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2018 SG 59 - Convention avec la Société de livraison des ouvrages olympiques relative à la participation de la Ville de Paris au financement des ouvrages olympiques en vue des Jeux olympiques et paralympiques 2024.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération SG 59. La convention avec la "Solideo" relative à la participation de la Ville de Paris au financement des ouvrages olympiques en vue des Jeux 2024. La parole est à Danielle SIMONNET. Pardon. Mille excuses, Madame SIMONNET, Jacques BOUTAULT d'abord, puis vous.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Comme vous voulez, Madame la Maire.

Nous, élus écologistes, en étions à peu près certains, d'ailleurs nous l'avions dit, les coûts engendrés par les Jeux olympiques organisés en France en 2024 devaient entraîner un refus des Parisiennes et des Parisiens de l'organisation de cet événement dans leur ville.

La moindre des choses, d'ailleurs, aurait été qu'on leur demande leur avis. Mais ainsi que l'a expliqué Jean-François MARTINS au journal 'L'Equipe", c'était prendre le risque que les Parisiens votent contre. Ne pas demander l'avis des gens pour éviter qu'ils se prononcent négativement par rapport à la question qu'on leur a posée, ce n'est pas avoir un sens de la démocratie très poussé, je le regrette.

Les Jeux olympiques sont une gabegie qu'aucun autre pays européen ne souhaite désormais accueillir.

Ce projet de délibération nous demande d'accepter encore une fois le sport business, et le fait que celui-ci se fasse avec l'argent public. C'est de très mauvais ton dans cette période de restriction budgétaire et de fronde sociale.

Allez aujourd'hui demander aux citoyennes et aux citoyens de Paris, mais aussi d'Ile-de-France, et même de France, si faire financer 135 millions d'euros d'infrastructures olympiques n'est pas du gâchis, un manque de sens de priorité, un faste inutile.

Et donc, ne parlons ici que des coûts prévus pour la construction des infrastructures olympiques, la tenue des Jeux coûtera des millions d'euros supplémentaires.

Pour rappel, les élus écologistes avaient dénoncé, en 2015, le prix de la candidature parisienne qui était alors de 60 millions d'euros. C'est sur celle-ci d'ailleurs que notre Assemblée s'était prononcée sur l'organisation par notre Ville de cet événement.

Mais ce prix, depuis notre vote, a plus que doublé puisqu'il est aujourd'hui de 135 millions destinés à financer des ouvrages olympiques. C'est indécent quand on sait que la Ville de Paris investit dans son budget primitif 2019 moins de 70 millions pour le sport de proximité.

Depuis que le C.I.O. a annoncé officiellement que Paris accueillerait les Jeux olympiques en 2024, mon groupe s'est engagé à veiller à ce que les objectifs environnementaux financiers, éthiques soient prioritaires.

Ainsi, les écologistes déplorent que seulement 10 millions d'euros soient annoncés comme dédiés au Fonds Innovation et Ecologie. En comparaison des autres dépenses, c'est maigre pour faire des J.O. zéro carbone.

Trop d'équipements ou de réhabilitation sont arrangés dans des grands projets inutiles qui coûtent chers et provoquent des nuisances, à l'instar de la couverture de Roland-Garros ou encore de l'Arena 2 qui, à elle seule, coûtera 30 millions d'euros.

Tous les projets de grande envergure de la Ville et de la Métropole se calent sur l'horizon 2024, quitte à perdre toute valeur qualitative. Nicolas FERRAND, directeur de "Solideo", l'a lui-même dit dans la presse, le 5 décembre : "Concernant les livraisons des ouvrages olympiques, les objectifs de durabilité des Jeux, la réalisation d'une ville accueillante et rendant la ville facile pour 23 millions de spectateurs, il n'y a aucune certitude d'être à la hauteur des ambitions affichées aujourd'hui".

Notre opposition fondamentale à l'organisation des Jeux olympiques sur le territoire parisien, pour toutes ces raisons maintes fois répétées, nous amènera à voter naturellement contre ce projet de délibération.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, je voterai contre également ce projet de délibération, comme mon collègue Jacques BOUTAULT.

Le large consensus du Conseil de Paris hier, lorsque nous avons eu le débat sur les "Gilets jaunes", procède selon moi de la même vision macronisée dans nombre de têtes, qui a présidé au choix d'accueillir les Jeux olympiques.

Finalement, on est dans une logique d'une élite totalement liée aux lobbys qui ne jurent que par la mondialisation, qui s'est coupée de la société réelle, du peuple, du pays, des choix politiques non démocratiques, un maquillage écolo qui ne trompe personne, de l'argent public qui finit dans les poches des promoteurs et des copains du pouvoir.

J'ai toujours été opposée aux Jeux olympiques sous leur forme actuelle. Je porterai, au c?ur des prochaines élections municipales également, le refus et le désengagement de Paris de ces Jeux olympiques.

On devrait bien plus porter le défi écologique à la place du défi olympique.

Bien sûr, cela devrait être discuté dans les Etats généraux de l'écologie à Paris, que promet HIDALGO, dans la conférence de consensus promise en réponse aux "Gilets jaunes", dans une instance de contrôle citoyen de l'application du Plan Climat, voilà toutes les instances dans lesquelles nous pourrions permettre aux citoyens, je dirais d'opérer un contrôle sur ces J.O., mais je dirais surtout de constater à quel point ils vont exploser la facture, à quel point ils vont être anti-écologiques.

Mais en vérité, ils auraient dû faire l'objet d'un référendum. En aucun cas, les citoyens et les citoyennes n'auraient dû se voir imposer l'organisation de ces Jeux olympiques, sans même qu'on leur demande leur avis.

