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Decembre 2018
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Conseil Municipal
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Condoléances.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, nous avons appris avec tristesse la disparition, survenue le 16 novembre 2018, de Mme Lydia Monbet, ancienne conseillère de Paris.

D?origine russe, Lydia Monbet bénéficiait d?une double culture, ce qui l?a amenée à devenir traductrice et à participer à l?aventure de la fameuse librairie du Globe dans le 3e arrondissement. C?était une femme libre, engagée. Elle s?est enflammée pour les grandes causes de son époque et a adhéré au Parti communiste.

Très attachée au 20e arrondissement, elle y a été élue conseillère de Paris en 1977, fonction qu?elle a occupée jusqu?en 1983. À l?issue de son mandat, Lydia Monbet, fidèle à ses idéaux, est demeurée sensible à la cause des femmes, aux aspirations de la jeunesse et au progrès social. Ses obsèques ont été célébrées le 22 novembre 2018 au cimetière du Père-Lachaise dans le 20e arrondissement de Paris. Au nom de tous les Parisiens, des élus parisiens, nous lui rendons hommage aujourd?hui.

Je vous propose une minute de silence en sa mémoire.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Merci.

Nous avons aussi appris avec tristesse la disparition survenue le 13 novembre 2018 de M. Claude-André Debrion, ancien conseiller municipal de Paris, ancien conseiller général de la Seine, ancien Conseiller de Paris, ancien Conseiller régional d?Ile-de-France.

Résistant, gaulliste, Claude-André Debrion s'était engagé dans la vie politique en se présentant dans le 15e arrondissement où il a été élu conseiller de Paris en 1965, en 1971, puis en 1977. Il a de nouveau été élu dans le 18e arrondissement entre 1983 et 1989. M. Debrion a effectué 30 années de mandat au Conseil de Paris, période durant laquelle il a assumé différentes charges, notamment la vice-présidence à l?Assemblée, la présidence de la société d'économie mixte de la Ville de Paris et de la caisse des retraites des anciens conseillers.

Il a aussi siégé sur les bancs du Conseil régional d?Ile-de-France de 1974 à 1986. Claude-André Debrion était chevalier dans l?ordre national de la Légion d?honneur et dans l?ordre national du Mérite, ainsi qu?officier des Palmes académiques. Ses obsèques ont été célébrées le 26 novembre 2018 au cimetière Saint-Vincent dans le 18e arrondissement de Paris. Au nom de tous les Parisiens, au nom des élus de Paris, nous lui rendons hommage aujourd?hui.

Je vous propose une minute de silence.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Je vous remercie.

Nous avons appris également avec tristesse la disparition survenue le 15 novembre 2018 de M. Gérard Leban, ancien adjoint au maire de Paris, ancien conseiller de Paris, ancien conseiller régional d?Ile-de-France.

La jeunesse de Gérard Leban a été marquée par les années noires de l?occupation et les persécutions antisémites, ce qui l?a conduit au gaullisme auquel il est resté fidèle toute sa vie. Diplômé de l?E.S.C.P., directeur d?une société familiale de 1962 à 1977, il a été porté au Conseil de Paris par les électeurs du 16e arrondissement en 1983. Il y a siégé durant 24 ans de 1983 à 2008.

Durant cette période, en qualité d?adjoint au maire de Paris, il a été chargé de toutes les affaires se rapportant au commerce, à l?industrie et à l?artisanat, auxquelles se sont ajoutées en 1995 celles relatives aux marchés de la Ville. Lors de ses mandats, il a notamment créé le prix de la baguette, relancé le salon de l?Agriculture et participé à la création du Téléthon.

Par la suite, il a été en charge des questions relatives aux relations avec les communes et départements limitrophes de Paris de 1998 à 2000. Il a également siégé au Conseil régional d?Ile-de-France et a été premier adjoint au maire du 16e arrondissement de 2001 à 2008. Gérard Leban était Officier dans l?Ordre national de la Légion d?Honneur, officier dans l?ordre national du Mérite et chevalier du Mérite agricole.

