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Decembre 2018
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Conseil Municipal
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2018 SG 58 - Subvention (1.000.000 euros) et convention avec le Comité local d’organisation des coupes du monde féminines FIFA 2018 et 2019. Vœu déposé par le groupe PCF-FG relatif à la diffusion des matchs de l'équipe de France.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération SG 58 et le v?u n° 152 relatifs à la diffusion des matchs de l'équipe de France.

La parole est à M. Sergio TINTI.

M. Sergio TINTI. - Encore merci, Madame la Maire.

Dans les années qui précèdent la tenue des Jeux olympiques et paralympiques 2024 en France, notre pays a la chance d'obtenir nombre de grands événements sportifs internationaux.

Ces grands événements sportifs sont des répétitions générales à plus ou moins grande échelle, mais aussi le formidable moyen de promouvoir le sport dans toutes ses dimensions. La France accueille en ce moment même, pour la première fois, le Championnat d'Europe féminin de handball et accueillera l'été prochain la Coupe du monde féminine de football. L'enjeu de la pratique féminine et de sa visibilité est aujourd'hui l?un des enjeux majeurs du mouvement sportif.

Je voudrais saluer à cet égard le travail fait à Paris par Hélène BIDARD et Jean-François MARTINS.

Le projet de délibération qui nous est soumis aujourd'hui concerne la subvention d'un million d'euros et la convention avec le comité d?organisation de la compétition. Il s'agit de soutenir la mise en place d'un programme permettant un travail autour de la mixité et des discriminations, mais aussi autour des enjeux environnementaux que sont l'énergie et les gaspillages, ainsi que la promotion des enjeux et défis économiques que notre société doit relever.

Par ailleurs, la Ville s'engage à mettre en place un programme d'accompagnement de la compétition. Dans ce cadre, nous vous proposons d?installer un écran géant sur la place de l'Hôtel de Ville, par exemple, pour diffuser massivement les matchs de l?équipe de France féminine de football, dans l'hypothèse où celle-ci se hisserait aux 8e de finale de la compétition.

Le succès populaire en France est très important. Il n?y a qu?à observer l?influence dans les "fans zones" durant l'Euro qu?a organisé la France en 2016, et, plus récemment, les rassemblements populaires et festifs observés un peu partout en France lors du mondial de l'équipe de France masculine l?été dernier. Je me rappelle d'ailleurs qu?un écran géant avait été installé pendant la Coupe du monde pour le dernier match de l'équipe de France.

La volonté de la Ville de mettre en place des politiques publiques, dont l'objectif est d'aller vers l'égalité, et toutes les actions contribuant à la promotion de la politique sportive, sont fortes. Ce que nous demandons est simple : que le même dispositif puisse être mis en place pour la Coupe du monde féminine de football organisée en France l?été prochain.

Merci, Madame la Maire.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à M. Pascal CHERKI.

M. Pascal CHERKI. - Merci, Madame la Maire.

Enfin, la France organise la Coupe du monde de football féminin. Je dis "enfin" parce que c'est le grand événement sportif, en tout cas de sport collectif, qui manquait à notre pays. Cette organisation est bienvenue. C?est un concours de circonstances, au moment où, une année après, la France a remporté la deuxième Coupe du monde de football. C'est la responsabilité des organisateurs de faire en sorte que cette Coupe du monde ait lieu et qu'elle ait aussi une dimension populaire. Pour rebondir sur les propos de Sergio TINTI, je me réjouis, pour l'instant, en l'état du développement du sport féminin, que les matchs dans les stades soient accessibles au niveau des prix et des tarifs. D'ailleurs, pour les matchs qui auront lieu à Paris, les prix sont pour l'instant assez accessibles, au regard de la disproportion que peut prendre le coût des matchs dans les grands événements sportifs, comme l'Euro ou les Coupes du monde de football.

Cela fait qu'aujourd'hui, on arrive à une situation où l?on a deux catégories de spectateurs : ceux qui ont de plus en plus les moyens d'aller les voir dans les stades et ceux qui sont réduits à faire la fête à travers leur écran de télévision. Le fait qu'il y ait une diversité sociologique dans le public des stades est très important, surtout quand la compétition se déroule dans notre pays et que l?on veut qu?elle ait cette dimension et cette adhésion populaire. La Coupe du monde de football féminin le sera.

Après, la Ville de Paris, comme elle en a l'habitude et la tradition - M. MARTINS m?écoute avec attention, je le sais - s'est engagée à hauteur d'un concours financier raisonnable au regard de ses moyens budgétaires totaux, mais utile. Que fait-elle ? C'est ce que je trouve intéressant dans la démarche que nous avons. Elle se sert de l'événement pour pouvoir accélérer, amplifier ou donner du relief au fondement de sa politique sportive.

Le développement et la pratique du sport féminin est l?une des constantes de la politique sportive de la Ville de Paris depuis 2001, qui est monté par étapes. Nous avons besoin de ces grands événements sportifs internationaux, qui ont une renommée et un rayonnement, pour mettre l'accent sur le développement de la pratique du sport féminin. Avec toutes les difficultés que l'on a, bien sûr, parce que nous sommes dans une ville où le foncier est contraint, où l'explosion de la pratique du sport féminin oblige parfois à des arbitrages sur les créneaux, oblige à réfléchir sur le développement de l'équipement adapté et autres, mais c'est une bonne chose.

