Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2018
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif au tunnel des artisans, le frigidaire naturel (12e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous passons au v?u n° 129 relatif au tunnel des artisans, le frigidaire naturel dans le 12e arrondissement.

Je donne la parole à Mme SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Si pendant que j?interviens, on peut me redonner le v?u de l?Exécutif, ce ne serait pas mal... C?est bon, je suis désolée.

Il s?agit d?un v?u de soutien au tunnel des artisans. Le tunnel des artisans, c?est vraiment un frigidaire naturel de Paris, situé dans le 12e arrondissement et qui représente une véritable richesse parce que sa température naturelle, qui reste la même qu?il s?agisse des périodes les plus chaudes de l?été ou les plus froides de l?hiver, en fait un lieu unique.

Il est notamment très apprécié des vendeurs de vins qui peuvent y stocker et opérer les derniers kilomètres d?approvisionnement dans Paris, mais également de celles et ceux qui s?occupent d?alimenter de très bonnes tables parisiennes mais aussi des épiceries, que ce soit en produits alimentaires "bio" frais, des légumes et des fruits.

Ce tunnel des artisans est aussi un lieu où on va trouver beaucoup d?artisans, comme des ferronniers, des métalliers, des menuisiers et bien d?autres corps de métiers qui incarnent justement l?artisanat parisien que l?on souhaite défendre à travers la démarche "Fabriquer à Paris" et à qui il faut absolument permettre de se développer.

Il n?y a pas de problème de voisinage, de bruit. Il faut savoir que tous ces artisans, quand ils livrent dans Paris, la livraison des derniers kilomètres se fait à vélo. On voit qu?à tout point de vue c?est parfait.

Sauf qu?il y a une inquiétude de la part de ces artisans. Jusqu'à présent c?était la S.N.C.F. qui était propriétaire, mais on leur a dit : d?ici fin juin, il faut que vous quittiez les lieux. Or, ce n?est pas possible. Que vont-ils devenir ?

Je souhaite à travers ce v?u que l'on s'engage bien à préserver et à engager une véritable concertation.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Madame SIMONNET, pour vous répondre je vais donner la parole à M. MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci, Madame SIMONNET, pour ce v?u qui arrive un peu tard.

Je crois que Catherine BARATTI-ELBAZ et Nicolas BONNET ont déjà beaucoup agi concernant la gare souterraine de La Rapée, notamment avec des amendements aux délibérations concernant Bercy-Charenton.

Je souhaite apporter quelques précisions. Cette gare a été sauvegardée à l'initiative d?Anne HIDALGO et de Catherine BARATTI-ELBAZ, elle fait partie intégrante de Bercy-Charenton. Dans la Rapée inférieure, là aussi, je pense que vous êtes un peu fâchée avec les chiffres. Vous parlez de 150 entreprises alors qu?il y en a en réalité 17. Bon, je connais votre relation difficile avec la réalité des chiffres. Il s'agit essentiellement d'activités de stockage. La faible température a un rôle à jouer mais il faut savoir quand même que ces lieux sont très fortement dégradés et ne sont pas aux normes suffisantes pour y accueillir tout type d'activité. Cette gare de La Rapée, cette gare souterraine, qui est un lieu absolument magnifique, relie les différents espaces du projet Bercy-Charenton. C'est un lieu de destination et d'attractivité avec un immense espace vert qui sera construit au-dessus de la gare souterraine. Je rappelle également que l'essentiel de La Rapée inférieure sera préservée et pourra accueillir des activités de logistique et de fabrication, et nous avons tout à fait l'intention d'y accueillir des artisans qui sont déjà là. Je voudrais également rappeler que dans la phase intermédiaire entre aujourd'hui et la réalisation des travaux il est prévu, dans le cadre du protocole foncier entre la S.N.C.F., la Ville et la S.E.M.A.P.A., que la S.N.C.F. cède les lieux, puis que la S.E.M.A.P.A. engagera des études techniques sur le bâtiment avant de démarrer les travaux. Je vous rappelle également que la S.N.C.F. est toujours propriétaire des lieux au moment où je vous parle. Mais durant cette phase intermédiaire, la Ville de Paris va étudier avec la S.N.C.F. et la S.E.M.A.P.A. la possibilité d?organiser une occupation intercalaire en prenant en compte les contraintes de mise aux normes des lieux, et une concertation va être engagée avec les occupants actuels de la Rapée inférieure afin de les accompagner au mieux durant cette période de transition. J'émets donc un avis favorable avec les amendements que je vous ai communiqués. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - J'ai trois demandes d'explication de vote : Mme MONTANDON, M. BONNET et M. VESPERINI.

La parole est donc à Mme MONTANDON.

Mme Valérie MONTANDON. - Madame la Maire, merci.

