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Decembre 2018
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Conseil Municipal
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2018 DPE 29 - Approbation du principe de création d'un bassin de stockage et autorisation à déposer les dossiers d'autorisations nécessaires (13e et 12e). Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif aux arbres du square Marie-Curie.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous en arrivons à la 3e Commission. De ce fait, nous abordons très directement les projets de délibération, et en l?occurrence le projet DPE 29.

La parole est à Marie ATALLAH.

Mme Marie ATALLAH. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, pouvoir se baigner sans aucun risque dans la Seine est un enjeu à la fois sanitaire, social et de loisirs. Si par le passé, comme en attestent les photographies datant des années 1910, la Seine était largement utilisée par les Parisiennes et Parisiens, cela est strictement interdit depuis 1923.

Pour autant, permettre à nouveau aux Parisiennes et aux Parisiens de profiter de leur fleuve est un objectif qui anime les édiles de Paris depuis longtemps. Déjà, en 1988, Jacques CHIRAC en faisait une promesse de campagne, qu?il réitère en 1990 en déclarant, je cite : "Dans trois ans, j?irai me baigner dans la Seine devant témoins pour prouver que la Seine est devenue un fleuve propre."

Si la qualité de l?eau de Seine s?est considérablement améliorée depuis les années 1990, cela reste pour autant un vaste chantier que de l?assainir suffisamment pour la rendre accessible aux baigneurs. Trois ans après, l?objectif que notre majorité poursuit est : 2024. C?est évidemment très ambitieux et cela nécessite la mise en place de nombreuses actions conjointes.

Parmi les différents pans du vaste plan piloté par notre adjointe Célia BLAUEL, il y a une gestion plus innovante des eaux de pluie. Pour ce faire, les services de notre Ville ont estimé qu?il était nécessaire de créer de nouveaux bassins de stockage en sous-sol, afin de stocker les eaux usées en attendant leur transport dans les usines d?épuration du S.I.A.A.P. C?est bien à cet enjeu que répond la Ville en nous proposant de créer le présent bassin de stockage dans le secteur d?Austerlitz.

Plusieurs éléments d?information dans le projet de délibération nous expliquent qu?il s?agit d?un ouvrage colossal : une capacité de stockage de 50.000 mètres cubes, un diamètre de 50 mètres et une profondeur de 30 mètres pour un coût global de presque 1 milliard d?euros. Le but est de capter les eaux lors des épisodes pluvieux afin d?éviter de les rejeter en Seine par les déversoirs d?orage.

C?est un projet nécessaire, d?une part pour ne pas surcharger le réseau d?assainissement et pour éviter ainsi un déversement d?eau en Seine qui peuvent inonder les caves et les voiries. D?autre part, chaque rejet d?eaux usées évité est autant de pollution en moins rejetée dans la Seine, puisque chaque rejet à l?occasion d?une pluie importante équivaut environ à 4,9 tonnes de matières organiques et à 0,62 tonne d?ammonium.

Ces pollutions évitées permettent de maintenir un niveau de taux d?oxygène de l?eau de Seine, et le nombre d?espèces animales présentes dans la Seine en est un bon indicateur. Ce nombre est en constante augmentation puisqu?on dénombre 42 espèces de poissons aujourd?hui, contre une dizaine dans les années 1990, et 2 seulement dans les années 1970.

Pour créer ce bassin de stockage, après étude de différents lieux à Paris, c?est le square Marie-Curie dans le 13e arrondissement, qui s?étend actuellement sur une superficie de 5.000 mètres carrés devant l?hôpital de la Salpêtrière, qui a été choisi. Evidemment, nous ne pouvons que regretter qu?il n?ait pas été possible, à cause de nombreuses contraintes techniques du projet, de trouver un lieu entièrement bitumé, ce qui aurait évité l?abattage de certains arbres présents sur le square.

De ce fait, le groupe Ecologiste a émis deux demandes et points de vigilance.