Il faut se servir du fait que le football est aujourd'hui le sport roi, que l'équipe de France de football féminin est très compétitive, qu'elle bénéficie du fait que les clubs de football professionnel féminin français sont très compétitifs. D'ailleurs, il faut remercier les grands clubs de football masculin d'avoir monté des sections féminines. Je pense à Lyon, qui est aujourd'hui champion d?Europe incontesté, au Paris-Saint-Germain, qui a atteint la finale de la Ligue des champions, au Club du P.F.C., à l?ancien club de Juvisy. D'autres grands clubs le font. Nous avons donc maintenant un football féminin compétitif qui tire la pratique du sport féminin.

Nous avons à Paris - c'est très intéressant - un développement de la pratique féminine, notamment du football. Je parle depuis le 14e arrondissement, puisque j'en étais le maire. Ma collègue Carine PETIT est très impliquée sur ce sujet. Nous avons lancé une équipe féminine à Paris, et maintenant un club de garçons et de filles dirigé par une femme, Magali MUNOS, ancienne joueuse de l'équipe de football féminin à Paris, pur produit de ce club.

Donc, je fais confiance à M. Jean-François MARTINS pour que, dans toutes les actions d?accompagnement qui justifient notre engagement d?un point de vue financier que nous aurons pendant cette Coupe du monde de football, nous puissions réfléchir en amont à des thématiques comme la lutte contre les discriminations, les stéréotypes de genre, etc. - qu?il est important d'avoir dans toutes les politiques publiques - mais surtout de voir comment cet événement peut être un levier pour nous aider à continuer d?amplifier les politiques sportives d'égalité et de promotion du sport féminin que nous avons dans la Capitale.

C'est la raison pour laquelle le groupe "Génération.s" votera avec beaucoup de conviction et d'enthousiasme ce projet de délibération.

Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci beaucoup.

Comme les deux orateurs ont précisé, avec beaucoup de talent, l'ambition quand on reçoit un grand événement sportif féminin et ce que nous pouvions faire pour développer la pratique à Paris, de ce fait, je vais faire la pratique concrète, et une fois que j?ai pris beaucoup d?engagements, comment cela se traduit concrètement.

Un sujet me tient particulièrement à c?ur : la question du sport dans l'espace public, en particulier le football. Il n?y a pas de petites filles dans les clubs de football si elles n'ont pas commencé à taper dans un ballon en bas de chez elles, au pied de leur immeuble, sur un terrain extérieur. Sauf qu?aujourd'hui, quand vous allez sur un terrain de football extérieur, le fameux T.E.P., comme celui de Ménilmontant, il n'y a que des garçons. Est-ce que vous avez déjà vu des filles jouer au football au pied de la barre d'immeuble ? C'est précisément ces barrières culturelles. Ce sont parfois ces non-dits, parfois ces stéréotypes de genre, ces climats hostiles qui empêchent les filles d'aller pratiquer dans l'espace public. Ce que nous avons voulu faire dans le cadre de la préparation de cette Coupe du monde, c'est qu'avant même qu'elles rejoignent un club de football, elles puissent jouer dans la rue dans les terrains de quartier, comme les garçons.

C'est pourquoi, notamment avec le Comité local d'organisation, qui est le récipient de ce million d'euros de subvention, on va travailler sur trois terrains et un terrain supplémentaire dans le 14e, avec une programmation, une animation de terrain extérieur, de T.E.P., dédiée à des sections féminines, de sorte que l'on ait des tournois de football féminin dans les quartiers, au pied des habitations, de sorte que l?on puisse envoyer le message symbolique que ces terrains sont autant pour les garçons que pour les filles.

Deuxième sujet : un dispositif d'animation particulière avec à la fois "Foot?Elles" - on en a déjà beaucoup parlé - le mercredi après-midi, "Les temps additionnels", quatre soirées de travail avec l'ensemble des acteurs sportifs et féministes, l'animation dans les centres de loisirs, mais du coup pas simplement les jeunes filles mais aussi les grandes filles et les femmes actives, avec un tournoi féminin des entreprises parisiennes, où l'ensemble des salariées féminines peuvent participer, "Little miss Socker" portée par d'anciennes joueuses professionnelles, ou la répétition d'un projet qui vous avait beaucoup plu pendant l'Euro 2016, qui s'appelle "Papy foot", où on emmenait des enfants jouer au baby-foot avec des seniors dans les E.H.P.A.D., et qui va devenir, à l'occasion de cette Coupe du monde de foot féminin, "Mamy foot", où nous emmènerons des jeunes filles jouer avec des seniors féminines dans les maisons de retraite parisiennes. C'est un vrai moment intergénérationnel, drôle et joyeux, comme on devrait en avoir plus souvent.

Je remercie le groupe Communiste pour son v?u sur la retransmission que j'amenderai légèrement, ne connaissant aujourd'hui ni l'avis de la Préfecture de police ni les besoins de dimensionnement, en disant l'Hôtel de Ville ou un autre lieu symbolique qui pourrait recevoir cette manifestation, et à la demande du groupe Ecologiste de Paris, y ajouter que si retransmission il devait y avoir, nous serons très vigilants sur la question des déchets qui y seraient éventuellement produits. Voilà comment j'amenderai votre v?u, sans quoi j'y émettrai un avis très favorable.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 152 ainsi amendé avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2018, V. 662).

Je vous remercie.

Je mets à présent aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 58.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, SG 58). Je vous remercie.