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Decembre 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe LRI relatif aux résidences appartements gérées par le C.A.S.-V.P.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous passons à l'examen d'un v?u non rattaché, c'est le v?u n° 198 et c'est Florence BERTHOUT qui le présente, j'imagine.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues, depuis un an désormais, le Centre d'action sociale de la Ville de Paris a entrepris de déployer un système de téléassistance dans ses 101 résidences-appartements en lieu et place des gardiens vacataires qui remplaçaient les gardiens attitrés de ces établissements.

Alors que mon collègue Geoffroy BOULARD vous alertait déjà sur les conséquences néfastes de ce nouveau dispositif en mars dernier, vous répondiez que nos craintes étaient infondées, mieux, que l'ancien système des gardiens remplaçants, et je vous cite, n'était pas satisfaisant compte tenu de la fiabilité quant aux horaires notamment et quant à leur formation qui était insuffisante. Encore une fois, je vous cite.

Un gardien, même remplaçant, est présent physiquement et cette seule présence est rassurante pour les résidents. La mise en place d?une téléassistance qui a vocation à se déployer encore durant 2019 dans les résidences aboutit, disons-le très franchement, chers collègues, à simplement et purement supprimer cette présence physique. Elle comporte un vrai risque pour la sécurité des personnes hébergées.

Pour mon seul arrondissement, je veux relayer ici deux événements qui auraient pu finir en véritables drames et je vous prends à témoin. Le 7 octobre dernier, dans la résidence Boutebrie, où une résidente a été victime d'un malaise, ce sont ses voisines qui sont intervenues. Elles ont eu beau contacter le centre d?assistance, elles n?ont eu aucun interlocuteur, sinon une messagerie vocale.

Le 10 novembre dernier, toujours dans mon arrondissement, un incendie s?est déclaré dans la résidence des Bernardins cette fois-ci, et ce sont les voisins alertés par les odeurs qui sont intervenus et miraculeusement la gardienne titulaire était là. Et je ne parle pas du drame survenu dans la résidence des Prêcheurs dans le 1er arrondissement.

Je crois qu'il est question que ce dispositif de téléassistance soit étendu en supprimant également les gardiens des résidences du Centre d'action sociale le reste de la semaine.

Je vous alerte, Madame l'Adjointe, vraiment très solennellement sur les risques que fait peser la généralisation de cette téléassistance si elle doit être généralisée.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Madame la Présidente. Je donne la parole à Galla BRIDIER pour vous répondre.

Mme Galla BRIDIER, adjointe. - Effectivement, c'est un sujet que nous avons déjà évoqué dans ce Conseil, ce sujet du remplacement par un système de téléassistance des gardiens remplaçants et non pas titulaires, seulement les week-ends et les jours fériés.

Je veux bien préciser, Madame BERTHOUT, qu?il ne s'agit en aucun cas du remplacement des gardiens titulaires et ce projet n'est pas à l'ordre du jour au C.A.S.-V.P. Cette question, nous l'avons déjà évoquée. Je vous avais effectivement dit que pour l'instant nous sommes entièrement satisfaits de la mise en place de cette téléassistance, puisque nous faisions face à un absentéisme très fort des gardiens remplaçants le week-end et, pour l'instant, ce système nous a absolument paru efficace.

Je vais revenir sur les incidents que vous évoquez plus spécifiquement dans les résidences que vous avez nommées. Ces incidents sont tous survenus dans des résidences non équipées de la téléassistance. Concernant l'incendie dans la résidence "Les Prêcheurs", cette résidence ne dispose ni de gardiens ni de téléassistance et il y a fort à parier d'ailleurs que celle-ci aurait permis de donner l'alerte plus rapidement et plus efficacement.

S?agissant du malaise dans la résidence Boutebrie, le gardien suppléant mutualisé avec la résidence des Bernardins n'a pas pu être joint sur son téléphone portable. Là encore, avec la téléassistance, les secours auraient pu être prévenus plus rapidement. Enfin, quant à l'incendie aux Bernardins, une gardienne suppléante était bien présente ; elle n?est pas intervenue puisqu?un résident avait d'abord alerté la gardienne titulaire qui était présente dans son logement et qui est intervenue.

La téléassistance n'est donc absolument pas incriminée dans ces incidents. Au contraire, les retours d'expérience, je vous le redis, dans les résidences du C.A.S.-V.P., confirment l'efficacité de ce système qui permet en toute circonstance de donner l'alerte et de faire intervenir les secours, y compris lorsqu'un gardien est présent sur place. Ce fut notamment le cas lors des incendies survenus dans les résidences Jemmapes et Gambetta, où les résidents ont contacté la téléassistance qui a alerté les secours, l'opérateur téléassistance restant en communication avec les résidents le temps de l'intervention, pour les rassurer et leur donner les consignes de sécurité.

La téléassistance ayant fait preuve de son efficacité, le C.A.S.-V.P. étudie actuellement d?ailleurs la possibilité de la déployer systématiquement dans ses résidences qui ne sont pas dotées de gardien. C'est pourquoi nous souhaitons apporter un avis défavorable à votre v?u.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Galla BRIDIER.

Vous maintenez votre v?u, Madame la Présidente ?

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Oui, je le maintiens puisqu'il s'agit de proposer à la Ville de renoncer à supprimer les gardiens remplaçants des résidences-appartements intervenant le week-end et non pas de supprimer la téléassistance.

Vous n'avez donc pas tout à fait répondu, loin s'en faut, à ma question.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Parfait.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 198 avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.