucoup, chère Danièle PREMEL, pour ce très bel hommage.

Ce bel hommage à Copi, dramaturge, romancier, dessinateur argentin, je ne vais pas revenir sur son ?uvre évidemment en deux minutes, mais c'est une grande figure de la contre-culture française des années 1960 à 1980, une époque où de nouvelles formes d'avant-garde où les cultures populaires influent sur les champs plus traditionnels de la culture. Copi a ému et secoué la France avec son théâtre inclassable.

Vous l'avez rappelé, il avait fui l'Argentine pour s'installer à Paris, finalement conditionné par l'oppression de la dictature péroniste pesant sur les hommes et les femmes intellectuels de gauche, jugés trop dérangeants pour le pouvoir, mais aussi sur les hommes homosexuels comme lui.

En 1970, il écrit la pièce de théâtre "Eva Peron", puis va travailler au "Nouvel Observateur" avec de nouvelles aventures qu'il va ensuite mener avec Hara-Kiri de François Cavanna et du professeur Choron.

C'est à cette même époque qu'il publie chez "Glénat", "Le monde fantastique des gays", une compilation de dessins parue ensuite dans le magazine "Gai Pied".

En 1970, lors de la représentation de "Eva Peron", il faut se rappeler qu'il provoque la colère d'étudiants d'extrême-droite. Ces agitateurs viennent alors tout casser pendant la représentation au théâtre à l'Epée de Bois.

Son univers poétique était souvent fait d'humour dévastateur avec un langage très simple, direct, acerbe, comme dans "L'homosexuel ou la difficulté de s'exprimer" où Copi s'est affirmé alors en campant la figure de l'homosexuel ou de la personne "trans".

Je vais conclure et rappeler peut-être que son ?uvre, considérée comme subversive à l'époque, questionne encore aujourd'hui sur les représentations de l'homosexualité.

Il décédera malade du Sida, mais jamais il ne s'apitoiera sur son sort, jusque dans son travail d'écriture et comme de nombreux amis collaborateurs, il va mourir du Sida alors que l'épidémie fait des ravages. Il s'en amusera dans une pièce de théâtre, "Une visite inopportune", où l'écrivain relatera les derniers jours d'un jeune qui meurt du Sida.

C'est donc vraiment important pour nous, avec Catherine VIEU-CHARIER, de rendre hommage à ce très bel artiste.

(M. Patrick BLOCHE, adjoint, remplace Mme Pénélope KOMITÈS au fauteuil de la présidence).

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Hélène BIDARD.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 196.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2018, V. 682).