Mais c'est bien précisément parce qu'à chaque fois que les citoyennes et citoyens ont eu à se prononcer sur les Jeux olympiques dans toutes les villes où cela a eu lieu, ils s'y sont opposés, ils ont voté contre.

Dans ce projet de délibération, il s'agit de la convention avec la Société de livraison des ouvrages olympiques relative à la participation de la Ville de Paris au financement des ouvrages, en vue des Jeux olympiques et paralympiques de 2024.

Il précise l'affectation de la participation de la Ville, mais il admet d'emblée 10 millions d'euros en cas de dépassement budgétaire. Mais qui en doute ? Tous les budgets vont continuer d'exploser, et bien au-delà de la somme de 10 millions d'euros. On le sait pertinemment et on ne saurait se satisfaire d'une position qui viserait à dire : pas grave, ce sera l'Etat qui payera. Parce que l'Etat au final, c'est toujours le contribuable qui passe à la caisse, qui paye l'héritage, et pour une double ou triple facture, d'abord parce qu'il payera les dépassements, ensuite parce que les équipements qui sont faits se font au détriment d'autres équipements bien plus prioritaires, que ce soit pour les équipements sportifs ou pour les transports.

Troisièmement, parce que cela laisserait une empreinte écologique bien pire que si ces J.O. n'avaient pas eu lieu. Et pas simplement en émission de carbone, mais également en grands projets inutiles et des traces durables d'artificialisation des sols, de bétonisation dans le cadre de la Région Ile-de-France.

Mais je voudrais, pour conclure, vous dire que le rapport de l'Inspection générale des Finances a d'ores et déjà montré que les Jeux olympiques explosent, et que cela continuera.

Lors du débat hier, le président du groupe Communiste citait Naomi KLEIN, Naomi KLEIN qui nous dit que tout doit changer. Je voudrais rappeler au président du groupe Communiste, mais également au groupe "Génération.s", qui eux aussi ont cité Naomi KLEIN, Naomi KLEIN est parfaitement engagée contre les Jeux olympiques, et justement si tout doit changer, alors j'aimerais que celles et ceux qui ont été enthousiastes au début en faveur des J.O. changent et qu'ils prennent conscience que demain, comme hier, il faut s?opposer aux Jeux olympiques et que le peuple s?opposera aux Jeux olympiques.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Prenons acte aujourd?hui du fait que Jacques BOUTAULT et Danielle SIMONNET sont opposés aux Jeux olympiques et paralympiques. J?en prends acte. Cela a été maintes et maintes fois répété, comme M. BOUTAULT l?a déjà formulé. Prenons acte aussi qu?au titre de cette opposition, toutes les contre-vérités et les approximations sont autorisées.

Au-delà de ces deux propos, la Ville de Paris s?était engagée à? Pardon, Monsieur BOUTAULT ?

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - C?est vous qui dites la vérité et nous qui...

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Monsieur BOUTAULT, je vous dis cela très gentiment. Vous savez l?amitié que j?ai pour les écologistes en général, mais parfois moins en particulier.

Par exemple, vous avez dit, Monsieur BOUTAULT, que l?Arena va coûter 30 millions. Vous avez dit cela, Monsieur BOUTAULT ? C?est 90.

Vous avez dit que M. FERRAND était président de "Solideo", mais c?est Anne HIDALGO qui est présidente de "Solideo" et M. FERRAND en est le directeur général.

Vous avez dit que le budget des Jeux était passé de 60 millions à 135 millions et qu?on avait déjà dépassé, mais les 135 millions sont dans tous les dossiers de candidature. On a voté 60 millions de budget de Comité de candidature et c?est l?argent qu?il fallait pour gagner les Jeux. La Ville a contribué à hauteur de 10 millions d?euros, dont d?ailleurs 1,9 million d?euros lui ont été rendus parce que le Comité était excédentaire. La contribution au 1,5 milliard d?euros d?argent public apporté par l?ensemble des acteurs publics a toujours été de 135 millions.

Je vais vous épargner la liste de toutes les erreurs factuelles qui sont les vôtres comme celles de Mme SIMONNET. Je veux bien débattre avec vous, je le veux sincèrement sur les Jeux olympiques. Je veux que sur ce que l?on fait de bien, on puisse avancer ensemble et, sur ce où vous avez des doutes, que nous le faisions ensemble.

Quand Mme SIMONNET annonce un rapport de l?I.G.F. qui dit "dépassement", bien sûr, l?I.G.F. a dit "risque de dépassement" et qu?a-t-on fait ? On a revu le concept, on a enlevé un objectif qu?on considérait peut-être moins utile, on a refait le design du village olympique pour éviter certains coûts inutiles.

Je respecte votre opposition aux Jeux olympiques et il y a même de bonnes raisons d?y être opposés, mais je considère qu?elles sont moins nombreuses que les bonnes à les soutenir.

Travaillons intelligemment avec les faits réels. Venez à la Commission des élus J.O., Monsieur BOUTAULT, et on y travaillera sérieusement. Je dis seulement qu?on ne peut pas avoir le même débat à chaque Conseil, surtout s?il est basé sur des faits qui sont faux.

Venez me voir en rendez-vous, venez me poser toutes les questions, j?éclaircirai éventuellement celles qui sont pour vous des approximations et on aura ensuite un vrai débat. Sinon, c?est une posture : vous êtes contre les J.O. et je la respecte, mais n?essayons pas de l?appuyer sur des choses qui sont fausses.

C?est tout, Madame la Maire. Bon appétit.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 59.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, SG 59).

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Nous allons donc suspendre nos travaux. Reprise de la séance à 14 heures 30. Je vous remercie, bon appétit.