2011, c'est la date du premier v?u que j'ai déposé pour protéger les tunnels Baron Le Roy et revaloriser ce site, et aussi pour faire en sorte que la centaine d'entreprises qui exerçaient à l'époque puissent avoir une pérennité dans leur activité et puissent y rester. Vous le voyez, 2011, ce n'est pas nouveau. Alors oui, bien sûr, nous soutenons toutes les initiatives, même quand elles arrivent un peu tardivement, qui permettent en effet de conserver ce lieu dont l'aspect écologique est notable et qui permet à des maraîchers, à des négociants d'utiliser la froideur naturelle des tunnels et aux artisans aussi d'avoir leurs activités dans des locaux adaptés. Nous resterons donc cohérents. Par contre, Monsieur MISSIKA, je ne peux pas vous laisser dire que Mme SIMONNET a des problèmes avec les chiffres, car en effet il y avait une centaine d?artisans et, petit à petit, à force de leur dire de partir en juin 2019, il y en a pas mal qui sont partis et en effet ils sont maintenant beaucoup moins nombreux. Vous dites aujourd?hui que vous allez leur tendre la main. J?espère que vous le ferez assez rapidement, car au rythme où cela va, il est vrai qu?ils s'organisent hélas pour partir ailleurs parce qu'ils n'ont pas le choix. Certains ont déjà délocalisé leur activité dans des endroits où ils vont devoir utiliser des matériels électriques qui vont être beaucoup plus énergivores, donc beaucoup moins écologiques. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - La parole est à M. BONNET.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - C?est un débat qu?on a déjà eu dans les années 2010 quand la concertation avait été lancée par Michèle BLUMENTHAL, chère Pénélope et chère Catherine.

Cela a été un sujet au c?ur de l'élection et de la campagne municipale de 2014, chère Valérie. D'ailleurs, je crois qu'en 2013, il y a eu des rassemblements devant le tunnel Baron Le Roy, où nous étions tous.

Cela a été un débat qui animait la mission "Fabriquer à Paris", puisque nous avons visité ensemble avec l'ensemble des membres de cette mission le tunnel, cela a été le cas de portes ouvertes organisées par les artisans et auxquelles nous nous sommes tous rendus, cela a été aussi un débat au c?ur des élections régionales en 2015 auxquelles nous nous sommes rendus aussi avec Pierre LAURENT à l'époque. Alors, en 2018, à l'aube de 2019, Mme SIMONNET découvre le sujet et nous dépose un v?u.

Eh bien tant mieux, Madame SIMONNET, que vous découvriez ce sujet. Maintenant, cela renforce encore plus la position que nous avions toutes et tous pris ici pour préserver ce tunnel, pour garder encore des parcelles d'artisanat et pourquoi pas demain installer aussi des "fab lab", ce que j'avais porté comme amendement au moment de la délibération. Ce qui est dommage, Madame SIMONNET, c'est que bien souvent les amendements aux délibérations ont beaucoup plus de poids que les v?ux dans cet hémicycle, et à ce moment-là, nous n'avons pas pu compter sur votre vote. Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - La parole est à M. VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Ce sera une explication de vote dont la finalité ira dans le sens des précédentes interventions de Valérie MONTANDON et de Nicolas BONNET-OULALDJ. Evidemment, nous, au groupe PPCI, nous voterons ce v?u amendé.

Je voudrais insister, puisque nous avons évoqué il y a quelques instants le cas de Montparnasse, sur le fait qu?il est important de favoriser les projets d?aménagement ambitieux. Le projet de la Z.A.C. "Bercy-Charenton" est un projet d?aménagement très ambitieux et c'est la raison pour laquelle je l'avais voté en confiance.

Il faut favoriser la réalisation de ce projet mais il faut évidemment tenir compte de l'écosystème, écosystème qui en l'occurrence favorise depuis des décennies la présence et l'activité d'artisans. Pourquoi je parlais du projet Montparnasse ? Tout simplement parce que nous savons tous que dans les années 1960 la construction de la tour Montparnasse et du centre commercial a entraîné la disparition de plusieurs centaines, peut-être de 400 ateliers d'artistes - Eric AZIÈRE, qui connaît bien ce sujet, je pense, ne me démentira pas. Etant moi-même voisin du 14e arrondissement et du quartier Montparnasse, je sais ce que peut représenter le fait de voir des artisans disparaître. C?est vrai qu?il faut en tenir compte et Valérie MONTANDON a raison de le rappeler, en tout cas je le crois C?est la raison pour laquelle, parce qu?il y a cet équilibre-là dans le v?u, nous le voterons. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Une demande de prise de parole de la maire du 12e arrondissement.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Merci. A nouveau sur ce sujet, rappeler qu?il y a très peu d'artisans, ou alors on ne donne pas le même nom à ce type de métiers. Sur les quelques entreprises qui y sont, il y a des gens qui font du stockage mais ce ne sont pas des artisans. Les artisans, ce sont des gens qui travaillent avec leurs mains, avec des outils et qui produisent des objets avec un savoir-faire qui se transmet d?année en année, et le 12e arrondissement en est très riche, au Viaduc des Arts par exemple. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Madame SIMONNET, est-ce que vous acceptez les amendements de M. MISSIKA ?

Oui ou non, Madame SIMONNET ?

Mme Danielle SIMONNET. - Non, je ferai une phrase. Pourquoi est-ce que les artisans qui attendent toujours une réponse de la Maire?

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Madame SIMONNET !

Mme Danielle SIMONNET. - Pourquoi s?inquiètent-ils de devoir partir d?ici fin juin ?

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Madame SIMONNET?

Mme Danielle SIMONNET. - J'accepte donc les amendements mais au regard du mépris des collègues, qu'ils se posent la question.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 129 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u amendé est donc adopté. (2018, V. 650).