Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2008
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2008, Vœu déposé par les groupes socialiste, radical de gauche et apparentés et M.R.C. relatif à l’égalité entre les femmes et les hommes et aux moyens du service des droits des femmes et de l’égalité.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2008


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je vous propose d?examiner le v?u référencé n° 71 dans le fascicule, relatif à l?égalité entre les femmes et les hommes et aux moyens du service des droits des femmes et de l?égalité, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés et par le groupe Mouvement Républicain et Citoyen.

Je donne la parole à M. Philippe TORRETON.

M. Philippe TORRETON. - Merci, Monsieur le Maire.

Mesdames et Messieurs les conseillers, je suis particulièrement fier d?être le porte-parole de ce v?u et d?en faire ma toute première intervention en tant qu?élu parisien dans cette salle du Conseil, si importante à mes yeux.

Je me fais l?écho d?une inquiétude partagée par toutes les femmes et les hommes de bon sens de ce pays. Je me fais l?écho d?une vigilance citoyenne.

Le service des droits des femmes, mis en place à une époque où il y avait un ministère des droits des femmes, il y a 23 ans, est en danger.

En effet, les projets de réorganisation du service des droits des femmes et de l?égalité, que l?Etat prépare dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques, aboutiront à terme à la disparition des instances déconcentrées et à la dilution des objectifs d?égalité entre les sexes.

Or, à l?heure où un tribunal de grande instance a considéré la virginité comme une qualité essentielle de l?être humain, à l?heure où il va redevenir possible de séparer les filles des garçons dans nos écoles, à l?heure où les métiers les plus ingrats sont encore si souvent réservés aux femmes, à l?heure où la violence quotidienne est encore trop souvent le lot de trop de femmes - dois-je rappeler qu?en France tous les trois jours, une femme décède sous les coups de son compagnon -, à l?heure où le monde politico-médiatique n?en finit toujours pas de s?interroger lamentablement sur la capacité qu?aurait une femme d?assumer obligatoirement sa triple fonction de mère de famille, d?épouse et de femme active, il me semble, il nous semble primordial, dans cette lutte permanente pour le droit des femmes, qu?un service efficace, identifiable, expérimenté et habilement réparti sur le territoire, soit préservé.

Le projet du Gouvernement va à l?encontre des préconisations et des avancées européennes. Cette lutte de tous les jours, cette vigilance de chaque instant mérite largement les 290 fonctionnaires compétents, actuellement en sursis de leur mission.

S?il s?agit de faire des économies, il est un peu indécent de les faire sur ce combat qui détermine, selon moi, le degré de civilisation d?une société.

C?est pourquoi je vous propose que le Conseil de Paris émette le v?u que le Maire de Paris interpelle le Gouvernement pour maintenir les moyens d?action du service des droits des femmes et de l?égalité et conforter sa place auprès de toutes les autres administrations. Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Monsieur.

Pour répondre, je donne la parole à Mme Fatima LALEM.

Mme Fatima LALEM, adjointe. - J?adhère tout à fait à ce qui a été dit de manière si brillante par notre collègue Philippe TORRETON.

Je voudrais juste rappeler deux ou trois éléments complémentaires.

Effectivement, aujourd?hui, au moment où la France va assurer la présidence européenne, cette politique est à contre-courant des préconisations et des avancées européennes, préconisations pour des politiques transversales et partenariales, indispensables à la démarche d?égalité. C?est bien cette logique que, sur Paris, nous développons. Ainsi nous avons signé la Charte européenne pour l?égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, Charte portée par le Conseil des communes et des régions d?Europe. Mais nous avons besoin, pour une action efficace d?un Etat partenaire. Nous avons besoin d?une déléguée régionale et d?une chargée de mission départementale pour une politique de service public en faveur de l?égalité femmes/hommes.

Cette administration doit rester un interlocuteur et contribuer au financement des associations qui ?uvrent à promouvoir les droits des femmes et l?égalité entre les femmes et les hommes. Un désinvestissement de l?Etat serait calamiteux pour les réseaux associatifs.

A Paris, nous soutenons fortement ces acteurs associatifs, mobilisés avec efficacité dans l?action de terrain. Nous n?accepterons pas le transfert des responsabilités de l?Etat sur les seules collectivités territoriales.

C?est pourquoi nous attendons de l?Etat qu?il soit à la hauteur des enjeux sociaux et démocratiques de l?égalité femmes/hommes et qu?il renonce au démantèlement du service des droits des femmes.

C?est également à la demande des acteurs concernés (responsables, personnels et syndicats) de ces différents services, rejoints par un grand nombre d?associations féministes et de nombreux chercheurs, qui ont signé un appel qui totalise 5.800 signatures et qui ont adressé une lettre ouverte publiée dans la presse à Mme Valérie LÉTARD.

Je soutiens donc très fortement ce v?u et je demande que tout le monde puisse le voter. Merci.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ? Merci.

Qui est contre ?

Abstentions ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2008, V. 79).