Ses obsèques ont été célébrées le 20 novembre 2018 au cimetière du Montparnasse à Paris dans le 14e arrondissement. Je garde de lui le souvenir d?un homme courtois, aimable, toujours prêt à rendre service et à participer à tout ce qui concerne notre ville et un homme particulièrement républicain. En mon nom et au nom du Conseil de Paris, j?exprime à sa famille et à ses proches les condoléances de notre Assemblée.

Je vous propose une minute de silence.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Je vous remercie.

À la suite de ces hommages et pour évoquer le souvenir de ces Conseillers de Paris, trois intervention de présidents de groupe ou au nom de présidents de groupe : Monsieur Nicolas BONNET-OULALDJ, vous avez la parole.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Madame la Maire, je vous remercie pour cet hommage fait à Lydia Monbet qui a siégé un seul mandat sur nos bancs de 1977 à 1983.

Lydia a été élue du 20e arrondissement sur la liste d?Henri Fiszbin qui, en 1977, n?avait que quelques milliers de voix de retard sur Jacques CHIRAC qui allait devenir le premier maire élu de Paris de plein exercice. À cette époque déjà, la gauche parisienne entendait bien ne pas laisser notre ville aux mains des spéculateurs.

Le premier combat était bien celui du logement social. Cette bataille électorale, Lydia l?a menée jeune militante : elle n?avait que 27 ans et ce fut l?une des plus jeunes élues sur nos bancs. J?ai relu, avant ce matin, avant aujourd?hui, un article qu?elle avait écrit dans "L'Éveil du XXe", le journal des communistes de l?arrondissement à cette époque. Elle parlait de l?hôpital Tenon et de ces femmes qui y travaillaient.

Lydia avait d?abord un engagement féministe et c?est un texte plein d?humanité, de chaleur, plein d?espoir aussi, en cette période où la gauche reprenait des couleurs. Toutes celles et tous ceux qui ont milité et travaillé avec elle, m?ont fait part d?un portrait d?une femme lumineuse et rayonnante, une femme qui aimait la vie. Un temps secrétaire de la section du 20e arrondissement, c?est à la Fédération du P.C.F. de Paris qu?elle rencontre son futur mari, Pascal SANTONI, que je salue et qui est parmi nous ce matin. Ils ont en charge, avec d?autres, le secteur des intellectuels de notre Fédération, à l?époque dirigée par Henri Malberg.

À l?époque, la Fédération de Paris rassemblait bon nombre d?artistes, d?intellectuels et d?universitaires. Lydia, pourtant, une fille de famille russe immigrée, a trouvé dans le Parti communiste un formidable outil de formation et de réflexion.

Des années plus tard, elle s'est éloignée du P.C.F. Elle a gardé des relations suivies avec ses anciens camarades, qui, toutes et tous, m'ont dit qu'elle restait attachée à la famille communiste même si c'était de c?ur et non plus de carte. Elle s'est éteinte trop tôt, à un âge où elle avait encore beaucoup de projets à accomplir. Sa dernière passion était le tourisme social, le départ en vacance des plus jeunes et des plus pauvres, mais aussi l'accès aux croisières, croisières intellectuelles, avec le souci d'y donner un contenu culturel.

Je remercie, au nom des élus communistes de Paris, Lydia Monbet pour son action dans nos rangs et son travail comme élue et militante. Je transmets toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches.

Je vous remercie, Madame la Maire, pour cet hommage.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Président.

La parole est à M. BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Madame la Maire.

Merci pour cet hommage rendu à Claude Debrion. Vous l'avez rappelé, il a été élu du 15e et du 18e arrondissement. Il a été Conseiller régional. Claude Debrion était un humaniste, un résistant, un patriote profondément attaché aux valeurs républicaines et à l?état d'esprit démocratique.

C?était un homme libre, parfois frondeur. Ainsi, il avait été adopté par les Montmartrois. Il fut premier adjoint dans le 18e arrondissement de Roger CHINAUD, alors U.D.F. Mais il était surtout un proche d'Alain JUPPÉ et un chiraquien fervent - un R.P.R., à l'époque.

Il tenait la permanence d'Alain JUPPÉ. C'était un admirateur de Joël Le Tac, lui-même résistant. Il a combattu, à l'époque, Lionel JOSPIN, Bertrand DELANOË, Daniel VAILLANT et Claude Estier - la bande du 18e - mais toujours dans le respect des hommes et des femmes et de leurs engagements. C'était un homme au service des autres. Il était très attaché à la solidarité vis-à-vis des plus humbles. C'était un homme attaché à l'inclusion. C'était un homme de c?ur. Il avait la main sur le c?ur.

