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Decembre 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif aux filières bois-terre-paille.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Le v?u référencé n° 128 est relatif aux filières bois-terre-paille.

La parole est à Mme SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Je vais maintenant mettre M. Jean-Louis MISSIKA de bonne humeur à mon égard puisque je présente un v?u qui notamment cite un exemple qui me semble fort intéressant dans le cadre du dispositif "Réinventer la Seine", dont il a eu le pilotage suite à l?exposition au Pavillon de l?Arsenal, "Terres de Paris, de la matière au matériau".

Il s?agit du grand projet en terre qui va enfin voir le jour, lauréat du concours "Réinventer la Seine", sur le site de l?ancienne usine des eaux de la Ville de Paris à Ivry, un quartier entier qui va être construit avec des déblais du futur métro francilien.

L?objet de ce v?u est de montrer que le secteur du bâtiment en France représente plus de 40 % du bilan carbone et, à lui seul, le ciment représente 5 % à 6 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Or, on peut se passer du ciment dans la construction et on peut développer de la construction extrêmement solide, extrêmement innovante et par ailleurs de bien meilleure qualité, en contribuant à la sobriété énergétique avec les matériaux naturels : terre crue, bois et paille.

Il faut savoir que le secteur du bâtiment produit à lui seul plus de 42 millions de tonnes de déchets chaque année. Il y a en plus une vraie filière de capitalisme vert, dont vous savez que le problème n?est pas la couleur, qui utilise le terme de l?économie circulaire pour permettre de fabriquer du ciment dans des usines qui vont utiliser des déchets toxiques comme combustibles, dans une optique de diminution des coûts malgré l?impact de ces rejets toxiques. Il faut donc absolument émanciper la construction de ces secteurs. Qui plus est, les matériaux, comme la paille, la terre crue et le bois local, permettent aussi dans leur gestion de se faire sans les multinationales et de développer de l?emploi local. Je ne peux pas développer plus longuement mais je vous invite, chers collègues, à rencontrer l?association "Lesa" qui soutient la démarche qui est d?interpeller le Gouvernement et l?ensemble des municipalités, à la fois pour qu?on développe nationalement une filière de formation sur bois, terre et paille.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Madame SIMONNET, M. MISSIKA va vous répondre.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Je vais émettre un avis favorable à ce v?u, s?il est amendé.

Ce v?u répond au message que je ne manque pas de faire passer à chaque occasion lors des rencontres que j?ai avec les acteurs de l?immobilier : l?impact environnemental de la construction est un danger qui se place, à mon sens, au même niveau que le danger que représente le diesel. Le tout béton en est une des principales causes et la bonne réponse à y apporter est la généralisation des matériaux à faible impact carbone. Je vous rejoins tout à fait pour soutenir les filières de la paille, du bois et de la terre crue.

A ma demande, la Direction des Constructions publiques multiplie d?ailleurs les projets pour utiliser ces matériaux. Le projet d?extension du groupe scolaire Ivry-Levassor, que je porte avec Jacques BAUDRIER, est un démonstrateur de ces matériaux, en particulier de la terre crue et des matériaux biosourcés, dans une stratégie bioclimatique qui sera modélisée à l?aide d?une maquette numérique : le BIM.

Il me paraît important cependant de ne pas se limiter à ces trois matériaux. Ainsi le chanvre est une filière "biosourcée" extrêmement intéressante de production en Ile-de-France. La taille de pierre est également une ressource francilienne que plusieurs acteurs de l?immobilier ont commencé à relancer. L?exposition en cours au Pavillon de l?Arsenal, "Pierre : Révéler la ressource, explorer le matériau", fait la démonstration d?une disponibilité importante à proximité de Paris pour un matériau dont le contenu carbone est également très faible, si sa logistique est bien organisée.

Je citerai enfin l?enjeu de tous les matériaux de réemploi, ainsi que le recyclage de matières comme le tissu et le carton qui ont toute leur place dans la construction et dans la rénovation bas carbone, notamment pour l?isolation. Pour cette raison, je vous propose des modifications dans le v?u, afin d?élargir son champ, de modifier certains chiffres qui sont fantaisistes. Cela me paraît devoir être également corrigé. On ne peut affirmer par ailleurs que ces matériaux sont par nature peu chers, voire gratuits. Au contraire, il s?agit de filières émergentes et les prix restent souvent élevés, notamment pour le bois. Il faut, pour garantir des prix compétitifs avec les matériaux traditionnels, que les filières s?organisent et améliorent notamment la logistique. Donc, ce sera un avis favorable avec une dizaine d?amendements. Je suis désolé, ce sont beaucoup d?amendements mais il fallait corriger un certain nombre d?erreurs. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Madame SIMONNET, est-ce que vous acceptez les amendements proposés par M. MISSIKA ?

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, j?accepte les amendements de M. Jean-Louis MISSIKA qui montre, certes, une différence dans l?usage de la langue et je vois une novlangue qui réapparaît et des cultures différentes entre vous et moi sur la façon de nommer les choses.

Je ne reviendrai pas sur la bataille des chiffres qui nous sépare?

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Madame SIMONNET, c?est oui ou non !

Mme Danielle SIMONNET. - J?accepterai l?engagement sur les filières et les lycées professionnels et l?engagement de la Ville à recourir beaucoup plus à ces matériaux naturels.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2018, V. 649).