D?abord, sur le sujet primordial de la pleine terre, qui nous est cher en tant qu?écologistes souhaitant sa protection au regard des enjeux de résilience que Paris doit surmonter, nous signalons que les réponses qui nous ont été apportées étaient de nature à nous rassurer, puisque les travaux de construction du bassin permettront au final d?étendre le jardin pour atteindre une surface de 11.000 mètres carrés, grâce au réaménagement de l?espace de voirie situé au Sud de l?actuel jardin et qui servira à créer ce bassin de stockage en question.

Notre deuxième point de vigilance était sur les arbres qui seront abattus. Nous avons été rassurés, d?une part aucun arbre remarquable ne figure sur ce square, et d?autre part leur compensation est entièrement assurée a minima par le même nombre, notamment grâce à l?épaisseur de terre suffisamment importante qui couvrira le bassin. Dans le cadre de l?extension du jardin, les habitants seront concertés et le nombre d?arbres pourra même être augmenté.

Au vu de tous ces éléments, le groupe Ecologiste votera en faveur du présent projet et salue plus largement l?action de la Ville de Paris à travers notre adjointe Célia BLAUEL qui a lancé de nombreuses actions pour reconquérir le bon état écologique de la Seine.

Je vous remercie, Monsieur le Maire.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Madame ATALLAH.

Je relance un appel presque désespéré pour que l?on n?aille peut-être pas jusqu?au terme des cinq minutes autorisées par le règlement.

La parole est à Célia BLAUEL pour vous répondre.

Mme Célia BLAUEL, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je ne vais sans doute pas utiliser mes cinq minutes puisque Marie ATALLAH a fait une très bonne présentation de ce projet de délibération. C?est tout de même un projet d?envergure qui mérite que l?on s?y arrête quelques minutes.

Ce bassin de stockage dit "d?Austerlitz" comporte au moins trois dimensions importantes. C?est d?abord un projet qui s?inscrit dans la continuité du vaste chantier de modernisation du réseau d?assainissement de Paris qui s?étale, lui, sur plusieurs dizaines d?années.

C?est ensuite un projet qui permet de tenir des objectifs ambitieux de reconquête de la qualité de l?eau, laquelle est très fortement dégradée en France. Comme sur l?air, nous devons respecter les objectifs fixés par la directive cadre eau et par la directive sur les eaux résiduelles urbaines. Nous sommes aujourd?hui bien engagés pour tenir désormais les objectifs de la directive baignade, puisque nous avons ce beau projet, comme Marie ATALLAH l?a largement rappelé dans son intervention, de rendre la Seine baignable, de rendre la Seine aux Parisiens. Jacques CHIRAC l?a dit ; nous allons transformer cette promesse en réalité.

Enfin ! me dit-on. Je sens qu?il y a peu d?attention au fond à gauche mais cela fait tout de même partie des promesses faites sur vos bancs que nous allons mettre en ?uvre. Après le succès de la baignade Villette, je pense que je n?ai plus à vous convaincre du succès populaire d?un tel projet ni de sa pertinence dans le cadre de notre politique d?adaptation face au dérèglement climatique dont on a mesuré aussi l?impact de la baignade en cas de canicule cet été.

Troisième dimension, Marie ATALLAH l?a dit aussi : c?est un futur projet d?aménagement d?un nouvel espace vert dans le 13e arrondissement sur une surface de plus de 12.000 mètres carrés, plus du double de la surface actuelle. Ce projet ne sera pas de mon ressort mais ces grands principes sont d?ores et déjà évoqués. Je dis également que cela nous permettra aussi de faire un exercice de désimperméabilisation des sols, mais aussi de reconstituer le patrimoine arboré sur site mais surtout de l?augmenter. C?est donc un très beau projet pour notre ville durable.

Je vous remercie de votre soutien.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci pour votre esprit de synthèse, chère Célia BLAUEL. Le v?u n° 177 étant retiré de l'ordre du jour, je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPE 29.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DPE 29).