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Decembre 2018
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Conseil Municipal
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2018 DASES 417 G - Subvention (303.600 euros) et conventions dans le cadre du plan d'action de la Ville de Paris pour une politique coordonnée de réduction des risques et des dommages à Paris. Avenants.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DASES 417 G.

La parole est à la maire du 10e arrondissement, Alexandra CORDEBARD.

Mme Alexandra CORDEBARD, maire du 10e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous assistons depuis maintenant de nombreux mois à une propagation très importante des épidémies de consommation de "crack", consommation de cocaïne, sur l'ensemble du territoire parisien et en particulier sur nos quartiers du Nord-Est parisien.

Ceux-ci se voient fortement impactés, d'une part par la présence des trafics, et d'autre part par les désordres que peut engendrer la présence de nombreux consommateurs de drogue sur nos territoires.

Par ce projet de délibération, je voulais le souligner et saluer par là même le travail d'Anne SOUYRIS sur ce sujet, et sa pugnacité, nous pouvons mettre en lumière la nécessité dans ce domaine, j'allais dire de tenir les deux bouts de la chaîne de l'action publique.

S'il est naturellement indispensable, et nous en avons parlé devant ce Conseil, que l'action des forces publiques, de la Préfecture? Messieurs excusez-moi, je ne m'entends pas parler.

Que l'action des forces de police soit active, présente sur l'ensemble de nos quartiers, nous ne pouvons pas nous en contenter. Il est indispensable que les outils de prévention des risques et les outils de prise en charge de l'ensemble des personnes consommatrices de drogue soient développés sur le territoire. Je me réjouis que nous abondions les moyens des associations à qui nous faisons confiance, et qui sont des acteurs indispensables de cette prévention des risques, que nous augmentions les moyens, notamment pour les maraudes, pour les accueils de jour par exemple, et les accompagnements, que nous augmentions les moyens pour les spécialistes de la réduction des risques que peut être par exemple l'association "Safe", qui nous aide à ne pas voir sur notre territoire se répandre partout, le matériel d'injection et de consommation de drogue.

Ce projet de délibération, ce n'est qu'une étape, mais une étape qui nous permet d'argumenter sur ce que nous avons déjà expérimenté d'efficace. Je pense naturellement à la salle de consommation à moindres risques, aux accueils de jour, au "CAARUD", tout ce qui permet d'accompagner les personnes vers une meilleure prise en charge globale, et également vers les soins dans un certain nombre de cas.

Je veux également poser ici qu'il nous faut trouver les moyens de la prise en charge, y compris en termes d'hébergement, pour l'ensemble de ces personnes, sachant qu'il est assez illusoire d'imaginer que nous pourrions faire disparaître les addictions simplement par injonction, et ensuite, et encore moins, que nous pourrions engager les personnes vers une prise en charge efficace, sans leur permettre d'être tout simplement mises à l'abri ou hébergées.

Les hébergements ne peuvent pas se concevoir toujours comme des hébergements ordinaires ou de droit commun, il faut bien envisager aussi des hébergements spécifiques avec accompagnement spécifique, qui nous permettent d'aller au bout de nos engagements et de notre travail, pour le rendre plus efficace.

Voilà pourquoi, en rendant encore une fois hommage au travail d'Anne SOUYRIS, en rendant également hommage à l'ensemble des acteurs de la prévention des risques qui sont présents sur le territoire du 10e arrondissement, que je salue, que je remercie, que nous ne remercierons jamais assez de se charger pour nous de ce travail difficile, je souhaite que nous continuions à nous engager dans ce difficile chemin de la prise en charge des personnes consommatrices de drogue.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire du 10e arrondissement.

Pour vous répondre, la parole est à Anne SOUYRIS.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire, et merci à Alexandra CORDEBARD, qui participe largement au fait que tout se passe bien dans le 10e sur ce sujet, et que nous puissions vraiment avancer en termes de prises en charge de la toxicomanie.

Ce, autant sur les aspects, puisque nous avons la première salle de consommation dans le 10e, de réduction des risques, qu'en termes de prise en charge. De prise en charge à long terme je dirais, qui suit la question de la salle de consommation, avec notamment "Beaurepaire" qui continue son travail formidable, mais aussi la mise en place, vous le savez sûrement, de l'Espace femmes Charonne, qui s?adresse aux femmes en particulier usagères de drogues. C?est très important dans le tissu de prise en charge puisque vous savez que les femmes sont les plus fragiles à la rue et les plus fragiles sur les questions d?usage de drogues, et elles se retrouvent dans des situations de violence assez inextricables souvent. C?était donc très important de pouvoir le faire.

