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Decembre 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif à l'expérimentation de dépose de feux tricolores (14e). Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant les v?ux nos 194 et 194 bis relatifs à l?expérimentation de dépose de feux tricolores dans le 14e arrondissement.

La parole est à M. AZIÈRE.

M. Éric AZIÈRE. - Merci, Madame la Maire.

Ce v?u est très simple. Depuis un an, dans deux rues parallèles, la rue Raymond-Losserand et la rue de l?Ouest dans le 14e, on a retiré les feux tricolores aux 7 carrefours afin de vérifier si cela pouvait fluidifier la circulation, diminuer le niveau de pollution et de fait apaiser le partage de l?espace public dans un quartier qui a gardé une véritable vitalité sociale, commerçante et habitante.

Un an après, quel est le résultat ? La pollution a baissé légèrement aux carrefours concernés mais elle a augmenté aux carrefours où le feu est maintenu parce que la plus grande fluidité créait une retenue plus grande au bout du parcours. Le stress des piétons a augmenté. La vitesse de circulation a légèrement augmenté et je vous rappelle que l?on est en zone 30.

On a une inquiétude réelle et qui s?est manifestée sur les nuisances pour deux établissements spécialisés pour personnes handicapées : un établissement spécialisé pour les jeunes aveugles et l?"Association des paralysés de France" qui sont riveraines de la rue Raymond-Losserand et de la rue de l?Ouest ; ils se sentent en plus grande insécurité car aucune mesure ni technique d?accompagnement n?a été mise en place pour les aider, aucune mesure de contrôle de vitesse ou de ralentisseur.

Une expérimentation, qui était prévue pour six mois, dure depuis plus d?un an et c?est un bilan qui est ni concluant ni définitif et il ne débouche à l?heure actuelle sur aucune prescription nouvelle.

Ce v?u est simple : mettons fin, s?il vous plaît, à l?expérimentation. Il suffirait simplement de rallumer les feux, même de façon provisoire. Engageons une concertation plus large avec les associations qui le demandent, à commencer par le "FORJA", les collectifs "Losserand", "Moulin des Lapins", "60 millions de piétons", "Auxiliaires des aveugles", l?"Association nationale des personnes sourdes et aveugles".

Définissons donc un nouveau plan de circulation, des mesures appropriées et des moyens d?accompagnement si nécessaire. Que cette fois, ce soit le résultat et le fruit de cette phase de concertation qui viendraient compléter l?expérimentation, mais ne restons pas au milieu du gué dans une situation qui n?est aujourd?hui pas acceptable, ni faite ni à faire.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur AZIÈRE.

Pour vous répondre sur les deux v?ux, la parole est à M. NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

L?expérimentation de suppression des feux tricolores sur six carrefours du quartier Pernety et non sept, Monsieur AZIÈRE, a été initiée, il y a un an en novembre 2017, en application d?un v?u voté par le Conseil de Paris en janvier 2017 dans le cadre du débat relatif à la stratégie "Paris Piéton".

De nombreuses villes en France, en Europe, dans le monde procèdent en effet à la dépose de certains de leurs feux tricolores car il est considéré que cela peut contribuer à pacifier les déplacements en général. En France, la ville de Bordeaux compte ainsi déséquiper 300 carrefours à feux d?ici 2022.

Pour cette expérimentation parisienne, le choix s?est porté sur le quartier Pernety, en raison de l?existence de carrefours constitués par des intersections de voies à faible trafic, peu larges et à sens unique.

La mise en ?uvre de l?expérimentation a fait l?objet d?une large concertation en amont et en aval de son lancement, dans le cadre des plénières de conseils de quartier, avec les parents d?élèves ainsi qu?au sein du Conseil local du handicap et le centre "FORJA", Centre de formation pour jeunes aveugles.

Plusieurs marches exploratoires ont été organisées par la mairie du 14e et les services de la voirie, avec les élèves et les instructeurs de locomotion du centre "FORJA" et des représentants de la Fédération des aveugles de France.

Le bilan de l?expérimentation a été présenté en réunion publique le 16 septembre dernier. Il a révélé plusieurs choses : une diminution des vitesses excessives en fin de feu vert ; une diminution des temps d?attente pour l?ensemble des usagers, piétons et véhicules ; une diminution des pics de bruit et des émissions polluantes ; l?absence de situations de risque.

Par ailleurs, les premiers résultats de l?étude menée en coordination avec les services de l?Etat, et notamment le "Cerema", ont révélé des résultats très satisfaisants en terme de ressenti sur la sécurité des traversées piétonnes : 78 % des personnes interrogées se sentent en sécurité.

Ces éléments ne nous paraissent pas de nature à mettre fin à l?expérimentation. C?est pourquoi nous ne pourrons pas émettre un avis favorable à votre v?u.

Il n?en demeure pas moins, ainsi que vous le signalez, qu?il y a une problématique spécifique liée aux personnes en situation de handicap, et en particulier malvoyantes ou non-voyantes. La concertation avec les associations qui les représentent doit se poursuivre. Une étude de portée nationale menée par le "Cerema" est par ailleurs en cours pour répondre aux enjeux de mobilité des personnes déficientes visuelles.

