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Decembre 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par les groupes SOCA, PCF-FG, GEP et EGCP relatif au risque de nouveaux campements de rue en plein Paris. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous passons à l?examen de v?ux non rattachés, les v?ux nos 202 et 202 bis.

Je crois que c?est François DAGNAUD qui va le présenter en premier.

M. François DAGNAUD, maire du 19e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous le savons, les mêmes causes produisent généralement les mêmes effets.

Le déni du fait migratoire, l?incapacité durable de notre pays et de l?Europe toute entière d?ailleurs d?assumer et de gérer les flux migratoires que l?on ne sait pas empêcher a des conséquences.

Des femmes, des hommes, des enfants qui ont fui une vie invivable se retrouvent dans nos villes, sur les trottoirs de nos rues, pour une autre vie invivable au cours d?une errance sans fin et souvent sans issue en Europe.

Des quartiers populaires éprouvés et abîmés et des habitants à cran qui vivent évidemment très mal cette promiscuité imposée avec l?extrême misère des campements de rue et leurs inévitables débordements.

Alors, une nouvelle fois, une fois de plus, une fois de trop peut-être, nos quartiers, porte d?Aubervilliers, porte de la Villette, comme gare du Nord ou porte de la Chapelle, voient jour après jour s?aggraver le risque de constitution de camps de grande ampleur.

Fort de nos expériences précédentes, nous savons ce qu?il manque : un engagement de l?Etat pour des dispositifs réguliers de mises à l?abri partout sur le territoire national, à l?image des opérations régulières que nous avions enfin obtenues de la Préfecture d?Ile-de-France ces derniers mois et auxquelles la Ville a toujours apporté son concours. Leur interruption, leur suspension, ces dernières semaines, nous renvoie à nouveau à la perspective du chaos. Alors que les arrivées de déboutés du droit d?asile en Allemagne ou dans les pays d?Europe du Nord, nous le savons, vont continuer de s?ajouter au flux permanent des arrivées par les filiales de passage, ce v?u est un appel, un appel à la responsabilité, un appel à la solidarité mais aussi un appel à la lucidité. Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, François DAGNAUD.

Deux cosignataires ont voulu s?exprimer. Je leur demande de le faire brièvement si possible : Fatoumata KONÉ, d?abord, et Léa FILOCHE ensuite.

Mme Fatoumata KONÉ. - Ce sera deux minutes.

Monsieur le Maire, chers collègues, depuis 2015, nous ne comptons plus le nombre de campements qui sont apparus sur les trottoirs de notre ville, ainsi que le nombre d?opérations organisées en urgence pour mettre des femmes, des hommes, parfois des enfants, à l?abri.

Je veux d?ailleurs souligner que nos arrondissements du Nord-Est parisien sont et continuent à être en première ligne sur le sujet, et saluer les habitants du 19e arrondissement qui, tout en subissant la situation, continuent à être solidaires et mobilisés.

Chaque opération a mis en lumière les conditions de vie inadmissibles dans ces campements et continue à nous faire déplorer l?absence de politique d?accueil des migrants dans notre pays. Les écologistes ont toujours défendu la mise en place à l?échelle nationale d?un accueil digne et inconditionnel des personnes migrantes, indispensable pour mettre fin à cette interminable crise.

Tout en soulignant l?important investissement déjà réalisé par Paris, il faut admettre que notre Ville ne parvient plus à faire face. Les personnes fragiles, femmes enceintes, familles avec enfants qui étaient systématiquement mises à l?abri par les maraudes dédiées, et donc absentes ou rares au sein de ces campements, sont désormais nombreuses sur les sites de porte d?Aubervilliers ou de porte de la Chapelle. Notre inquiétude est grandissante face au froid qui arrive.

Nous demandons donc à la Ville de se mobiliser pour que ces familles soient rapidement mises à l?abri. Nous interpelons de nouveau l?Etat afin qu?un dispositif d?ampleur nationale à la hauteur de l?urgence soit enfin mis en ?uvre pour mettre fin aux situations de campements de rue.

L?hiver est bien là et, comme chaque année, nous devons chercher à résoudre l?équation impossible d?assurer l?hébergement d?urgence des personnes toujours plus nombreuses à la rue.

Nous interpelons donc à nouveau l?Etat afin qu?une véritable politique d?accompagnement des S.D.F. visant à les sortir de la rue de manière durable soit mise en place pour en finir avec cette politique de gestion de l?urgence. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Pardon ?

