Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2018
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2018 DICOM 45 - Contrat de mandat d'achat d'espaces publicitaires médias pour les besoins de communication de la Ville de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Un nouveau président pour examiner le projet de délibération DICOM 45 relatif au contrat de mandat d'achat d'espaces publicitaires médias pour les besoins de communication de la Ville de Paris.

La parole est d'abord à Mme Sandrine MÉES, pour cinq minutes.

Mme Sandrine MÉES. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce projet de délibération nous propose d'accorder à la Ville de Paris la possibilité d'acheter des espaces publicitaires. La publicité, où qu?elle s'insinue, ne trouve jamais grand soutien chez les écologistes. Sans doute semblerait-il au premier abord malséant et même scandaleux de comparer des messages diffusés par la Mairie de Paris pour fournir aux Parisiennes et aux Parisiens de l'information municipale avec des publicités pour les restos rapides et leur cortège de malbouffe, et des publicités pour les automobiles.

Pourtant, avec ce projet de délibération, nous nous interrogeons. Vous nous dites, sans que cela soit formellement écrit, que le budget prévu serait de 1,8 million, une somme extrêmement importante, alors que l'on court constamment après les économies, souvent faites sur les subventions aux associations. D'autant que la Ville justifie le besoin de recourir à cette stratégie, par l'absence de mobiliers urbains d'information à Paris.

Or, à l'époque, au lieu de vous entêter à vouloir des écrans diffusant de la publicité dans notre ville, il aurait fallu nous écouter, car nous vous avions prévenus, ce marché était illégal.

Il aurait fallu ne pas mépriser non plus les avertissements des associations qui luttent pied à pied contre l'envahissement publicitaire, pied à pied et même héroïquement vu les traitements qui leur sont régulièrement réservés, par exemple, le dimanche 11 novembre 2018, il y a donc un mois, quand trois de ces militants ont passé la nuit dans un commissariat du 5e, pour avoir osé remplacer, dans les abribus, des affiches commerciales par des affiches pacifistes en redonnant ainsi pour quelques minutes la rue à la libre expression citoyenne. Ils auraient commis un horrible crime de lèse consommation, quel dommage que l'on ne se concentre pas sur l'essentiel : la protection des plus faibles.

Vous essayez maintenant, tant bien que mal, de trouver des solutions à l'interruption de ce marché des mobiliers urbains d'information. Mais quelle cohérence ?

Nous avions de l'information municipale dans les rues, à la portée des Parisiennes et des Parisiens, et il faudrait maintenant qu'ils trouvent l'information municipale par hasard, au détour des pages des journaux. Et cela sans compter l'envie irrésistible d'entrer dans le XXIe siècle et d'être présents sur Internet.

Vous voulez pouvoir faire de la publicité en ligne, de la "smart pub", sans doute. Quelle ambition ! Mais qui allez-vous cibler ? Vous nous répondrez que cela dépendra de l'information. Mais qui sommes-nous pour définir qui doit avoir accès à quelle information municipale ? Nous sommes une collectivité et notre action doit être communiquée à toutes et tous, sans distinction ni préférence.

En revanche, nous devrions avoir des préférences en matière de canaux de communication. Oui, aux outils de communication de la Ville, et il en existe déjà beaucoup, les panneaux lumineux dans la rue, les sites Internet de la Ville, l'excellent magazine "A Paris" et les magazines, non moins utiles et excellents des mairies d'arrondissement. Mais non aux publicités numériques sur les panneaux vidéo de la R.A.T.P.

Si les écologistes ont insisté pour avoir un Règlement local de publicité, c'était pour limiter la présence de la publicité dans l'espace public et gagner un peu de respect pour la tranquillité intellectuelle et visuelle des habitantes et des habitants. Ce n'est pas pour que la Ville s'en dispense en faisant de la publicité non plus dans l'espace public mais dans les espaces privés.

Enfin, vous ne nous enlèverez pas de l'idée que cette envie nouvelle d'achat d'espaces est une bonne solution pour vanter le bilan de notre majorité. Et bien que nous partagions pleinement ce bilan, il y a de meilleures façons, selon nous, de le mettre en avant. Plutôt que d'en faire de la publicité, continuons à agir concrètement sur le terrain pour que chaque Parisienne et chaque Parisien apprécie notre travail par l'amélioration de son quotidien et ressente intimement le plaisir d'habiter sa ville. Les écologistes préféreront toujours faire confiance à l'intelligence humaine.

Nous voterons donc contre ce projet de délibération. Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - La Ville de Paris va-t-elle acheter des espaces publicitaires pour vanter notamment son recours à de grandes bâches publicitaires sur les monuments historiques pour contribuer à financer le patrimoine ? Voilà un peu l'aberration, et je vois M. AIDENBAUM qui, très fier de lui, répond : oui.

Donc dans cette mandature, nous allons voir la Ville de Paris se vanter d'avoir recours à la publicité pour vanter son recours à la publicité. Je vois que certains ici sont extrêmement cohérents, ils ont dû être bien mal à l'aise alors dans les mandatures précédentes où, au contraire, le cap était de réduire l'envahissement publicitaire. Le cap, c'était celui de porter un Règlement local de publicité pour lutter contre cet envahissement publicitaire.

Mais on voit bien la logique, celle de l'austérité qui amène à vouloir, coûte que coûte, rechercher des recettes par le biais de la publicité et qui a fait que vous n'avez pas voulu écouter, ni les élus qui vous ont alertés sur le fait que non, il ne fallait pas avoir recours à des panneaux numériques, et que ce marché n'était pas conforme à notre cadre réglementaire. Résultat, vous n'avez pas voulu écouter ces élus dont je faisais partie ainsi que le groupe Ecologiste de Paris.