Nous vous proposons donc dans un v?u de l?Exécutif, et cela va dans le sens de votre v?u initial, que le bilan de l?expérimentation soit enrichi et complété grâce à un travail avec les associations nationales et parisiennes de personnes en situation de handicap.

Par ailleurs, nous souhaitons que la Direction de la Voirie et des Déplacements envisage le déploiement de dispositifs techniques complémentaires susceptibles de satisfaire les besoins de mobilité des personnes déficientes visuelles.

Nous considérons, avec mon collègue Nicolas NORDMAN, que l?accessibilité et le droit à l?autonomie des personnes déficientes visuelles est une priorité. Le travail entrepris pourra servir à l?aménagement de l?ensemble de la voirie parisienne, où, aujourd'hui, je le rappelle, moins de 20 % des carrefours sont équipés de feux tricolores de signalisation. De plus, il importera de prendre également en considération les évolutions récentes, avec l'augmentation des véhicules électriques ou encore la multiplication des vélos et trottinettes en flotte libre.

Dans ce contexte, l'ambition de l'Exécutif municipal est de mettre en ?uvre, en lien avec les associations, des solutions durables compatibles avec la politique d'apaisement de la circulation que nous poursuivons. Compte tenu de ces éléments, je vous propose de retirer votre v?u au profit de celui de l'Exécutif. Si vous souhaitiez le maintenir, l'avis de l'Exécutif sera défavorable.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - J'ai d'abord une explication de vote de M. GIANNESINI.

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - Madame la Maire, merci.

Je parle au nom de ma collègue Marie-Claire CARRÈRE-GÉE, qui, dès la fin de l?année dernière dans le journal municipal, à nouveau au printemps et par une question à la maire du 14e à l?automne, s'est opposée à cette expérimentation. Ici, il s'agit d'une très mauvaise décision. C'est une décision dogmatique. Sur le site de la mairie du 14e, on peut lire l'affirmation suivante, sans aucune nuance.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - C'est une explication de vote.

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - Justement. Je rapporte ce que ma collègue m'a donné.

D?une manière générale, les feux tricolores de signalisation constituent un facteur d?insécurité. C'est assez inouï. Tout carrefour ne nécessite pas d'être équipé en feux, mais il est absurde de déclarer que tous les feux sont dangereux. Ensuite, les choix des carrefours posent un problème.

Notre collègue Eric AZIÈRE l'a dit. Il n'y a pas eu de concertation, contrairement à ce que vous venez de dire. La maire du 14e laisse d'ailleurs entendre qu'elle n'a fait qu'une concertation a posteriori. Sinon, les habitants s'y seraient opposés. Il n'y a aucune signalisation, aucun ralentisseur. C'est donc une situation dangereuse, en particulier pour les personnes les plus vulnérables comme les personnes en situation de handicap.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Monsieur GIANNESINI, il faut conclure !

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - J'avais une minute.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Cela fait 1 minute 4, là.

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - Donc, nous voterons le v?u de M. AZIÈRE.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Bien.

Je vais donner la parole à M. AZIÈRE pour une explication de vote, pour savoir notamment s?il maintient son v?u ou pas.

M. Eric AZIÈRE. - Le v?u de l?Exécutif est hallucinant, parce qu?il y a six considérants sur le problème central des personnes en situation de handicap pour lesquelles vous reconnaissez finalement qu'il y a un problème, mais vous n'avez pas encore trouvé de solution. D'ailleurs, peut-être parce qu?il n'y a pas de solution, sauf, excusez-moi : passage en 3D à une meilleure visibilité des passages piétons. Les mots ne sont peut-être pas appropriés.

Dernier point de votre v?u qui n'est pas acceptable : vous demandez que cette expérimentation ne soit pas généralisée. Nous sommes très contents dans le 14e d'avoir servi de lapins et de souris de laboratoire, et très contents de savoir qu'il n'y aura pas d'autres victimes dans Paris. En l'occurrence, ce v?u n'est pas acceptable. Je maintiens mon v?u tel qu'il est.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Monsieur NAJDOVSKI, pour quelques secondes.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Monsieur AZIÈRE, le principe d'une expérimentation, c'est d'expérimenter et de regarder si les choses fonctionnent ou pas. Nous avons un bilan d'étape qui est aujourd'hui globalement positif, mais qui demande que l'on prolonge et complète l'expérimentation en accord avec les associations de personnes en situation de handicap. C'est ce que nous proposons avec mon collègue Nicolas NORDMAN. Nous proposons de poursuivre l'expérimentation, de ne pas la généraliser dans un premier temps au niveau parisien puisqu'on est bien dans l'idée d'expérimenter sur un quartier.

Est-ce que l?on veut regarder les choses en face de manière objective en essayant d'adapter et de compléter en travaillant avec les associations, ou alors est-ce que, par dogmatisme, on refuse toute expérimentation et toute innovation à Paris ? C'est cela, le sens du vote que nous aurons à faire aujourd'hui.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Bien.

Monsieur AZIÈRE, j'ai cru comprendre que vous mainteniez votre v?u.

Je mets d'abord aux voix, à main levée, le v?u n° 194 du groupe UDI-MODEM, avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets maintenant aux voix, à main levée, le v?u n° 194 bis de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2018, V. 680).