Non, l?article du règlement dit : "un premier élu, puis un élu par groupe". J?incite à la sobriété Léa FILOCHE qui a la parole. Si elle pouvait faire moins de deux minutes?

Mme Léa FILOCHE. - Merci beaucoup. Je vais être très rapide sur le sujet parce que nous en avons beaucoup dit.

Quelques éléments : il est essentiel que l?Etat mette à l?abri désormais sans délai et sans condition toutes les personnes qui sont sur notre territoire. Il faut qu?il organise une orientation adaptée à toutes les situations en respectant le cadre légal et les droits fondamentaux. Il est essentiel que l?on intervienne pour faire modifier le cadre réglementaire qui nous lie aujourd?hui à l?Accord de Dublin qui met en situation de fragilité un grand nombre de réfugiés. Il est essentiel que l?Etat donne un pavillon à "l?Aquarius", ne serait-ce que pour nous permettre de pouvoir avoir un semblant d?humanité.

Et nous, localement, la Ville doit continuer son engagement en faveur des réfugiés, des personnes à la rue. Cela a été très bien dit, et je le redis là encore : il est temps pour nous de réquisitionner les locaux et bâtiments vides. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Léa FILOCHE, pour votre brièveté. Pour répondre aux orateurs et oratrices, je donne la parole à Dominique VERSINI pour deux minutes.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, ce v?u met effectivement en lumière une situation de nouveau très préoccupante.

Nous nous étions habitués à ce qu?il puisse y avoir des opérations régulières de mises à l?abri, conduites par l?Etat avec le concours de la maraude "France Terre d?Asile" et nos équipes parisiennes, pour permettre aux personnes d?entrer dans le dispositif d?accueil national.

Mais visiblement, ce dispositif national d'accueil est totalement saturé et l'Etat n'arrive plus : le Préfet nous dit ne plus arriver à réaliser les opérations de mise à l'abri, qui sont donc annulées de semaine en semaine, quand elles étaient réalisées trois fois par semaine préalablement.

Comme je l'ai dit dans un autre propos sur un autre projet de délibération, le dispositif mis en place sur Paris après le C.A.A. montre qu'il est absolument inadapté avec ses deux petits lieux d'accueil et les cinq C.A.E.S. qui sont totalement saturés, puisque par définition, comme le D.N.A. est saturé, tout est saturé, et les personnes restent sur le trottoir à Paris. Nos équipes ont décompté plus de 1.200 personnes dans les rues et on sait qu'il y a aussi des femmes et des familles.

Nous avons ouvert un nouveau lieu d'accueil, qui s'appelle "le Lima" dans le 5e, un lieu de mise à l'abri qui permet ensuite d'orienter les personnes le lendemain vers le boulevard Henri-IV, et ensuite vers Ivry quand il y a de la place.

Nous avons mis à disposition un centre d'hébergement rue de la Feuillade, dans le 1er arrondissement, que gère "Emmaüs" et qui accueille des familles avec enfants.

Nous avons aussi repéré d'autres lieux et demandons donc à l'Etat de les ouvrir pour les familles avec enfants prioritairement, et aussi toutes les autres.

En ce qui concerne Paris, nous faisons le maximum, mais notre dispositif hôtelier de protection de l'enfance est lui aussi totalement saturé. Il faut avoir une réalité en tête : tout est saturé maintenant. Si l'Etat ne décongestionne pas le dispositif, on ne va pas y arriver, à l'entrée dans l'hiver. En tout cas, sachez que nous nous battons sur des fondamentaux.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Je termine simplement pour dire que nous demandons dans ce v?u à l'Exécutif la mise à l'abri par l'Etat, dans les plus brefs délais, de toutes les personnes à la rue et, bien évidemment, nous demandons également au Gouvernement de s'engager au niveau européen en faveur d'une redéfinition des Accords de Dublin. Nous pensons en particulier très fort à l'association "SOS Méditerranée " que Paris soutient. Elle va démarrer un autre projet mais, pour l'instant, est en panne, ce qui est bien triste pour ceux qui essayent de traverser la Méditerranée. Je vous propose donc, mes chers collègues, de voter ce v?u de l'Exécutif.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.

Je me tourne vers celles et ceux qui ont déposé le v?u n° 202, sont-ils d'accord pour le retirer au bénéfice du v?u n° 202 bis de l'Exécutif ? Oui.

Je mets donc aux voix, à main levée, ce v?u n° 202 bis.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2018, V. 687).

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Abstention.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Abstention du groupe LRI, cela est bien noté, également du groupe PPCI.

Cela est noté.

Il n'y a pas d'autres demandes ? Non.

Parfait.