Je remercie Alexandra CORDEBARD en particulier d?avoir accueilli cet espace dans son arrondissement, après le fait qu?il ait fermé dans le 18e arrondissement pour des questions tout à fait indépendantes de notre volonté à tous.

D?autre part, je trouve extrêmement important l?engagement qu?Alexandra CORDEBARD a eu et je voudrais rendre aussi un petit hommage à Stéphane BRIBARD qui ?uvre sans arrêt auprès de toutes les personnes qui font de la réduction des risques dans le 10e. Je laisse le focus sur le 10e parce que c?est un terrain d?expérimentation sur cette prise en charge de réduction des risques et cette expérimentation se fait avec tous.

Elle se fait, non seulement avec toutes les équipes dont vous avez parlé, Alexandra, les équipes de réduction des risques, les associations et les élus, mais aussi avec les usagers eux-mêmes, de même qu?avec les riverains avec lesquels nous travaillons dans le cadre du comité de voisinage, et y compris avec la police.

C?est-à-dire que c?est une action, j?allais dire exemplaire, que nous menons dans le 10e arrondissement, mais je pourrais dire à Paris, puisque c?est une expérimentation qui est amenée à se développer pour que nous puissions avoir cette prise en charge commune de réduction des risques, partout à Paris, là où cela se pose comme problème.

Je ne parle pas seulement des salles de consommation et de réduction des risques, mais aussi de tout ce qui va avec et tout ce qui est du suivi des usagers. Alexandra, tu parlais du fait d?avoir des prises en charge d?hébergement, mais aussi de suivi vraiment pluri-professionnel auprès des usagers, et c?est absolument essentiel. On sait qu?il ne peut pas y avoir d?hébergement brut pour la plupart des usagers en extrême pauvreté, qui sont dans la rue, que l?on peut retrouver à Stalingrad et que l?on peut retrouver aussi à la Chapelle et dans le 18e arrondissement.

Il est donc très important de tisser un maillage très fin, très attentif, qui évidemment nécessite de l?investissement et un effort financier de la part des collectivités publiques. Nous faisons cet effort à Paris. La Maire l?a annoncé, il y a quelques mois. Elle a annoncé que nous mettrions un million d?euros sur la table pour vraiment faire en sorte que cette prise en charge s?élargisse, qu?elle soit plus intense, et pour que la question en particulier du "crack", qui est devenu de plus en plus important à Paris, soit prise en charge dignement.

Ce n?est pas encore le cas et nous avons un retard phénoménal au niveau français, mais évidemment aussi au niveau parisien. Cela a permis de faire en sorte que l?on puisse avec les autres partenaires mettre en place un vrai plan qui à la fois renforce l?existant et qui, nous le souhaitons dans de plus brefs délais, puisse amener également à de nouvelles salles de consommation qui sont des pieds dans la porte, afin de faire en sorte que des personnes, qui sont en grande déshérence, qui ne vont pas vers l?institution, puissent y aller et être prises en charge.

Il ne s?agit évidemment jamais d?angélisme là-dedans mais toujours d?être pragmatique et de faire en sorte que personne ne reste à la rue. Toutes les questions que nous avons, à la fois sanitaires et de sécurité et d?ordre public, que ce soit à Stalingrad ou dans le 18e, ne pourront être résolues que si on trouve un moyen pour que chaque personne puisse être prise en charge et commence à être accompagnée.

Pour cette première phase de plan, ces 300.000 euros que nous votons aujourd?hui, je remercie l?ensemble des Conseillers que vous êtes, et en particulier les maires d?arrondissement qui permettent que ce travail puisse être fait, Alexandra CORDEBARD, François DAGNAUD, mais aussi Eric LEJOINDRE qui sont les principaux concernés dans cette lutte, pour que nous puissions avancer et être très efficaces, comme nous commençons déjà à l?être et comme, je l?espère, nous le serons encore plus à l?avenir. Merci beaucoup.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Anne SOUYRIS.

J?invite tous les élus présents à maîtriser leur temps de parole pour que nous puissions terminer la séance dans un délai raisonnable.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 417 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASES 417 G).