Que cet hommage du Conseil de Paris lui soit rendu aujourd'hui était très important pour les siens. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur BOURNAZEL.

La parole est à M. GOASGUEN.

M. Claude GOASGUEN. - Merci, Madame la Maire.

Vous avez dit beaucoup sur Gérard Leban, qui a été une personnalité marquante de notre Conseil. Je voudrais simplement rappeler l'esprit dans lequel il a pu assurer ce service aux Parisiens. Je le fais avec chaleur, car les élus sont tellement décriés aujourd'hui par la population qu'il est parfois souhaitable de rappeler qui sont vraiment ces personnages que l'on critique.

Gérard Leban a été résistant à l?âge de 14 ans. Il a été pris par la milice et ses parents ont été torturés devant lui, à 14 ans. C'est un moment clef pour son histoire. Sa famille a été détruite presque complètement dans les camps de concentration. Libéré par les F.F.I., Gérard Leban jure sa fidélité au gaullisme. Il sera gaulliste toute sa vie, car c'est le personnage qui va motiver toutes ses décisions. Ce personnage, il le retrouvera dans la personne de Jacques CHIRAC, dont il était un très proche, un très fidèle. Comme Jacques CHIRAC avait réussi à mettre autour de lui des fidèles inconditionnels, Gérard Leban était de ceux-là.

Il s'emploie, d'abord, à être un militant. Il laisse ses affaires qui, pourtant, étaient fructueuses, lui qui était d'une famille de commerçants venant d'Alger. Il laisse tout cela sur le bord du chemin pour s'engager dans la vie politique derrière Jacques CHIRAC, où il s'occupe essentiellement de l'action populaire et ouvrière. Car c'est un homme qui est très sensible au peuple, dont il est issu. Il en a la chaleur humaine, il en a le contact.

Sa souffrance de jeunesse, sa résistance, l?ont sans doute accoutumé à connaître les situations les plus difficiles. Jacques CHIRAC reconnaît en lui ce militant. Il le fait élire. Il est élu à partir de 1983. Il devient adjoint assez rapidement et il est chargé plus particulièrement - vous l'avez dit très bien - du commerce. Dans ce domaine, il a un certain nombre d'initiatives. Je ne le rappelle pas, vous l'avez dit. Il le fait avec une constance et une gentillesse, car c'est un homme ouvert, pas sectaire.

C?est un homme qui a un double engagement : son engagement politique et de fidélité juive. Il a toujours été fidèle à Israël, qui est son "Chirac de l'éloignement", c'est-à-dire auquel il voue véritablement sa fidélité. Et vraiment, Gérard Leban, au bout d'une carrière politique dense, va retourner dans le 16e arrondissement, où il devient le premier adjoint, le coadjuteur important aux côtés de Jacques CHIRAC et de Pierre-Christian Taittinger. Là, il connaît la fin de sa carrière politique, avec beaucoup de succès.

Je voudrais dire que les Parisiens lui doivent beaucoup, et pas seulement ceux du 16e arrondissement. Je dirai que la nation tout entière doit beaucoup à des hommes de cette trempe, de ce courage et de cette abnégation. L'idée que Gérard Leban ait disparu nous emplit d'une grande tristesse pour tous. Je ne ferai qu'évoquer, à la fin de ce modeste hommage, cette tristesse qui nous a pris lorsque, lors de l'enterrement au cimetière Montparnasse, dans une froide journée pluvieuse et grise parisienne, nous avons entendu le kadosch qui mettait en terre Gérard Leban. Je crois que les Parisiens lui doivent beaucoup. Nous tous, nous lui devons beaucoup, quelles que soient nos opinions politiques. Je voudrais dire à sa famille - à son épouse, Geneviève - à ses enfants, à ses petits-enfants, à sa nombreuse famille qu'il a reconstruite après le drame des camps de concentration, toute notre affection.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Claude GOASGUEN.

Merci, mes chers collègues, pour ces propos.