Vous n'avez pas voulu écouter les associations qui vous interpellaient, que ce soit le Réseau contre l'agression publicitaire, "les Déboulonneurs" et bien d'autres. Vous n'avez pas voulu les entendre. Résultat, vous en êtes réduit à vouloir maintenant nous présenter ce projet de délibération sur les achats d'espaces publicitaires.

Le comble du comble, c'est que l'on pourrait être amené, si ce projet de délibération est adopté, à ce que la Ville achète des espaces sur les panneaux numériques des transports en commun parisiens, alors que nous devrions au contraire interpeller la Région pour qu?elle abandonne ces espaces qui sont totalement énergivores, parce que les espaces numériques sont extrêmement énergivores, et en plus, que nous soyons par les achats de la Ville dans une complicité totale avec la logique hyper consumériste de la publicité qui ne respecte pas la liberté fondamentale de tout citoyen de réceptionner ou non le message publicitaire, puisque nous en sommes non-stop matraqués.

Alors oui, je voterai contre, bien évidemment, ce projet de délibération. Je le trouve totalement à l'opposé des logiques en faveur du climat dont vous vous revendiquez. C'est une aberration.

Et je rappellerai juste autre chose. J'ai déjà défendu, dans cette Assemblée, le fait que la Ville devait se conformer à la loi sur les panneaux d'information d'expression libre associatifs et citoyens qui ne sont absolument pas respectés.

Vous ne permettez pas aux citoyens de pouvoir bénéficier du cadre légal pour pouvoir faire leur propre information, mais vous allez essayer de les pister dans tous les supports possibles pour transmettre votre information. Et comme cela a été dit précédemment, non, je ne pense pas que ce soit véritablement pour de la simple information, mais c'est aussi pour vanter un bilan politique. Or, si vous êtes fiers de vos politiques, le meilleur moyen est de convaincre, et de convaincre en mettant en mouvement les citoyens, pas en les matraquant de publicité.

Je voterai contre ce projet de délibération. Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Véronique LEVIEUX pour vous répondre.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe. - Je vous remercie.

Je remercie Sandrine MÉES et Danielle SIMONNET de s'être inscrites sur ce projet de délibération, ce qui va me permette de donner certains éléments d'explication.

Ce projet de délibération porte sur l'approbation d'un accord-cadre qui a pour objet de confier au titulaire prochainement choisi, à partir du 1er janvier 2019, une mission de conseil stratégique ainsi qu?un mandat pour procéder à l'achat d'espaces publicitaires médias et hors médias.

Ce marché sera d'une durée d'un an renouvelable trois fois. En complément, je reconnais que le contenu du projet de délibération ne donne pas forcément à première lecture tous les éléments. Je rappelle le double objectif de ce projet de délibération : tout d'abord, pallier la suppression des mobiliers urbains d'information, cela a été rappelé par les deux intervenantes, et donc d'en pallier le manque pour l'information municipale à savoir : la communication institutionnelle de la Ville mais également de "Paris Musées".

Ensuite, par la même occasion, de permettre à la Ville de s'adapter en termes de communication institutionnelle dans un contexte où la diffusion, la profusion d'informations disponibles sur un grand nombre de supports de plus en plus nombreux rend nos messages institutionnels souvent peu audibles.

Nous avons besoin d'être accompagnés dans cette démarche pour toucher au mieux le public cible qui, évidemment dans sa globalité, est le public parisien, mais qui en fonction des différentes communications mises en ?uvre doit être affiné.

Le montant engagé en 2019 sera globalement de 2,5 millions d'euros répartis comme suit : 1,8 million d'euros pour la communication institutionnelle de la Ville, et j'avais donné cette information dans le cadre de la présentation du budget en 1ère Commission, et de 700.000 euros pour la communication de l'établissement "Paris Musées".

J'ajoute que ces montants incluent évidemment la rémunération du prestataire et qu'elle sera amenée à évoluer chaque année, en particulier dès lors que le prochain marché des M.U.I. sera opérationnel et nous aurons évidemment moins besoin de l'achat en termes d'affichage notamment.

J'attire votre attention sur le fait que si ce marché est une réponse à l'annulation du contrat M.U.I., il ne le remplace pas puisque le montant sur une année d'immobilier urbain d'information était de 18 millions d'euros, et là pour la Ville, nous en sommes à 1,8 million d'euros pour 2019. Vous voyez évidemment la différence et nous restons donc dans un manque de supports en termes de communication, malgré ce marché.

J'attire également votre attention sur son importance, puisque c'est un outil supplémentaire et, non, en l'état, nous n'avons pas les moyens de communiquer correctement à l'attention de l'ensemble des Parisiens dans leur diversité, notamment lorsqu'on nous parle du budget participatif, du Plan Climat ou de la sensibilisation du tri des déchets ou de "Nuit Blanche".

C'est ce type de communication, d'objet qui sera concerné par ce marché, je tiens à vous le préciser. Je rappelle encore une fois que ce marché concernera les établissements "Paris Musées" qui subissent pleinement l'absence des M.U.I., et cela se traduit aussi par la baisse de la fréquentation des expositions.

C'est un enjeu vraiment très important et je tiens à le souligner.

Evidemment, le R.L.P. sera totalement respecté dans la mise en ?uvre de ce marché.

Voilà les principaux éléments que je voulais porter à votre connaissance.

Donc, encore une fois, je reconnais qu'il manquait un certain nombre de précisions dans ce projet de délibération, et je m'en excuse, mais j'espère vous avoir rassurés sur les principaux points, évidemment en dehors de sujets sur lesquels nous ne serons pas d'accord, mais peu importe ce projet de délibération d'ailleurs. Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DICOM 45.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DICOM 45).