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Decembre 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe DP relatif à une plateforme de signalement en ligne des violences sexuelles et sexistes.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous en arrivons au v?u n° 197, que va nous présenter Fadila MÉHAL.

Mme Fadila MÉHAL. - Merci, Monsieur le Maire, chers collègues, les violences sexuelles et sexistes ont pris une réelle ampleur en France.

Peut-être parce que la parole des victimes s'est aujourd'hui libérée et que ces exactions ne sont plus tolérées comme par le passé, comme le confirment les mots d'ordre et leur importance sur les réseaux sociaux. Je pense à "Me Too" et à "BalanceTonPorc".

C'est vrai que les chiffres sont implacables et même vertigineux. Le rapport d'octobre 2016 du Haut Conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes estime que près de 80.000 femmes, âgées de 18 à 75 ans, et 14.000 hommes sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque année, et que dans 9 cas sur 10, la victime connaît son agresseur.

Le Ministère de l'Intérieur a annoncé 125 morts cette année en 2017, victimes de la violence de leur partenaire ou leur ex-partenaire de vie, dont 109 femmes, mais aussi 16 hommes.

Alors, devant ces chiffres qui donnent le tournis et minent notre pacte social, la Ville de Paris et le Gouvernement ne sont pas restés inactifs, puisque des initiatives ont été prises et notamment la dernière par le Gouvernement : une plateforme de signalement en ligne de ces violences sexuelles.

Plateforme gérée par 36 gendarmes et policiers, formés, joignables à tout moment, elle vise en effet à faciliter le signalement de ces violences et à accompagner les plaintes.

Alors, ma question est simple : la Mairie fait déjà beaucoup, mais nous souhaitons que sur cette plateforme, il puisse y avoir une coordination, un relais d'information par la Mairie de Paris, pour que les associations d'aide aux victimes, les Centres d'action sociale de la Ville, le personnel de la collectivité parisienne, et tout autre acteur impliqué puissent en effet mieux connaître cette plateforme et la valoriser.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Fadila MÉHAL. La parole est à Hélène BIDARD pour vous répondre.

Mme Hélène BIDARD, adjointe. - Merci beaucoup.

Chers collègues, les chiffres des violences faites aux femmes sont très alarmants, vous en avez redonné beaucoup, je ne complèterai peut-être qu'avec un seul élément.

Depuis "Me Too", le nombre de plaintes a augmenté de manière exponentielle, notamment sur les agressions sexistes et sexuelles, c'est plus 31,5 % à Paris.

Je vous invite évidemment à prendre connaissance des rapports de l'Observatoire parisien des violences faites aux femmes qui, depuis 2014, a fourni un travail colossal nous permettant d'avoir une meilleure analyse et une meilleure coordination des politiques publiques à Paris sur le sujet.

Vous l'avez noté, la Ville de Paris n'attend personne pour s'engager sur le terrain de la lutte sur les violences faites aux femmes, et il est tout à fait logique pour notre Ville d'être favorable à la mise en place d'une expérimentation par le Gouvernement, qui permettra probablement à des femmes qui aujourd'hui sont hors radar d'être en contact avec des agents et agentes formés à travers cette plateforme de signalement web.

Il faudra bien entendu évaluer ce dispositif en veillant à la manière dont sont ensuite traitées les plaintes, à l'organisation de la mise à l'abri des femmes, leur suivi psychologique et social et celui de leurs enfants.

Car, Madame MÉHAL, bien sûr nous parlons ici de vies humaines et pas seulement d'une communication web.

Juste en parlant de communication, il me semble que le Secrétariat d'Etat en charge de l'égalité femmes/hommes dispose de moyens suffisants pour communiquer, et c'est sans doute ce qu'il fait le mieux, en particulier depuis que Matignon a déclaré ce sujet grande cause nationale.

Je donne un avis favorable à votre v?u, mais je ne pense pas que la Ville doive produire une communication spécifique sur ce dispositif, mais bien l'intégrer à l'existant, et je m'engage à le faire dans le matériel officiel produit par l'Observatoire parisien des violences faites aux femmes pour l'ensemble des contacts utiles aux victimes, leur entourage et aux professionnels confrontés à ces situations.

Justement, sur la question des moyens alloués, tant au traitement policier et judiciaire qu'a l'accompagnement sanitaire et social des victimes, cette question reste entière. Le Haut Conseil à l'égalité dit que le minimum vital de mise à l'abri des femmes victimes de violences conjugales, c'est 500 millions d'euros par an, quand le budget dédié par l'Etat est de moins 80 millions d'euros.

Il reste donc beaucoup à faire et je souhaite que collectivement, et avec la même ardeur aux côtés des associations et des femmes victimes des violences, nous demandions l?ensemble des moyens pour éradiquer les violences faites aux femmes car cela est complètement possible.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Hélène BIDARD.

Je mets donc aux voix, à main levée, ce v?u n° 197.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2018, V. 683).